La Commission europĂ©enne vient dâannoncer un ensemble de mesures destinĂ©es Ă transformer et renforcer le secteur de la santĂ©, avec un impact direct sur la prĂ©vention, les soins, lâinnovation et lâorganisation des systĂšmes de santĂ© au quotidien.
| Peu de temps ? VoilĂ ce quâil faut retenir : |
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| â Un futur Biotech Act pour booster lâinnovation en santĂ© et accĂ©lĂ©rer lâaccĂšs aux thĂ©rapies de pointe đ§Ź |
| â Un plan « Safe Hearts » pour mieux prĂ©venir et traiter les maladies cardiovasculaires, premiĂšre cause de dĂ©cĂšs en Europe â€ïž |
| â Une rĂ©forme des dispositifs mĂ©dicaux pour simplifier les rĂšgles, rĂ©duire les dĂ©lais et sĂ©curiser lâaccĂšs aux Ă©quipements essentiels đ©ș |
| â Un mĂȘme objectif : des politiques de santĂ© plus cohĂ©rentes, des infrastructures sanitaires plus rĂ©silientes et des soins plus justes pour tous đ |
Un « Biotech Act » pour transformer lâinnovation et lâindustrie de la santĂ© en Europe
Les annonces de la Commission marquent une Ă©tape forte pour le secteur de la santĂ© europĂ©en, avec la volontĂ© claire de bĂątir une industrie biotechnologique Ă la fois puissante, Ă©thique et proche des besoins du terrain. Lâobjectif est simple Ă formuler, mais ambitieux Ă mettre en Ćuvre : faire de lâEurope un espace oĂč une bonne idĂ©e de thĂ©rapie nâattend pas dix ans avant dâarriver au lit du patient.
Au cĆur de cette rĂ©forme se trouve le futur Biotech Act, un cadre pensĂ© pour soutenir les entreprises de biotechnologie, souvent trĂšs innovantes, mais fragiles financiĂšrement. Beaucoup de start-up de santĂ© peinent Ă franchir le cap entre la recherche en laboratoire et la production Ă grande Ă©chelle. La Commission prĂ©voit donc un nouveau dispositif dâinvestissement europĂ©en, conçu pour faciliter lâaccĂšs aux financements, notamment pour les projets Ă fort impact en bio-production et thĂ©rapies avancĂ©es.
ConcrĂštement, cela signifie que des jeunes pousses, par exemple spĂ©cialisĂ©es dans les thĂ©rapies gĂ©niques pour des maladies rares, pourront plus facilement trouver des fonds au niveau europĂ©en sans devoir dĂ©localiser leur R&D aux Ătats-Unis ou en Asie. Cette stratĂ©gie vise aussi Ă renforcer lâautonomie stratĂ©gique de lâUE en matiĂšre de mĂ©dicaments essentiels et de technologies mĂ©dicales, une prĂ©occupation devenue centrale aprĂšs les pĂ©nuries vĂ©cues pendant la crise sanitaire.
Le Biotech Act ne se limite pas Ă lâargent. Il prĂ©voit aussi dâaccĂ©lĂ©rer les essais cliniques au niveau europĂ©en. Aujourdâhui, mener un essai dans plusieurs pays reste un parcours semĂ© dâembĂ»ches administratives. La nouvelle approche souhaite harmoniser et allĂ©ger les procĂ©dures, tout en prĂ©servant la sĂ©curitĂ© des patients. Lâenjeu est dâĂ©viter que des traitements prometteurs soient retardĂ©s par la lourdeur des dossiers plutĂŽt que par de vraies questions scientifiques.
Dans cette dynamique, la Commission met aussi lâaccent sur les outils numĂ©riques et lâintelligence artificielle, autant pour la recherche que pour lâautorisation de nouvelles thĂ©rapies. Lâusage de donnĂ©es de santĂ©, bien encadrĂ©, peut permettre de repĂ©rer plus rapidement les effets secondaires, dâoptimiser le recrutement des patients pour les Ă©tudes et de mieux cibler les traitements. Ces avancĂ©es font Ă©cho Ă des rĂ©flexions plus larges sur le lien entre climat, environnement et santĂ©, dĂ©jĂ explorĂ©es dans des analyses comme celles proposĂ©es sur les indicateurs croisĂ©s entre climat et santĂ© đ±.
Un personnage comme Julien, fondateur fictif dâune start-up marseillaise dĂ©veloppant un biomarqueur pour dĂ©pister prĂ©cocement lâinsuffisance cardiaque, pourrait bĂ©nĂ©ficier directement de ce nouveau cadre. LĂ oĂč il aurait auparavant passĂ© une Ă©nergie dĂ©mesurĂ©e Ă convaincre une multitude dâinvestisseurs, il aurait dĂ©sormais accĂšs Ă un guichet europĂ©en mieux structurĂ©, tout en voyant les autorisations dâessais simplifiĂ©es. Ă la clĂ© : moins de temps perdu, plus de temps pour travailler avec les Ă©quipes hospitaliĂšres et les patients.
Ce volet industriel et scientifique reste intimement liĂ© Ă la santĂ© publique : faciliter lâinnovation, câest aussi mieux rĂ©pondre aux dĂ©fis posĂ©s par le vieillissement, les maladies chroniques ou encore les nouvelles menaces infectieuses. Câest ce mĂȘme raisonnement qui sous-tend lâensemble du paquet de mesures : faire dialoguer Ă©conomie, recherche et besoins des patients dans une logique cohĂ©rente.
Cette nouvelle politique ne sera vraiment rĂ©ussie que si elle se traduit par des bĂ©nĂ©fices concrets dans les cabinets, les hĂŽpitaux et Ă domicile. Câest lĂ que la suite des annonces prend tout son sens, notamment avec le plan consacrĂ© aux maladies cardiovasculaires.

Le plan « Safe Hearts » : renforcer la prévention et les soins face aux maladies cardiovasculaires
Les maladies cardiovasculaires restent la premiÚre cause de mortalité en Europe. DerriÚre ces chiffres, il y a des histoires familiÚres : un infarctus brutal, un AVC qui bouleverse une famille, une insuffisance cardiaque qui isole progressivement une personne ùgée. Le plan « Safe Hearts » annoncé par la Commission veut agir à tous les niveaux : avant la maladie, au moment du diagnostic et tout au long du suivi.
Ce plan sâinscrit dans une vision large de la santĂ© publique. Il mise dâabord sur la prĂ©vention : dĂ©pistage plus systĂ©matique des facteurs de risque (hypertension, diabĂšte, tabac, obĂ©sitĂ©), programmes dâĂ©ducation Ă la santĂ© dans les Ă©coles et les entreprises, actions ciblĂ©es dans les quartiers oĂč lâaccĂšs aux soins est plus compliquĂ©. Les inĂ©galitĂ©s devant les maladies cardiovasculaires sont trĂšs fortes, et la Commission affiche la volontĂ© de les rĂ©duire en travaillant sur les dĂ©terminants sociaux, comme lâexplique dĂ©jĂ de maniĂšre approfondie un contenu dĂ©diĂ© Ă lâĂ©quitĂ© en santĂ© et les inĂ©galitĂ©s âïž.
Une particularitĂ© marquante de Safe Hearts est lâusage assumĂ© des technologies de pointe. Des outils de prĂ©diction personnalisĂ©s doivent permettre Ă chacun dâestimer son risque cardiovasculaire en combinant donnĂ©es cliniques, habitudes de vie et parfois gĂ©nĂ©tique. Lâintelligence artificielle peut, par exemple, analyser Ă grande Ă©chelle des Ă©lectrocardiogrammes ou des imageries cardiaques pour dĂ©tecter des signaux faibles quâun Ćil humain ne repĂ©rerait pas toujours.
Pour les Ă©quipes de terrain, ces progrĂšs ne prennent sens que sâils sont simples Ă utiliser. Une infirmiĂšre en maison de santĂ© pluriprofessionnelle, par exemple dans une structure comme celles Ă©voquĂ©es dans lâarticle sur les pĂŽles de santĂ© et maisons de santĂ©, doit pouvoir accĂ©der facilement Ă des outils de calcul de risque, partager lâinformation avec le mĂ©decin traitant et accompagner le patient dans les changements de mode de vie. Les mesures europĂ©ennes gagneront donc Ă ĂȘtre accompagnĂ©es dâune formation continue adaptĂ©e aux soignants.
Le plan Safe Hearts prĂ©voit Ă©galement de combler des lacunes de recherche. Certaines populations restent trop peu Ă©tudiĂ©es, par exemple les femmes, chez qui les symptĂŽmes dâinfarctus sont parfois atypiques, ou encore les personnes issues de minoritĂ©s, plus exposĂ©es au stress chronique et aux violences structurelles. Ce lien entre tensions psychosociales et santĂ© cardiaque rejoint les rĂ©flexions autour du stress et de la santĂ© mentale chez les minoritĂ©s đ§ .
Autre axe important : lâaccĂšs Ă©quitable aux soins de cardiologie. Trop souvent, le suivi aprĂšs un Ă©vĂ©nement aigu est fragmentĂ©, entre lâhĂŽpital, la rééducation et le retour Ă domicile. Les nouvelles politiques de santĂ© proposĂ©es encouragent des parcours coordonnĂ©s, le recours Ă la tĂ©lĂ©surveillance pour lâinsuffisance cardiaque, et la mise en rĂ©seau des cardiologues, gĂ©nĂ©ralistes, infirmiers et pharmaciens. Un patient comme Ahmed, 64 ans, insuffisant cardiaque vivant dans un village Ă©loignĂ©, pourrait bĂ©nĂ©ficier de capteurs connectĂ©s et de tĂ©lĂ©consultations rĂ©guliĂšres plutĂŽt que de longs trajets Ă©puisants.
Pour donner une vue dâensemble, il est utile de rĂ©sumer les ambitions de Safe Hearts dans un tableau :
| Objectif du plan Safe Hearts â€ïž | Action proposĂ©e đ ïž | BĂ©nĂ©fice attendu pour les patients đ„ |
|---|---|---|
| PrĂ©venir plus tĂŽt | Programmes de dĂ©pistage et campagnes de sensibilisation ciblĂ©es | Moins dâinfarctus et dâAVC Ă©vitables |
| Personnaliser le risque | Outils numériques de prédiction et suivi des facteurs de risque | Messages de prévention adaptés à chaque personne |
| Réduire les inégalités | Actions dans les zones défavorisées et groupes vulnérables | AccÚs plus juste à la prévention et aux soins |
| Renforcer le suivi | Télésurveillance, coordination ville-hÎpital | Moins de réhospitalisations et meilleure qualité de vie |
Pour celles et ceux qui accompagnent un proche cardiaque, ces Ă©volutions sont porteuses dâespoir, Ă condition quâelles ne restent pas thĂ©oriques. Le succĂšs de Safe Hearts dĂ©pendra de la façon dont chaque pays, chaque rĂ©gion, chaque Ă©quipe de santĂ© saura sâapproprier ces outils et les intĂ©grer dans la pratique quotidienne.
En filigrane, cette stratĂ©gie cardiovasculaire montre comment la Commission cherche Ă articuler prĂ©vention, numĂ©rique et justice sociale. Une façon dâannoncer aussi la rĂ©forme plus large des rĂšgles encadrant les dispositifs mĂ©dicaux.
Simplifier les rĂšgles sur les dispositifs mĂ©dicaux pour renforcer la sĂ©curitĂ© et lâaccĂšs
Les dispositifs mĂ©dicaux couvrent un spectre immense : du simple pansement aux prothĂšses cardiaques, en passant par les pompes Ă insuline, les respirateurs ou les logiciels de diagnostic. La Commission a pris acte des difficultĂ©s rencontrĂ©es ces derniĂšres annĂ©es : dĂ©lais de certification, surcharges administratives, risques de pĂ©nuries. Les nouvelles mesures visent Ă simplifier le cadre sans baisser le niveau dâexigence en matiĂšre de sĂ©curitĂ©.
La rĂ©forme prĂ©voit dâabord des procĂ©dures plus numĂ©riques. Dossiers dĂ©matĂ©rialisĂ©s, Ă©changes centralisĂ©s, suivi en ligne de lâavancĂ©e des Ă©valuations : tout est pensĂ© pour gagner du temps, aussi bien pour les industriels que pour les autoritĂ©s. Des dĂ©lais plus clairs pour les Ă©valuations de conformitĂ© doivent Ă©viter que des dispositifs restent bloquĂ©s plusieurs mois avant dâĂȘtre disponibles pour les patients.
Un autre point clĂ© concerne le rĂŽle renforcĂ© de lâAgence europĂ©enne des mĂ©dicaments, qui se voit confier une mission inĂ©dite : surveiller les risques de pĂ©nuries de dispositifs critiques et Ă©tablir une liste des Ă©quipements essentiels. Cette approche est proche de celle dĂ©jĂ dĂ©battue autour des mĂ©dicaments, surtout aprĂšs les Ă©pisodes de manque dâantalgiques ou dâantibiotiques. Les dysfonctionnements des structures de surveillance ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© analysĂ©s dans des enquĂȘtes sur les dĂ©faillances de certaines agences de santĂ© đïž, et lâUE semble vouloir en tirer les leçons.
Pour les soignants, cette simplification peut changer beaucoup de choses. Dans un service de soins intensifs, par exemple, lâarrivĂ©e tardive dâun respirateur ou la rupture de stock dâun dispositif de monitoring peut devenir dramatique. Des rĂšgles plus fluides, combinĂ©es Ă un suivi europĂ©en des stocks, devraient limiter ces situations critiques.
Les patients sont Ă©galement concernĂ©s par la question de la transparence. Des doutes rĂ©currents existent sur certains produits, y compris de cosmĂ©tique ou de bien-ĂȘtre, parfois vendus avec des promesses excessives ou des effets secondaires sous-estimĂ©s. Les rĂ©flexions autour des produits de pousse-cils et de leurs dangers en sont une illustration parlante : un encadrement clair protĂšge mieux les consommateurs.
Cette nouvelle architecture rĂ©glementaire doit aussi soutenir la capacitĂ© dâinnovation des petites entreprises fabriquant du matĂ©riel pour les infirmiers libĂ©raux, les kinĂ©s, les orthophonistes⊠Une pompe portable plus ergonomique, un pansement intelligent qui signale une infection, une appli de suivi de plaies : autant dâoutils qui amĂ©liorent la vie des patients, Ă condition dâarriver rapidement et en toute sĂ©curitĂ© sur le marchĂ©.
Pour résumer les bénéfices attendus, voici quelques effets concrets de cette réforme pour les équipes de terrain :
- đ©ș Moins de ruptures de dispositifs essentiels (seringues, respirateurs, pompes) grĂące Ă un suivi europĂ©en des stocks.
- âïž Des procĂ©dures plus rapides pour lâarrivĂ©e de nouveaux dispositifs robustes et sĂ©curisĂ©s.
- đČ Plus de numĂ©rique pour suivre les Ă©valuations et limiter la paperasse cĂŽtĂ© fabricant comme cĂŽtĂ© autoritĂ©s.
- 𧩠Un environnement plus lisible pour les soignants, qui peuvent mieux comprendre quels dispositifs sont réellement validés et pour quels usages.
En toile de fond, ces changements traduisent une volontĂ© de consolider les infrastructures sanitaires et le fonctionnement global des systĂšmes de soins. Ils prĂ©parent aussi la discussion plus large sur lâinvestissement durable dans la santĂ©.
Investir dans des systÚmes de santé plus résilients et plus justes
DerriÚre toutes ces annonces se trouve une idée centrale : sans systÚmes de soins solides, aucune mesure isolée ne peut suffire. La Commission insiste sur la nécessité de renforcer le secteur de la santé dans son ensemble, en consolidant les infrastructures sanitaires, en soutenant les professionnels et en sécurisant les financements à long terme.
Investir dans la santĂ© ne se rĂ©sume pas Ă construire des hĂŽpitaux. Il sâagit dâorganiser des parcours de soins qui respectent le temps et lâĂ©nergie des patients comme des soignants, de dĂ©velopper les soins de proximitĂ©, de soutenir les maisons de santĂ©, les centres de santĂ©, les Ă©quipes mobiles, la tĂ©lĂ©mĂ©decine. Cette vision rejoint les analyses qui montrent pourquoi il est stratĂ©gique dâinvestir dans les systĂšmes de santĂ© sur le long terme đ¶.
La pandĂ©mie a mis en lumiĂšre des failles : lits de rĂ©animation insuffisants, manque de coordination, burn-out massif des soignants. Les nouvelles politiques de santĂ© europĂ©ennes tentent dĂ©sormais de passer du mode « gestion de crise » Ă un mode plus anticipateur. Par exemple, la constitution de rĂ©serves stratĂ©giques de matĂ©riel, la montĂ©e en puissance de la formation en santĂ© publique ou encore la mutualisation de certaines ressources entre Ătats membres.
La question de la couverture santĂ© reste Ă©galement au cĆur des dĂ©bats. Assurer un accĂšs aux soins sans reste Ă charge excessif est un enjeu autant Ă©conomique quâĂ©thique. Pour comprendre ces enjeux, les rĂ©flexions autour de la couverture santĂ© universelle donnent des clĂ©s sur les efforts nĂ©cessaires pour que personne ne renonce aux soins pour des raisons financiĂšres đ.
Pour illustrer ces transformations, imaginons un territoire comme une grande mĂ©tropole mĂ©diterranĂ©enne. Les nouvelles mesures pourraient sây traduire par :
- đ„ La crĂ©ation ou le renforcement de maisons de santĂ© pluridisciplinaires, appuyĂ©es par des financements europĂ©ens.
- đ Des filiĂšres dâurgence mieux organisĂ©es grĂące Ă des protocoles communs et des outils numĂ©riques partagĂ©s.
- đ Des formations pour les soignants sur les nouvelles thĂ©rapies issues du Biotech Act et les outils du plan Safe Hearts.
- đ Des plateformes digitales pour suivre les indicateurs de santĂ© et adapter les actions de prĂ©vention en temps rĂ©el.
Lâenjeu est aussi de reconnaĂźtre que la santĂ© ne dĂ©pend pas seulement du systĂšme de soins, mais aussi de lâenvironnement, de lâemploi, du logement, de la sĂ©curitĂ©. Les Ă©volutions des politiques de santĂ© europĂ©ennes cherchent Ă tisser des ponts entre ces dimensions, dans la lignĂ©e de travaux qui analysent, par exemple, comment lâinsĂ©curitĂ© ou certaines violences sociĂ©tales pĂšsent sur le bien-ĂȘtre et la santĂ© de groupes entiers.
Au final, ces investissements ne visent pas uniquement à « rĂ©parer » ce qui est cassĂ©, mais Ă construire des systĂšmes capables dâabsorber les chocs futurs, quâils soient Ă©pidĂ©miologiques, climatiques ou sociaux. Câest ce qui donne sa cohĂ©rence Ă lâensemble du paquet de mesures prĂ©sentĂ© par la Commission.
Ce que ces réformes changent pour les patients, les soignants et la société
Ces annonces peuvent sembler lointaines, presque technocratiques. Pourtant, elles dessinent des changements concrets dans la vie quotidienne. Pour les patients, la promesse est celle dâun accĂšs plus rapide Ă des traitements innovants, dâune meilleure prĂ©vention des maladies cardiovasculaires et dâune plus grande sĂ©curitĂ© concernant les dispositifs mĂ©dicaux utilisĂ©s au quotidien.
Pour les soignants, ces rĂ©formes peuvent allĂ©ger une partie de la charge invisible : moins de pĂ©nuries, des parcours de soin plus clairs, des outils numĂ©riques mieux intĂ©grĂ©s, des rĂšgles plus cohĂ©rentes. Cela ne suffira pas, Ă lui seul, Ă rĂ©soudre la crise des vocations ou lâĂ©puisement des Ă©quipes, mais cela peut leur redonner des marges de manĆuvre et du sens, surtout si les dĂ©cideurs nationaux sâen emparent avec luciditĂ©.
Les impacts sociĂ©taux ne doivent pas ĂȘtre sous-estimĂ©s. Une rĂ©forme de cette ampleur interroge la maniĂšre dont lâEurope conçoit la santĂ© publique : enjeux dâĂ©quitĂ©, de confiance envers les institutions, de lutte contre les infox. On sait combien certains faits divers ou scandales sanitaires peuvent fragiliser ce lien de confiance, comme lâont montrĂ© des affaires largement mĂ©diatisĂ©es, analysĂ©es par exemple Ă travers le prisme des violences, du consentement ou des rapports de pouvoir dans des contenus plus sociĂ©taux comme ceux consacrĂ©s au dĂ©bat sur le consentement et les rapports de domination â ïž.
Lâensemble des mesures prĂ©sentĂ©es par la Commission forme un puzzle dont chaque piĂšce compte : lâinnovation biotechnologique, la lutte contre les maladies cardiovasculaires, la simplification des rĂšgles sur les dispositifs mĂ©dicaux, mais aussi lâinvestissement dans des systĂšmes de soins robustes et justes. La cohĂ©rence dâensemble sera la clĂ© : un mĂ©dicament rĂ©volutionnaire ne sert Ă rien sâil est inaccessible, une rĂ©forme rĂ©glementaire reste lettre morte si les Ă©quipes de terrain ne sont pas associĂ©es Ă sa mise en Ćuvre.
Pour les personnes qui lisent ces annonces avec un regard de patient, dâaidant ou de soignant, lâessentiel Ă garder en tĂȘte est sans doute ceci : la santĂ© se joue Ă la fois dans les dĂ©cisions politiques, dans lâorganisation des services et dans les gestes du quotidien. Sâinformer, poser des questions, demander des explications sur un traitement ou un dispositif, signaler un dysfonctionnement⊠tout cela contribue aussi, Ă sa mesure, Ă faire vivre ces grandes rĂ©formes.
Une action simple peut consister Ă discuter avec son mĂ©decin ou son infirmier des risques cardiovasculaires, Ă demander un bilan si cela nâa jamais Ă©tĂ© fait, Ă sâintĂ©resser aux outils numĂ©riques proposĂ©s dans sa rĂ©gion. Ce sont souvent ces petits pas, rĂ©pĂ©tĂ©s, qui finissent par donner corps aux grandes ambitions affichĂ©es par lâEurope pour transformer et renforcer le secteur de la santĂ© đĄ.
Quâest-ce que le Biotech Act annoncĂ© par la Commission europĂ©enne ?
Le Biotech Act est un ensemble de mesures destinĂ© Ă soutenir lâindustrie biotechnologique en santĂ© en Europe. Il prĂ©voit notamment un nouveau dispositif dâinvestissement pour faciliter le financement des entreprises innovantes, lâaccĂ©lĂ©ration des procĂ©dures dâessais cliniques entre pays europĂ©ens et une simplification des rĂšgles pour rĂ©duire les coĂ»ts sans compromettre la sĂ©curitĂ© des patients. Lâobjectif est de favoriser lâĂ©mergence de nouvelles thĂ©rapies, tout en renforçant lâautonomie de lâUE en matiĂšre de santĂ©.
En quoi le plan « Safe Hearts » peut-il changer la prise en charge des maladies cardiovasculaires ?
Safe Hearts vise Ă mieux prĂ©venir, dĂ©tecter et traiter les maladies cardiovasculaires, premiĂšre cause de dĂ©cĂšs en Europe. Il prĂ©voit des actions de dĂ©pistage plus systĂ©matiques, lâutilisation dâoutils numĂ©riques de prĂ©diction du risque, un soutien Ă la recherche sur les populations sous-Ă©tudiĂ©es et la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s dâaccĂšs aux soins. Pour les patients, cela devrait se traduire par une prise en charge plus prĂ©coce et plus personnalisĂ©e.
Comment les nouvelles rÚgles sur les dispositifs médicaux vont-elles impacter les patients ?
La rĂ©forme europĂ©enne sur les dispositifs mĂ©dicaux cherche Ă simplifier les procĂ©dures de certification tout en renforçant la surveillance des pĂ©nuries et la sĂ©curitĂ© des Ă©quipements. Pour les patients, cela devrait permettre un accĂšs plus rapide Ă des dispositifs fiables (pompes, prothĂšses, respirateurs, logiciels mĂ©dicaux) et limiter les ruptures de stock de matĂ©riel essentiel, en particulier Ă lâhĂŽpital et en soins Ă domicile.
Ces mesures auront-elles un effet immédiat sur les systÚmes de santé nationaux ?
Non, lâeffet ne sera pas immĂ©diat. Les propositions de la Commission doivent ĂȘtre dĂ©battues et mises en Ćuvre par les Ătats membres, puis traduites en organisations concrĂštes sur le terrain. Cependant, certaines actions, comme le soutien financier Ă lâinnovation ou la surveillance des dispositifs critiques, pourraient produire des effets visibles Ă moyen terme, notamment sur la disponibilitĂ© de certains traitements ou Ă©quipements.
Que peut faire un citoyen pour profiter au mieux de ces nouvelles politiques de santé ?
Un citoyen peut dâabord sâinformer, poser des questions sur sa propre prĂ©vention (par exemple cardiovasculaire), accepter de participer Ă des programmes de dĂ©pistage, et utiliser les outils numĂ©riques proposĂ©s par son systĂšme de santĂ© lorsque ceux-ci existent. Il peut aussi signaler tout problĂšme liĂ© Ă un dispositif mĂ©dical ou Ă un traitement, ce qui aide les autoritĂ©s Ă mieux surveiller la sĂ©curitĂ© et lâefficacitĂ© des produits de santĂ©.
Source: commission.europa.eu

