Dans un monde balloté par les pandémies, le climat qui change et des systèmes de soins sous tension, relier les savoirs devient une urgence vitale plutôt qu’un luxe intellectuel.
| Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir : |
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| ✅ Briser les silos entre médecine humaine, vétérinaire, environnement et social est indispensable pour une vraie prévention crises sanitaires 🛡️ |
| ✅ Le mouvement One Sustainable Health s’appuie sur des fondations engagées pour relier science, terrain et décideurs, en France et à l’international 🌍 |
| ✅ La clé, c’est le savoir partagé : citoyens, soignants, élus, ONG et chercheurs doivent apprendre à travailler ensemble, et pas côte à côte 🤝 |
| ✅ Une santé durable ne se limite pas aux épidémies : elle concerne aussi pollution, maladies chroniques, inégalités de soins et qualité de vie au quotidien 💚 |
| ✅ Chacun peut agir, même à petite échelle : rester informé, soutenir les partenariats santé locaux, participer à des projets de quartier ou associatifs est déjà un levier concret 🔍 |
Briser les silos du savoir : pourquoi c’est devenu vital pour prévenir les crises sanitaires
Quand une épidémie surgit, la première image qui vient en tête, ce sont les hôpitaux débordés, les soignants épuisés, les lits de réanimation saturés. Pourtant, la véritable partie se joue bien avant l’arrivée à l’hôpital. Elle se joue dans la manière dont les savoirs circulent, se croisent… ou restent enfermés chacun dans son couloir.
Depuis des décennies, la santé a été découpée en disciplines : médecine humaine d’un côté, santé animale de l’autre, environnement encore ailleurs, sans oublier le social, rangé dans une autre case. Cette organisation en silos a permis des avancées spectaculaires, mais elle montre aujourd’hui ses limites face à des crises imbriquées. Le Covid, les flambées de mpox ou les vagues de grippe aviaire ont rappelé que virus, animaux, humains et écosystèmes partagent le même terrain de jeu.
La démarche One Health, puis One Sustainable Health, remet au centre une évidence longtemps oubliée : la santé humaine ne peut plus être pensée isolément. C’est un puzzle où chaque pièce compte. Les vétérinaires qui surveillent les maladies animales, les écologues qui suivent la biodiversité, les médecins, infirmiers, sociologues, élus, associations, tous détiennent une partie du tableau. Tant que ces pièces restent séparées, les signaux d’alerte sont repérés trop tard.
Une illustration concrète : la gestion de la grippe aviaire hautement pathogène. Quand les premiers foyers apparaissent chez les oiseaux sauvages ou d’élevage, le réflexe peut être de considérer le sujet comme “agricole” ou “vétérinaire”. Mais si les données vétérinaires, environnementales et humaines sont croisées rapidement, il devient possible de cibler plus finement les zones à risque, adapter les pratiques agricoles, informer les populations locales et protéger les professionnels exposés. Autrement dit, un même signal sert plusieurs métiers à la fois.
Cette logique de collaboration interdisciplinaire ne coule pourtant pas de source dans les organisations. Les ministères, agences, associations et entreprises ont chacun leurs propres cultures, leurs budgets, leurs priorités. Briser les silos suppose de remettre à plat des habitudes bien ancrées : qui décide de quoi ? Qui partage quelles données ? Comment écouter autant la parole d’un maire de quartier, d’une infirmière libérale et d’un chercheur en épidémiologie ?
Un exemple simple au niveau local : lorsqu’un quartier est confronté à des problèmes de logements insalubres et de moisissures, les habitants se tournent souvent vers le médecin pour soigner l’asthme ou les bronchites à répétition. Pourtant, la solution profonde est d’articuler santé, logement et environnement. Les enjeux autour de la prolifération des moisissures dans les habitations montrent bien que soigner sans agir sur l’habitat, c’est colmater une fuite sans réparer la canalisation.
Pour rendre ces changements possibles, des figures comme Anne-Françoise Berthon, vétérinaire à l’ANSES, jouent un rôle de passerelle. Elles naviguent entre expertise scientifique, autorités sanitaires et décideurs publics, avec une idée simple : relier plutôt qu’opposer. Face aux crises sanitaires, l’enjeu n’est plus seulement de produire de bons rapports, mais de construire un véritable savoir partagé qui circule des laboratoires aux collectivités, des ONG aux citoyens.
Ce mouvement de décloisonnement prépare la suite logique : passer de la prise de conscience à une vraie stratégie de prévention crises sanitaires pensée sur le long terme. C’est précisément ce que vient soutenir l’initiative One Sustainable Health, en créant un espace où ces mondes se rencontrent au lieu de se croiser sans se regarder.

One Sustainable Health : une vision globale pour une santé durable et des crises mieux anticipées
L’approche One Sustainable Health étend la philosophie One Health au-delà des zoonoses et des grandes pandémies. Elle englobe les liens entre climat, alimentation, pollution, maladies chroniques, santé mentale, justice sociale. Concrètement, cela veut dire regarder une situation de santé avec une loupe beaucoup plus large, qui inclut nos modes de vie, nos villes, nos cultures et nos économies.
Cette vision s’appuie sur les 17 Objectifs de Développement Durable des Nations unies et les relie à la vie quotidienne : qu’il s’agisse de la qualité de l’air dans une grande métropole, de la sécurité alimentaire dans une région rurale, ou des inégalités d’accès aux soins entre pays du Nord et du Sud. Les écarts de mortalité maternelle entre Nord et Sud, par exemple, illustrent à quel point santé, droits des femmes, infrastructures et formation des soignants sont entremêlés.
Au cœur de cette dynamique, le One Sustainable Health Forum agit comme un carrefour. Imaginé pendant le confinement par des experts frustrés de ne pas trouver d’espace réellement transversal, il s’est progressivement structuré grâce à la fondation Une Santé Durable pour Tous, sous l’impulsion de Benoît Miribel. Ce Forum n’est pas une institution lourde, mais une plateforme souple, conçue pour faire dialoguer des mondes qui se parlent peu : chercheurs, collectivités, ONG, entreprises, réseaux de soignants, fondations.
Le premier forum mondial, organisé au Musée des Confluences à Lyon, symbolise bien ce changement de perspective. Réunir dans le même lieu des spécialistes des maladies infectieuses, des experts du climat, des acteurs sociaux et des financiers de la philanthropie peut sembler déroutant. Pourtant, c’est précisément là que naissent les idées les plus utiles pour la gestion de crise et la transformation des politiques publiques.
Pour mieux comprendre, prenons l’exemple d’une épidémie émergente dans une grande ville côtière. Avec une approche classique, la réponse se concentre sur les hôpitaux, la distribution de médicaments et les campagnes de communication. Avec une logique One Sustainable Health, d’autres questions sont immédiatement posées : quels liens avec les flux migratoires, les conditions de logement, l’accès à l’eau potable, les pratiques alimentaires locales, les réseaux sociaux qui véhiculent rumeurs et infox ? Ce regard élargi permet de combiner réponse d’urgence et prévention de long terme.
Les travaux sur les risques liés aux réseaux numériques le confirment : la santé à l’ère des réseaux sociaux n’est plus qu’une affaire de psychologie individuelle. C’est un enjeu collectif, qui touche la confiance dans les institutions, l’adhésion aux mesures de prévention, et la capacité à réagir ensemble quand une alerte sanitaire survient.
Dans cette approche, la santé durable repose sur quelques piliers concrets :
- 🌡️ Anticiper plutôt que subir : s’équiper d’outils de veille, de modèles prédictifs et d’équipes mixtes capables de lire les signaux faibles.
- 🌱 Relier santé et environnement : prendre en compte la qualité de l’air, de l’eau, des sols, mais aussi la biodiversité et l’urbanisme dans les décisions de santé.
- 👥 Associer les communautés locales : reconnaître les savoirs du terrain, les pratiques culturelles, les contraintes économiques, au lieu d’imposer des solutions venues d’en haut.
- 📚 Renforcer la culture scientifique des décideurs : former élus, cadres administratifs et responsables d’entreprises à ces enjeux complexes.
- 🤝 Soutenir des partenariats santé durables : encourager des alliances entre secteurs public, privé, associatif et philanthropique pour financer des projets sur le long terme.
Ce sont précisément ces axes qui inspirent le futur One Health Summit prévu à Lyon, précédé d’un Festival ouvert aux initiatives de terrain. L’ambition est claire : faire sortir ces sujets des cercles experts pour en faire un bien commun, discuté et approprié par le plus grand nombre.
En rendant ces enjeux visibles et concrets, One Sustainable Health offre un cadre solide pour aborder une autre question délicate : comment la philanthropie et les fondations engagées peuvent-elles accélérer ces transformations sans se substituer aux pouvoirs publics ?
Le rôle décisif des fondations engagées : financer, relier, expérimenter sans brider
Derrière chaque grande transition, il existe souvent des acteurs discrets, qui acceptent de soutenir des idées avant qu’elles ne deviennent évidentes. Dans le cas de One Sustainable Health, ce rôle a été joué par plusieurs fondations engagées, prêtes à investir dans un projet encore en devenir, sans plan figé ni garantie de résultats immédiats.
Au départ, le Forum n’est qu’une intuition partagée : il manque un espace neutre, capable de relier des données éparpillées, des initiatives locales, des équipes de recherche et des institutions publiques. La création de la fondation Une Santé Durable pour Tous devait justement répondre à ce besoin. Ni nouvelle “super institution”, ni simple guichet financier, cette fondation sert de charpente à un réseau en pleine construction.
Des fondations comme Fondation de France, Carasso, Bullukian ou Foundation S ont d’abord accepté de financer cette aventure. Le geste est loin d’être anodin. Il ne s’agit pas seulement de signer des chèques, mais de parier sur le décloisonnement, de soutenir un travail de longue haleine : organiser des groupes de travail internationaux, mettre en place des rencontres, recruter des équipes de coordination, produire des recommandations partagées.
Progressivement, ce soutien initial a permis au Forum de grandir et de gagner en légitimité. L’adossement à l’Institut Pasteur lui a offert une assise scientifique forte, tout en préservant l’esprit d’origine : partir des faits, et non des postures, mais ne pas rester enfermé dans la sphère académique. Cette évolution a également ouvert la porte à de nouveaux partenaires, comme le département santé de l’Agence Française de Développement, venu renforcer la dimension internationale et les partenariats santé dans les pays les plus vulnérables.
Pour visualiser concrètement ce que ce type de soutien permet, il suffit de regarder quelques exemples d’actions que des fondations peuvent encourager :
| Type d’action 💡 | Apport des fondations 🤝 | Impact possible sur la prévention 🛡️ |
|---|---|---|
| Études pilotes reliant pollution, habitat et maladies respiratoires | Financement souple, soutien à la collecte de données et au temps de coordination | Meilleure visibilité des risques, adaptation des politiques de logement et de santé locale |
| Groupes de travail internationaux sur la préparation aux pandémies | Organisation de rencontres, traduction, diffusion des recommandations | Plans de gestion de crise plus cohérents entre pays et secteurs |
| Projets d’éducation à la santé dans les quartiers populaires | Soutien aux associations locales et aux soignants de terrain | Renforcement de la confiance, meilleure adhésion aux mesures de prévention |
| Programmes reliant nutrition, agriculture et santé | Aide à l’expérimentation, mise en réseau des acteurs | Réduction des maladies métaboliques, amélioration de la qualité alimentaire |
Ces actions montrent bien à quel point la philanthropie peut être un catalyseur. Les fondations engagées permettent de tester, d’oser, de documenter ce qui fonctionne, avant que des politiques publiques plus larges ne s’en emparent. Elles offrent un espace pour l’erreur, l’ajustement, l’innovation, là où les cadres administratifs sont souvent plus rigides.
Pour les soignants et les aidants, ces initiatives ne sont pas de grands concepts abstraits. Elles se traduisent par des outils mieux adaptés, des formations pensées à partir du terrain, des collaborations nouvelles. Quand un projet relie, par exemple, des agriculteurs, des services de santé et des économistes autour des cotisations maladie des agriculteurs, il devient possible de trouver des solutions plus justes et plus soutenables, qui tiennent compte à la fois de la santé, du revenu et des aléas climatiques.
En bref, ces fondations agissent comme des passeurs, capables de raccorder ce qui, sans elles, resterait juxtaposition de bonnes volontés. Elles créent les conditions favorables pour que la collaboration interdisciplinaire cesse d’être un slogan et devienne une pratique quotidienne. Ce socle est essentiel pour construire des réponses qui ne se limitent pas au temps court des urgences, mais s’inscrivent dans une vision de santé durable.
De la science à l’action : comment transformer le savoir partagé en prévention concrète des crises
Une fois que les réseaux sont en place, une question revient : comment ne pas rester au stade du débat d’experts ? Transformer le savoir partagé en gestes, en protocoles, en décisions est souvent la partie la plus délicate. Pourtant, c’est là que tout se joue pour la prévention crises sanitaires.
Plusieurs leviers concrets émergent des expériences menées autour de One Sustainable Health :
Mettre en commun les données pour repérer les signaux faibles
Les crises ne surgissent presque jamais sans avertissement. Elles envoient des signaux, souvent dispersés : une hausse inhabituelle de cas dans un service hospitalier, des mortalités animales inexpliquées, des plaintes de riverains sur la qualité de l’eau, des rumeurs sur les réseaux. Quand chaque acteur garde ces informations pour lui, la crise reste invisible. Quand elles sont partagées, les alertes apparaissent plus tôt.
C’est tout l’intérêt d’outils communs de surveillance, soutenus par des partenariats santé associant agences sanitaires, collectivités, soignants de ville, et même citoyens. Dans certains pays de la zone Pacifique, des plateformes de veille participative permettent déjà de croiser données officielles et remontées communautaires, comme l’illustrent des initiatives analysées dans les travaux sur la santé en région Pacifique. L’enjeu n’est pas la technologie en soi, mais la confiance qui permet de partager les données.
Former les décideurs aux liens entre climat, environnement et santé
Nombre d’arbitrages sanitaires sont pris par des responsables qui n’ont pas été formés à la complexité du vivant. L’Institut One Health, mis en place dans le cadre de France 2030, vise précisément à combler cette lacune. Il ne s’agit pas de transformer élus et cadres en biologistes, mais de leur donner assez de clés pour comprendre pourquoi un choix sur l’urbanisme, les transports ou l’agriculture peut avoir un impact sanitaire majeur dans dix ans.
Des formations similaires se développent aussi sur la nutrition ou la prévention des maladies chroniques, à l’image des programmes menés avec l’OMS, comme le montre très bien l’initiative décrite dans l’article sur la formation en nutrition avec Echo et l’OMS. Chaque fois que ces approches croisent santé, éducation et politiques publiques, elles renforcent la capacité à anticiper plutôt qu’à courir derrière les crises.
Co-construire les réponses avec les communautés locales
Une politique sanitaire décidée sans les habitants, sans les soignants de proximité, sans les associations, a peu de chances d’être suivie. L’expérience de terrain montre qu’il faut partir de ce que les gens vivent, comprennent et craignent. Dans des contextes marqués par la méfiance, la seule parole scientifique ne suffit pas. Les anthropologues, médiateurs de santé, associations de quartiers deviennent alors des alliés précieux.
La “Fabrique OSH”, impulsée par le Forum One Sustainable Health, va dans ce sens : créer des espaces où municipalités, chercheurs, fondations et collectifs citoyens imaginent ensemble des projets concrets. Par exemple : repenser la circulation autour d’une école pour limiter la pollution de l’air, co-construire un plan canicule avec les habitants d’un immeuble, mieux intégrer les aidants familiaux dans les parcours de soins. À chaque fois, l’objectif est de transformer une expertise descendante en capacité d’action partagée.
Penser le temps long tout en restant opérationnel
Enfin, la prévention se heurte souvent à un obstacle très humain : le temps. Les bénéfices d’une politique de prévention se mesurent parfois sur une décennie, tandis que les coûts sont immédiats. C’est là qu’interviennent la modélisation, l’évaluation économique, mais aussi la pédagogie. Rappeler par exemple que chaque euro investi dans la prévention des crises sanitaires peut éviter plusieurs euros dépensés en gestion de crise permet de nourrir le débat public et de légitimer ces choix.
Pour les soignants, cette logique a un effet très concret : moins de situations d’urgence extrême, plus de temps pour le suivi, la relation, l’accompagnement. Pour les citoyens, elle signifie des vies moins bousculées par des confinements, des ruptures de soins ou des fermetures de services. Pour y parvenir, la clé reste toujours la même : briser les silos et donner à chacun une place dans la construction des solutions.
Construire des ponts durables : collaboration interdisciplinaire, innovation sanitaire et gestes concrets à notre portée
Au fil des dernières années, une évidence s’impose : aucune institution ne peut, seule, répondre à la complexité des crises sanitaires actuelles. Le temps des réponses verticales, strictement médicales, est révolu. À sa place, une mosaïque d’acteurs s’organise : soignants de terrain, chercheurs, collectivités, associations, entreprises, fondations, citoyens. Le défi n’est plus de les faire exister, mais de les relier dans une dynamique cohérente.
La collaboration interdisciplinaire devient alors un véritable art de vivre institutionnel. Par exemple, lorsqu’une région décide de travailler sur la résistance aux antibiotiques, associer vétérinaires, médecins, pharmaciens, éleveurs, éducateurs, mais aussi journalistes locaux, permet de bâtir une campagne qui tient compte de la réalité de chacun. Une telle démarche favorise une innovation sanitaire qui ne se limite pas aux technologies, mais inclut des innovations d’organisation, de communication, de gouvernance.
Dans ce paysage, des structures comme Infirmier Marseille jouent un rôle de relais. En valorisant les expériences du terrain, en rendant accessibles des sujets complexes comme les menaces sur les systèmes de santé ou les enjeux d’éducation et d’inégalités, elles contribuent à nourrir ce fameux savoir partagé qui permet d’agir avec plus de finesse et de justesse.
Pour les lectrices et lecteurs, qu’ils soient professionnels de santé, aidants, étudiants ou simples citoyens curieux, quelques pistes peuvent aider à s’inscrire dans cette dynamique :
- 🧠Rester informé sans se noyer : privilégier des sources fiables, des plateformes pédagogiques, des conférences locales plutôt que les rumeurs virales.
- 🤝 Participer à des projets de quartier : jardins partagés, ateliers de prévention, groupes d’entraide entre voisins sont autant de lieux où se tissent les filets de sécurité collective.
- 📣 Faire remonter les signaux du terrain : signaler des situations à risque (insalubrité, isolement extrême, ruptures de soins) permet parfois de déclencher des actions ciblées.
- 🌍 Soutenir les initiatives qui relient local et global : s’intéresser aux travaux de One Sustainable Health, suivre les retours d’expérience d’autres pays, participer à des événements ouverts au public.
- 🧑‍⚕️ Pour les soignants : s’ouvrir à des formations pluridisciplinaires, échanger avec des acteurs hors du champ strictement médical (urbanistes, éducateurs, associations).
Le fil rouge de cet engagement collectif reste simple, presque intime : prendre soin de la santé comme d’un bien commun, qui ne se limite pas à l’absence de maladie. Une santé qui inclut la qualité de l’air qu’on respire, de l’eau qu’on boit, des liens sociaux qui nous tiennent debout. Une santé qui se prépare en amont, au quotidien, et pas seulement dans les couloirs de l’hôpital en temps de crise.
Cette manière de voir rejoint profondément ce que vivent de nombreux soignants : le sentiment de ne plus vouloir se contenter d’éteindre des incendies, mais de contribuer à rendre le terrain moins inflammable. Briser les silos, soutenir One Sustainable Health, encourager les fondations engagées et les alliances de terrain, c’est, au fond, choisir une voie plus humaine, plus lucide et plus solidaire pour affronter les crises qui viennent.
À l’échelle de chacun, une action reste immédiatement possible : s’autoriser à poser des questions, à relier les sujets, à chercher le lien entre ce qui arrive dans un service de soins, dans un quartier, dans une ferme, et dans le reste du monde. Cette curiosité active est le premier pas vers une vraie santé durable, construite ensemble, dans la durée. 💚
En quoi One Sustainable Health est-il différent de One Health ?
One Health met l’accent sur les liens entre santé humaine, santé animale et environnement, notamment pour prévenir les zoonoses. One Sustainable Health reprend ce socle mais l’élargit aux enjeux de climat, de biodiversité, de justice sociale, de nutrition, d’urbanisme et de maladies chroniques. L’objectif est de construire une vision de santé durable, alignée avec les Objectifs de Développement Durable, qui englobe aussi bien les crises aiguës que les problèmes de santé du quotidien.
Quel est le rôle des fondations dans la prévention des crises sanitaires ?
Les fondations apportent un soutien financier souple et indépendant, qui permet d’expérimenter de nouvelles façons de travailler ensemble. Elles financent des études pilotes, des groupes de travail internationaux, des formations ou des projets de terrain. Elles créent aussi un espace neutre où scientifiques, pouvoirs publics, associations et entreprises peuvent se rencontrer sans logique de compétition. Ce rôle de catalyseur est essentiel pour structurer des démarches innovantes comme le One Sustainable Health Forum.
Comment briser les silos quand on est soignant ou citoyen ?
À son échelle, chacun peut déjà changer sa manière de s’informer et de travailler. Pour un soignant : participer à des réunions pluridisciplinaires, s’ouvrir aux enjeux environnementaux et sociaux, échanger avec des acteurs hors du champ médical (associations, éducateurs, urbanistes). Pour un citoyen : s’impliquer dans des projets de quartier, signaler des situations à risque, soutenir des initiatives locales qui connectent santé, environnement et solidarité. Chaque lien créé contribue à une meilleure prévention collective.
Pourquoi insiste-t-on autant sur la notion de savoir partagé ?
Parce qu’un savoir isolé perd une bonne partie de sa puissance d’action. Quand les données, les expériences et les témoignages restent enfermés dans un service, une profession ou une institution, les signaux faibles passent inaperçus. Le savoir partagé permet de repérer plus tôt les risques, d’adapter plus finement les réponses et de construire des politiques de prévention qui tiennent compte de la réalité vécue par les habitants et les soignants. C’est la base d’une santé vraiment démocratique.
Les citoyens ont-ils vraiment un rôle dans la prévention des crises sanitaires ?
Oui, et il est plus important qu’on ne le pense. Les citoyens contribuent en signalant des situations inhabituelles, en participant à des enquêtes ou des programmes de surveillance participative, en relayant des informations fiables plutôt que des rumeurs, en soutenant des projets locaux de santé, d’environnement ou de solidarité. Leur mobilisation facilite l’acceptabilité des mesures de prévention, renforce la confiance dans les institutions et aide à construire des réponses plus justes et plus efficaces.
Source: www.carenews.com

