Une Ă©tude rĂ©cente publiĂ©e dans JNeurosci â The Journal of Neuroscience attire lâattention sur un lien qui prĂ©occupe de plus en plus les soignants : celui qui unit le cĆur et le cerveau. Les maladies cardiaques sĂ©vĂšres, comme lâinsuffisance cardiaque ou la fibrillation auriculaire, sont dĂ©jĂ connues pour ĂȘtre associĂ©es Ă un risque plus important de dĂ©clin cognitif. Cette fois, les chercheurs se sont intĂ©ressĂ©s Ă des signes beaucoup plus discrets, parfois prĂ©sents avant tout diagnostic dâinsuffisance cardiaque.
Le rĂ©sultat mĂ©rite dâĂȘtre compris sans alarmisme. Chez des adultes dâĂąge moyen, une fonction de pompage cardiaque lĂ©gĂšrement moins efficace Ă©tait associĂ©e, plusieurs annĂ©es plus tard, Ă des modifications trĂšs fines de certaines zones cĂ©rĂ©brales impliquĂ©es dans la mĂ©moire. Il ne sâagit pas de dire quâun trouble du rythme bĂ©nin ou une tension mal Ă©quilibrĂ©e conduit automatiquement Ă la dĂ©mence. Le message est plus utile que cela : prendre soin du cĆur tĂŽt peut aussi participer Ă protĂ©ger le cerveau au fil des annĂ©es. â€ïžđ§
SantĂ© cardiaque et risque de dĂ©mence : pourquoi le cĆur influence le cerveau
Le cerveau reprĂ©sente une petite partie du poids du corps, mais il consomme une quantitĂ© importante dâoxygĂšne et dâĂ©nergie. Il dĂ©pend donc dâune circulation sanguine rĂ©guliĂšre. Ă chaque battement, le cĆur envoie du sang riche en oxygĂšne vers les organes, notamment par les artĂšres carotides qui alimentent directement le cerveau.
Lorsque ce dĂ©bit devient moins efficace, mĂȘme de façon modĂ©rĂ©e, le cerveau peut ĂȘtre soumis Ă de petites variations rĂ©pĂ©tĂ©es. Elles ne provoquent pas forcĂ©ment de symptĂŽmes visibles dans lâimmĂ©diat. Pourtant, avec le temps, certains tissus cĂ©rĂ©braux peuvent devenir plus fragiles, surtout chez les personnes ayant dĂ©jĂ plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire.
Un dialogue permanent entre le cĆur, les artĂšres et la mĂ©moire
Le cĆur et le cerveau communiquent en permanence. La pression artĂ©rielle, le rythme cardiaque, la qualitĂ© des vaisseaux et le niveau dâoxygĂ©nation influencent la maniĂšre dont le cerveau est irriguĂ©. Cette relation est ancienne et complexe : le cerveau dĂ©tecte en continu les variations de pression et de flux sanguin afin dâadapter le fonctionnement du corps.
Dans la vie courante, cette mĂ©canique peut sembler abstraite. Elle devient plus concrĂšte lorsquâune personne se sent essoufflĂ©e pour des efforts qui Ă©taient auparavant faciles, remarque des palpitations inhabituelles ou prĂ©sente une fatigue durable. Ces signes nâannoncent pas forcĂ©ment une maladie grave, mais ils mĂ©ritent dâĂȘtre dĂ©crits au mĂ©decin plutĂŽt que minimisĂ©s.
Les recherches prĂ©cĂ©dentes avaient dĂ©jĂ associĂ© les maladies coronariennes, la fibrillation auriculaire et lâinsuffisance cardiaque Ă davantage de troubles cognitifs. LâintĂ©rĂȘt de cette nouvelle Ă©tude est de suggĂ©rer que le lien pourrait commencer avant lâapparition dâune insuffisance cardiaque clairement diagnostiquĂ©e. Cela ouvre une piste importante pour la prĂ©vention.
Une extrasystole isolĂ©e, par exemple, est souvent ressentie comme un battement « en trop » ou une impression de cĆur qui saute. Elle peut ĂȘtre bĂ©nigne, notamment en pĂ©riode de fatigue, de stress ou aprĂšs des excitants. Il reste toutefois utile de comprendre les causes possibles des extrasystoles auriculaires et de demander un avis lorsque les palpitations se rĂ©pĂštent, sâaccompagnent de malaise, dâessoufflement ou de douleur thoracique.
- â€ïž Hypertension artĂ©rielle : elle peut abĂźmer progressivement les petits vaisseaux du cerveau.
- 𩞠ExcÚs de cholestérol : il favorise la formation de plaques dans les artÚres.
- đŹ DiabĂšte de type 2 : il fragilise les vaisseaux et augmente le risque cardiovasculaire.
- đŹ Tabac : il altĂšre les artĂšres et rĂ©duit lâoxygĂ©nation des tissus.
- đŽ ApnĂ©e du sommeil : elle peut perturber la tension, le rythme cardiaque et la rĂ©cupĂ©ration.
Ces Ă©lĂ©ments ne doivent pas ĂȘtre vĂ©cus comme une liste de menaces. Ils servent surtout de repĂšres. Beaucoup sont modifiables ou peuvent ĂȘtre mieux contrĂŽlĂ©s avec un accompagnement rĂ©gulier. Une tension suivie, un diabĂšte Ă©quilibrĂ© ou un sevrage tabagique sont aussi des gestes de prĂ©vention cĂ©rĂ©brale.
Le point essentiel reste simple : le cerveau ne vit pas sĂ©parĂ© du reste du corps. Quand le cĆur, les artĂšres et le mĂ©tabolisme sont pris en charge avec sĂ©rieux, la mĂ©moire bĂ©nĂ©ficie elle aussi dâun terrain plus favorable.

Une étude sur les troubles cardiaques mineurs et les changements cérébraux précoces
Les rĂ©sultats viennent dâun suivi menĂ© dans le cadre de la Leipzig Heart Study. Les chercheurs ont observĂ© 73 participants pendant environ trois ans et demi. Leur Ăąge moyen Ă©tait dâenviron 55 ans. Le groupe comprenait des personnes ayant une insuffisance cardiaque dĂ©jĂ diagnostiquĂ©e, mais aussi des participants sans ce diagnostic, suivis notamment en raison dâune suspicion de maladie coronarienne.
Cette prĂ©cision compte beaucoup. LâĂ©tude ne porte pas sur une population totalement indemne de tout problĂšme cardiovasculaire. Elle examine des personnes pour lesquelles une attention cardiaque Ă©tait dĂ©jĂ justifiĂ©e. Les rĂ©sultats ne doivent donc pas ĂȘtre transposĂ©s de maniĂšre automatique Ă chacun, mais ils renforcent lâintĂ©rĂȘt dâun suivi prĂ©coce chez les personnes Ă risque.
Des mesures utilisées dans la pratique courante
Les chercheurs se sont appuyĂ©s sur deux repĂšres cardiaques. Le premier est la fraction dâĂ©jection, qui estime la part de sang Ă©jectĂ©e par le ventricule gauche Ă chaque contraction. Le second est le NT-proBNP, une substance mesurĂ©e dans le sang qui peut augmenter lorsque le cĆur est soumis Ă une contrainte.
Ces examens ne servent pas Ă diagnostiquer la dĂ©mence. Ils sont utilisĂ©s dans lâĂ©valuation cardiologique, souvent avec lâĂ©lectrocardiogramme, lâĂ©chographie cardiaque et les analyses sanguines. Leur intĂ©rĂȘt, dans cette recherche, est de montrer que des donnĂ©es dĂ©jĂ accessibles en soins peuvent aider Ă mieux comprendre le profil global dâune personne.
Les participants ont Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune imagerie cĂ©rĂ©brale avancĂ©e. Les chercheurs ont Ă©tudiĂ© la microstructure de la matiĂšre grise, câest-Ă -dire lâorganisation trĂšs fine de tissus cĂ©rĂ©braux oĂč se trouvent de nombreux corps cellulaires de neurones. Cette technique peut repĂ©rer des variations qui ne se voient pas forcĂ©ment sur une imagerie cĂ©rĂ©brale classique.
| RepĂšre observĂ© | Ce quâil renseigne | Ce que lâĂ©tude suggĂšre đ§ |
|---|---|---|
| â€ïž Fraction dâĂ©jection | CapacitĂ© du cĆur Ă Ă©jecter le sang | Une baisse discrĂšte Ă©tait associĂ©e Ă des modifications cĂ©rĂ©brales ultĂ©rieures. |
| đ§Ș NT-proBNP | Contrainte ou stress subi par le cĆur | Il peut complĂ©ter lâĂ©valuation cardiologique selon la situation clinique. |
| đ§ Microstructure de la matiĂšre grise | IntĂ©gritĂ© fine de certains tissus cĂ©rĂ©braux | Des altĂ©rations ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es dans des rĂ©gions liĂ©es Ă la mĂ©moire. |
| đ Tests de mĂ©moire | Performances cognitives au cours du suivi | Les changements cĂ©rĂ©braux participaient au lien observĂ© avec la mĂ©moire. |
Les rĂ©gions concernĂ©es sont connues pour leur rĂŽle dans la mĂ©moire et leur vulnĂ©rabilitĂ© dans la maladie dâAlzheimer. Cela ne signifie pas que les participants avaient ou dĂ©velopperaient forcĂ©ment cette maladie. Les auteurs nâont pas mesurĂ© les biomarqueurs spĂ©cifiques dâAlzheimer, comme lâamyloĂŻde ou la protĂ©ine tau.
Câest une nuance indispensable. Une association scientifique nâest pas une preuve de causalitĂ© directe. Les chercheurs observent ici que deux phĂ©nomĂšnes Ă©voluent ensemble : une fonction cardiaque plus fragile et des signes cĂ©rĂ©braux trĂšs prĂ©coces. Ils ne dĂ©montrent pas quâun trouble cardiaque mineur provoque, Ă lui seul, une dĂ©mence.
Cette Ă©tude apporte nĂ©anmoins un changement de regard. Elle rappelle quâil nâest pas nĂ©cessaire dâattendre une maladie sĂ©vĂšre ou un Ă©vĂ©nement cardiaque majeur pour faire le point. Une prĂ©vention utile commence souvent par des contrĂŽles simples, adaptĂ©s Ă lâĂąge, aux antĂ©cĂ©dents et aux symptĂŽmes de chacun.
Retenir cette dĂ©marche permet dâĂ©viter deux Ă©cueils : banaliser tous les signaux, ou sâinquiĂ©ter excessivement Ă chaque sensation inhabituelle. Observer, noter et consulter au bon moment reste une façon concrĂšte de protĂ©ger sa santĂ©.
DĂ©clin cognitif et maladie dâAlzheimer : ce que cette recherche ne permet pas dâaffirmer
Les mots « dĂ©mence » et « Alzheimer » peuvent faire peur, surtout lorsquâils sont associĂ©s Ă une maladie cardiaque. Il est donc essentiel de replacer lâĂ©tude dans son cadre rĂ©el. Les chercheurs ont identifiĂ© des altĂ©rations microscopiques dans des zones cĂ©rĂ©brales liĂ©es Ă la mĂ©moire, ainsi quâune relation avec des performances mnĂ©siques ultĂ©rieures. Ils nâont pas Ă©tabli un diagnostic de maladie dâAlzheimer chez les participants.
La maladie dâAlzheimer repose sur plusieurs mĂ©canismes. Parmi eux figurent lâaccumulation de protĂ©ines amyloĂŻdes et tau, mais aussi lâĂąge, les prĂ©dispositions gĂ©nĂ©tiques, lâenvironnement et la santĂ© vasculaire. La dĂ©mence, elle, nâest pas une maladie unique. Câest un terme qui dĂ©crit une diminution durable des capacitĂ©s cognitives ayant un retentissement sur lâautonomie.
Pourquoi les résultats doivent rester prudents
Le nombre de participants est limitĂ©. Soixante-treize personnes ne suffisent pas Ă prĂ©dire le parcours de millions dâadultes. Le suivi de trois ans et demi apporte des informations intĂ©ressantes, mais les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives Ă©voluent souvent sur une pĂ©riode beaucoup plus longue.
Les scientifiques demandent donc des travaux plus vastes, avec des Ă©valuations rĂ©pĂ©tĂ©es du cĆur, du cerveau et de la cognition. Il faudra aussi intĂ©grer les biomarqueurs dâAlzheimer afin de savoir si les modifications observĂ©es sont indĂ©pendantes de cette maladie, si elles se chevauchent avec elle, ou si elles interagissent avec ses mĂ©canismes.
Dans les soins Ă domicile, une difficultĂ© de mĂ©moire ne doit jamais ĂȘtre attribuĂ©e trop vite Ă une seule cause. Une personne peut oublier ses rendez-vous en raison dâun stress important, dâun deuil, dâun manque de sommeil, dâune dĂ©pression, dâeffets indĂ©sirables mĂ©dicamenteux ou dâune baisse de lâaudition. La fatigue chronique peut Ă©galement rĂ©duire la concentration.
Un exemple frĂ©quent est celui de Marc, 62 ans, qui commence Ă Ă©garer ses papiers et Ă oublier certains mots. Il sâinquiĂšte immĂ©diatement dâune dĂ©mence. Son mĂ©decin reprend avec lui le sommeil, les traitements, la consommation dâalcool, lâhumeur, la tension et les rĂ©sultats biologiques. Cette Ă©valuation globale permet souvent de retrouver des facteurs corrigeables, sans nier la nĂ©cessitĂ© dâun suivi si les troubles persistent.
- đ Noter depuis quand les oublis ont commencĂ© et dans quelles situations ils surviennent.
- đ„ Demander Ă un proche de signaler les changements observĂ©s, avec tact et sans jugement.
- đ PrĂ©parer la liste complĂšte des traitements, y compris les produits sans ordonnance.
- đ©ș Consulter le mĂ©decin traitant en cas de gĂȘne rĂ©pĂ©tĂ©e ou dâimpact sur les activitĂ©s quotidiennes.
- đ Appeler les secours face Ă une confusion brutale, un trouble de la parole, une paralysie ou une douleur thoracique.
Une confusion qui apparaĂźt soudainement nâĂ©voque pas le mĂȘme problĂšme quâun oubli progressif sur plusieurs mois. Elle peut ĂȘtre liĂ©e Ă une urgence neurologique, Ă une infection, Ă une hypoglycĂ©mie ou Ă un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral. Dans ce cas, il ne faut pas attendre un rendez-vous classique.
La recherche sur les liens cĆur-cerveau est porteuse dâespoir parce quâelle parle de prĂ©vention. Elle ne doit jamais devenir un outil dâautodiagnostic. Les techniques dâimagerie microstructurale utilisĂ©es dans lâĂ©tude sont prometteuses, mais elles ne constituent pas un test de dĂ©pistage utilisĂ© en routine pour les personnes ayant des troubles cardiaques.
Une information de santĂ© utile aide Ă agir sans enfermer dans la peur. Ici, le bon rĂ©flexe consiste Ă faire vĂ©rifier les symptĂŽmes rĂ©els, Ă garder les suivis prĂ©vus et Ă ne pas interprĂ©ter seul un chiffre ou un compte rendu dâexamen.
PrĂ©venir la dĂ©mence en protĂ©geant son cĆur au quotidien
La prĂ©vention ne demande pas une vie parfaite. Elle repose sur des habitudes rĂ©alistes, rĂ©pĂ©tĂ©es dans la durĂ©e. Les cardiologues interrogĂ©s Ă propos de cette Ă©tude rappellent que le contrĂŽle de la tension artĂ©rielle, du cholestĂ©rol et du diabĂšte ne protĂšge pas seulement contre lâinfarctus ou lâinsuffisance cardiaque : il soutient aussi un vieillissement cĂ©rĂ©bral plus sain.
Il est parfois dĂ©courageant de recevoir plusieurs recommandations Ă la fois. Pourtant, un mĂȘme geste peut avoir plusieurs effets bĂ©nĂ©fiques. Marcher rĂ©guliĂšrement, par exemple, aide le cĆur, la circulation, le sommeil, lâhumeur, lâĂ©quilibre et la gestion du poids. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui rend les mesures simples si intĂ©ressantes.
Des actions accessibles sans bouleverser son quotidien
LâactivitĂ© physique nâa pas besoin de commencer par une salle de sport. Une marche active, du vĂ©lo tranquille, de la natation adaptĂ©e ou des trajets Ă pied peuvent convenir. Lâimportant est de choisir une activitĂ© compatible avec son Ă©tat de santĂ© et de demander conseil au mĂ©decin en cas de maladie cardiaque, dâessoufflement ou de douleur Ă lâeffort.
Lâalimentation joue aussi un rĂŽle concret. PrivilĂ©gier les lĂ©gumes, les fruits, les lĂ©gumineuses, les cĂ©rĂ©ales peu raffinĂ©es, le poisson, lâhuile dâolive ou de colza et les aliments peu transformĂ©s aide Ă limiter les excĂšs de sel, de sucres et de graisses de mauvaise qualitĂ©. Il ne sâagit pas dâinterdire chaque plaisir, mais de trouver un Ă©quilibre durable.
Le sommeil mĂ©rite une vraie place dans cette dĂ©marche. Ronflements importants, pauses respiratoires observĂ©es, rĂ©veils avec sensation dâĂ©touffement ou fatigue au rĂ©veil peuvent Ă©voquer une apnĂ©e du sommeil. Ce trouble peut avoir des consĂ©quences sur la tension et le rythme cardiaque. En parler est utile, particuliĂšrement lorsque la somnolence gĂȘne la journĂ©e.
Le diabĂšte est Ă©galement un point de vigilance. La fatigue peut faire partie de son quotidien, mais elle ne doit pas ĂȘtre systĂ©matiquement banalisĂ©e. Des repĂšres clairs sur le diabĂšte, la fatigue et les motifs dâinquiĂ©tude peuvent aider Ă distinguer une situation Ă surveiller dâun symptĂŽme nĂ©cessitant une consultation rapide.
- đ„ Composer des repas simples avec davantage dâaliments bruts et moins de produits trĂšs salĂ©s.
- đ¶ PrĂ©voir des moments de mouvement rĂ©guliers, mĂȘme courts, plutĂŽt quâun effort rare et trop intense.
- đ©ș Mesurer la tension selon les recommandations reçues et apporter les relevĂ©s en consultation.
- đŽ Signaler un sommeil non rĂ©parateur, des ronflements ou des pauses respiratoires.
- đ Demander de lâaide pour arrĂȘter le tabac : ĂȘtre accompagnĂ© augmente les chances de tenir dans le temps.
- đ· Limiter lâalcool, qui peut influencer la tension, le rythme cardiaque, le sommeil et la mĂ©moire.
Un tensiomĂštre peut ĂȘtre trĂšs utile Ă domicile lorsquâil est bien choisi et correctement utilisĂ©. La mesure doit se faire aprĂšs quelques minutes de repos, assis, le bras soutenu, sans cafĂ©, cigarette ni effort juste avant. Trois mesures espacĂ©es dâune minute peuvent ĂȘtre demandĂ©es selon les recommandations du professionnel qui suit la personne.
Un carnet papier ou une note sur tĂ©lĂ©phone aide Ă garder une trace de la tension, du pouls, du poids en cas dâinsuffisance cardiaque, des symptĂŽmes et des traitements. Ces informations facilitent les Ă©changes avec le mĂ©decin, le cardiologue ou lâinfirmier Ă domicile. Elles ne remplacent pas lâavis mĂ©dical, mais elles rendent le suivi plus prĂ©cis.
Dans cette prĂ©vention, chaque petit progrĂšs compte. Une tension mieux contrĂŽlĂ©e, une marche reprise progressivement ou un sommeil Ă©valuĂ© sont dĂ©jĂ des actions utiles pour le cĆur et pour le cerveau.
Suivi mĂ©dical des troubles cardiaques discrets : quand consulter et comment sâorganiser
Certains troubles cardiaques restent longtemps silencieux. Une hypertension peut ne donner aucun symptĂŽme. Un rythme irrĂ©gulier peut nâĂȘtre ressenti quâoccasionnellement. Une baisse modĂ©rĂ©e de la fonction cardiaque peut ĂȘtre dĂ©couverte lors dâun bilan rĂ©alisĂ© pour une fatigue ou un essoufflement. Câest pourquoi les rendez-vous de prĂ©vention gardent toute leur valeur.
Dans un parcours de soins bien organisé, le médecin traitant reste souvent le premier interlocuteur. Il connaßt les antécédents, les médicaments, le contexte familial et les habitudes de vie. Il peut proposer une prise de sang, un électrocardiogramme, une surveillance de la tension, ou orienter vers un cardiologue si nécessaire.
Les signaux Ă dĂ©crire sans attendre quâils deviennent gĂȘnants
Une sensation de cĆur qui sâemballe nâa pas toujours la mĂȘme signification. Elle peut suivre une Ă©motion, une consommation importante de cafĂ©, une fiĂšvre ou un manque de sommeil. Si elle revient, dure, ou sâaccompagne dâautres signes, elle mĂ©rite une Ă©valuation. DĂ©crire prĂ©cisĂ©ment les circonstances aide beaucoup : heure, durĂ©e, effort, position, boissons consommĂ©es et symptĂŽmes associĂ©s.
Un essoufflement nouveau Ă la montĂ©e des escaliers, des chevilles qui gonflent le soir, une prise de poids rapide en quelques jours ou des rĂ©veils nocturnes avec gĂȘne respiratoire doivent Ă©galement ĂȘtre signalĂ©s. Ces situations nâimpliquent pas automatiquement une insuffisance cardiaque, mais elles demandent un avis adaptĂ©.
Pour les personnes dĂ©jĂ suivies pour une pathologie cardiaque, lâorganisation est un vrai soutien. PrĂ©parer les ordonnances, les rĂ©sultats rĂ©cents et la liste des questions avant la consultation Ă©vite de repartir avec des doutes. Ă domicile, les proches peuvent aider Ă noter les symptĂŽmes sans surveiller de façon anxieuse.
Les infirmiers Ă domicile ont un rĂŽle prĂ©cieux dans cette continuitĂ©. Ils peuvent observer lâĂ©tat gĂ©nĂ©ral, contrĂŽler certains paramĂštres sur prescription, repĂ©rer une dĂ©gradation, expliquer un traitement et alerter le mĂ©decin si besoin. Leur prĂ©sence est particuliĂšrement utile pour les personnes ĂągĂ©es, celles qui vivent seules ou celles dont les soins sont complexes.
Ă Marseille comme ailleurs, le parcours devient plus facile lorsquâil est construit autour de plusieurs professionnels qui communiquent : mĂ©decin traitant, cardiologue, pharmacien, infirmier, kinĂ©sithĂ©rapeute, aidant et patient. La personne concernĂ©e reste au centre. Elle doit comprendre ce qui est surveillĂ© et savoir qui contacter selon la situation.
Un suivi cardiaque ne se limite donc pas Ă des chiffres. Il prend en compte la capacitĂ© Ă marcher, Ă dormir, Ă gĂ©rer les traitements et Ă conserver ses activitĂ©s. Cette vision globale est aussi la plus pertinente pour prĂ©venir les fragilitĂ©s liĂ©es Ă lâĂąge, y compris celles qui concernent la mĂ©moire.
La prochaine Ă©tape de la recherche sera de vĂ©rifier, sur de grandes populations et sur une durĂ©e plus longue, si une prĂ©vention cardiovasculaire renforcĂ©e rĂ©duit rĂ©ellement les atteintes microscopiques du cerveau. En attendant, il existe dĂ©jĂ une action simple Ă mettre en Ćuvre : prĂ©voir un bilan avec son professionnel de santĂ© lorsque la tension, le souffle, le rythme ou la mĂ©moire changent durablement. â€ïž
Un trouble cardiaque mineur signifie-t-il que la démence est inévitable ?
Non. LâĂ©tude montre une association entre une fonction cardiaque plus fragile et des changements cĂ©rĂ©braux subtils, pas une certitude de dĂ©velopper une dĂ©mence. Les antĂ©cĂ©dents, lâĂąge, le mode de vie et de nombreux autres facteurs comptent Ă©galement.
Quels symptĂŽmes cardiaques doivent conduire Ă consulter ?
Des palpitations rĂ©pĂ©tĂ©es, un essoufflement inhabituel, des douleurs thoraciques, des malaises, des chevilles gonflĂ©es ou une fatigue nouvelle doivent ĂȘtre signalĂ©s Ă un professionnel. En cas de douleur thoracique intense, difficultĂ© respiratoire marquĂ©e ou malaise important, contactez les urgences.
Peut-on dépister la démence avec une échographie cardiaque ?
Non. LâĂ©chographie cardiaque Ă©value la structure et le fonctionnement du cĆur. Elle peut aider le mĂ©decin Ă apprĂ©cier le risque cardiovasculaire, mais elle ne permet pas de diagnostiquer une dĂ©mence.
La tension artérielle a-t-elle un impact sur la mémoire ?
Une hypertension durable peut endommager les vaisseaux sanguins, y compris ceux du cerveau. La contrÎler avec les mesures recommandées et les traitements prescrits participe à la prévention cardiovasculaire et cérébrale.

