Faire progresser la stratĂ©gie santĂ© mondiale America First grĂące Ă  un accord bilatĂ©ral historique avec la CĂŽte d’Ivoire

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La signature d’un accord sanitaire majeur entre les États-Unis et la CĂŽte d’Ivoire bouscule les lignes de la coopĂ©ration internationale en santĂ© et interroge : comment conjuguer stratĂ©gie gĂ©opolitique, besoins humains trĂšs concrets et dĂ©veloppement durable des systĂšmes de soins ?

Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
✅ Un accord bilatĂ©ral de plusieurs centaines de millions de dollars vise Ă  renforcer la santĂ© publique en CĂŽte d’Ivoire sur cinq ans, avec un cofinancement et une responsabilisation locale đŸ‡šđŸ‡źđŸ€đŸ‡ș🇾
✅ La stratĂ©gie santĂ© mondiale America First privilĂ©gie des Ă©changes bilatĂ©raux directs avec les gouvernements, pour des actions ciblĂ©es (VIH, paludisme, prĂ©paration aux Ă©pidĂ©mies, hĂŽpitaux de proximitĂ©) 🎯
✅ Le pari affichĂ© : articuler coopĂ©ration internationale et dĂ©veloppement durable en amenant les pays partenaires Ă  investir davantage leurs propres ressources sur les prioritĂ©s de santĂ© đŸ„đŸŒ
✅ Vigilance nĂ©cessaire sur les inĂ©galitĂ©s d’accĂšs aux soins, la place des soignants de terrain et l’équilibre entre intĂ©rĂȘts stratĂ©giques amĂ©ricains et besoins rĂ©els des populations locales ⚖

Un accord bilatĂ©ral États-Unis – CĂŽte d’Ivoire qui rebat les cartes de la coopĂ©ration sanitaire

L’accord signĂ© entre Washington et Abidjan s’inscrit dans un mouvement dĂ©jĂ  visible avec d’autres pays africains, comme le Kenya ou le Rwanda : les États-Unis privilĂ©gient dĂ©sormais des accords de gouvernement Ă  gouvernement, plutĂŽt que de passer uniquement par de grandes agences multilatĂ©rales. Cette approche sert directement la stratĂ©gie santĂ© mondiale voulue par l’administration amĂ©ricaine, souvent rĂ©sumĂ©e par le slogan America First. Elle met en avant les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques amĂ©ricains, mais aussi une volontĂ© de responsabilitĂ© partagĂ©e.

ConcrĂštement, pour la CĂŽte d’Ivoire, il est question de plusieurs centaines de millions de dollars allouĂ©s sur cinq ans, dans la lignĂ©e des montants dĂ©jĂ  annoncĂ©s pour d’autres pays (prĂšs d’un milliard de dollars sur certains protocoles rĂ©cents). Les fonds doivent soutenir le renforcement des hĂŽpitaux, la lutte contre les grandes maladies infectieuses, la prĂ©paration aux pandĂ©mies et la mise en place de systĂšmes d’information sanitaire plus robustes.

Ce type de partenariat santĂ© n’est pas isolĂ©. Il s’inscrit dans un paysage oĂč les indicateurs de santĂ© mondiale sont scrutĂ©s de prĂšs. Pour comprendre les enjeux, il est utile de les mettre en regard avec des analyses plus globales comme celles prĂ©sentĂ©es dans ce panorama 2025 de la santĂ© dans les pays de l’OCDE, qui montrent comment les pays ajustent leurs politiques sanitaires aux contraintes budgĂ©taires, au vieillissement et aux crises successives.

Dans l’accord ivoirien, plusieurs axes reviennent de maniĂšre rĂ©currente :

  • 💉 Le renforcement de la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, toujours responsables d’une morbiditĂ© importante en Afrique de l’Ouest.
  • đŸ„ La montĂ©e en capacitĂ© du systĂšme hospitalier, y compris dans les villes secondaires et les zones rurales, pour Ă©viter que tout converge vers Abidjan.
  • đŸ§Ș L’amĂ©lioration de la surveillance Ă©pidĂ©miologique et des laboratoires, afin de dĂ©tecter rapidement tout foyer de maladie Ă©mergente.
  • 📊 Le dĂ©veloppement de systĂšmes d’information sanitaire plus fiables, indispensables pour piloter une politique sanitaire cohĂ©rente.

Ces prioritĂ©s rejoignent celles observĂ©es dans d’autres coopĂ©rations, comme le soutien au systĂšme de santĂ© en Centrafrique, oĂč les partenaires internationaux misent aussi sur l’infrastructure, les mĂ©dicaments essentiels et la formation des professionnels. La diffĂ©rence ici, c’est la place centrale accordĂ©e aux intĂ©rĂȘts amĂ©ricains et Ă  la logique de codĂ©cision bilatĂ©rale.

Pour les soignants de terrain, qu’ils soient ivoiriens ou engagĂ©s dans des ONG, l’enjeu est simple : ces milliards ne doivent pas rester des lignes sur un document diplomatique. Ils doivent se traduire par des postes soignants, des mĂ©dicaments disponibles, des circuits de prise en charge plus rapides et une meilleure Ă©coute des patients vulnĂ©rables. La leçon tirĂ©e des expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes est claire : un protocole ambitieux ne vaut que par son impact concret dans un centre de santĂ© surchargĂ© ou un dispensaire isolĂ©.

Cette alliance entre Afrique de l’Ouest et États-Unis, Ă  travers la CĂŽte d’Ivoire, est donc un laboratoire grandeur nature de ce que peut devenir la coopĂ©ration internationale en santĂ© dans les annĂ©es Ă  venir : plus ciblĂ©e, plus stratĂ©gique, mais aussi plus exposĂ©e aux critiques si les promesses restent thĂ©oriques.

dĂ©couvrez comment l'accord bilatĂ©ral historique entre les Ă©tats-unis et la cĂŽte d’ivoire renforce la stratĂ©gie santĂ© mondiale america first, favorisant la coopĂ©ration et le progrĂšs en santĂ© publique.

StratĂ©gie santĂ© mondiale America First : promesses, zones d’ombre et impacts sur la santĂ© publique

La stratĂ©gie santĂ© mondiale America First vise Ă  aligner l’aide sanitaire internationale sur les prioritĂ©s politiques amĂ©ricaines. Cela signifie : sĂ©curiser les frontiĂšres vis-Ă -vis des menaces Ă©pidĂ©miques, stabiliser des rĂ©gions jugĂ©es stratĂ©giques et valoriser l’image des États-Unis comme partenaire incontournable. Sur le papier, rien d’illogique : chaque pays cherche Ă  dĂ©fendre ses intĂ©rĂȘts.

Dans la pratique, cette stratĂ©gie rĂ©oriente une partie des budgets autrefois multilatĂ©raux vers des Ă©changes bilatĂ©raux trĂšs structurĂ©s. On l’a vu avec l’accord de 2,5 milliards de dollars signĂ© avec le Kenya, ou encore avec les engagements pris avec le Rwanda pour soutenir la lutte contre le VIH et le paludisme. La CĂŽte d’Ivoire s’inscrit dĂ©sormais dans ce paysage, avec un accord qui place clairement la relation directe entre les deux gouvernements au cƓur du dispositif.

Cette Ă©volution s’observe sur plusieurs plans :

  • 🌐 Une volontĂ© de travailler « d’État Ă  État », avec moins d’intermĂ©diaires, pour gagner en visibilitĂ© et en contrĂŽle.
  • 📑 Des protocoles conditionnĂ©s Ă  des engagements prĂ©cis du pays bĂ©nĂ©ficiaire : co-investissement, mobilisation de ressources domestiques, rĂ©formes de la gouvernance santĂ©.
  • đŸ›Ąïž Un accent fort sur la sĂ©curitĂ© sanitaire, la surveillance des Ă©pidĂ©mies et la prĂ©paration aux crises, notamment aprĂšs les leçons tirĂ©es du Covid-19.

Les bĂ©nĂ©fices attendus pour la santĂ© publique sont rĂ©els : meilleure anticipation des crises, soutien aux infrastructures, apports financiers consĂ©quents. Mais les zones d’ombre ne manquent pas. Plusieurs observateurs s’interrogent sur le risque de voir certaines prioritĂ©s locales relĂ©guĂ©es au second plan si elles ne coĂŻncident pas avec les agendas stratĂ©giques amĂ©ricains.

La question de l’équitĂ© est centrale. Des analyses comme celles partagĂ©es sur les inĂ©galitĂ©s d’accĂšs aux soins et l’équitĂ© en santĂ© rappellent que les politiques sanitaires, mĂȘme bien financĂ©es, peuvent creuser des Ă©carts si elles privilĂ©gient certains territoires ou certaines pathologies au dĂ©triment d’autres. Un programme trĂšs orientĂ© vers le VIH, par exemple, ne doit pas laisser de cĂŽtĂ© les maladies chroniques Ă©mergentes ou la santĂ© mentale, qui montent en puissance dans les grandes villes africaines.

Pour mieux comprendre les dynamiques Ă  l’Ɠuvre, il est utile de les situer dans le cadre plus large des indicateurs mondiaux de dĂ©veloppement. Ceux-ci montrent que les pays qui amĂ©liorent durablement la santĂ© de leur population sont ceux qui investissent non seulement dans les hĂŽpitaux, mais aussi dans l’éducation, l’égalitĂ© femmes-hommes, l’environnement et les transports. Une stratĂ©gie sanitaire limitĂ©e Ă  quelques maladies ciblĂ©es ne suffit pas.

La force de l’accord États-Unis – CĂŽte d’Ivoire pourrait rĂ©sider justement dans sa capacitĂ© Ă  dĂ©passer le strict champ biomĂ©dical, pour toucher Ă  l’organisation globale du systĂšme de soins. Mais cela demande un suivi minutieux, des Ă©valuations rĂ©guliĂšres et une place donnĂ©e aux soignants, aux associations de patients et aux collectivitĂ©s locales. Sans ces garde-fous, le risque est de rester dans un tĂȘte-Ă -tĂȘte diplomatique assez Ă©loignĂ© des besoins rĂ©els d’un centre de santĂ© de quartier.

Cette stratĂ©gie « America First » en matiĂšre de santĂ© mondiale ne peut donc ĂȘtre jugĂ©e sur ses intentions, mais bien sur ses effets tangibles : fermeture ou ouverture de services, accĂšs aux mĂ©dicaments, protection des plus fragiles. C’est Ă  cette aune qu’elle sera Ă©valuĂ©e dans les annĂ©es Ă  venir.

CĂŽte d’Ivoire : transformer un accord bilatĂ©ral en progrĂšs concrets pour les patients

Pour que l’accord entre la CĂŽte d’Ivoire et les États-Unis fasse vraiment progresser la vie quotidienne des patients, tout se joue dans la mise en Ɠuvre. Sur le terrain, cela signifie moins de files d’attente interminables, plus de mĂ©dicaments disponibles, une meilleure prise en charge des urgences et un suivi plus humain des maladies chroniques.

Un personnage fictif permet de visualiser ces enjeux : AĂŻcha, 42 ans, vit dans un quartier populaire de BouakĂ©. Elle souffre d’hypertension et d’un diabĂšte mal Ă©quilibrĂ©. Pour elle, un accord bilatĂ©ral de plusieurs centaines de millions de dollars ne veut rien dire si cela ne change pas le temps d’attente pour voir un mĂ©decin, le coĂ»t de ses mĂ©dicaments ou la qualitĂ© du dialogue avec les soignants.

Dans ce contexte, plusieurs leviers concrets peuvent faire la différence :

  • đŸ‘©â€âš•ïž Renforcer les Ă©quipes soignantes : embaucher des infirmiers, des sages-femmes, des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, mais aussi du personnel administratif pour allĂ©ger la charge des soignants.
  • đŸ„ Moderniser les centres de santĂ© de proximitĂ© : rĂ©habilitation des locaux, accĂšs Ă  l’eau, Ă  l’électricitĂ©, aux Ă©quipements de base (tensiomĂštres fiables, glucomĂštres, matĂ©riel de petite chirurgie).
  • 🚑 Organiser les transports sanitaires : ambulances adaptĂ©es, rĂ©seaux de rĂ©fĂ©rence vers les hĂŽpitaux, rĂ©flexion sur les stratĂ©gies de transport et d’environnement pour limiter les pertes de chances.
  • 💊 SĂ©curiser l’approvisionnement en mĂ©dicaments : stocks tampon, circuits logistiques clarifiĂ©s, lutte contre les faux mĂ©dicaments.

Le texte de l’accord Ă©voque le co-investissement et la responsabilisation de la CĂŽte d’Ivoire. En pratique, cela suppose des choix budgĂ©taires clairs : dĂ©gager des ressources internes pour la santĂ©, prioriser certains investissements (soins primaires, maternitĂ©s, services d’urgence) et accepter d’ĂȘtre Ă©valuĂ© sur des rĂ©sultats concrets. C’est une Ă©volution qui peut ĂȘtre exigeante, mais aussi structurante Ă  long terme.

Pour les équipes de terrain, le défi est aussi humain. Beaucoup de professionnels ont déjà vécu des vagues de projets financés, avec des formations, des ateliers, puis une retombée une fois les financements terminés. Pour éviter ce cycle, il est indispensable que les programmes prévoient :

  1. 📚 Des formations continues ancrĂ©es dans le quotidien, pas seulement des sĂ©minaires ponctuels.
  2. đŸ€ Un accompagnement des Ă©quipes sur place, avec des rĂ©fĂ©rents locaux formĂ©s Ă  la gestion de projet.
  3. 📈 Des indicateurs simples mais parlants : temps d’attente moyen, taux de rupture de stock, satisfaction des patients.
  4. đŸ§© Une coordination avec les autres partenaires prĂ©sents, pour Ă©viter la dispersion des efforts.

L’expĂ©rience d’autres pays montre Ă©galement l’importance de ne pas laisser de cĂŽtĂ© les plus vulnĂ©rables. Les travaux sur l’exclusion de patients vulnĂ©rables dans certains systĂšmes de santĂ© rappellent qu’une politique ambitieuse, mal ciblĂ©e, peut accentuer la marginalisation de ceux qui vivent en zone rurale, en situation de handicap ou sans couverture sociale claire.

Pour AĂŻcha et tant d’autres patients, la rĂ©ussite de ce partenariat santĂ© passera par des amĂ©liorations visibles : un rendez-vous obtenu en quelques jours plutĂŽt qu’en quelques mois, des analyses disponibles sur place, une Ă©coute plus attentive de la part des soignants. VoilĂ  la mesure la plus concrĂšte de l’efficacitĂ© de cet accord bilatĂ©ral historique.

Coopération internationale, développement durable et systÚmes de santé africains : quels apprentissages ?

L’accord États-Unis – CĂŽte d’Ivoire ne se joue pas dans un vide. Il s’inscrit dans une histoire longue de la coopĂ©ration internationale en Afrique, faite de rĂ©ussites, de dĂ©sillusions et de rĂ©ajustements. Les grandes initiatives contre le sida, le paludisme ou la poliomyĂ©lite ont prouvĂ© qu’un engagement massif des bailleurs peut sauver des millions de vies. Mais elles ont aussi montrĂ© les limites de programmes trop verticaux, centrĂ©s sur une maladie, sans assez investir dans la colonne vertĂ©brale du systĂšme de santĂ©.

Le lien avec le dĂ©veloppement durable est aujourd’hui incontournable. Un hĂŽpital qui manque d’électricitĂ© ou d’eau potable, un centre de santĂ© inaccessible en saison des pluies, un quartier exposĂ© Ă  la pollution et aux inondations : autant de rĂ©alitĂ©s qui impactent directement la qualitĂ© des soins. Des initiatives rĂ©centes, dĂ©taillĂ©es par exemple dans les avancĂ©es rĂ©gionales en santĂ© publique, mettent en avant l’importance des infrastructures, de la rĂ©silience climatique et de la gouvernance locale.

Pour la CĂŽte d’Ivoire, tirer parti de cet accord suppose donc de l’articuler avec d’autres politiques publiques : routes, eau, Ă©ducation, urbanisme. Les objectifs de santĂ© ne peuvent pas ĂȘtre isolĂ©s du reste. C’est d’ailleurs ce que montrent de nombreux rapports internationaux : les pays qui progressent le plus sur l’espĂ©rance de vie et la qualitĂ© de vie sont ceux qui lient Ă©troitement leurs politiques sanitaires Ă  l’ensemble de leur stratĂ©gie de dĂ©veloppement.

La coopĂ©ration sanitaire bilatĂ©rale peut aussi ĂȘtre l’occasion d’échanges de bonnes pratiques. Par exemple :

  • đŸŒ± IntĂ©grer des normes de construction « vertes » pour les nouveaux hĂŽpitaux, avec meilleure isolation, panneaux solaires, gestion des dĂ©chets mĂ©dicaux.
  • 🚰 Travailler avec les services d’eau et d’assainissement pour sĂ©curiser les maternitĂ©s et les blocs opĂ©ratoires.
  • 📡 DĂ©ployer des solutions de tĂ©lĂ©mĂ©decine lĂ  oĂč les mĂ©decins sont rares, en s’inspirant d’expĂ©riences rĂ©ussies sur d’autres continents.

Les coalitions internationales comme celles dĂ©crites dans la Health Works Coalition mettent en avant l’importance d’une approche intersectorielle : santĂ©, travail, environnement, Ă©conomie. L’accord États-Unis – CĂŽte d’Ivoire, s’il est bien pilotĂ©, peut devenir un exemple de cette approche plus intĂ©grĂ©e, oĂč l’investissement sanitaire nourrit aussi l’emploi local, la formation, l’innovation.

Un autre apprentissage clĂ© concerne la place des communautĂ©s. La durabilitĂ© des actions est nettement meilleure lorsque les associations locales, les leaders communautaires et les patients eux-mĂȘmes sont impliquĂ©s dans la conception et le suivi des programmes. Cela Ă©vite des solutions « parachutĂ©es », mal adaptĂ©es aux rĂ©alitĂ©s culturelles ou sociales, et trop vite abandonnĂ©es lorsque les financements diminuent.

Au fond, le vĂ©ritable test de ce type d’accord bilatĂ©ral est simple : laissera-t-il derriĂšre lui un systĂšme plus robuste, plus autonome, plus capable d’absorber les chocs futurs ? C’est cette question qui guidera l’évaluation de sa contribution rĂ©elle au dĂ©veloppement durable des systĂšmes de santĂ© africains.

Quels enseignements pour les autres pays
 et pour notre maniÚre de penser la santé mondiale ?

Ce qui se joue en CĂŽte d’Ivoire dĂ©passe largement les frontiĂšres ivoiriennes. L’accord signĂ© avec les États-Unis sert de modĂšle pour d’autres pays qui nĂ©gocient aujourd’hui des partenariats similaires. Il interroge aussi notre façon de concevoir la santĂ© mondiale : entre solidaritĂ©, intĂ©rĂȘts nationaux, enjeux de sĂ©curitĂ© et impĂ©ratifs Ă©conomiques.

Les dĂ©bats rĂ©cents autour de la santĂ© dans les grandes puissances, y compris aux États-Unis, montrent Ă  quel point ces sujets restent sensibles. Des analyses comme celles proposĂ©es sur les controverses autour de la santĂ© durant la prĂ©sidence Trump rappellent que les choix de politique sanitaire sont souvent le reflet d’équilibres politiques internes, parfois instables. Les partenaires internationaux doivent donc composer avec ces dynamiques changeantes.

Pour les soignants, les aidants et les citoyens, plusieurs pistes de réflexion émergent :

  • 🧭 Relier santĂ© locale et santĂ© mondiale : une Ă©pidĂ©mie qui dĂ©marre dans un quartier d’Abidjan peut rapidement concerner l’ensemble du globe, et inversement.
  • 🔍 Demander de la transparence : sur les montants engagĂ©s, la rĂ©partition des financements, les rĂ©sultats obtenus, les impacts sur les plus vulnĂ©rables.
  • đŸ§‘â€âš•ïž Donner une voix aux professionnels de terrain : sans leur expertise, les rĂ©formes restent thĂ©oriques et parfois inadaptĂ©es.
  • đŸ€Č Garder une boussole humaine : derriĂšre les milliards et les stratĂ©gies, il y a des visages, des histoires, des familles qui espĂšrent simplement accĂ©der Ă  des soins dignes.

Le vieillissement de la population mondiale, dĂ©jĂ  visible dans de nombreux pays comme le souligne cette analyse sur l’impact du vieillissement sur les systĂšmes de santĂ©, oblige Ă  repenser profondĂ©ment l’organisation des soins. MĂȘme si la CĂŽte d’Ivoire reste un pays relativement jeune, elle devra anticiper ces Ă©volutions, et l’accord bilatĂ©ral peut ĂȘtre une opportunitĂ© de prĂ©parer dĂšs maintenant la prise en charge de demain : maladies chroniques, dĂ©pendance, soins de longue durĂ©e.

À l’échelle personnelle, cet accord rappelle une chose essentielle : la santĂ© n’est jamais acquise. Elle dĂ©pend de dĂ©cisions politiques, d’investissements, mais aussi de notre capacitĂ© collective Ă  dĂ©fendre des systĂšmes de soins accessibles, humains et rĂ©silients. Que l’on vive Ă  Marseille, Ă  Abidjan ou ailleurs, un mĂȘme fil relie les patients, les soignants et les dĂ©cideurs : la recherche d’un Ă©quilibre entre efficacitĂ©, justice et respect des personnes.

Face Ă  ces enjeux, une premiĂšre action simple consiste Ă  rester informĂ©, Ă  croiser les sources, Ă  suivre l’évolution de ces grands partenariats et Ă  les relier Ă  ce que l’on observe dans les hĂŽpitaux, les cabinets de ville, les centres de santĂ© de quartier. Cette vigilance citoyenne et professionnelle est l’un des meilleurs garde-fous pour que les grandes stratĂ©gies ne perdent jamais de vue l’essentiel : la vie quotidienne des patients. 💡

En quoi l’accord bilatĂ©ral États-Unis – CĂŽte d’Ivoire est-il qualifiĂ© d’historique ?

Il est considéré comme historique par son ampleur financiÚre, sa durée et sa place dans la nouvelle stratégie santé mondiale America First. Il marque un passage assumé à une coopération sanitaire principalement bilatérale, avec des montants de plusieurs centaines de millions de dollars sur cinq ans, et une forte attente en termes de co-investissement et de responsabilisation du gouvernement ivoirien.

Quels domaines de la santé publique ivoirienne seront les plus concernés ?

Les prioritĂ©s annoncĂ©es portent sur la lutte contre les grandes maladies infectieuses (VIH, paludisme, tuberculose), le renforcement des hĂŽpitaux et des centres de santĂ© de proximitĂ©, la prĂ©paration aux Ă©pidĂ©mies, la surveillance Ă©pidĂ©miologique et l’amĂ©lioration des systĂšmes d’information sanitaire. L’objectif est de consolider la base du systĂšme, tout en rĂ©pondant aux menaces sanitaires les plus urgentes.

La stratégie America First est-elle compatible avec le développement durable des systÚmes de santé ?

Elle peut l’ĂȘtre si les programmes bilatĂ©raux s’inscrivent dans une vision de long terme, articulĂ©e avec les politiques nationales de santĂ©, d’éducation, d’environnement et d’infrastructures. Le dĂ©veloppement durable suppose de renforcer durablement les capacitĂ©s locales, de former les professionnels, d’impliquer les communautĂ©s et de veiller Ă  l’équitĂ© territoriale et sociale. Sans cela, les effets risquent de rester ponctuels ou inĂ©galement rĂ©partis.

Comment s’assurer que cet accord profite vraiment aux patients les plus vulnĂ©rables ?

La clĂ© rĂ©side dans la transparence des objectifs, la participation des associations de patients et des soignants de terrain, ainsi que dans le choix d’indicateurs concrets : temps d’attente, disponibilitĂ© des mĂ©dicaments, accĂšs en zone rurale, prise en charge financiĂšre des soins. Un suivi rĂ©gulier, associant acteurs locaux et partenaires internationaux, permet de corriger le tir si certains publics restent Ă  l’écart.

Pourquoi cet accord intĂ©resse aussi les professionnels de santĂ© d’autres pays ?

Il sert de laboratoire de la nouvelle politique sanitaire internationale amĂ©ricaine. Les soignants et dĂ©cideurs d’autres pays peuvent y observer comment se nĂ©gocient ces partenariats, quels rĂ©sultats ils produisent et quelles difficultĂ©s Ă©mergent. Ces retours d’expĂ©rience nourrissent la rĂ©flexion globale sur la meilleure façon de concilier coopĂ©ration internationale, Ă©quitĂ© en santĂ© et renforcement durable des systĂšmes de soins.

Source: www.state.gov

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