La signature dâun accord sanitaire majeur entre les Ătats-Unis et la CĂŽte dâIvoire bouscule les lignes de la coopĂ©ration internationale en santĂ© et interroge : comment conjuguer stratĂ©gie gĂ©opolitique, besoins humains trĂšs concrets et dĂ©veloppement durable des systĂšmes de soins ?
| Peu de temps ? VoilĂ ce quâil faut retenir : |
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| â Un accord bilatĂ©ral de plusieurs centaines de millions de dollars vise Ă renforcer la santĂ© publique en CĂŽte dâIvoire sur cinq ans, avec un cofinancement et une responsabilisation locale đšđźđ€đșđž |
| â La stratĂ©gie santĂ© mondiale America First privilĂ©gie des Ă©changes bilatĂ©raux directs avec les gouvernements, pour des actions ciblĂ©es (VIH, paludisme, prĂ©paration aux Ă©pidĂ©mies, hĂŽpitaux de proximitĂ©) đŻ |
| â Le pari affichĂ© : articuler coopĂ©ration internationale et dĂ©veloppement durable en amenant les pays partenaires Ă investir davantage leurs propres ressources sur les prioritĂ©s de santĂ© đ„đ |
| â Vigilance nĂ©cessaire sur les inĂ©galitĂ©s dâaccĂšs aux soins, la place des soignants de terrain et lâĂ©quilibre entre intĂ©rĂȘts stratĂ©giques amĂ©ricains et besoins rĂ©els des populations locales âïž |
Un accord bilatĂ©ral Ătats-Unis â CĂŽte dâIvoire qui rebat les cartes de la coopĂ©ration sanitaire
Lâaccord signĂ© entre Washington et Abidjan sâinscrit dans un mouvement dĂ©jĂ visible avec dâautres pays africains, comme le Kenya ou le Rwanda : les Ătats-Unis privilĂ©gient dĂ©sormais des accords de gouvernement Ă gouvernement, plutĂŽt que de passer uniquement par de grandes agences multilatĂ©rales. Cette approche sert directement la stratĂ©gie santĂ© mondiale voulue par lâadministration amĂ©ricaine, souvent rĂ©sumĂ©e par le slogan America First. Elle met en avant les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques amĂ©ricains, mais aussi une volontĂ© de responsabilitĂ© partagĂ©e.
ConcrĂštement, pour la CĂŽte dâIvoire, il est question de plusieurs centaines de millions de dollars allouĂ©s sur cinq ans, dans la lignĂ©e des montants dĂ©jĂ annoncĂ©s pour dâautres pays (prĂšs dâun milliard de dollars sur certains protocoles rĂ©cents). Les fonds doivent soutenir le renforcement des hĂŽpitaux, la lutte contre les grandes maladies infectieuses, la prĂ©paration aux pandĂ©mies et la mise en place de systĂšmes dâinformation sanitaire plus robustes.
Ce type de partenariat santĂ© nâest pas isolĂ©. Il sâinscrit dans un paysage oĂč les indicateurs de santĂ© mondiale sont scrutĂ©s de prĂšs. Pour comprendre les enjeux, il est utile de les mettre en regard avec des analyses plus globales comme celles prĂ©sentĂ©es dans ce panorama 2025 de la santĂ© dans les pays de lâOCDE, qui montrent comment les pays ajustent leurs politiques sanitaires aux contraintes budgĂ©taires, au vieillissement et aux crises successives.
Dans lâaccord ivoirien, plusieurs axes reviennent de maniĂšre rĂ©currente :
- đ Le renforcement de la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, toujours responsables dâune morbiditĂ© importante en Afrique de lâOuest.
- đ„ La montĂ©e en capacitĂ© du systĂšme hospitalier, y compris dans les villes secondaires et les zones rurales, pour Ă©viter que tout converge vers Abidjan.
- đ§Ș LâamĂ©lioration de la surveillance Ă©pidĂ©miologique et des laboratoires, afin de dĂ©tecter rapidement tout foyer de maladie Ă©mergente.
- đ Le dĂ©veloppement de systĂšmes dâinformation sanitaire plus fiables, indispensables pour piloter une politique sanitaire cohĂ©rente.
Ces prioritĂ©s rejoignent celles observĂ©es dans dâautres coopĂ©rations, comme le soutien au systĂšme de santĂ© en Centrafrique, oĂč les partenaires internationaux misent aussi sur lâinfrastructure, les mĂ©dicaments essentiels et la formation des professionnels. La diffĂ©rence ici, câest la place centrale accordĂ©e aux intĂ©rĂȘts amĂ©ricains et Ă la logique de codĂ©cision bilatĂ©rale.
Pour les soignants de terrain, quâils soient ivoiriens ou engagĂ©s dans des ONG, lâenjeu est simple : ces milliards ne doivent pas rester des lignes sur un document diplomatique. Ils doivent se traduire par des postes soignants, des mĂ©dicaments disponibles, des circuits de prise en charge plus rapides et une meilleure Ă©coute des patients vulnĂ©rables. La leçon tirĂ©e des expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes est claire : un protocole ambitieux ne vaut que par son impact concret dans un centre de santĂ© surchargĂ© ou un dispensaire isolĂ©.
Cette alliance entre Afrique de lâOuest et Ătats-Unis, Ă travers la CĂŽte dâIvoire, est donc un laboratoire grandeur nature de ce que peut devenir la coopĂ©ration internationale en santĂ© dans les annĂ©es Ă venir : plus ciblĂ©e, plus stratĂ©gique, mais aussi plus exposĂ©e aux critiques si les promesses restent thĂ©oriques.

StratĂ©gie santĂ© mondiale America First : promesses, zones dâombre et impacts sur la santĂ© publique
La stratĂ©gie santĂ© mondiale America First vise Ă aligner lâaide sanitaire internationale sur les prioritĂ©s politiques amĂ©ricaines. Cela signifie : sĂ©curiser les frontiĂšres vis-Ă -vis des menaces Ă©pidĂ©miques, stabiliser des rĂ©gions jugĂ©es stratĂ©giques et valoriser lâimage des Ătats-Unis comme partenaire incontournable. Sur le papier, rien dâillogique : chaque pays cherche Ă dĂ©fendre ses intĂ©rĂȘts.
Dans la pratique, cette stratĂ©gie rĂ©oriente une partie des budgets autrefois multilatĂ©raux vers des Ă©changes bilatĂ©raux trĂšs structurĂ©s. On lâa vu avec lâaccord de 2,5 milliards de dollars signĂ© avec le Kenya, ou encore avec les engagements pris avec le Rwanda pour soutenir la lutte contre le VIH et le paludisme. La CĂŽte dâIvoire sâinscrit dĂ©sormais dans ce paysage, avec un accord qui place clairement la relation directe entre les deux gouvernements au cĆur du dispositif.
Cette Ă©volution sâobserve sur plusieurs plans :
- đ Une volontĂ© de travailler « dâĂtat Ă Ătat », avec moins dâintermĂ©diaires, pour gagner en visibilitĂ© et en contrĂŽle.
- đ Des protocoles conditionnĂ©s Ă des engagements prĂ©cis du pays bĂ©nĂ©ficiaire : co-investissement, mobilisation de ressources domestiques, rĂ©formes de la gouvernance santĂ©.
- đĄïž Un accent fort sur la sĂ©curitĂ© sanitaire, la surveillance des Ă©pidĂ©mies et la prĂ©paration aux crises, notamment aprĂšs les leçons tirĂ©es du Covid-19.
Les bĂ©nĂ©fices attendus pour la santĂ© publique sont rĂ©els : meilleure anticipation des crises, soutien aux infrastructures, apports financiers consĂ©quents. Mais les zones dâombre ne manquent pas. Plusieurs observateurs sâinterrogent sur le risque de voir certaines prioritĂ©s locales relĂ©guĂ©es au second plan si elles ne coĂŻncident pas avec les agendas stratĂ©giques amĂ©ricains.
La question de lâĂ©quitĂ© est centrale. Des analyses comme celles partagĂ©es sur les inĂ©galitĂ©s dâaccĂšs aux soins et lâĂ©quitĂ© en santĂ© rappellent que les politiques sanitaires, mĂȘme bien financĂ©es, peuvent creuser des Ă©carts si elles privilĂ©gient certains territoires ou certaines pathologies au dĂ©triment dâautres. Un programme trĂšs orientĂ© vers le VIH, par exemple, ne doit pas laisser de cĂŽtĂ© les maladies chroniques Ă©mergentes ou la santĂ© mentale, qui montent en puissance dans les grandes villes africaines.
Pour mieux comprendre les dynamiques Ă lâĆuvre, il est utile de les situer dans le cadre plus large des indicateurs mondiaux de dĂ©veloppement. Ceux-ci montrent que les pays qui amĂ©liorent durablement la santĂ© de leur population sont ceux qui investissent non seulement dans les hĂŽpitaux, mais aussi dans lâĂ©ducation, lâĂ©galitĂ© femmes-hommes, lâenvironnement et les transports. Une stratĂ©gie sanitaire limitĂ©e Ă quelques maladies ciblĂ©es ne suffit pas.
La force de lâaccord Ătats-Unis â CĂŽte dâIvoire pourrait rĂ©sider justement dans sa capacitĂ© Ă dĂ©passer le strict champ biomĂ©dical, pour toucher Ă lâorganisation globale du systĂšme de soins. Mais cela demande un suivi minutieux, des Ă©valuations rĂ©guliĂšres et une place donnĂ©e aux soignants, aux associations de patients et aux collectivitĂ©s locales. Sans ces garde-fous, le risque est de rester dans un tĂȘte-Ă -tĂȘte diplomatique assez Ă©loignĂ© des besoins rĂ©els dâun centre de santĂ© de quartier.
Cette stratĂ©gie « America First » en matiĂšre de santĂ© mondiale ne peut donc ĂȘtre jugĂ©e sur ses intentions, mais bien sur ses effets tangibles : fermeture ou ouverture de services, accĂšs aux mĂ©dicaments, protection des plus fragiles. Câest Ă cette aune quâelle sera Ă©valuĂ©e dans les annĂ©es Ă venir.
CĂŽte dâIvoire : transformer un accord bilatĂ©ral en progrĂšs concrets pour les patients
Pour que lâaccord entre la CĂŽte dâIvoire et les Ătats-Unis fasse vraiment progresser la vie quotidienne des patients, tout se joue dans la mise en Ćuvre. Sur le terrain, cela signifie moins de files dâattente interminables, plus de mĂ©dicaments disponibles, une meilleure prise en charge des urgences et un suivi plus humain des maladies chroniques.
Un personnage fictif permet de visualiser ces enjeux : AĂŻcha, 42 ans, vit dans un quartier populaire de BouakĂ©. Elle souffre dâhypertension et dâun diabĂšte mal Ă©quilibrĂ©. Pour elle, un accord bilatĂ©ral de plusieurs centaines de millions de dollars ne veut rien dire si cela ne change pas le temps dâattente pour voir un mĂ©decin, le coĂ»t de ses mĂ©dicaments ou la qualitĂ© du dialogue avec les soignants.
Dans ce contexte, plusieurs leviers concrets peuvent faire la différence :
- đ©ââïž Renforcer les Ă©quipes soignantes : embaucher des infirmiers, des sages-femmes, des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, mais aussi du personnel administratif pour allĂ©ger la charge des soignants.
- đ„ Moderniser les centres de santĂ© de proximitĂ© : rĂ©habilitation des locaux, accĂšs Ă lâeau, Ă lâĂ©lectricitĂ©, aux Ă©quipements de base (tensiomĂštres fiables, glucomĂštres, matĂ©riel de petite chirurgie).
- đ Organiser les transports sanitaires : ambulances adaptĂ©es, rĂ©seaux de rĂ©fĂ©rence vers les hĂŽpitaux, rĂ©flexion sur les stratĂ©gies de transport et dâenvironnement pour limiter les pertes de chances.
- đ SĂ©curiser lâapprovisionnement en mĂ©dicaments : stocks tampon, circuits logistiques clarifiĂ©s, lutte contre les faux mĂ©dicaments.
Le texte de lâaccord Ă©voque le co-investissement et la responsabilisation de la CĂŽte dâIvoire. En pratique, cela suppose des choix budgĂ©taires clairs : dĂ©gager des ressources internes pour la santĂ©, prioriser certains investissements (soins primaires, maternitĂ©s, services dâurgence) et accepter dâĂȘtre Ă©valuĂ© sur des rĂ©sultats concrets. Câest une Ă©volution qui peut ĂȘtre exigeante, mais aussi structurante Ă long terme.
Pour les équipes de terrain, le défi est aussi humain. Beaucoup de professionnels ont déjà vécu des vagues de projets financés, avec des formations, des ateliers, puis une retombée une fois les financements terminés. Pour éviter ce cycle, il est indispensable que les programmes prévoient :
- đ Des formations continues ancrĂ©es dans le quotidien, pas seulement des sĂ©minaires ponctuels.
- đ€ Un accompagnement des Ă©quipes sur place, avec des rĂ©fĂ©rents locaux formĂ©s Ă la gestion de projet.
- đ Des indicateurs simples mais parlants : temps dâattente moyen, taux de rupture de stock, satisfaction des patients.
- 𧩠Une coordination avec les autres partenaires présents, pour éviter la dispersion des efforts.
LâexpĂ©rience dâautres pays montre Ă©galement lâimportance de ne pas laisser de cĂŽtĂ© les plus vulnĂ©rables. Les travaux sur lâexclusion de patients vulnĂ©rables dans certains systĂšmes de santĂ© rappellent quâune politique ambitieuse, mal ciblĂ©e, peut accentuer la marginalisation de ceux qui vivent en zone rurale, en situation de handicap ou sans couverture sociale claire.
Pour AĂŻcha et tant dâautres patients, la rĂ©ussite de ce partenariat santĂ© passera par des amĂ©liorations visibles : un rendez-vous obtenu en quelques jours plutĂŽt quâen quelques mois, des analyses disponibles sur place, une Ă©coute plus attentive de la part des soignants. VoilĂ la mesure la plus concrĂšte de lâefficacitĂ© de cet accord bilatĂ©ral historique.
Coopération internationale, développement durable et systÚmes de santé africains : quels apprentissages ?
Lâaccord Ătats-Unis â CĂŽte dâIvoire ne se joue pas dans un vide. Il sâinscrit dans une histoire longue de la coopĂ©ration internationale en Afrique, faite de rĂ©ussites, de dĂ©sillusions et de rĂ©ajustements. Les grandes initiatives contre le sida, le paludisme ou la poliomyĂ©lite ont prouvĂ© quâun engagement massif des bailleurs peut sauver des millions de vies. Mais elles ont aussi montrĂ© les limites de programmes trop verticaux, centrĂ©s sur une maladie, sans assez investir dans la colonne vertĂ©brale du systĂšme de santĂ©.
Le lien avec le dĂ©veloppement durable est aujourdâhui incontournable. Un hĂŽpital qui manque dâĂ©lectricitĂ© ou dâeau potable, un centre de santĂ© inaccessible en saison des pluies, un quartier exposĂ© Ă la pollution et aux inondations : autant de rĂ©alitĂ©s qui impactent directement la qualitĂ© des soins. Des initiatives rĂ©centes, dĂ©taillĂ©es par exemple dans les avancĂ©es rĂ©gionales en santĂ© publique, mettent en avant lâimportance des infrastructures, de la rĂ©silience climatique et de la gouvernance locale.
Pour la CĂŽte dâIvoire, tirer parti de cet accord suppose donc de lâarticuler avec dâautres politiques publiques : routes, eau, Ă©ducation, urbanisme. Les objectifs de santĂ© ne peuvent pas ĂȘtre isolĂ©s du reste. Câest dâailleurs ce que montrent de nombreux rapports internationaux : les pays qui progressent le plus sur lâespĂ©rance de vie et la qualitĂ© de vie sont ceux qui lient Ă©troitement leurs politiques sanitaires Ă lâensemble de leur stratĂ©gie de dĂ©veloppement.
La coopĂ©ration sanitaire bilatĂ©rale peut aussi ĂȘtre lâoccasion dâĂ©changes de bonnes pratiques. Par exemple :
- đ± IntĂ©grer des normes de construction « vertes » pour les nouveaux hĂŽpitaux, avec meilleure isolation, panneaux solaires, gestion des dĂ©chets mĂ©dicaux.
- đ° Travailler avec les services dâeau et dâassainissement pour sĂ©curiser les maternitĂ©s et les blocs opĂ©ratoires.
- đĄ DĂ©ployer des solutions de tĂ©lĂ©mĂ©decine lĂ oĂč les mĂ©decins sont rares, en sâinspirant dâexpĂ©riences rĂ©ussies sur dâautres continents.
Les coalitions internationales comme celles dĂ©crites dans la Health Works Coalition mettent en avant lâimportance dâune approche intersectorielle : santĂ©, travail, environnement, Ă©conomie. Lâaccord Ătats-Unis â CĂŽte dâIvoire, sâil est bien pilotĂ©, peut devenir un exemple de cette approche plus intĂ©grĂ©e, oĂč lâinvestissement sanitaire nourrit aussi lâemploi local, la formation, lâinnovation.
Un autre apprentissage clĂ© concerne la place des communautĂ©s. La durabilitĂ© des actions est nettement meilleure lorsque les associations locales, les leaders communautaires et les patients eux-mĂȘmes sont impliquĂ©s dans la conception et le suivi des programmes. Cela Ă©vite des solutions « parachutĂ©es », mal adaptĂ©es aux rĂ©alitĂ©s culturelles ou sociales, et trop vite abandonnĂ©es lorsque les financements diminuent.
Au fond, le vĂ©ritable test de ce type dâaccord bilatĂ©ral est simple : laissera-t-il derriĂšre lui un systĂšme plus robuste, plus autonome, plus capable dâabsorber les chocs futurs ? Câest cette question qui guidera lâĂ©valuation de sa contribution rĂ©elle au dĂ©veloppement durable des systĂšmes de santĂ© africains.
Quels enseignements pour les autres pays⊠et pour notre maniÚre de penser la santé mondiale ?
Ce qui se joue en CĂŽte dâIvoire dĂ©passe largement les frontiĂšres ivoiriennes. Lâaccord signĂ© avec les Ătats-Unis sert de modĂšle pour dâautres pays qui nĂ©gocient aujourdâhui des partenariats similaires. Il interroge aussi notre façon de concevoir la santĂ© mondiale : entre solidaritĂ©, intĂ©rĂȘts nationaux, enjeux de sĂ©curitĂ© et impĂ©ratifs Ă©conomiques.
Les dĂ©bats rĂ©cents autour de la santĂ© dans les grandes puissances, y compris aux Ătats-Unis, montrent Ă quel point ces sujets restent sensibles. Des analyses comme celles proposĂ©es sur les controverses autour de la santĂ© durant la prĂ©sidence Trump rappellent que les choix de politique sanitaire sont souvent le reflet dâĂ©quilibres politiques internes, parfois instables. Les partenaires internationaux doivent donc composer avec ces dynamiques changeantes.
Pour les soignants, les aidants et les citoyens, plusieurs pistes de réflexion émergent :
- đ§ Relier santĂ© locale et santĂ© mondiale : une Ă©pidĂ©mie qui dĂ©marre dans un quartier dâAbidjan peut rapidement concerner lâensemble du globe, et inversement.
- đ Demander de la transparence : sur les montants engagĂ©s, la rĂ©partition des financements, les rĂ©sultats obtenus, les impacts sur les plus vulnĂ©rables.
- đ§ââïž Donner une voix aux professionnels de terrain : sans leur expertise, les rĂ©formes restent thĂ©oriques et parfois inadaptĂ©es.
- đ€Č Garder une boussole humaine : derriĂšre les milliards et les stratĂ©gies, il y a des visages, des histoires, des familles qui espĂšrent simplement accĂ©der Ă des soins dignes.
Le vieillissement de la population mondiale, dĂ©jĂ visible dans de nombreux pays comme le souligne cette analyse sur lâimpact du vieillissement sur les systĂšmes de santĂ©, oblige Ă repenser profondĂ©ment lâorganisation des soins. MĂȘme si la CĂŽte dâIvoire reste un pays relativement jeune, elle devra anticiper ces Ă©volutions, et lâaccord bilatĂ©ral peut ĂȘtre une opportunitĂ© de prĂ©parer dĂšs maintenant la prise en charge de demain : maladies chroniques, dĂ©pendance, soins de longue durĂ©e.
Ă lâĂ©chelle personnelle, cet accord rappelle une chose essentielle : la santĂ© nâest jamais acquise. Elle dĂ©pend de dĂ©cisions politiques, dâinvestissements, mais aussi de notre capacitĂ© collective Ă dĂ©fendre des systĂšmes de soins accessibles, humains et rĂ©silients. Que lâon vive Ă Marseille, Ă Abidjan ou ailleurs, un mĂȘme fil relie les patients, les soignants et les dĂ©cideurs : la recherche dâun Ă©quilibre entre efficacitĂ©, justice et respect des personnes.
Face Ă ces enjeux, une premiĂšre action simple consiste Ă rester informĂ©, Ă croiser les sources, Ă suivre lâĂ©volution de ces grands partenariats et Ă les relier Ă ce que lâon observe dans les hĂŽpitaux, les cabinets de ville, les centres de santĂ© de quartier. Cette vigilance citoyenne et professionnelle est lâun des meilleurs garde-fous pour que les grandes stratĂ©gies ne perdent jamais de vue lâessentiel : la vie quotidienne des patients. đĄ
En quoi lâaccord bilatĂ©ral Ătats-Unis â CĂŽte dâIvoire est-il qualifiĂ© dâhistorique ?
Il est considéré comme historique par son ampleur financiÚre, sa durée et sa place dans la nouvelle stratégie santé mondiale America First. Il marque un passage assumé à une coopération sanitaire principalement bilatérale, avec des montants de plusieurs centaines de millions de dollars sur cinq ans, et une forte attente en termes de co-investissement et de responsabilisation du gouvernement ivoirien.
Quels domaines de la santé publique ivoirienne seront les plus concernés ?
Les prioritĂ©s annoncĂ©es portent sur la lutte contre les grandes maladies infectieuses (VIH, paludisme, tuberculose), le renforcement des hĂŽpitaux et des centres de santĂ© de proximitĂ©, la prĂ©paration aux Ă©pidĂ©mies, la surveillance Ă©pidĂ©miologique et lâamĂ©lioration des systĂšmes dâinformation sanitaire. Lâobjectif est de consolider la base du systĂšme, tout en rĂ©pondant aux menaces sanitaires les plus urgentes.
La stratégie America First est-elle compatible avec le développement durable des systÚmes de santé ?
Elle peut lâĂȘtre si les programmes bilatĂ©raux sâinscrivent dans une vision de long terme, articulĂ©e avec les politiques nationales de santĂ©, dâĂ©ducation, dâenvironnement et dâinfrastructures. Le dĂ©veloppement durable suppose de renforcer durablement les capacitĂ©s locales, de former les professionnels, dâimpliquer les communautĂ©s et de veiller Ă lâĂ©quitĂ© territoriale et sociale. Sans cela, les effets risquent de rester ponctuels ou inĂ©galement rĂ©partis.
Comment sâassurer que cet accord profite vraiment aux patients les plus vulnĂ©rables ?
La clĂ© rĂ©side dans la transparence des objectifs, la participation des associations de patients et des soignants de terrain, ainsi que dans le choix dâindicateurs concrets : temps dâattente, disponibilitĂ© des mĂ©dicaments, accĂšs en zone rurale, prise en charge financiĂšre des soins. Un suivi rĂ©gulier, associant acteurs locaux et partenaires internationaux, permet de corriger le tir si certains publics restent Ă lâĂ©cart.
Pourquoi cet accord intĂ©resse aussi les professionnels de santĂ© dâautres pays ?
Il sert de laboratoire de la nouvelle politique sanitaire internationale amĂ©ricaine. Les soignants et dĂ©cideurs dâautres pays peuvent y observer comment se nĂ©gocient ces partenariats, quels rĂ©sultats ils produisent et quelles difficultĂ©s Ă©mergent. Ces retours dâexpĂ©rience nourrissent la rĂ©flexion globale sur la meilleure façon de concilier coopĂ©ration internationale, Ă©quitĂ© en santĂ© et renforcement durable des systĂšmes de soins.
Source: www.state.gov

