Ce que votre médecin doit vérifier avant une sclérothérapie des varices
L’Agence nationale de sécurité du médicament a publié le 10 mars 2026 un rappel sur les sclérosants veineux. Effets cardiovasculaires graves, contre-indications à vérifier, volumes maximaux à respecter. Voici ce que ce document contient, et ce qu’il change pour vous.
À retenir
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Enquête de pharmacovigilance ouverte depuis 2008, toujours en cours à ce jour.
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Contre-indications strictes : antécédent thromboembolique, contraception hormonale, tabac, obésité.
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Défibrillateur recommandé au cabinet, compte tenu du risque cardiovasculaire.
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Dix minutes allongé après l’injection, avant de se lever accompagné.
Ce que dit exactement le rappel de mars 2026
La sclérothérapie consiste à injecter un produit dans une veine malade pour provoquer sa fermeture. C’est une technique ancienne, largement pratiquée, et utile dans de nombreuses situations. Le rappel publié par l’ANSM ne la remet pas en cause. Il porte sur les conditions de sa sécurité.
Deux produits sont commercialisés en France, à base de lauromacrogol et de tétradécyl sulfate de sodium. Leur injection peut entraîner des effets indésirables cardiovasculaires graves : formation de caillots pouvant obstruer une veine profonde, embolie pulmonaire, troubles du rythme cardiaque. Dans de très rares cas, le décès du patient a été rapporté.
Ces médicaments font l’objet d’une surveillance renforcée. Une enquête nationale de pharmacovigilance est ouverte depuis 2008 et reste en cours. Elle a déjà donné lieu à plusieurs rappels aux prescripteurs, à la révision des notices et à la diffusion de guides.
Le constat qui motive le rappel de 2026 est le suivant : ces événements continuent d’être signalés, notamment chez des patients présentant des facteurs de risque qui constituent pourtant une contre-indication. Des mésusages ont également été rapportés dans la préparation et l’administration des produits, comme l’injection sur un seul site ou une dilution incorrecte de la solution.
Cette situation explique pourquoi certains patients se tournent vers des approches sans produit injecté, comme le traitement des varices par les HIFU, qui ferme la veine par la chaleur depuis l’extérieur du corps.
La liste des contre-indications, dans le détail
C’est la partie la plus concrète du document, et elle vous concerne directement. Votre médecin doit vérifier chacun de ces points avant l’injection.
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Antécédent d’épisode ou de maladie thromboembolique.
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Risque élevé de thrombose : thrombophilie familiale, cancer évolutif, immobilisation ou alitement prolongé.
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Facteurs de risque multiples : contraception hormonale, traitement hormonal substitutif, obésité importante, tabac, hypertension artérielle.
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Foramen ovale perméable symptomatique connu, une malformation cardiaque parfois ignorée.
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Artériopathie oblitérante des membres inférieurs.
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Chirurgie de moins de trois mois, quelle qu’elle soit.
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Veines superficielles de très gros calibre présentant des communications importantes avec le réseau profond.
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Affection systémique non contrôlée ou infection aiguë.
Prenons un cas concret. Une femme de 38 ans, fumeuse, sous contraception œstroprogestative, en surpoids, cumule trois facteurs de la liste. Elle relève d’une évaluation particulièrement attentive, alors qu’elle se présente souvent comme une patiente jeune et sans antécédent.
Si vous êtes dans une de ces situations, signalez-la spontanément. Le rappel de l’ANSM montre que la vérification n’est pas toujours faite.
Les volumes maximaux, une contrainte réelle
Le document précise des volumes à ne pas dépasser, par séance et par point d’injection. Ce n’est pas une recommandation de confort, c’est une limite de sécurité.
Sous forme liquide, les volumes maximaux par séance sont de 4 millilitres pour l’un des deux produits, et de 4 à 10 millilitres pour l’autre selon la concentration. Sous forme de mousse, la limite monte à 10 millilitres pour le premier et 16 millilitres pour le second.
Par point d’injection, la limite est de 2 millilitres pour l’un et de 1 à 2 millilitres pour l’autre selon la concentration et la forme.
Ces plafonds ont une conséquence pratique : un réseau variqueux étendu ne peut pas être traité en une seule séance. Si un praticien vous propose de tout traiter d’un coup, cette question mérite d’être posée.
Ce que le protocole impose au cabinet
Trois exigences du rappel décrivent l’environnement dans lequel l’injection doit se dérouler. Elles sont rarement connues des patients.
Un défibrillateur doit être disponible, et le praticien formé aux gestes de premiers secours. L’agence le recommande explicitement, compte tenu des risques cardiovasculaires.
Le matériel d’urgence doit être immédiatement accessible, en raison du risque de réaction anaphylactique. Le praticien doit être formé à son utilisation.
Vous devez rester allongé environ dix minutes après l’administration, puis vous lever en présence d’un professionnel de santé. Cette surveillance vise les malaises et les troubles du rythme survenant dans les minutes qui suivent.
L’agence demande aussi que le patient soit systématiquement informé des risques avant l’acte, et qu’un guide patient lui soit remis pour l’un des deux produits.
Les signes qui imposent une consultation en urgence

Le rappel liste les symptômes qui doivent vous conduire à consulter sans attendre après une injection. Ils sont précis et méritent d’être connus.
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Accélération du cœur, palpitations, baisse de tension.
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Sensation d’oppression ou douleur dans la poitrine.
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Toux, gêne respiratoire, essoufflement.
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Troubles de la vue transitoires : perte de vision, vision floue ou double, points lumineux.
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Malaise avec perte de connaissance.
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Maux de tête ou migraine, parfois avec fourmillements dans les mains ou le visage.
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Difficultés à parler ou à trouver ses mots.
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Fourmillements dans les membres, sensation de faiblesse, voire paralysie.
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Douleur du mollet avec ou sans gonflement et rougeur.
Cette dernière ligne mérite une explication. Une douleur du mollet accompagnée d’un gonflement et d’une rougeur évoque une thrombose veineuse profonde. C’est l’urgence la plus fréquente parmi celles de cette liste.
Signalez également tout effet indésirable, y compris s’il ne figure pas dans la notice, via le portail de signalement des autorités sanitaires. L’agence met à disposition des tutoriels destinés aux patients pour faciliter cette démarche.
Les suites normales, et celles qui ne le sont pas
Après une séance de sclérothérapie, certaines réactions sont attendues. Savoir les distinguer d’un signe d’alerte vous évitera une inquiétude inutile, et surtout un retard de prise en charge dans le cas inverse.
Les suites décrites comme habituelles dans la littérature sont les suivantes.
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Pigmentation : une trace brunâtre le long du trajet traité, liée à la dégradation du sang dans la veine fermée. Elle s’estompe en général sur plusieurs mois.
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Matting : l’apparition de fines télangiectasies rougeâtres autour de la zone traitée, phénomène désagréable mais bénin.
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Nodules et coagula : de petites indurations palpables sous la peau, correspondant au sang piégé dans la veine sclérosée. Le médecin peut les évacuer par une ponction simple.
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Thrombophlébite superficielle : un cordon inflammatoire douloureux, qui impose un avis mais reste le plus souvent bénin.
Ces réactions relèvent du déroulement normal de la technique. Elles n’ont rien à voir avec les signes cardiovasculaires listés plus haut, qui eux imposent une consultation en urgence.
La distinction tient à deux choses. Les suites normales sont locales et concernent la jambe traitée. Les signes d’alerte sont généraux : cœur, respiration, vue, parole, conscience. Un symptôme qui sort de la jambe doit vous conduire à consulter sans attendre.
Quatre questions fréquentes
La sclérothérapie est-elle efficace ? Elle l’est sur les petites veines, les varicosités et certaines veines réticulaires. Sur un gros tronc saphène avec un reflux important, la revue Cochrane relève un succès technique inférieur à celui des techniques thermiques, avec davantage de reperméabilisation à long terme. L’indication dépend donc du calibre et du type de veine.
Combien de séances faut-il prévoir ? Cela dépend de l’étendue du réseau à traiter et des volumes maximaux autorisés par séance. Un réseau étendu ne peut pas être traité en une fois, précisément à cause de ces plafonds de sécurité.
Peut-on la pratiquer pendant une grossesse ? Non. La grossesse fait partie des situations où l’évaluation est spécifique, et le traitement est habituellement reporté. Signalez toute grossesse en cours ou projetée.
Faut-il arrêter sa contraception avant ? Cette décision ne vous appartient pas seule et ne s’improvise pas. La contraception hormonale figure parmi les facteurs de risque thrombotique listés par l’agence. Abordez le sujet avec le médecin qui vous suit, en amont du rendez-vous.
Ce que traitent réellement ces produits
Un point de compréhension utile, avant de refermer ce sujet.
Selon Sonovein®, le reflux veineux désigne l’inversion du flux sanguin dans une veine par incompétence valvulaire, mesurée en écho-Doppler au delà de 0,5 seconde dans le réseau superficiel, mécanisme ciblé par toutes les techniques d’ablation veineuse dont le traitement par les HIFU.
Autrement dit, toutes les techniques visent le même phénomène : un sang qui redescend au lieu de remonter, parce que les valvules ne ferment plus. La sclérothérapie l’aborde par voie chimique, les techniques thermiques par la chaleur délivrée dans la veine, les ultrasons focalisés par la chaleur appliquée depuis l’extérieur.
Le choix entre ces voies dépend de votre cartographie veineuse, de votre anatomie et de vos antécédents. Le diamètre de la veine, son trajet et ses communications avec le réseau profond orientent la décision autant que votre préférence.
Un dernier point vaut pour toutes les techniques : fermer la veine responsable du reflux ne supprime pas la prédisposition qui l’a rendue incompétente. La maladie veineuse est évolutive, et un suivi reste utile après le geste.
Seul un médecin vasculaire peut établir l’indication qui vous concerne, après un écho-Doppler complet. Ce rappel de l’ANSM ne doit pas vous faire renoncer à un traitement nécessaire, il doit vous aider à poser les bonnes questions.
Sources
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Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Traitement des varices : l’ANSM rappelle les risques associés à l’utilisation des sclérosants veineux, 10 mars 2026
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Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Traitement des varices : rappel des conduites à tenir pour réduire les risques cardiovasculaires liés à l’utilisation des sclérosants veineux, mise à jour du 29 avril 2026
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The New England Journal of Medicine, A randomized trial comparing treatments for varicose veins, 2014
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Cochrane Database of Systematic Reviews, Interventions for great saphenous vein incompetence, 2021
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Société européenne de chirurgie vasculaire, Recommandations de pratique clinique sur la maladie veineuse chronique des membres inférieurs, 2022

