Sur une étiquette d’e-liquide, trois lettres reviennent presque toujours : PG. Beaucoup de lecteurs les voient sans vraiment savoir ce qu’elles désignent, ni pourquoi le ratio écrit à côté change le hit en gorge, la vapeur et parfois le confort respiratoire. Comprendre que veut dire PG n’est pas un détail de boutique : c’est le premier critère de composition, avant même le parfum ou le taux de nicotine.
Une fois cette base lue, le reste de la formule devient plus clair : glycérine végétale, arômes, nicotine, mentions « naturel » ou « sans additifs ». Pour comparer concrètement les listes d’ingrédients, certains se tournent vers des sélections déjà filtrées afin de choisir un e-liquide sans additifs. L’objectif de cet article n’est pas de vanter un produit, mais de donner des repères lisibles, utiles au quotidien, y compris pour les professionnels de santé qui répondent à des questions de prévention.
Que veut dire PG dans un e-liquide ?
PG signifie propylène glycol. C’est un liquide incolore, peu visqueux, déjà utilisé dans de nombreux produits pharmaceutiques et alimentaires. Dans un e-liquide, il sert de vecteur : il porte les arômes, fluidifie le mélange et favorise la sensation de hit, cette petite pincée en gorge que beaucoup d’anciens fumeurs recherchent.
À l’inverse, la VG, ou glycérine végétale (glycérine végétale, aussi appelée glycérol), est plus épaisse. Elle produit davantage de vapeur visible et adoucit souvent le rendu. Un flacon 50/50 PG/VG n’est donc pas un caprice marketing : il décrit le rapport entre fluidité, hit et densité de vapeur. Un 70/30 riche en PG sera plus fluide et plus « sec » en gorge. Un 30/70 ou un full VG sera plus onctueux, parfois trop visqueux pour un petit pod.
Cette distinction compte pour la santé ressentie autant que pour le matériel. Un taux élevé de PG peut irriter les voies aériennes chez les personnes sensibles, asthmatiques ou simplement peu habituées. Un taux élevé de VG peut coller les résistances, faire chauffer le liquide et, si le matériel n’est pas adapté, produire un goût de brûlé. Le bon ratio n’est pas universel : il dépend du matériel, de la puissance, du débit d’air et de la tolérance individuelle.
Les autorités sanitaires françaises rappellent que l’absence de combustion ne supprime pas toute exposition. L’Anses [blocked] a publié une expertise sur les risques sanitaires liés aux produits du vapotage : effets cardiovasculaires possibles en présence de nicotine, effets respiratoires envisageables avec ou sans nicotine, et formation d’aldéhydes lors du chauffage. Ce n’est pas un argument pour diaboliser chaque flacon, mais une raison de lire la composition au lieu de s’arrêter au marketing.
Les autres ingrédients qui composent vraiment le liquide
Un e-liquide n’est pas seulement du PG et de la VG. La nicotine, quand elle est présente, est dosée en mg/ml. En Europe, le plafond réglementaire pour les produits commercialisés comme tels est de 20 mg/ml. Le sel de nicotine et la nicotine dite « freebase » n’ont pas le même rendu : le sel passe souvent plus doux à dosage égal, ce qui peut faire augmenter la consommation sans qu’on s’en rende compte.
Arômes, additifs et mentions « naturel »
Les arômes donnent le goût. Ils peuvent être naturels, identiques aux naturels ou de synthèse. « Naturel » ne veut pas dire « sans risque à l’inhalation ». Un arôme évalué pour l’ingestion n’est pas automatiquement évalué pour les poumons. C’est précisément ce que les additifs de formulation viennent compliquer : sucralose, certains édulcorants, agents de texture, colorants ou molécules destinées à renforcer le hit. Ils peuvent sucrer le rendu, encrasser le coil ou, pour certaines substances, poser des questions toxicologiques lorsqu’elles sont chauffées.
La mention « sans additifs » désigne en pratique l’absence d’additifs de synthèse ajoutés au-delà de la base et des arômes. Elle ne garantit pas l’innocuité, ni l’absence de nicotine, ni l’absence d’impuretés. Elle indique seulement une formule plus courte. Pour un lecteur qui veut limiter le nombre de molécules inhalées, c’est un critère de tri, pas un certificat de santé.
Base végétale, MPGV et qualité de fabrication
Certains fabricants remplacent le propylène glycol pétrochimique par du MPGV, un mono propylène glycol d’origine végétale. Le rôle fonctionnel reste proche : fluidifier et porter l’arôme. Ce n’est pas une preuve médicale, c’est une information d’origine de la matière première. La qualité se lit aussi ailleurs : numéro de lot, date, notification, analyses, flacon opaque ou à l’abri de la lumière, bouchon de sécurité, et absence de mentions fantaisistes.
Le DIY, très répandu, multiplie les leviers : base, booster, arôme concentré, temps de steep. Il offre du contrôle, mais aussi plus d’erreurs de dosage. Un mélange trop concentré en arôme, un booster mal calculé ou un matériel trop puissant changent le profil d’émission. Pour un soignant, la question utile n’est pas « vape ou pas vape » en bloc, mais « qu’est-ce que la personne inhale, à quelle puissance, depuis combien de temps, et dans quel projet ».
Comment lire une étiquette pour choisir la composition
Avant le goût, cinq lignes suffisent à trier un flacon. Ratio PG/VG. Taux de nicotine. Liste d’ingrédients. Origine et mentions de conformité. Mode d’emploi du matériel compatible. Si l’une de ces lignes manque, le produit est plus difficile à juger, même s’il sent bon la fraise.
Le ratio doit coller au matériel. Un pod serré, à faible puissance, accepte souvent davantage de PG. Un clearomiseur sub-ohm, très aérien, demande davantage de VG, sinon le hit devient agressif et les fuites plus fréquentes. Choisir un e-liquide « parce qu’il est à la mode » sans regarder ce couple matériel-formule, c’est la cause la plus banale de toux, de gorge sèche ou de résistance grillée en deux jours.
Le taux de nicotine doit coller à l’historique tabagique, pas à une moyenne lue sur un forum. Un fumeur d’un paquet par jour qui passe trop bas compense souvent par des bouffées plus longues, plus fréquentes, donc plus de liquide chauffé. Un non-fumeur n’a aucun bénéfice à démarrer. Chez l’adolescent, le risque n’est pas théorique : nicotine, arômes sucrés et banalisation du geste. Le cadre français interdit la vente aux mineurs ; l’information grand public doit rester cohérente avec cette limite.
La liste d’ingrédients permet ensuite d’écarter ce dont on ne veut pas : sucralose si les coils meurent trop vite, additifs de hit si la gorge est déjà irritée, colorants inutiles, mentions floues. C’est aussi le moment de relier la composition au projet de la personne. Un fumeur qui veut sortir du tabac n’a pas le même besoin qu’un vapoteur de loisir. Sur ce point, le dossier déjà publié sur les cigarettes électroniques à visée thérapeutique [blocked] complète utilement la lecture : statut du produit, accompagnement, et différence entre outil de sevrage et consommation prolongée.
Dernier critère, trop souvent oublié : la température et la puissance. Un e-liquide propre, bien dosé, peut former des composés indésirables s’il est chauffé trop fort, à sec, ou avec une résistance usée. La composition n’est pas un objet isolé. Elle interagit avec le matériel. Lire le flacon sans regarder le wattage, c’est lire seulement la moitié de la recette.
Ce que la composition ne dit pas, et ce qu’il faut encore vérifier
Une formule courte n’efface pas la nicotine, ni le geste, ni l’exposition passive dans une pièce mal aérée. Elle ne transforme pas non plus le vapotage en traitement. En France, la cigarette électronique n’est pas un dispositif médical. Les substituts nicotiniques validés restent le cadre de référence pour un sevrage accompagné. La vape peut être une option temporaire pour certains fumeurs, pas une invitation destinée aux personnes qui n’ont jamais fumé.
Il reste aussi des inconnues. Les effets à long terme sont moins documentés que ceux du tabac combustible. Les études peinent parfois à séparer l’effet propre du vapotage de l’historique de fumée. Les arômes alimentaires n’ont pas tous un dossier d’inhalation. Les pratiques DIY échappent en partie aux contrôles de lot. Ces limites n’interdisent pas de s’informer ; elles interdisent de conclure trop vite.
En pratique, un lecteur adulte peut donc retenir une grille simple. Savoir que veut dire PG. Lire le ratio. Lire la nicotine. Lire les arômes et la présence d’additifs. Adapter le matériel. Garder un projet (réduction, arrêt, ou simple information) et en parler à un professionnel de santé si une pathologie respiratoire, une grossesse ou un sevrage difficile est en jeu. La composition n’est pas un slogan. C’est une liste de molécules que l’on choisit, ou non, d’inhaler plusieurs dizaines de fois par jour.

