SantĂ© : Un projet novateur se penche sur la perte d’odorat, un indicateur prĂ©coce de la maladie Ă  corps de Lewy

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Un trouble de l’odorat peut sembler anodin, pourtant il devient aujourd’hui un vĂ©ritable sujet de SantĂ© publique, notamment face Ă  la maladie Ă  corps de Lewy. Un projet de recherche met enfin la lumiĂšre sur la perte d’odorat comme possible indicateur prĂ©coce de cette neurodĂ©gĂ©nĂ©rescence.

Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
✅ La perte d’odorat peut ĂȘtre un signe trĂšs prĂ©coce de la maladie Ă  corps de Lewy, parfois des annĂ©es avant les autres symptĂŽmes 🧠
✅ Un projet novateur Ă©tudie le sens olfactif comme outil de diagnostic prĂ©coce grĂące Ă  des tests d’odeurs, des prĂ©lĂšvements nasaux et l’imagerie cĂ©rĂ©brale 🔬
✅ Plus de 90 % des patients atteints de cette maladie prĂ©sentent des troubles de l’odorat : un potentiel biomarqueur majeur pour la dĂ©tection des troubles neurologiques ⚠
✅ Parler tĂŽt d’un trouble de l’odorat Ă  un professionnel peut aider Ă  orienter vers les bons spĂ©cialistes et Ă  mieux organiser l’accompagnement du patient et de ses proches đŸ‘šâ€âš•ïžđŸ‘©â€đŸ‘©â€đŸ‘§â€đŸ‘Š

Perte d’odorat et maladie Ă  corps de Lewy : pourquoi ce lien change tout pour la santĂ©

La maladie Ă  corps de Lewy reste largement mĂ©connue du grand public, alors qu’elle est la deuxiĂšme cause de troubles neurocognitifs aprĂšs Alzheimer. Elle touche le systĂšme nerveux central et entraĂźne progressivement des troubles de la mĂ©moire, de la vigilance, des hallucinations, mais aussi des symptĂŽmes proches de la maladie de Parkinson.

Dans ce contexte, la perte d’odorat n’est pas qu’un dĂ©tail. Plus de 90 % des personnes vivant avec cette pathologie prĂ©sentent des troubles olfactifs. Longtemps considĂ©rĂ©e comme un simple inconfort, cette atteinte du sens olfactif apparaĂźt dĂ©sormais comme une porte d’entrĂ©e pour comprendre la neurodĂ©gĂ©nĂ©rescence Ă  l’Ɠuvre.

Un Ă©lĂ©ment clĂ© de cette maladie est la prĂ©sence d’une protĂ©ine, l’alpha-synuclĂ©ine, qui s’accumule dans certaines zones du cerveau pour former les fameux « corps de Lewy ». Les chercheurs soupçonnent aujourd’hui que ces dĂ©pĂŽts commencent trĂšs tĂŽt Ă  se former dans le systĂšme olfactif : muqueuse nasale, bulbe olfactif, voies nerveuses qui relient le nez au cerveau.

Si cette hypothĂšse se confirme, cela signifie qu’un trouble de l’odorat pourrait prĂ©cĂ©der de plusieurs annĂ©es les symptĂŽmes cognitifs ou moteurs. Autrement dit, ce qui se joue dans le nez serait l’un des premiers signaux de la future maladie. Pour la SantĂ© publique, l’enjeu est immense : disposer d’un diagnostic prĂ©coce grĂące Ă  un test simple et peu invasif.

Ce lien entre odorat et cerveau n’est pas totalement nouveau. On sait dĂ©jĂ  que la baisse de l’odorat est frĂ©quente dans Alzheimer, Parkinson ou encore dans certaines formes de dĂ©pression. Mais la spĂ©cificitĂ© de la maladie Ă  corps de Lewy, c’est la combinaison d’un trouble olfactif massif et de symptĂŽmes cliniques complexes, souvent confondus avec d’autres troubles neurologiques. C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que la recherche actuelle essaie de faire la diffĂ©rence.

L’impact concret pour les patients est considĂ©rable. Aujourd’hui, prĂšs de deux tiers des personnes concernĂ©es ne seraient pas diagnostiquĂ©es ou le seraient tardivement. Beaucoup reçoivent d’abord une Ă©tiquette Alzheimer ou Parkinson, ce qui peut orienter vers des prises en charge moins adaptĂ©es. En mettant la lumiĂšre sur la perte d’odorat, cette nouvelle approche ouvre un chemin vers une meilleure reconnaissance de la maladie et donc un accompagnement plus ajustĂ©.

Dans le quotidien, ce changement de regard est prĂ©cieux. Quand une personne remarque qu’elle ne sent plus le cafĂ© du matin, l’odeur de l’ail en cuisine ou le parfum d’un proche, elle pense rarement Ă  un problĂšme neurologique. Pourtant, pour certains, ces signaux prĂ©coces mĂ©ritent une Ă©valuation mĂ©dicale plus poussĂ©e.

Cette nouvelle comprĂ©hension permet aussi de mieux expliquer la maladie aux familles. Beaucoup sont dĂ©routĂ©es par la diversitĂ© des symptĂŽmes : variations de l’état de conscience, hallucinations visuelles, troubles du sommeil paradoxal, rigiditĂ© musculaire. Savoir que le sens olfactif fait partie du tableau global aide Ă  donner du sens Ă  ce que vit la personne malade.

Au final, le lien entre odorat et maladie Ă  corps de Lewy change la maniĂšre d’aborder cette pathologie : le nez ne devient pas un simple organe « annexe », mais un vĂ©ritable point d’entrĂ©e pour la dĂ©tection et la comprĂ©hension de la maladie. C’est cette nouvelle perspective que le projet novateur prĂ©sentĂ© aujourd’hui cherche Ă  approfondir.

découvrez un projet innovant en santé qui étudie la perte d'odorat comme un signe précoce de la maladie à corps de lewy, ouvrant de nouvelles perspectives pour un diagnostic rapide et efficace.

Un projet novateur sur le sens olfactif : comment la recherche utilise le nez pour un diagnostic précoce

Le projet novateur soutenu par une fondation dĂ©diĂ©e aux maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives s’attaque Ă  une question simple : peut-on utiliser le sens olfactif comme vĂ©ritable outil de diagnostic prĂ©coce de la maladie Ă  corps de Lewy ? Pour y rĂ©pondre, une Ă©quipe de recherche s’appuie sur une cohorte de patients suivis de prĂšs et comparĂ©s Ă  des personnes non malades.

Ce travail repose sur plusieurs volets complĂ©mentaires. D’abord, des tests olfactifs standardisĂ©s sont proposĂ©s Ă  environ 200 participants. Il s’agit souvent de petites bandelettes imprĂ©gnĂ©es d’odeurs du quotidien : cafĂ©, rose, menthe, citron, cuir
 La personne doit reconnaĂźtre l’odeur parmi plusieurs propositions. Au-delĂ  du score brut, ces tests permettent d’observer quel type d’odeurs est le plus difficile Ă  identifier et Ă  quel niveau la perte d’odorat devient significative.

Ensuite, les chercheurs rĂ©alisent des prĂ©lĂšvements nasaux. ConcrĂštement, un Ă©couvillon doux est insĂ©rĂ© dans la fosse nasale pour recueillir des cellules Ă  proximitĂ© de la muqueuse olfactive. L’objectif est de dĂ©tecter la prĂ©sence de la fameuse alpha-synuclĂ©ine anormale, considĂ©rĂ©e comme l’une des signatures biologiques de la neurodĂ©gĂ©nĂ©rescence dans cette maladie. Si l’on parvient Ă  montrer que cette protĂ©ine est prĂ©sente trĂšs tĂŽt, uniquement chez les patients ou de façon plus marquĂ©e que dans d’autres pathologies, elle pourrait devenir un vĂ©ritable biomarqueur.

Enfin, des examens d’imagerie cĂ©rĂ©brale (IRM notamment) complĂštent le tableau. Ils permettent de visualiser les zones du cerveau impliquĂ©es dans le traitement des odeurs, mais aussi celles touchĂ©es plus globalement par la maladie. L’ambition est de faire des liens entre les anomalies visibles Ă  l’IRM, la performance aux tests d’odorat et les rĂ©sultats des prĂ©lĂšvements nasaux.

Pour rendre cette approche plus parlante, le protocole inclut des patients ayant différents profils :

  • đŸ§© Personnes atteintes de maladie Ă  corps de Lewy confirmĂ©e
  • 🧠 Patients ayant une maladie d’Alzheimer
  • ⚖ Personnes prĂ©sentant des formes mixtes (Alzheimer + corps de Lewy)
  • đŸŒ± Adultes sans troubles cognitifs connus, servant de groupe contrĂŽle

Cette diversitĂ© permet de rĂ©pondre Ă  une question cruciale pour la SantĂ© : l’atteinte de l’odorat dans la maladie Ă  corps de Lewy est-elle diffĂ©rente de celle observĂ©e dans Alzheimer ou d’autres troubles neurologiques ? Si oui, le profil olfactif pourrait aider Ă  mieux diffĂ©rencier les pathologies dĂšs les premiers symptĂŽmes.

Sur le terrain, cette stratĂ©gie a un avantage dĂ©cisif : elle reste relativement peu invasive et accessible. Un test d’odeurs ne nĂ©cessite ni machine lourde ni hospitalisation. Un prĂ©lĂšvement nasal est rapide et bien tolĂ©rĂ©. Si demain ces outils deviennent fiables, ils pourraient ĂȘtre intĂ©grĂ©s dans des consultations mĂ©moire, des bilans gĂ©riatriques ou des suivis spĂ©cialisĂ©s en neurologie.

Les retombĂ©es potentielles dĂ©passent largement le cadre de ce seul diagnostic. Mieux comprendre comment la neurodĂ©gĂ©nĂ©rescence dĂ©bute dans le systĂšme olfactif pourrait ouvrir la voie Ă  de nouvelles pistes thĂ©rapeutiques. Par exemple, imaginer des traitements ciblĂ©s sur les premiĂšres zones touchĂ©es, avant que la maladie ne s’étende au reste du cerveau.

Cette recherche a aussi une dimension trĂšs humaine. Beaucoup de familles racontent, avec le recul, que la personne malade disait « ne plus rien sentir » bien avant l’apparition des hallucinations ou des troubles moteurs. Le projet actuel donne un cadre scientifique Ă  ces tĂ©moignages, et transforme ces petits signaux du quotidien en pistes sĂ©rieuses de dĂ©tection prĂ©coce.

En rĂ©sumĂ©, ce travail collectif essaie de transformer un sens souvent nĂ©gligĂ©, l’odorat, en outil concret de diagnostic prĂ©coce, et de redonner sa juste place au nez dans l’évaluation des maladies du cerveau.

Des biomarqueurs olfactifs pour mieux différencier les troubles neurologiques

Un enjeu particulier de ce projet novateur est de trouver des biomarqueurs fiables. Un biomarqueur, c’est un indicateur mesurable qui reflĂšte un processus pathologique : une protĂ©ine anormale, une structure cĂ©rĂ©brale modifiĂ©e, un schĂ©ma prĂ©cis de rĂ©ponses aux odeurs


Dans la maladie Ă  corps de Lewy, l’alpha-synuclĂ©ine anormale pourrait jouer ce rĂŽle, Ă  condition de pouvoir la repĂ©rer suffisamment tĂŽt, notamment dans la muqueuse olfactive. CombinĂ©e aux tests d’odeurs, cette signature biologique pourrait permettre de distinguer plus clairement la maladie d’Alzheimer, qui repose sur d’autres protĂ©ines comme la bĂȘta-amyloĂŻde ou la protĂ©ine Tau.

Pour les professionnels de SantĂ©, disposer de tels outils permettrait d’ajuster les traitements symptomatiques, d’anticiper certaines complications (troubles du sommeil, fluctuations de la vigilance, hallucinations) et d’accompagner plus justement les aidants, souvent dĂ©munis face Ă  ces tableaux cliniques complexes.

Cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de biomarqueurs olfactifs pourrait donc devenir une boussole dans le paysage parfois flou des troubles neurologiques liĂ©s Ă  l’ñge.

Reconnaütre la perte d’odorat au quotidien : des signes concrets qui doivent alerter

Dans la vie de tous les jours, la perte d’odorat ne se manifeste pas toujours brutalement. Elle peut s’installer en douceur, presque en cachette. Pourtant, certains signaux sont assez typiques quand on prend le temps d’y prĂȘter attention.

Une personne peut, par exemple, avoir l’impression que « tout sent pareil » ou « moins fort qu’avant ». Les plats prĂ©parĂ©s avec soin semblent fades, mĂȘme en augmentant le sel ou les Ă©pices. Le cafĂ© du matin n’a plus la mĂȘme prĂ©sence. Les odeurs de lessive, de parfum, de savon deviennent difficiles Ă  distinguer.

Parfois, c’est l’entourage qui remarque le changement. Un proche s’étonne que la personne ne sente pas une odeur de brĂ»lĂ© en cuisine, une fuite de gaz, ou un parfum trĂšs marquĂ© dans une piĂšce. D’autres indices sont plus subtils : moins d’intĂ©rĂȘt pour la nourriture, difficultĂ© Ă  apprĂ©cier la diffĂ©rence entre des vins, fromages ou plats pourtant trĂšs aromatiques.

Il est utile de rappeler que l’odorat et le goĂ»t sont Ă©troitement liĂ©s. Quand l’odorat baisse, la perception des saveurs complexes diminue aussi. Beaucoup disent alors « ne plus rien sentir » en parlant des goĂ»ts, alors que le problĂšme principal est au niveau du nez.

Pour aider Ă  repĂ©rer ces signes, quelques questions simples peuvent ĂȘtre posĂ©es Ă  soi-mĂȘme ou Ă  un proche :

  • 👃 Les odeurs familiĂšres (cafĂ©, oignon, parfum, fumĂ©e) sont-elles perçues comme avant ?
  • đŸœïž Le plaisir de manger a-t-il diminuĂ© sans raison Ă©vidente ?
  • đŸ”„ Y a-t-il eu des situations oĂč une odeur forte (brĂ»lĂ©, gaz, dĂ©chets) n’a pas Ă©tĂ© ressentie ?
  • 🌾 Est-il difficile de diffĂ©rencier plusieurs odeurs prĂ©sentĂ©es successivement ?

Une rĂ©ponse positive ne signifie pas automatiquement qu’il existe une neurodĂ©gĂ©nĂ©rescence, mais cela justifie d’en parler Ă  un professionnel de SantĂ©, surtout si d’autres signes s’ajoutent : troubles de la mĂ©moire, fluctuations de l’attention, cauchemars violents ou mouvements pendant le sommeil.

Dans le cadre de la maladie Ă  corps de Lewy, ces petits indices peuvent constituer une piĂšce du puzzle. La personne peut dĂ©jĂ  prĂ©senter des hallucinations visuelles, un ralentissement moteur ou un sommeil trĂšs agitĂ© sans que personne ne fasse le lien avec l’odorat. Or, la combinaison de ces symptĂŽmes rend la dĂ©tection bien plus pertinente.

Certaines familles dĂ©crivent, avec le recul, une chronologie parlante : d’abord la perte d’odorat, puis un changement de comportement nocturne, ensuite des troubles de la concentration au cours de la journĂ©e, et enfin l’apparition d’hallucinations. En se formant Ă  repĂ©rer ces enchaĂźnements, les soignants de terrain, mais aussi les aidants, peuvent contribuer Ă  un repĂ©rage plus prĂ©coce.

Une astuce simple peut ĂȘtre utilisĂ©e Ă  domicile, sans valeur diagnostique officielle mais utile comme signal d’alerte : proposer Ă  la personne quelques odeurs bien identifiables (cafĂ© moulu, vinaigre, savon, citron, Ă©pices), les lui faire sentir l’une aprĂšs l’autre, et lui demander de les nommer. Si plusieurs odeurs ne sont pas reconnues ou ne sont pas perçues du tout, surtout si cela est nouveau, il est pertinent de le mentionner au mĂ©decin traitant.

En pratique, la clĂ© est de ne pas banaliser une perte d’odorat durable, surtout si elle n’est pas liĂ©e Ă  un Ă©pisode infectieux rĂ©cent (rhume, sinusite, Covid
). MĂȘme si, dans la majoritĂ© des cas, le trouble aura une cause bĂ©nigne ou locale (nez bouchĂ©, polypes
), mieux vaut vĂ©rifier que ce signe isolĂ© ne s’inscrit pas dans quelque chose de plus global.

Apprendre Ă  observer l’odorat, c’est finalement un nouveau rĂ©flexe Ă  adopter, au mĂȘme titre que surveiller la mĂ©moire, la marche ou le sommeil quand on parle de SantĂ© cĂ©rĂ©brale.

Pourquoi un diagnostic précoce change la vie des patients et des proches

Obtenir un diagnostic prĂ©coce de maladie Ă  corps de Lewy grĂące, entre autres, Ă  la perte d’odorat, ne guĂ©rit pas la maladie. Aucun traitement curatif n’existe Ă  ce jour. Pourtant, l’impact sur le vĂ©cu des patients et des familles est loin d’ĂȘtre nĂ©gligeable.

D’abord, le diagnostic permet de mettre un nom sur des symptĂŽmes dĂ©routants. Les proches dĂ©crivent souvent une impression de montagne russe : certains jours, la personne semble presque « comme avant », d’autres fois elle paraĂźt confuse, voit des choses qui n’existent pas, se rĂ©veille Ă©puisĂ©e aprĂšs des nuits agitĂ©es. Sans explication, ces changements crĂ©ent de l’incomprĂ©hension, voire des tensions familiales.

Savoir qu’il s’agit d’une maladie neurodĂ©gĂ©nĂ©rative spĂ©cifique aide Ă  interprĂ©ter ces manifestations autrement. Les hallucinations, par exemple, ne sont plus vues comme un « dĂ©lire » ou un manque de volontĂ©, mais comme le rĂ©sultat direct d’une atteinte du cerveau. Ce changement de regard allĂšge souvent le sentiment de culpabilitĂ©, chez la personne concernĂ©e comme chez ses proches.

Un repĂ©rage prĂ©coce ouvre aussi la voie Ă  une meilleure organisation de l’accompagnement. Cela peut inclure :

  • 📋 Mettre en place un suivi rĂ©gulier avec un neurologue ou un gĂ©riatre formĂ© Ă  la maladie Ă  corps de Lewy
  • 💊 Adapter les traitements pour limiter certains effets secondaires (certains mĂ©dicaments utilisĂ©s dans d’autres troubles cognitifs peuvent ĂȘtre mal tolĂ©rĂ©s ici)
  • đŸ‘šâ€đŸ‘©â€đŸ‘§ Anticiper les besoins en aides Ă  domicile, amĂ©nagement du logement, soutien aux aidants
  • đŸ§© Proposer des activitĂ©s adaptĂ©es pour prĂ©server les capacitĂ©s cognitives et l’autonomie

Le fait que la maladie puisse Ă©voluer de maniĂšre relativement stable chez certains patients, avec un dĂ©clin cognitif parfois moins rapide que dans Alzheimer, change aussi la maniĂšre de se projeter. Un diagnostic posĂ© plus tĂŽt permet de rĂ©flĂ©chir sereinement Ă  l’avenir : directives anticipĂ©es, choix de vie, gestion administrative et financiĂšre
 autant de sujets difficiles qui sont plus simples Ă  aborder lorsque la personne est encore en mesure de donner son avis.

Un autre aspect souvent sous-estimĂ© est la prĂ©vention des risques domestiques liĂ©s Ă  la perte d’odorat. Ne plus sentir la fumĂ©e, le gaz ou certains produits toxiques peut exposer Ă  des dangers rĂ©els. En Ă©tant informĂ©s, les proches peuvent :

  • 🚹 Installer des dĂ©tecteurs de fumĂ©e et de gaz adaptĂ©s
  • đŸ”„ Limiter certaines activitĂ©s Ă  risque (cuisine seule, bougies, appareils de chauffage anciens)
  • 🧯 PrĂ©voir des consignes claires et visibles en cas d’incident

Le diagnostic rend aussi lĂ©gitime l’accĂšs Ă  des dispositifs d’aide : allocation pour perte d’autonomie, congĂ©s de proche aidant, accĂšs Ă  des associations spĂ©cialisĂ©es. Trop souvent, faute de diagnostic clair, les familles se sentent « entre deux », sans vraiment savoir vers qui se tourner.

Sur le plan Ă©motionnel, poser un diagnostic tĂŽt permet Ă  chacun de traverser le choc, puis de trouver des ressources. Certaines familles tĂ©moignent qu’une fois le mot « maladie Ă  corps de Lewy » posĂ©, elles ont enfin pu chercher des informations fiables, Ă©changer avec d’autres, apprendre des astuces pour mieux gĂ©rer les fluctuations de la vigilance ou les troubles du sommeil.

Dans cette dynamique, la reconnaissance de la perte d’odorat comme premier signal n’est pas un gadget. Elle incite Ă  consulter plus tĂŽt, Ă  orienter plus vite vers les bons interlocuteurs, et Ă  Ă©viter parfois des annĂ©es d’errance diagnostique. Moins d’errance, c’est moins de souffrance inutile.

Pour les soignants de terrain – infirmiers, mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, kinĂ©s, orthophonistes – intĂ©grer cette nouvelle donnĂ©e olfactive dans leur regard global sur le patient enrichit leur capacitĂ© de repĂ©rage. En croisant odorat, sommeil, cognition, motricitĂ©, ils participent Ă  cette dĂ©tection plus fine des troubles neurologiques.

Au fond, ce que montre ce changement de paradigme, c’est que chaque petit signal du corps compte. Un nez qui ne sent plus comme avant peut devenir le dĂ©but d’une meilleure comprĂ©hension de ce qui se joue dans le cerveau.

Comment rĂ©agir en pratique face Ă  une perte d’odorat persistante : Ă©tapes et bons rĂ©flexes

Face Ă  une perte d’odorat qui dure, il est tentant de se dire que « ça va passer ». Pourtant, quelques gestes simples peuvent aider Ă  faire la part des choses entre un trouble bĂ©nin et un signe qui mĂ©rite d’ĂȘtre creusĂ©, surtout dans le contexte d’une possible maladie Ă  corps de Lewy.

La premiĂšre Ă©tape consiste Ă  observer prĂ©cisĂ©ment la situation. Depuis quand l’odorat est-il diminuĂ© ? Est-ce arrivĂ© brutalement aprĂšs une infection ORL ou le Covid, ou de maniĂšre progressive, sans contexte particulier ? L’odorat revient-il par moments, ou la gĂȘne est-elle constante ?

Ensuite, il est utile de noter ce qui semble le plus touché : toutes les odeurs, ou seulement certaines familles (parfums, odeurs alimentaires, odeurs chimiques) ? Tenir un petit carnet pendant quelques jours peut aider à donner des éléments concrets au médecin.

Lors de la consultation, plusieurs points peuvent ĂȘtre abordĂ©s :

  • 📝 Mentionner clairement la perte d’odorat et sa durĂ©e
  • 🧠 Signaler d’éventuels troubles de mĂ©moire, de concentration ou changements de comportement
  • 🌙 DĂ©crire le sommeil (cauchemars, mouvements brusques, agitation nocturne)
  • đŸš¶ Parler d’une Ă©ventuelle lenteur de la marche, raideur, tremblements

Le mĂ©decin pourra d’abord Ă©liminer les causes les plus frĂ©quentes : inflammation chronique du nez, polypes, allergies, sĂ©quelles d’infection virale. Si nĂ©cessaire, il orientera vers un ORL. Mais si le trouble dure, surtout chez une personne de plus de 60 ans, il pourra aussi envisager l’hypothĂšse d’un problĂšme neurologique et proposer un bilan spĂ©cialisĂ©.

Dans le cadre des avancĂ©es actuelles, certaines consultations mĂ©moire ou services de neurologie intĂšgrent dĂ©sormais des tests olfactifs Ă  leurs Ă©valuations. Il ne faut pas hĂ©siter Ă  demander si ce type d’examen existe dans la rĂ©gion, ou s’il est possible de participer Ă  un protocole de recherche quand cela est pertinent.

Pour les aidants, un rĂ©flexe simple Ă  adopter est d’oser poser des mots. Beaucoup hĂ©sitent Ă  dire Ă  leur proche : « Tu as remarquĂ© que tu ne sens plus les odeurs comme avant ? ». Pourtant, aborder le sujet avec douceur peut ĂȘtre le dĂ©but d’une dĂ©marche utile pour la SantĂ© globale.

Un tableau récapitulatif peut aider à se repérer :

Situation đŸ§© RĂ©flexe recommandĂ© ✅
Perte d’odorat aprĂšs un rhume, depuis quelques jours Surveiller, consulter si la gĂȘne persiste au-delĂ  de quelques semaines
Perte d’odorat progressive, sans cause Ă©vidente Prendre rendez-vous avec le mĂ©decin traitant et dĂ©crire prĂ©cisĂ©ment les symptĂŽmes
Perte d’odorat + troubles de mĂ©moire ou hallucinations Demander une Ă©valuation spĂ©cialisĂ©e (neurologie, consultation mĂ©moire)
Perte d’odorat chez une personne dĂ©jĂ  suivie pour troubles cognitifs Informer l’équipe soignante pour adapter le suivi et envisager un lien avec une maladie Ă  corps de Lewy

Enfin, au-delĂ  du diagnostic, il est possible d’adopter quelques gestes pour mieux vivre au quotidien avec un odorat diminuĂ© : renforcer les dĂ©tecteurs de fumĂ©e, miser sur les textures et tempĂ©ratures des aliments pour garder du plaisir Ă  table, privilĂ©gier les recettes aux saveurs contrastĂ©es (acide, salĂ©, sucrĂ©, amer), demander conseil en cas de perte d’appĂ©tit.

Ces petits ajustements n’annulent pas la difficultĂ©, mais ils redonnent un peu de contrĂŽle dans une situation parfois dĂ©stabilisante. Et surtout, ils rappellent que prendre au sĂ©rieux un sens qui se dĂ©rĂšgle, c’est une façon intelligente de prendre soin de son cerveau.

En dĂ©finitive, le message Ă  retenir est simple : une perte d’odorat persistante n’est jamais Ă  ignorer. Sans cĂ©der Ă  l’angoisse, en parler tĂŽt permet d’ouvrir la porte Ă  une dĂ©tection plus fine de certains troubles neurologiques, dont la maladie Ă  corps de Lewy, et d’organiser un accompagnement adaptĂ©, humain et rĂ©aliste.

La perte d’odorat signifie-t-elle forcĂ©ment une maladie Ă  corps de Lewy ?

Non. Une perte d’odorat peut avoir de nombreuses causes : infection ORL, sĂ©quelles de Covid, allergies, polypes nasaux, effets secondaires de certains traitements, autres maladies neurologiques
 La maladie Ă  corps de Lewy n’est qu’une des hypothĂšses possibles. Ce qui compte, c’est la durĂ©e du trouble, son contexte et l’éventuelle prĂ©sence d’autres signes (troubles cognitifs, hallucinations, sommeil agité ). Un professionnel de santĂ© est le mieux placĂ© pour faire la part des choses.

Quels premiers signes doivent pousser Ă  consulter pour un bilan neurologique ?

Une perte d’odorat persistante, surtout chez une personne de plus de 60 ans, mĂ©rite une consultation si elle s’accompagne d’autres signaux : trous de mĂ©moire inhabituels, fluctuations marquĂ©es de l’attention, hallucinations visuelles, rĂȘves agitĂ©s avec mouvements brusques, lenteur de la marche ou rigiditĂ©. Ce n’est pas forcĂ©ment grave, mais cela justifie un avis spĂ©cialisĂ© pour exclure ou confirmer une maladie neurodĂ©gĂ©nĂ©rative.

En quoi les tests olfactifs peuvent-ils aider au diagnostic précoce ?

Les tests olfactifs standardisĂ©s utilisent des odeurs bien dĂ©finies, prĂ©sentĂ©es dans des conditions contrĂŽlĂ©es. Ils permettent de mesurer la capacitĂ© Ă  dĂ©tecter, reconnaĂźtre et diffĂ©rencier ces odeurs. Dans la maladie Ă  corps de Lewy, plus de 90 % des patients prĂ©sentent des troubles importants de l’odorat. En combinant ces tests Ă  d’autres examens (imagerie cĂ©rĂ©brale, prĂ©lĂšvements nasaux Ă  la recherche de biomarqueurs comme l’alpha-synuclĂ©ine), les Ă©quipes mĂ©dicales peuvent affiner le diagnostic et diffĂ©rencier cette maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles.

Peut-on récupérer son odorat en cas de maladie à corps de Lewy ?

Lorsque la perte d’odorat est liĂ©e Ă  une maladie neurodĂ©gĂ©nĂ©rative comme la maladie Ă  corps de Lewy, il est gĂ©nĂ©ralement difficile de retrouver complĂštement un sens olfactif normal. Toutefois, le but n’est pas uniquement de restaurer l’odorat, mais de l’utiliser comme un indicateur pour repĂ©rer la maladie plus tĂŽt et mieux adapter la prise en charge. Certains exercices olfactifs peuvent parfois aider Ă  stimuler les circuits encore fonctionnels, mais ils ne remplacent pas un suivi neurologique.

Que peuvent faire les proches face Ă  la perte d’odorat d’un parent ĂągĂ© ?

Les proches peuvent d’abord observer calmement la situation, discuter du ressenti de la personne, puis proposer une consultation mĂ©dicale sans dramatiser. Ils peuvent aussi sĂ©curiser l’environnement (dĂ©tecteurs de fumĂ©e et de gaz, prudence en cuisine), surveiller l’apparition d’autres signes (mĂ©moire, sommeil, comportement) et noter ces Ă©lĂ©ments pour les transmettre au mĂ©decin. Enfin, ils peuvent se renseigner auprĂšs d’associations ou de structures d’accompagnement pour ne pas rester seuls face aux questions qui se posent.

Source: www.franceinfo.fr

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