Le 24 septembre 2026, Leica Biosystems a annoncé l’arrivée de deux solutions de Tempus AI dans sa boutique Aperio AI. Cette annonce concerne d’abord les laboratoires et les équipes de recherche en cancérologie : elle leur donne accès, dans un même environnement de travail, à des applications capables d’analyser des images de tissus. Derrière les noms techniques, l’enjeu est assez concret. Lorsqu’une lame est numérisée, elle devient une image très détaillée, riche en informations, mais longue à examiner et à comparer à grande échelle.
Les nouveaux outils, Paige PanCancer Detect et Paige Prostate, sont conçus pour accompagner cette exploration. Ils sont destinés à la recherche, et non au diagnostic d’un patient. Cette distinction mérite d’être gardée à l’esprit, surtout lorsque l’intelligence artificielle est présentée comme une avancée pour la santé. Pour une personne concernée par un cancer, la décision médicale reste fondée sur l’évaluation de professionnels, dans un parcours de soins précis. Pour les chercheurs, en revanche, disposer de plusieurs outils dans une interface familière peut faciliter l’étude d’un grand nombre d’images et aider à formuler de nouvelles questions.
Leica Biosystems et Tempus AI : ce que change l’arrivée des outils Paige dans Aperio AI
Pour comprendre cette nouveauté, il faut partir du travail réalisé sur une biopsie. Un prélèvement de tissu est préparé, coloré, puis observé afin d’en étudier les caractéristiques. En pathologie numérique, la lame peut aussi être scannée : les spécialistes disposent alors d’une image consultable sur écran. Cette image ne remplace ni le prélèvement ni la compétence du pathologiste. Elle offre une autre façon d’observer, de partager et, dans le cadre de la recherche, d’analyser les tissus.
Leica Biosystems intervient à plusieurs étapes de ce parcours technique, de la préparation des échantillons à l’imagerie. Filiale de Danaher, l’entreprise développe notamment des solutions de pathologie anatomique et numérique. Tempus AI, de son côté, travaille sur l’utilisation des données et de l’intelligence artificielle en santé. Leur collaboration porte ici sur un point précis : rendre des applications Paige accessibles depuis l’Aperio AI Store, au sein du système de gestion d’images Aperio HALO AP.
Une boutique d’applications intégrée au travail sur les lames numériques
Le mot « boutique » pourrait faire penser à un catalogue destiné au grand public. Ce n’est pas le cas. Aperio AI Store s’adresse aux structures qui utilisent la pathologie numérique. Il rassemble des applications développées par différents partenaires dans un environnement commun. Son intérêt pratique est d’éviter, autant que possible, de passer d’un logiciel à l’autre pour accéder à chaque outil d’analyse.
Imaginons une équipe de recherche qui étudie plusieurs séries de lames issues de projets distincts. Sans espace commun, elle peut devoir ouvrir différents programmes, retrouver les bons fichiers, puis rapprocher des résultats présentés de manières différentes. Une interface cohérente ne supprime pas le travail de vérification, mais elle peut alléger ces manipulations. Le temps gagné dépendra bien sûr de l’organisation du laboratoire, de ses équipements et de la façon dont les applications seront évaluées sur place.
Cette logique explique l’importance accordée à l’interopérabilité : les images, les logiciels et les outils d’analyse doivent pouvoir s’inscrire dans un flux de travail utilisable. Pour les soignants comme pour les chercheurs, un outil performant mais difficile à intégrer peut finir par être peu utilisé. Les réalités du terrain comptent donc autant que la nouveauté technologique : formation des équipes, qualité des images, traçabilité des analyses et temps nécessaire pour contrôler les résultats.
L’Aperio AI Store a été lancé aux États-Unis en octobre 2025. L’ajout des solutions Paige, près d’un an plus tard, montre que Leica Biosystems cherche à élargir le choix proposé aux laboratoires plutôt qu’à leur imposer une seule application. Le responsable de la pathologie numérique de l’entreprise, Naveen Chandra, présente cette évolution comme un passage d’outils isolés vers une expérience plus connectée. Pour apprécier cette promesse, le repère reste simple : observer si les outils aident réellement les équipes à travailler plus clairement, sans brouiller les responsabilités de chacun.
Pour vous, patient ou proche aidant, il n’y a pas de démarche particulière à effectuer à la suite de cette annonce. En revanche, elle peut éclairer une question que beaucoup se posent : comment les images d’un prélèvement sont-elles étudiées, et à quoi servent les logiciels dont parlent parfois les établissements ? La réponse commence par une séparation nette entre la recherche sur les images et l’interprétation médicale utilisée pour vos soins. C’est cette distinction qui permet d’aborder les deux produits annoncés sans leur prêter un rôle qu’ils n’ont pas.

Paige PanCancer Detect et Paige Prostate : deux usages distincts pour la recherche en cancérologie
Les deux nouveautés ne répondent pas exactement au même besoin. Paige PanCancer Detect vise à repérer des zones suspectes dans des images relevant de plus de 40 types de cancer. Paige Prostate regroupe, pour sa part, plusieurs applications consacrées à l’étude des caractéristiques du cancer de la prostate. Dans les deux cas, il s’agit d’outils d’analyse d’images pour la recherche, et non de dispositifs à utiliser pour établir un diagnostic individuel.
Paige PanCancer Detect s’appuie sur un modèle développé par Tempus pour analyser des images de pathologie. On peut comparer son rôle, avec prudence, à celui d’un système qui attire l’attention sur certains endroits d’une très grande carte. Il ne dit pas à lui seul ce que ces zones signifient pour une personne donnée. Il aide plutôt une équipe à orienter son exploration dans un ensemble d’images qui peuvent contenir énormément de détails.
Cette différence est importante. Une zone signalée par un algorithme est un élément à examiner, pas une annonce de maladie. Dans un projet de recherche, les spécialistes peuvent étudier les images signalées, comparer les résultats avec leurs propres observations et vérifier la pertinence de l’outil pour la question qu’ils se posent. La qualité du prélèvement, de la coloration et de la numérisation joue également un rôle : même un logiciel élaboré travaille à partir de ce qu’on lui donne à voir.
Paige Prostate : repérage, évaluation et description des images
La suite Paige Prostate comprend trois applications annoncées par Leica Biosystems : Paige Prostate Detect, Paige Prostate Grade & Quantify et Paige Perineural Invasion. Elles portent sur différentes caractéristiques visibles dans des images de lames entières colorées à l’hématoxyline-éosine, souvent abrégée « H&E ». Cette coloration courante aide à distinguer les structures des tissus au microscope et sur les images numériques.
Les noms des applications donnent une idée de leurs axes de travail. L’une s’intéresse à la détection, une autre à l’évaluation et à la quantification de certaines caractéristiques, tandis que la dernière porte sur l’invasion périnerveuse, c’est-à -dire la présence de cellules tumorales autour de structures nerveuses. Ce dernier terme peut impressionner lorsqu’on le découvre. Dans cet article, il désigne simplement un type de caractéristique étudiée sur une image ; l’annonce ne fournit aucune information sur la situation médicale d’un lecteur.
| Application | Ce qu’elle aide à explorer 🔎 | Limite à retenir |
|---|---|---|
| Paige PanCancer Detect | Des zones suspectes dans des images concernant plus de 40 types de cancer | Outil de recherche, pas de diagnostic |
| Paige Prostate Detect | Le repérage de caractéristiques dans des lames de prostate numérisées | Résultat à étudier dans un projet de recherche |
| Paige Prostate Grade & Quantify | L’évaluation et la quantification de caractéristiques observées | Ne détermine pas à lui seul une prise en charge |
| Paige Perineural Invasion | Une caractéristique liée aux structures nerveuses du tissu | Usage réservé à la recherche |
Un tableau rend ces fonctions plus faciles à distinguer, mais il ne faut pas lire les applications comme les étapes automatiques d’un examen médical. Dans un laboratoire de recherche, elles peuvent servir à poser des questions différentes sur des séries d’images. Les résultats demandent ensuite une analyse humaine et une méthode rigoureuse. L’intérêt d’une suite d’outils est précisément de pouvoir confronter plusieurs angles d’observation, sans confondre leur champ d’utilisation avec celui d’un compte rendu remis à un patient.
Si vous avez reçu un compte rendu de biopsie de prostate et qu’un mot technique vous inquiète, le meilleur réflexe n’est pas de chercher à le faire correspondre au nom d’une application. Notez le terme et demandez au médecin qui suit votre dossier ce qu’il signifie dans votre situation. Les outils Paige présentés ici concernent la recherche ; leur description aide à comprendre une évolution du secteur, pas à interpréter un résultat personnel. Reste alors une question très concrète pour les laboratoires : comment intégrer ces applications sans compliquer le travail quotidien ?
Une présentation générale de la pathologie numérique peut vous aider à situer la place des lames scannées avant d’aborder les questions d’organisation.
Aperio HALO AP : intégrer plusieurs outils d’IA sans multiplier les logiciels
L’Aperio AI Store est accessible par Aperio HALO AP, le système de gestion d’images dans lequel Leica Biosystems intègre les applications partenaires. Aperio HALO AP est développé en partenariat avec Indica Labs. Pour un laboratoire, cette précision compte : une nouvelle application n’arrive pas dans le vide. Elle doit s’insérer dans un environnement où les équipes ouvrent déjà des images, organisent leurs dossiers et suivent leurs procédures.
Au quotidien, changer d’interface pour chaque analyse peut sembler anodin. Pourtant, lorsque les images sont nombreuses et que plusieurs personnes collaborent, chaque étape supplémentaire demande de l’attention. Quel fichier a été analysé ? Avec quel outil ? Où retrouver le résultat ? Une organisation commune peut rendre ces questions plus simples à traiter, à condition que les règles de traçabilité soient établies et comprises par tous.
Prenons l’exemple fictif d’une équipe marseillaise qui mène un projet sur des lames de prostate numérisées. Elle souhaite étudier plusieurs caractéristiques des tissus, puis comparer ses observations sur des séries d’images. Si ses applications sont accessibles depuis un espace de travail déjà connu, elle peut consacrer moins d’efforts à naviguer entre les programmes. Cela ne veut pas dire que l’analyse devient instantanée : les chercheurs doivent toujours définir leur méthode, examiner les résultats et documenter ce qu’ils ont fait.
Former les équipes et contrôler la qualité des images
L’arrivée d’un logiciel pose aussi des questions très matérielles. Les lames sont-elles correctement préparées ? Les images sont-elles suffisamment lisibles ? Les fichiers sont-ils bien associés au projet concerné ? Une coloration inégale ou une image imparfaite peut gêner l’observation humaine comme l’analyse informatique. Avant de mesurer l’intérêt d’un nouvel outil, une équipe a donc besoin de vérifier la qualité de ses données et de connaître les situations dans lesquelles l’application fonctionne comme attendu.
La formation ne se limite pas à apprendre où cliquer. Les utilisateurs doivent comprendre ce que l’outil recherche, comment ses résultats sont affichés et quelles vérifications restent nécessaires. Dans les métiers du soin, cette prudence est familière : un appareil de mesure ne dispense pas de regarder la personne, son contexte et la cohérence des chiffres obtenus. En recherche sur les images, le même bon sens conduit à ne pas accepter un signal informatique sans examen critique.
- 🧪 Définir l’objectif : préciser la question de recherche avant de choisir une application.
- 🖼️ Vérifier les images : contrôler leur qualité et leur correspondance avec les lames étudiées.
- 👥 Former les utilisateurs : expliquer ce que montre l’outil et ce qu’il ne peut pas établir.
- 📝 Tracer les analyses : conserver les informations nécessaires pour retrouver la méthode suivie.
- ⚖️ Évaluer sur place : vérifier que l’application apporte une aide adaptée au travail réel de l’équipe.
Ces étapes peuvent paraître moins spectaculaires qu’une démonstration d’intelligence artificielle. Elles sont pourtant déterminantes. Un laboratoire de petite taille n’a pas les mêmes moyens ni la même organisation qu’un grand centre de recherche. Une plateforme commune peut faciliter l’accès à plusieurs applications, mais elle ne remplace pas le temps consacré au choix des outils, à la formation et à la discussion entre collègues.
Tempus souligne que l’intégration des produits Paige dans Aperio HALO AP peut rendre l’analyse avancée des images plus accessible aux chercheurs. Il s’agit d’un objectif de collaboration, pas d’un résultat garanti pour chaque établissement. Le bénéfice devra être apprécié selon les projets, les ressources et les pratiques de chaque équipe. Une bonne intégration se reconnaît autant à la clarté du travail qu’aux capacités de l’algorithme. Cette exigence conduit naturellement à regarder les limites d’usage avec la même attention que les possibilités techniques.
Outils de recherche et diagnostic du cancer : la frontière à ne pas effacer
Quand les mots « cancer » et « intelligence artificielle » apparaissent dans une même annonce, il est compréhensible d’y voir une promesse de diagnostic plus rapide. Ce n’est pourtant pas ce qui est annoncé ici pour les applications Paige. Paige PanCancer Detect et Paige Prostate sont réservés à la recherche. Ils ne sont pas destinés à être utilisés pour des procédures diagnostiques ou pour décider d’un traitement. Le rappeler protège les lecteurs d’une attente qui ne correspondrait pas à leur usage réel.
Une autre précision concerne Aperio HALO AP lui-même. Aux États-Unis, ce système est indiqué comme réservé à la recherche et ne doit pas être utilisé dans les procédures de diagnostic. Dans l’Union européenne, Aperio HALO AP porte un marquage CE-IVDR. Ces informations ne doivent pas être mélangées : le statut du système de gestion d’images ne transforme pas les applications Paige en outils de diagnostic. Leur destination annoncée reste la recherche uniquement.
Cette nuance peut sembler administrative. Elle a pourtant une conséquence très concrète pour les personnes soignées. Si vous attendez les résultats d’une biopsie, ils ne reposent pas sur une simple alerte affichée par l’une des applications décrites dans cet article. Votre parcours comprend l’examen du prélèvement, l’interprétation du compte rendu par les professionnels concernés et, si nécessaire, une discussion avec l’équipe qui vous accompagne.
Ce que les patients peuvent demander à leur équipe de soins
Face à un examen de pathologie, il est fréquent de ne pas savoir quelles questions poser. Les termes sont spécialisés, et l’attente peut peser davantage que la technique elle-même. Vous pouvez commencer simplement : « Quel professionnel analyse mon prélèvement ? », « À quoi sert l’examen demandé ? » ou « Quand et avec qui pourrai-je discuter du résultat ? » Ces questions ne contestent pas le travail médical ; elles vous aident à trouver votre place dans le parcours de soins.
Pour un proche aidant, une aide utile consiste parfois à noter les questions avant un rendez-vous, puis à reprendre calmement les réponses avec la personne concernée. Il n’est pas nécessaire de comprendre le fonctionnement détaillé d’un modèle informatique pour demander des explications sur un compte rendu. Si un mot vous échappe, demander sa signification en langage courant est légitime. Les professionnels de santé connaissent cette difficulté, même si le rythme d’une consultation ne laisse pas toujours le temps de tout expliquer d’un seul coup.
Dans le travail d’une équipe de recherche, la prudence prend une autre forme. Il faut distinguer ce que l’algorithme signale, ce que les spécialistes observent et ce que l’étude permet réellement de conclure. Une application peut aider à explorer beaucoup d’images ; elle ne garantit pas que toutes les questions scientifiques sont résolues. Les résultats doivent être replacés dans une méthode, puis discutés avec leurs limites. C’est ainsi que l’innovation peut devenir une information utile, plutôt qu’une affirmation trop large.
Les données de santé soulèvent également des interrogations compréhensibles. Les modalités de protection et d’utilisation des images dépendent des projets et des cadres applicables ; elles ne se déduisent pas du seul nom d’un logiciel. Si vous participez à une recherche et souhaitez savoir comment vos données sont utilisées, demandez les documents d’information remis dans ce cadre et adressez vos questions à l’équipe responsable. Une réponse claire sur l’usage des images est aussi importante qu’une explication sur la technologie.
Ce repère vaut au-delà de l’annonce de Leica Biosystems : lorsqu’un outil d’IA en santé fait l’actualité, commencez par demander à qui il s’adresse, pour quel usage et avec quelles limites. Ces trois questions évitent bien des malentendus. Elles permettent aussi de suivre les prochaines présentations de la plateforme avec un regard curieux, sans confondre démonstration technique et changement immédiat dans les soins.
Pour mieux comprendre la différence entre travaux de recherche et utilisation dans les soins, une ressource pédagogique sur l’IA en pathologie apporte un complément utile.
Pathology Visions 2026 et avenir de l’Aperio AI Store : les points à suivre
Leica Biosystems prévoit de présenter ces nouvelles applications à Pathology Visions 2026, événement de la Digital Pathology Association organisé du 16 au 18 octobre à San Diego. Des démonstrations sont annoncées sur le stand 401, aux côtés d’autres solutions de pathologie numérique de l’entreprise. Pour les laboratoires intéressés, une démonstration permet de voir comment une application s’affiche dans le logiciel. Elle ne suffit toutefois pas à juger de son intérêt dans toutes les conditions de travail.
Les questions les plus utiles sont souvent très pratiques. Combien d’étapes faut-il pour lancer une analyse ? Le résultat est-il facile à relire et à discuter entre collègues ? Comment l’équipe retrouve-t-elle l’image d’origine ? Quels besoins de formation apparaissent ? Un chercheur qui voit fonctionner l’outil sur un cas présenté lors d’un salon pourra ensuite se demander comment il s’adapterait à ses propres lames, à ses projets et à l’organisation de son laboratoire.
Cette approche évite de réduire la pathologie numérique à une course aux nouveautés. Scanner des lames, gérer des images volumineuses et intégrer plusieurs applications supposent des choix durables. Les établissements doivent tenir compte de leurs équipements, des compétences disponibles et du temps que les professionnels peuvent consacrer à l’évaluation. Une solution pertinente pour un grand centre n’apporte pas nécessairement le même avantage à une structure plus petite. Le fait de réunir différents outils dans Aperio AI Store peut élargir les possibilités, mais le choix reste à faire selon les besoins réels.
Ce que la collaboration Leica Biosystems–Tempus AI peut apporter à la recherche
Leica Biosystems présente son écosystème comme une manière de rendre plusieurs outils d’analyse accessibles dans un parcours numérique continu. Tempus AI y apporte les applications Paige et son expérience dans l’exploitation de données pour la recherche et la médecine de précision. L’objectif affiché est de faciliter l’étude des images en oncologie. Entre cet objectif et un effet mesurable pour un laboratoire, il reste des étapes : sélectionner un usage pertinent, former les équipes, comparer les observations et partager les résultats de façon rigoureuse.
À Marseille comme ailleurs, les progrès de la recherche peuvent paraître éloignés du quotidien d’un patient. Pourtant, ils partent souvent d’un travail patient sur des prélèvements et des images, réalisé par des professionnels dont le rôle est peu visible. Une application capable d’attirer l’attention sur certaines zones peut ouvrir de nouvelles pistes d’étude ; c’est ensuite le regard des équipes, leur méthode et leurs échanges qui donnent du sens aux observations. Valoriser cette chaîne de travail aide à comprendre pourquoi aucune annonce technologique ne se traduit, à elle seule, par un nouveau geste de soin.
Pour les soignants qui accompagnent des personnes en attente d’examens, la priorité demeure l’information compréhensible. Une patiente peut entendre parler d’IA dans la presse et demander si « une machine lit désormais toutes les biopsies ». Une réponse courte et honnête peut suffire : il existe des outils informatiques pour analyser des images, mais leur usage dépend de leur destination et du cadre de chaque établissement ; les produits Paige annoncés ici servent à la recherche. Cette explication rassure sans minimiser la question.
La même simplicité peut guider la lecture des futures annonces. Il faudra regarder quelles applications rejoignent la plateforme, quels types d’images elles étudient et, surtout, quel usage leur est officiellement destiné. Il sera aussi utile de distinguer ce qu’une entreprise souhaite rendre possible de ce que les équipes observent réellement après adoption. Ce regard n’est ni méfiant ni enthousiaste par principe : il est adapté à un domaine où la qualité des soins dépend de décisions réfléchies.
Si cette actualité fait écho à un examen que vous ou un proche traversez, gardez un point d’appui concret. Préparez les questions concernant votre compte rendu et adressez-les au professionnel qui connaît votre dossier. Comprendre la place d’un outil est utile ; comprendre votre propre parcours de soins reste essentiel.
Les produits Paige ajoutés à Aperio AI peuvent-ils établir mon diagnostic ?
Non. Paige PanCancer Detect et les applications Paige Prostate présentées ici sont réservés à la recherche et ne sont pas destinés aux procédures diagnostiques ou cliniques. Pour comprendre un résultat de biopsie, adressez-vous à l’équipe qui suit votre dossier.
Quelle différence y a-t-il entre Paige PanCancer Detect et Paige Prostate ?
Paige PanCancer Detect aide à repérer des zones suspectes dans des images concernant plus de 40 types de cancer. Paige Prostate regroupe des applications de recherche centrées sur différentes caractéristiques visibles dans des lames de prostate numérisées.
À quoi sert l’Aperio AI Store pour un laboratoire ?
Cette boutique donne accès à plusieurs applications partenaires depuis l’environnement Aperio HALO AP. Elle vise à faciliter leur intégration au travail sur les images numériques, sans supprimer la formation, les vérifications et l’évaluation propres à chaque laboratoire.
Le marquage CE-IVDR d’Aperio HALO AP concerne-t-il aussi les outils Paige ?
Non. Aperio HALO AP porte un marquage CE-IVDR dans l’Union européenne, mais les applications Paige mentionnées dans cette annonce restent destinées uniquement à la recherche. Le statut du système ne change pas leur destination.

