Les mĂ©dicaments agissant sur le GLP-1 occupent une place grandissante dans la prise en charge de certains adolescents vivant avec un diabĂšte de type 2, un prĂ©diabĂšte ou une obĂ©sitĂ© sĂ©vĂšre. Leur intĂ©rĂȘt est rĂ©el lorsquâils sont prescrits dans un cadre mĂ©dical adaptĂ©. Ils peuvent amĂ©liorer lâĂ©quilibre glycĂ©mique et contribuer Ă une perte de poids, tout en rĂ©duisant une faim parfois trĂšs envahissante au quotidien.
Chez lâenfant et lâadolescent, la vigilance nutritionnelle doit toutefois accompagner chaque Ă©tape du traitement. Une Ă©tude publiĂ©e en septembre 2026 dans la revue Childhood Obesity souligne quâenviron 16,8 % des jeunes traitĂ©s ont reçu un diagnostic de carence pendant leur premiĂšre annĂ©e de prise. Ces rĂ©sultats ne doivent pas inquiĂ©ter inutilement les familles. Ils rappellent surtout une Ă©vidence de terrain : pendant la croissance, manger moins ne doit jamais signifier recevoir moins de nutriments essentiels. đ„
GLP-1 chez lâenfant : comprendre le mĂ©canisme avant de parler de carences nutritionnelles
Le GLP-1 est une hormone naturellement produite par lâintestin aprĂšs les repas. Son nom complet, glucagon-like peptide-1, peut sembler complexe, mais son rĂŽle est assez simple Ă comprendre. Elle aide le corps Ă mieux gĂ©rer le sucre dans le sang, favorise la sensation de satiĂ©tĂ© et ralentit la vidange de lâestomac.
Les traitements appelĂ©s agonistes du rĂ©cepteur du GLP-1 reproduisent une partie de cette action. Parmi les molĂ©cules connues figurent notamment le liraglutide, le dulaglutide et le sĂ©maglutide. Chez certains jeunes patients, leur utilisation peut ĂȘtre discutĂ©e pour un diabĂšte de type 2, un prĂ©diabĂšte ou une situation dâobĂ©sitĂ©, toujours avec une Ă©valuation mĂ©dicale complĂšte.
Une baisse de lâappĂ©tit qui nĂ©cessite un accompagnement concret
Le mécanisme recherché est souvent une diminution des prises alimentaires, avec une sensation de rassasiement qui arrive plus tÎt. Cela peut aider un adolescent qui mangeait de trÚs grandes quantités, grignotait souvent ou avait du mal à ressentir la satiété. Pourtant, cet effet peut aussi réduire les apports utiles si les repas deviennent trop petits, monotones ou sautés.
Le risque ne vient donc pas directement dâun « Ă©puisement » automatique des vitamines par le mĂ©dicament. Il est surtout liĂ© Ă une alimentation devenue insuffisante ou dĂ©sĂ©quilibrĂ©e. Lorsquâun enfant mange beaucoup moins pendant plusieurs semaines, les aliments riches en fer, calcium, protĂ©ines ou vitamine D peuvent disparaĂźtre de son quotidien sans que la famille sâen aperçoive immĂ©diatement.
Prenons lâexemple de NoĂ©, 14 ans, suivi pour un surpoids associĂ© Ă un prĂ©diabĂšte. AprĂšs lâinstauration de son traitement, il ne termine plus ses portions et Ă©vite certains aliments car il se sent vite Ă©cĆurĂ©. Sâil remplace progressivement le dĂ©jeuner par quelques biscuits ou une boisson sucrĂ©e, il rĂ©duit certes les quantitĂ©s, mais il ne nourrit plus suffisamment ses muscles, ses os et son organisme en croissance.
Les nausĂ©es, douleurs abdominales, reflux, constipation ou diarrhĂ©es peuvent Ă©galement compliquer les repas. Ces effets indĂ©sirables ne concernent pas tous les jeunes et leur intensitĂ© varie. Ils mĂ©ritent nĂ©anmoins dâĂȘtre signalĂ©s rapidement au prescripteur, car une gĂȘne digestive durable peut rendre lâalimentation difficile et favoriser une restriction involontaire.
Il importe de distinguer une perte dâappĂ©tit modĂ©rĂ©e, compatible avec des repas variĂ©s, dâune baisse marquĂ©e des apports. Un enfant qui conserve trois temps de repas adaptĂ©s, mange des protĂ©ines, des fĂ©culents, des fruits et lĂ©gumes, ainsi que des produits ou alternatives riches en calcium, ne prĂ©sente pas la mĂȘme situation quâun adolescent qui ne tolĂšre presque plus que quelques aliments.
- đ„ Le calcium et la vitamine D participent Ă la soliditĂ© osseuse pendant une pĂ©riode de construction intense du squelette.
- đ„© Le fer aide au transport de lâoxygĂšne et soutient la concentration, lâĂ©nergie et le dĂ©veloppement.
- đł Les protĂ©ines sont indispensables aux muscles, aux tissus et Ă la croissance.
- đŸ Les folates et autres vitamines contribuent au bon fonctionnement gĂ©nĂ©ral de lâorganisme.
La prescription ne doit donc jamais ĂȘtre isolĂ©e dâun accompagnement global. Les familles peuvent utilement dĂ©couvrir les repĂšres gĂ©nĂ©raux concernant lâĂ©ligibilitĂ© aux traitements GLP-1, car lâindication mĂ©dicale, lâĂąge, lâĂ©tat nutritionnel et le suivi sont Ă©troitement liĂ©s.
Le point essentiel est simple : un traitement qui agit sur la faim doit sâaccompagner dâune attention renforcĂ©e Ă la qualitĂ© de ce qui reste dans lâassiette, particuliĂšrement lorsque le corps grandit encore.

Carences nutritionnelles et traitements GLP-1 : ce que montre lâĂ©tude pĂ©diatrique de 2026
Les donnĂ©es publiĂ©es en 2026 apportent un signal utile pour les professionnels comme pour les parents. LâĂ©tude sâest appuyĂ©e sur des donnĂ©es administratives amĂ©ricaines couvrant la pĂ©riode de 2017 Ă 2022, soit plus de 100 millions de dossiers. Les chercheurs ont identifiĂ© 2 031 jeunes ĂągĂ©s de 10 Ă 17 ans ayant commencĂ© un agoniste du GLP-1 sans diagnostic prĂ©alable de carence nutritionnelle.
Au cours des douze mois qui ont suivi le dĂ©but du traitement, prĂšs dâun jeune sur six, soit 16,8 %, a prĂ©sentĂ© une carence diagnostiquĂ©e. Ce chiffre doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© avec sĂ©rieux, mais sans raccourci. Il dĂ©crit une association observĂ©e dans une population suivie ; il ne signifie pas que chaque enfant sous GLP-1 dĂ©veloppera nĂ©cessairement un manque nutritionnel.
La vitamine D au premier plan, mais pas seule Ă surveiller
La carence la plus souvent relevĂ©e Ă©tait celle en vitamine D, retrouvĂ©e chez 12,4 % des jeunes durant lâannĂ©e de suivi. Cette frĂ©quence mĂ©rite une attention particuliĂšre, car la vitamine D intervient dans lâabsorption du calcium et dans la santĂ© osseuse. Chez lâadolescent, pĂ©riode de croissance rapide et de changements hormonaux, les besoins du squelette sont importants.
La vitamine D ne dĂ©pend pas uniquement de lâalimentation. Lâexposition solaire, le type de peau, la saison, le temps passĂ© Ă lâintĂ©rieur et les habitudes vestimentaires jouent Ă©galement un rĂŽle. Ă Marseille comme ailleurs, le soleil ne garantit donc pas automatiquement un statut satisfaisant : un adolescent peut rester trĂšs peu exposĂ© en dehors des trajets ou passer de longues heures en intĂ©rieur.
| ĂlĂ©ment Ă surveiller | Pourquoi il compte pendant la croissance | Signaux Ă discuter avec lâĂ©quipe soignante |
|---|---|---|
| âïž Vitamine D | Participe Ă la minĂ©ralisation osseuse et Ă lâutilisation du calcium. | Fatigue inhabituelle, douleurs osseuses ou musculaires, faible exposition solaire. |
| 𩮠Calcium | Contribue à la constitution du capital osseux. | Suppression des laitages ou alternatives enrichies, alimentation trùs restreinte. |
| 𩞠Fer | Soutient lâoxygĂ©nation, lâĂ©nergie et les capacitĂ©s de concentration. | PĂąleur, essoufflement, fatigue, rĂšgles abondantes chez lâadolescente. |
| đȘ ProtĂ©ines | Aident Ă prĂ©server les muscles et les tissus durant une perte de poids. | Repas composĂ©s surtout de fĂ©culents raffinĂ©s, perte de force, apports trĂšs faibles. |
Dans lâĂ©chantillon Ă©tudiĂ©, le liraglutide reprĂ©sentait 78,6 % des prescriptions, devant le dulaglutide Ă 10,4 % et le sĂ©maglutide Ă 9,1 %. Cette rĂ©partition reflĂšte en partie les usages et autorisations disponibles durant la pĂ©riode observĂ©e. Elle ne permet pas, Ă elle seule, dâaffirmer quâune molĂ©cule serait systĂ©matiquement plus risquĂ©e quâune autre sur le plan nutritionnel.
Les donnĂ©es reposent par ailleurs sur des diagnostics enregistrĂ©s dans des bases de soins. Certaines carences lĂ©gĂšres ont pu ne pas ĂȘtre repĂ©rĂ©es ou codĂ©es. Ă lâinverse, dâautres facteurs peuvent intervenir : alimentation dĂ©jĂ fragile avant le traitement, conditions sociales, troubles digestifs, activitĂ© physique, rĂšgles abondantes, sĂ©lectivitĂ© alimentaire ou maladie associĂ©e.
Cette nuance est prĂ©cieuse pour Ă©viter de culpabiliser les parents. Une carence nâest pas la preuve quâune famille « a mal fait ». Elle peut sâinstaller discrĂštement, mĂȘme dans un foyer attentif, lorsque lâappĂ©tit change vite ou que les contraintes du quotidien rendent les repas compliquĂ©s.
Ces rĂ©sultats invitent surtout Ă anticiper : le suivi biologique et nutritionnel doit ĂȘtre pensĂ© dĂšs la prescription, plutĂŽt quâattendu aprĂšs lâapparition dâune fatigue ou dâune anomalie au bilan.
Prévenir les déficits nutritionnels chez les adolescents sous agonistes du GLP-1
La prĂ©vention commence avant la premiĂšre injection ou la premiĂšre prise du traitement. Une consultation utile ne se limite pas au poids et Ă la glycĂ©mie. Elle cherche aussi Ă connaĂźtre le rythme des repas, les aliments apprĂ©ciĂ©s ou refusĂ©s, les habitudes familiales, la prĂ©sence de troubles digestifs et la place de lâactivitĂ© physique.
Cette approche est particuliĂšrement importante chez les jeunes ayant dĂ©jĂ connu des rĂ©gimes restrictifs. Certains adolescents arrivent Ă la consultation avec une relation compliquĂ©e Ă lâalimentation : alternance de contrĂŽle et de compulsions, honte liĂ©e au poids, peur de manger certains aliments ou repas sautĂ©s au lycĂ©e. Le mĂ©dicament ne doit pas renforcer cette pression ; il doit sâintĂ©grer dans un accompagnement protecteur.
Un suivi nutritionnel encore trop rarement proposé assez tÎt
Dans lâĂ©tude citĂ©e, seuls 5 % des jeunes avaient bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun accompagnement nutritionnel dans les trente jours suivant le dĂ©but dâun GLP-1. Moins dâun quart y avait eu accĂšs au bout de six mois. Ce dĂ©calage interpelle, car les effets sur lâappĂ©tit peuvent apparaĂźtre dĂšs les premiĂšres semaines.
Un rendez-vous avec un mĂ©decin, un pĂ©diatre ou une diĂ©tĂ©ticienne permet pourtant dâadapter rapidement les habitudes. Lâobjectif nâest pas de mettre lâenfant au rĂ©gime ni de calculer chaque calorie. Il sâagit plutĂŽt de trouver des repas plus concentrĂ©s sur le plan nutritionnel, tolĂ©rĂ©s sur le plan digestif et rĂ©alistes pour la vie de famille.
Pour une jeune qui nâarrive plus Ă manger un grand dĂźner, il peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rable de prĂ©voir une portion plus petite mais complĂšte : un Ćuf, du poisson, des lentilles ou du poulet ; un fĂ©culent ; un lĂ©gume ; un yaourt ou une alternative enrichie. Un fruit, une compote sans excĂšs de sucre ou une poignĂ©e dâolĂ©agineux selon lâĂąge et les habitudes peuvent complĂ©ter lâensemble.
- đ PrĂ©voir un point mĂ©dical au dĂ©but du traitement, puis selon le calendrier proposĂ© par le prescripteur.
- đœïž Noter pendant quelques jours les repas rĂ©ellement consommĂ©s, sans jugement et sans obsession.
- đ§ VĂ©rifier que lâenfant boit suffisamment, surtout en cas de nausĂ©es, vomissements ou diarrhĂ©es.
- đ§Ș RĂ©aliser les bilans biologiques prescrits, notamment lorsque lâalimentation diminue fortement.
- đ©ââïž Contacter lâĂ©quipe soignante si lâenfant Ă©vite durablement les repas ou perd du poids trĂšs rapidement.
Dans la pratique, les parents peuvent aussi surveiller des changements simples : un adolescent qui dort davantage, se dit Ă©puisĂ©, peine Ă se concentrer ou abandonne une activitĂ© sportive habituelle mĂ©rite quâon sây intĂ©resse. Ces signes nâindiquent pas forcĂ©ment une carence, mais ils justifient une discussion plutĂŽt que lâattente.
Les complĂ©ments alimentaires ne doivent pas ĂȘtre distribuĂ©s au hasard. Du fer pris sans indication peut provoquer des troubles digestifs, et les doses de vitamine D doivent ĂȘtre adaptĂ©es Ă lâĂąge, au bilan Ă©ventuel et aux recommandations du mĂ©decin. Un complĂ©ment est un outil de soin, non un substitut automatique Ă des repas Ă©quilibrĂ©s.
Les informations circulant sur les rĂ©seaux sociaux compliquent parfois les choses. Certains contenus valorisent une perte de poids trĂšs rapide ou banalisent les nausĂ©es comme une preuve dâefficacitĂ©. Il est utile de rappeler les dangers des conseils de santĂ© diffusĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux, surtout lorsquâils ciblent des jeunes dĂ©jĂ vulnĂ©rables au regard des autres.
Un suivi prĂ©coce protĂšge davantage quâune correction tardive : accompagner lâassiette dĂšs le dĂ©part aide Ă prĂ©server le plaisir de manger, lâĂ©nergie et la croissance.
Alimentation, croissance et puberté : les interactions clés avec les médicaments GLP-1
Lâenfance et lâadolescence ne sont pas de simples versions miniatures de lâĂąge adulte. Le corps se transforme vite : la taille augmente, les os se densifient, les muscles Ă©voluent et le cerveau poursuit son dĂ©veloppement. Une perte de poids chez un jeune ne se juge donc jamais uniquement Ă la balance.
Chez un adolescent, il faut aussi observer la courbe de croissance, lâĂ©volution de la taille, la pubertĂ©, la force, le sommeil, lâhumeur et la place des repas dans la vie sociale. Un chiffre qui baisse peut sembler encourageant, mais il ne doit pas masquer une fonte musculaire, une fatigue persistante ou un isolement autour de lâalimentation.
Préserver les os et les muscles pendant un changement de poids
Le calcium, la vitamine D et les protĂ©ines jouent des rĂŽles complĂ©mentaires. Le calcium fournit un matĂ©riau essentiel au tissu osseux, la vitamine D aide Ă son absorption, et les protĂ©ines participent notamment Ă lâentretien des muscles. Durant lâadolescence, cette association mĂ©rite une attention concrĂšte, car câest une pĂ©riode oĂč se construit une grande part du capital osseux.
La qualitĂ© de la perte de poids compte autant que son ampleur. Perdre trop vite peut ĂȘtre associĂ© Ă une baisse de masse maigre, câest-Ă -dire de muscle. Or les muscles soutiennent les mouvements, la posture, lâactivitĂ© physique et le mĂ©tabolisme. Ils aident aussi les jeunes Ă se sentir capables, notamment lorsquâils reprennent progressivement une activitĂ© quâils avaient abandonnĂ©e.
Une activitĂ© adaptĂ©e nâa pas besoin dâĂȘtre une performance sportive. Marcher rĂ©guliĂšrement, nager, danser, faire du vĂ©lo ou pratiquer un renforcement encadrĂ© selon lâĂąge peut soutenir la santĂ© musculaire et osseuse. Lâimportant est de trouver un mouvement plaisant et rĂ©alisable, sans faire de lâexercice une punition liĂ©e au poids.
Le repas familial peut devenir un vrai soutien. Des horaires relativement rĂ©guliers, des portions ajustables et des aliments accessibles Ă tous Ă©vitent que lâenfant sous traitement soit mis Ă part. Il nâa pas besoin dâune « assiette spĂ©ciale » ni de commentaires sur chaque bouchĂ©e. Le cadre doit rester respectueux et calme.
Par exemple, un dĂźner simple peut associer des pĂątes complĂštes ou du riz, une sauce aux lĂ©gumes, une source de protĂ©ines comme des pois chiches, du thon ou des Ćufs, puis un laitage ou une alternative vĂ©gĂ©tale enrichie en calcium. Si lâappĂ©tit est faible, une plus petite quantitĂ© peut ĂȘtre proposĂ©e, sans forcer, puis complĂ©tĂ©e par une collation nourrissante plus tard si besoin.
La surveillance est Ă©galement importante chez les jeunes ayant des rĂšgles. Les besoins en fer peuvent ĂȘtre plus sensibles en cas de menstruations abondantes, de consommation rĂ©duite de viande ou de poisson, ou de repas trĂšs limitĂ©s. LĂ encore, lâanalyse se fait au cas par cas avec le professionnel qui connaĂźt lâhistoire de lâadolescente.
Les traitements GLP-1 ne remplacent ni les soins autour du sommeil, ni le soutien psychologique lorsque lâimage corporelle est douloureuse, ni la prise en charge des facteurs familiaux et sociaux. Ils constituent parfois une aide, mais ne doivent pas faire porter Ă lâenfant seul la responsabilitĂ© de sa santĂ©.
Les familles qui cherchent à mieux comprendre les effets possibles de ces traitements peuvent également consulter un contenu consacré au fonctionnement et aux précautions autour de Mounjaro. Une information claire aide à poser de meilleures questions lors des rendez-vous, sans transformer le domicile en cabinet médical.
La meilleure protection nutritionnelle reste un regard large : lâobjectif est que lâenfant grandisse, bouge, apprend et vive sa vie dâadolescent avec suffisamment dâĂ©nergie, pas seulement quâil perde des kilos.
Organisation du suivi GLP-1 chez lâenfant : repĂšres pour les parents et les soignants
Lorsquâun traitement GLP-1 est instaurĂ© chez un enfant ou un adolescent, lâorganisation du suivi peut apaiser de nombreuses inquiĂ©tudes. Il ne sâagit pas de surveiller chaque dĂ©tail avec anxiĂ©tĂ©. Il sâagit de crĂ©er un cadre oĂč les effets indĂ©sirables, les changements dâappĂ©tit et les Ă©ventuelles difficultĂ©s nutritionnelles peuvent ĂȘtre repĂ©rĂ©s assez tĂŽt.
Le mĂ©decin prescripteur coordonne habituellement le parcours. Selon les besoins, le pĂ©diatre, le mĂ©decin traitant, lâinfirmier, la diĂ©tĂ©ticienne, le psychologue, le pharmacien ou un spĂ©cialiste du diabĂšte peuvent complĂ©ter cet accompagnement. Cette coopĂ©ration est particuliĂšrement utile lorsque les symptĂŽmes digestifs sâajoutent Ă des habitudes alimentaires dĂ©jĂ fragiles.
Des questions simples à préparer avant chaque consultation
Un carnet papier ou une note sur tĂ©lĂ©phone peut faciliter les Ă©changes. Il nâest pas nĂ©cessaire de peser les aliments ni de tout consigner. Quelques observations suffisent : lâenfant mange-t-il moins quâavant ? Quels repas sont les plus difficiles ? Les nausĂ©es apparaissent-elles Ă un moment prĂ©cis ? LâĂ©nergie Ă lâĂ©cole ou au sport a-t-elle changĂ© ?
Les parents peuvent Ă©galement noter lâĂ©volution du transit, de lâhydratation et de lâhumeur. Un adolescent qui cache ses repas, exprime une forte peur de grossir ou se montre trĂšs prĂ©occupĂ© par son poids a besoin dâĂȘtre Ă©coutĂ© sans reproche. Ces signaux peuvent justifier un soutien complĂ©mentaire, indĂ©pendamment de lâefficacitĂ© mĂ©tabolique du traitement.
Dans les soins Ă domicile, lâinfirmier peut contribuer Ă rassurer et Ă repĂ©rer certaines difficultĂ©s pratiques : technique dâinjection, comprĂ©hension de lâordonnance, stockage du mĂ©dicament, prĂ©sence dâeffets digestifs ou accĂšs aux rendez-vous. Son rĂŽle nâest pas de remplacer le mĂ©decin ou la diĂ©tĂ©ticienne, mais dâaider la famille Ă ne pas rester seule face aux questions quotidiennes.
Ă Marseille, comme dans dâautres territoires, lâenjeu consiste aussi Ă rendre le parcours accessible. Certaines familles jonglent avec les transports, les horaires de travail, lâĂ©cole et plusieurs rendez-vous mĂ©dicaux. Regrouper les consultations quand cela est possible, anticiper les renouvellements et savoir qui appeler en cas de problĂšme rend le suivi plus fiable.
Il faut contacter rapidement lâĂ©quipe soignante en cas de vomissements rĂ©pĂ©tĂ©s, de douleurs abdominales importantes, dâincapacitĂ© Ă boire, de faiblesse marquĂ©e, de perte de poids trop rapide ou de changement prĂ©occupant du comportement alimentaire. Ces situations ne signifient pas nĂ©cessairement une complication grave, mais elles ne doivent pas ĂȘtre minimisĂ©es.
La dĂ©cision de poursuivre, dâajuster ou dâarrĂȘter un traitement relĂšve du prescripteur, avec lâenfant et sa famille. Modifier seul les doses, espacer les prises ou reprendre un mĂ©dicament oubliĂ© sans conseil peut exposer Ă des effets indĂ©sirables et brouiller lâĂ©valuation mĂ©dicale. La mĂȘme prudence sâapplique aux pratiques de microdosage promues en ligne : un article sur les microdoses de mĂ©dicaments GLP-1 rappelle lâimportance de ne pas confondre tendances numĂ©riques et stratĂ©gie thĂ©rapeutique validĂ©e.
Au fil des consultations, une question reste centrale : le traitement amĂ©liore-t-il rĂ©ellement la santĂ© et le quotidien du jeune ? La rĂ©ponse ne dĂ©pend pas uniquement du poids. Elle comprend la glycĂ©mie, le confort digestif, lâĂ©nergie, le sommeil, la relation Ă lâalimentation, la croissance et le bien-ĂȘtre psychologique.
Un bon suivi donne des repĂšres sans enfermer : garder le lien avec les professionnels, parler ouvertement des repas et signaler les difficultĂ©s dĂšs quâelles apparaissent reste lâaction la plus utile.
Les médicaments GLP-1 donnent-ils forcément des carences chez les enfants ?
Non. LâĂ©tude publiĂ©e en 2026 observe un diagnostic de carence chez 16,8 % des jeunes durant la premiĂšre annĂ©e, ce qui ne concerne donc pas tous les patients. Ce rĂ©sultat justifie une surveillance nutritionnelle et mĂ©dicale, sans conclure que le traitement provoque automatiquement une carence.
Quelle carence a été la plus souvent observée ?
La carence en vitamine D Ă©tait la plus frĂ©quente dans lâĂ©tude, identifiĂ©e chez 12,4 % des enfants et adolescents suivis. Le mĂ©decin peut Ă©valuer la nĂ©cessitĂ© dâun bilan et dâune supplĂ©mentation adaptĂ©e selon la situation du jeune.
Faut-il donner du fer ou de la vitamine D sans avis médical ?
Non. Les complĂ©ments doivent ĂȘtre proposĂ©s par un professionnel aprĂšs Ă©valuation des apports, des symptĂŽmes et, si besoin, des analyses. Une supplĂ©mentation inadaptĂ©e peut ĂȘtre inutile ou provoquer des effets indĂ©sirables.
Quels signes doivent conduire à appeler le médecin ?
Des vomissements rĂ©pĂ©tĂ©s, une difficultĂ© Ă boire, une fatigue marquĂ©e, une perte de poids rapide, des douleurs abdominales importantes ou une alimentation devenue trĂšs limitĂ©e nĂ©cessitent de contacter lâĂ©quipe soignante.

