La chirurgie assistĂ©e par robot prend une place grandissante dans les blocs opĂ©ratoires. DerriĂšre les bras articulĂ©s, les consoles et les Ă©crans, il y a surtout des Ă©quipes qui doivent apprendre, rĂ©pĂ©ter, ĂȘtre accompagnĂ©es et Ă©valuer leurs pratiques. Lâextension du programme START, portĂ© par le Shelford Group en Angleterre, rĂ©pond Ă ce besoin concret : prĂ©parer les chirurgiens en formation Ă une utilisation sĂ»re, progressive et rĂ©flĂ©chie des outils robotiques.
Ă partir de lâannĂ©e universitaire 2026/27, ce parcours accrĂ©ditĂ© sâouvre Ă de nouvelles rĂ©gions du sud-est de lâAngleterre : Thames Valley, Wessex, ainsi que Kent, Surrey et Sussex. Cette Ă©volution accompagne une ambition forte du NHS : faire de lâassistance robotique la norme pour une part importante des opĂ©rations mini-invasives au cours de la prochaine dĂ©cennie. Pour les patients, les aidants et les soignants, cette actualitĂ© rappelle une Ă©vidence simple : lâinnovation nâa de valeur que lorsquâelle sâappuie sur une formation solide, un suivi rigoureux et des professionnels capables de garder le soin humain au centre.
Extension du programme START de formation en chirurgie robotique
START, pour Shelford Surgical Training in Advanced Robotic Technology, est un programme de formation consacrĂ© Ă la chirurgie robotique avancĂ©e. Son extension marque une Ă©tape importante dans lâorganisation des compĂ©tences chirurgicales au sein du systĂšme de santĂ© anglais. Jusquâici proposĂ© dans le nord-est, le nord-ouest et lâest de lâAngleterre, le parcours sera dĂ©sormais accessible dans trois nouveaux territoires Ă compter de 2026/27.
Dans les faits, cette dĂ©cision permet Ă davantage de chirurgiens en formation de ne pas dĂ©pendre uniquement dâune bourse spĂ©cialisĂ©e ou dâune opportunitĂ© locale pour dĂ©couvrir ces techniques. Le Royal College of Surgeons of England a accrĂ©ditĂ© START en mars 2026, aprĂšs son lancement officiel en dĂ©cembre 2025. Le programme est Ă©galement soutenu par lâAssociation of Surgeons in Training, qui reprĂ©sente les mĂ©decins en parcours de spĂ©cialisation.
Thames Valley et Wessex seront accompagnĂ©es par les hĂŽpitaux universitaires dâOxford. Pour Kent, Surrey et Sussex, la formation sera assurĂ©e au sein de la MATTU, lâunitĂ© de formation aux thĂ©rapies mini-invasives intĂ©grĂ©e au Royal Surrey County Hospital NHS Foundation Trust. Cette derniĂšre rĂ©gion devient la premiĂšre, hors rĂ©seau historique du Shelford Group, Ă adopter entiĂšrement le parcours.
Ce choix est loin dâĂȘtre anodin. Les Ă©quipements robotisĂ©s demandent un apprentissage diffĂ©rent de celui dâune opĂ©ration conventionnelle. Le chirurgien travaille depuis une console, contrĂŽle des instruments trĂšs prĂ©cis et sâappuie sur une vision tridimensionnelle. LâĂ©quipe de salle doit Ă©galement maĂźtriser lâinstallation du matĂ©riel, le positionnement du patient, les vĂ©rifications de sĂ©curitĂ© et la communication pendant lâintervention.
Pour comprendre lâenjeu, imaginons Lina, interne en chirurgie digestive. Elle a observĂ© plusieurs opĂ©rations avec assistance robotique, mais nâa pas encore eu de parcours structurĂ© pour passer de lâobservation aux gestes supervisĂ©s. Sans programme commun, son accĂšs Ă la simulation ou Ă la pratique peut dĂ©pendre du matĂ©riel disponible dans son hĂŽpital et du temps des encadrants. Avec START, elle dispose dâĂ©tapes identifiĂ©es, dâobjectifs progressifs et dâun suivi documentĂ©.
- đ€ Un accĂšs territorial Ă©largi pour rĂ©duire les Ă©carts entre rĂ©gions.
- đ©ș Un cadre commun qui aide les formateurs Ă Ă©valuer les progrĂšs.
- đ Une progression encadrĂ©e, de la thĂ©orie aux situations cliniques supervisĂ©es.
- đ„ Une prĂ©paration collective des futurs chirurgiens aux blocs opĂ©ratoires technologiques.
Ă partir de 2026/27, six des treize doyennĂ©s anglais proposeront donc START. Cette couverture reste partielle, mais elle dessine un changement de mĂ©thode : la formation robotique nâest plus envisagĂ©e comme un savoir rĂ©servĂ© Ă quelques centres trĂšs Ă©quipĂ©s. Elle devient progressivement une composante attendue du parcours professionnel.
Pour les patients, il est utile de retenir que la prĂ©sence dâun robot ne remplace jamais le jugement mĂ©dical. Lâappareil est un outil pilotĂ© par le chirurgien, au sein dâune Ă©quipe complĂšte. La sĂ©curitĂ© repose dâabord sur les compĂ©tences, lâorganisation et la qualitĂ© de la supervision. Cette extension ouvre ainsi naturellement la question du modĂšle de formation retenu par START.
Programme START : un apprentissage structuré pour la chirurgie assistée par robot
La qualitĂ© dâun parcours ne se mesure pas seulement au nombre dâheures de cours. Elle dĂ©pend de lâordre dans lequel les compĂ©tences sont acquises, de la possibilitĂ© de sâentraĂźner sans risque pour le patient et de la rĂ©gularitĂ© des retours donnĂ©s par les encadrants. START a Ă©tĂ© conçu avec le Newcastle Surgical Training Centre pour proposer une trajectoire complĂšte, Ă©talĂ©e sur 36 Ă 48 mois.
Le programme ne se limite pas Ă une seule marque ou Ă une seule console. Il couvre les principales plateformes prĂ©sentes dans les Ă©tablissements : le systĂšme da Vinci dâIntuitive, le Versius de CMR Surgical et le systĂšme Hugo RAS de Medtronic. Cette indĂ©pendance vis-Ă -vis dâun fabricant est importante. Elle permet aux stagiaires de comprendre les principes de la chirurgie robotisĂ©e sans confondre une compĂ©tence clinique avec la simple maĂźtrise dâune interface.
Les apprentissages alternent plusieurs formats. Les modules numĂ©riques posent les repĂšres essentiels : indications, limites, sĂ©curitĂ©, fonctionnement gĂ©nĂ©ral des instruments et communication dâĂ©quipe. Les sessions menĂ©es avec les industriels apportent une connaissance pratique des dispositifs. Les exercices de simulation donnent, quant Ă eux, la possibilitĂ© de rĂ©pĂ©ter un geste, de repĂ©rer une erreur et de recommencer dans un environnement protĂ©gĂ©.
| Ătape du parcours | Objectif concret | BĂ©nĂ©fice pour la sĂ©curitĂ© |
|---|---|---|
| đ Apprentissage en ligne | Comprendre les bases techniques et organisationnelles | PrĂ©parer les dĂ©cisions avant lâentrĂ©e au bloc |
| đčïž Simulation avec retour | Travailler la coordination et la prĂ©cision | Corriger les gestes sans exposer un patient |
| đ§ JournĂ©es pratiques | Manipuler les Ă©quipements et les instruments | RĂ©duire les imprĂ©vus liĂ©s au matĂ©riel |
| đšââïž ActivitĂ© supervisĂ©e | Participer progressivement aux interventions | Garantir un accompagnement adaptĂ© au niveau acquis |
| đ Suivi numĂ©rique | Tracer les activitĂ©s et les validations | Objectiver la progression du stagiaire |
Un outil de suivi en ligne accompagne ce cheminement. Le stagiaire y enregistre ses activitĂ©s, reçoit les commentaires de ses superviseurs et visualise son avancement. Ce type de trace est prĂ©cieux. Dans les mĂ©tiers du soin, la confiance ne doit pas reposer sur une impression vague : elle se construit grĂące Ă lâexpĂ©rience, Ă lâobservation et Ă des critĂšres partagĂ©s.
Une formation sĂ©rieuse aide aussi Ă accepter quâun geste ne soit pas encore maĂźtrisĂ©. Dire « je dois mâentraĂźner davantage » est une attitude professionnelle, pas un Ă©chec. Les Ă©quipes soignantes connaissent bien cette rĂ©alitĂ© : les progrĂšs durables viennent de la rĂ©pĂ©tition, de la prĂ©paration et de la possibilitĂ© de demander de lâaide au bon moment.
Les retours du pilote menĂ© dans le nord et lâest de lâAngleterre ont Ă©tĂ© jugĂ©s trĂšs favorables par les participants et les partenaires. Selon le professeur Alan Horgan, responsable clinique de START, 80 % des stagiaires passĂ©s par le centre de Newcastle ont ensuite Ă©tĂ© nommĂ©s chirurgiens consultants avec une activitĂ© robotique rĂ©guliĂšre. Les 20 % restants ont poursuivi avec des formations avancĂ©es afin dâapprofondir une sous-spĂ©cialitĂ©.
Ces rĂ©sultats ne signifient pas quâun programme garantit Ă lui seul une carriĂšre. Ils montrent plutĂŽt quâun parcours clair peut faciliter le passage entre formation et pratique rĂ©elle. La prochaine question concerne lâimpact attendu de cette montĂ©e en compĂ©tence sur lâaccĂšs aux soins et sur les parcours des patients.
Chirurgie robotique et sécurité des patients : ce que change une formation accréditée
La chirurgie robotique est parfois prĂ©sentĂ©e comme une rĂ©volution automatique. Cette vision mĂ©rite dâĂȘtre nuancĂ©e. Un robot nâopĂšre pas seul et ne transforme pas toutes les interventions de la mĂȘme maniĂšre. Il peut apporter une grande prĂ©cision dans certains gestes, amĂ©liorer la visibilitĂ© ou faciliter le travail dans des zones anatomiques difficiles dâaccĂšs. Mais les bĂ©nĂ©fices rĂ©els dĂ©pendent de lâintervention, de lâĂ©tat de santĂ© du patient, de lâexpĂ©rience de lâĂ©quipe et de lâorganisation du service.
Dans de nombreuses spĂ©cialitĂ©s, lâassistance robotique sâinscrit dans la continuitĂ© de la chirurgie mini-invasive. Les incisions peuvent ĂȘtre plus petites quâen chirurgie ouverte, ce qui peut contribuer, selon les situations, Ă une rĂ©cupĂ©ration plus confortable ou Ă une durĂ©e dâhospitalisation rĂ©duite. Il ne faut toutefois jamais rĂ©sumer la qualitĂ© dâune opĂ©ration Ă la taille des cicatrices. La bonne stratĂ©gie est celle qui correspond au diagnostic, aux antĂ©cĂ©dents et aux besoins de la personne soignĂ©e.
Le plan de santĂ© anglais sur dix ans fixe une ambition particuliĂšrement Ă©levĂ©e : neuf opĂ©rations mini-invasives sur dix pourraient ĂȘtre rĂ©alisĂ©es avec une assistance robotique dâici une dĂ©cennie, alors quâenviron une sur cinq lâest aujourdâhui. Une telle progression suppose bien plus que lâachat de machines. Elle exige des plages de formation, des Ă©quipes disponibles, un suivi des rĂ©sultats et une rĂ©partition Ă©quitable des moyens.
Pour un patient, quelques questions simples peuvent aider avant une intervention programmée :
- đ©ș Quelle technique est proposĂ©e et pourquoi est-elle adaptĂ©e Ă cette situation ?
- đ€ LâĂ©quipe pratique-t-elle rĂ©guliĂšrement cette intervention avec ou sans assistance robotique ?
- đ Comment se dĂ©rouleront lâhospitalisation, la douleur, la mobilitĂ© et le retour Ă domicile ?
- đȘ Quel proche peut ĂȘtre informĂ© avec lâaccord du patient et participer Ă lâorganisation ?
- đ Quel service contacter en cas de symptĂŽme inhabituel aprĂšs la sortie ?
Ces questions ne mettent pas en doute les professionnels. Elles permettent au contraire de construire une relation plus claire. Dans la pratique, une personne bien informĂ©e retient mieux les consignes utiles : se lever quand cela est autorisĂ©, surveiller une plaie, respecter le traitement prescrit ou signaler une fiĂšvre et une douleur qui sâaggrave.
La formation accrĂ©ditĂ©e est Ă©galement un repĂšre pour les Ă©tablissements. Elle traduit lâexistence dâun rĂ©fĂ©rentiel, dâĂ©tapes Ă©valuĂ©es et dâune responsabilitĂ© partagĂ©e entre lâapprenant et son encadrant. Le prĂ©sident du Royal College of Surgeons of England, Tim Lane, insiste sur ce point : lâapprentissage de ces pratiques ne peut plus rester rĂ©servĂ© Ă quelques programmes de bourses. Si lâusage devient courant, lâaccĂšs Ă la formation doit devenir plus juste.
Cette vision rejoint des enjeux observĂ©s dans de nombreux pays. Les progrĂšs techniques sont utiles lorsquâils renforcent la continuitĂ© des soins, plutĂŽt que de crĂ©er une mĂ©decine Ă plusieurs vitesses. Les lecteurs qui sâintĂ©ressent aux Ă©volutions internationales peuvent aussi consulter les avancĂ©es de la recherche mĂ©dicale aux Ătats-Unis, afin de mieux situer les innovations dans leur contexte de soins.
Le bon repĂšre nâest donc pas de demander si le robot est âmeilleurâ dans lâabsolu, mais de comprendre comment lâĂ©quipe choisit, maĂźtrise et sĂ©curise la technique proposĂ©e. Cette exigence concerne aussi les professionnels qui accompagnent le patient avant et aprĂšs son passage au bloc.
Ăquipes de bloc, soins aprĂšs lâopĂ©ration et accompagnement autour de la robotique
Une intervention robotisĂ©e mobilise tout un collectif. Le chirurgien est visible, mais il travaille avec des anesthĂ©sistes, des infirmiers de bloc opĂ©ratoire, des aides-soignants, des infirmiers en service, des kinĂ©sithĂ©rapeutes, des secrĂ©tariats et parfois des professionnels libĂ©raux aprĂšs le retour Ă domicile. Lâinnovation technique ne doit jamais faire oublier cette chaĂźne humaine.
Au bloc, les infirmiers participent notamment Ă la prĂ©paration de la salle, au contrĂŽle du matĂ©riel, Ă la stĂ©rilitĂ©, au comptage des dispositifs utilisĂ©s et Ă la circulation des informations. Avec un systĂšme robotisĂ©, lâinstallation demande une rigueur spĂ©cifique : placer le patient de maniĂšre sĂ»re, prĂ©voir les accĂšs nĂ©cessaires, vĂ©rifier les connexions et anticiper les besoins de lâĂ©quipe. Ce travail, souvent discret, joue un rĂŽle majeur dans la prĂ©vention des incidents.
AprĂšs lâopĂ©ration, les prĂ©occupations du patient sont gĂ©nĂ©ralement trĂšs concrĂštes. Quand pourra-t-il boire ? Comment se lever ? La fatigue est-elle normale ? Ă quel moment faut-il regarder une cicatrice ou appeler le service ? Il nây a pas de rĂ©ponse identique pour tous. Les consignes de sortie fournies par lâĂ©quipe restent la rĂ©fĂ©rence, car elles tiennent compte de lâintervention rĂ©alisĂ©e et de la situation personnelle.
Prenons lâexemple fictif de Marc, opĂ©rĂ© dâune pathologie urologique par une technique mini-invasive assistĂ©e par robot. Son retour Ă domicile se prĂ©pare avant mĂȘme sa sortie. Un proche connaĂźt les horaires des mĂ©dicaments. Les documents de suivi sont rangĂ©s au mĂȘme endroit. Le numĂ©ro Ă appeler est notĂ© clairement. Si des soins de pansement sont nĂ©cessaires, lâinfirmier Ă domicile reçoit une prescription et les informations utiles. Cette organisation Ă©vite bien des inquiĂ©tudes inutiles.
Dans une ville comme Marseille, oĂč les distances, la circulation et les disponibilitĂ©s peuvent compliquer les rendez-vous, anticiper est particuliĂšrement utile. Il est raisonnable de prĂ©voir le transport du retour, de vĂ©rifier lâaccessibilitĂ© du logement et de demander qui contacter en dehors des horaires habituels. Lâaccompagnement ne se rĂ©sume pas au soin technique : il inclut aussi les repĂšres du quotidien.
Les professionnels de proximitĂ© peuvent aider Ă faire le lien entre lâhĂŽpital et la maison. Une infirmiĂšre libĂ©rale ne dĂ©cide pas de la technique chirurgicale, mais elle peut observer lâĂ©volution dâune plaie, rappeler les gestes dâhygiĂšne prescrits, repĂ©rer une difficultĂ© et orienter rapidement vers le bon interlocuteur. Pour les aidants, ce soutien est souvent rassurant, surtout les premiers jours.
Les signaux qui doivent conduire Ă suivre les consignes de lâĂ©quipe ou Ă demander un avis mĂ©dical sont habituellement prĂ©cisĂ©s Ă la sortie. Une douleur qui augmente fortement, un saignement important, une fiĂšvre, un essoufflement ou un malaise ne doivent pas ĂȘtre banalisĂ©s. Ă lâinverse, une fatigue modĂ©rĂ©e ou une gĂȘne passagĂšre peuvent faire partie de la rĂ©cupĂ©ration, selon lâopĂ©ration. Le rĂŽle des soignants est dâaider Ă faire cette diffĂ©rence sans dramatiser.
La montĂ©e en compĂ©tence des chirurgiens doit donc sâaccompagner dâune bonne circulation de lâinformation auprĂšs de tous les mĂ©tiers. Une technologie bien intĂ©grĂ©e est celle qui laisse plus de place Ă lâĂ©coute, Ă la prĂ©paration et Ă la sĂ©curitĂ©, pas celle qui Ă©loigne le patient de son Ă©quipe de soins. Cette logique explique lâintĂ©rĂȘt dâun dĂ©ploiement national progressif et coordonnĂ©.
Déploiement de la formation robotique dans le NHS et perspectives pour les soignants
Lâextension de START intervient dans un contexte oĂč les hĂŽpitaux doivent rĂ©pondre Ă plusieurs dĂ©fis Ă la fois : dĂ©velopper les innovations utiles, rĂ©duire les dĂ©lais dâaccĂšs aux interventions, former les Ă©quipes et maintenir un niveau de sĂ©curitĂ© Ă©levĂ©. Il serait irrĂ©aliste de penser quâun robot rĂšgle Ă lui seul les difficultĂ©s dâun systĂšme de santĂ©. En revanche, un programme bien construit peut aider Ă rendre lâĂ©volution plus cohĂ©rente.
Jonathan Brotherton, directeur gĂ©nĂ©ral des University Hospitals Birmingham NHS Foundation Trust et prĂ©sident du Shelford Group, souligne que les blocs opĂ©ratoires deviennent de plus en plus technologiques. Son message est pragmatique : si les usages progressent, la future gĂ©nĂ©ration de chirurgiens doit avoir la confiance et lâexpĂ©rience nĂ©cessaires pour travailler dans ces environnements. La confiance, ici, ne dĂ©signe pas une assurance excessive. Elle repose sur une pratique rĂ©pĂ©tĂ©e, supervisĂ©e et Ă©valuĂ©e.
Le programme prĂ©sente aussi un intĂ©rĂȘt pour lâĂ©quitĂ© territoriale. Lorsquâune expertise reste concentrĂ©e dans quelques grands centres, les stagiaires doivent parfois dĂ©mĂ©nager ou attendre longtemps avant dây accĂ©der. Les patients peuvent eux aussi connaĂźtre des parcours plus compliquĂ©s selon leur lieu de vie. En proposant START dans davantage de doyennĂ©s, le NHS cherche Ă limiter ces diffĂ©rences sans abaisser les exigences pĂ©dagogiques.
Pour les soignants qui envisagent une Ă©volution professionnelle, lâexemple de START rappelle plusieurs rĂ©alitĂ©s utiles :
- đ Les nouvelles pratiques nĂ©cessitent souvent une formation continue reconnue.
- đ€ La coopĂ©ration entre universitĂ©s, hĂŽpitaux, formateurs et industriels doit ĂȘtre encadrĂ©e et transparente.
- đ§ Les compĂ©tences techniques comptent, mais la communication, lâĂ©thique et lâorganisation restent essentielles.
- đ LâaccĂšs local Ă des centres de simulation peut soutenir les parcours sans Ă©loigner durablement les professionnels de leur territoire.
La professeure Stella Vig, directrice clinique nationale des soins Ă©lectifs au NHS England, rappelle que lâobjectif nâest pas seulement dâĂ©tendre la robotique, mais de lâĂ©tendre de maniĂšre sĂ»re et Ă©quitable. Cette nuance est fondamentale. Le dĂ©ploiement doit ĂȘtre accompagnĂ© par des rĂ©sultats suivis, des retours dâexpĂ©rience et une capacitĂ© Ă ajuster les pratiques lorsque cela est nĂ©cessaire.
Pour les établissements français et les réseaux de santé locaux, cette expérience anglaise peut offrir des repÚres sans constituer un modÚle à copier aveuglément. Les organisations, les financements et les parcours de formation diffÚrent. Pourtant, certains principes restent universels : apprendre avant de faire seul, entraßner les équipes ensemble, tracer les compétences et expliquer les soins avec des mots simples.
Les patients peuvent eux aussi prendre part Ă cette Ă©volution en gardant une attitude active : prĂ©parer leurs questions, conserver leurs documents, signaler leurs traitements et partager les informations importantes avec les professionnels qui les suivent. Cette implication ne remplace pas lâexpertise mĂ©dicale. Elle amĂ©liore la continuitĂ© du parcours, particuliĂšrement au moment du retour Ă domicile.
Lâexpansion de START montre que la chirurgie robotique ne se joue pas seulement devant une console : elle se construit dans la formation, le travail dâĂ©quipe et la confiance accordĂ©e Ă chaque Ă©tape du soin. Lorsquâune intervention est envisagĂ©e, un geste simple reste utile : noter vos questions avant la consultation pour repartir avec des rĂ©ponses adaptĂ©es Ă votre situation.
La chirurgie robotique signifie-t-elle que le robot opĂšre seul ?
Non. Le robot est un outil commandĂ© par le chirurgien. Il peut amĂ©liorer la prĂ©cision ou la vision dans certaines opĂ©rations, mais les dĂ©cisions mĂ©dicales et les gestes restent sous la responsabilitĂ© de lâĂ©quipe chirurgicale.
Ă qui sâadresse le programme START ?
START sâadresse aux chirurgiens en formation au sein du NHS anglais. Il propose un parcours progressif comprenant apprentissage numĂ©rique, simulation, journĂ©es pratiques, expĂ©rience clinique supervisĂ©e et suivi des compĂ©tences.
Pourquoi la formation est-elle indépendante des plateformes ?
Cette approche permet aux stagiaires dâacquĂ©rir des compĂ©tences transfĂ©rables sur plusieurs systĂšmes robotisĂ©s, dont da Vinci, Versius et Hugo RAS, plutĂŽt que de dĂ©pendre dâun seul fabricant ou dâun seul environnement technique.
Quels éléments préparer avant un retour à domicile aprÚs une opération ?
Il est utile de conserver les ordonnances et consignes de sortie, de prévoir une aide si nécessaire, de connaßtre le numéro du service à joindre et de demander clairement quels symptÎmes doivent conduire à solliciter un avis médical.

