Le dispositif de santé Asalée, né en Deux-SÚvres, menacé de disparition faute de financement par la Cnam

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Le rĂ©seau AsalĂ©e, nĂ© dans les Deux-SĂšvres, se retrouve aujourd’hui au centre d’une crise de financement qui inquiĂšte autant les soignants que les patients chroniques qu’il accompagne au quotidien.

Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
✅ AsalĂ©e est un dispositif de santĂ© de proximitĂ© oĂč des infirmiĂšres travaillent en binĂŽme avec les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes pour la prĂ©vention et le suivi des maladies chroniques đŸ©ș
✅ NĂ© dans les Deux-SĂšvres il y a plus de vingt ans, le rĂ©seau est aujourd’hui menacĂ© de disparition Ă  cause des tensions avec la Cnam sur son financement đŸ’¶
✅ La fin ou la rĂ©duction du financement impacterait directement la santĂ© publique : moins de soins primaires, moins de temps mĂ©dical, plus de renoncements aux soins ⚠
✅ Patients, aidants et professionnels peuvent encore se mobiliser : tĂ©moignages, relais auprĂšs des Ă©lus, soutien aux Ă©quipes de coordination mĂ©dicale et aux infirmiĂšres AsalĂ©e đŸ€

Asalée, une innovation de santé publique née dans les Deux-SÚvres

Le dispositif de santĂ© AsalĂ©e est nĂ© discrĂštement dans les Deux-SĂšvres, Ă  une Ă©poque oĂč l’on parlait encore peu de coopĂ©ration entre mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes et infirmiĂšres en soins primaires. L’idĂ©e de dĂ©part Ă©tait simple et pourtant visionnaire : faire entrer dans les cabinets de mĂ©decine de ville des infirmiĂšres spĂ©cifiquement formĂ©es pour la prĂ©vention, l’éducation thĂ©rapeutique et le suivi des patients chroniques.

À la base, quelques mĂ©decins de campagne, confrontĂ©s Ă  des journĂ©es Ă  rallonge, se rendent compte qu’ils n’ont plus le temps de faire correctement le suivi des diabĂštes, des BPCO, des insuffisances cardiaques ou des risques cardiovasculaires. Dans ces territoires ruraux, la densitĂ© mĂ©dicale diminue, les dĂ©lais de rendez-vous s’allongent, et les patients les plus fragiles restent parfois sur le carreau. C’est lĂ  qu’apparaĂźt AsalĂ©e, comme un relais prĂ©cieux Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme du cabinet mĂ©dical.

ConcrĂštement, une infirmiĂšre AsalĂ©e reçoit le patient sur orientation du mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste. Elle prend le temps de mesurer, d’expliquer, de rassurer, de redonner du sens au traitement. Elle s’intĂ©resse Ă  ce que la personne mange, Ă  ce qu’elle ressent, Ă  son niveau de fatigue, Ă  ses angoisses aussi. Ce temps-lĂ , dans une consultation de quinze minutes, il disparaĂźt vite. GrĂące Ă  cette organisation, le gĂ©nĂ©raliste peut se recentrer sur le diagnostic, l’ajustement thĂ©rapeutique, la prise de dĂ©cision mĂ©dicale, tout en sachant qu’un professionnel de confiance prolonge son action.

DĂšs ses premiĂšres annĂ©es dans les Deux-SĂšvres, AsalĂ©e a dĂ©montrĂ© des rĂ©sultats trĂšs concrets : meilleurs Ă©quilibres glycĂ©miques chez les patients diabĂ©tiques, diminution des hospitalisations Ă©vitables, repĂ©rage plus prĂ©coce de troubles cognitifs chez les personnes ĂągĂ©es. La dimension de santĂ© publique du projet devient Ă©vidente, et le modĂšle commence Ă  intĂ©resser d’autres territoires. Progressivement, le rĂ©seau se dĂ©ploie, jusqu’à compter plusieurs milliers d’infirmiĂšres sur l’ensemble du territoire national.

Ce qui fait la force de ce dispositif de santĂ©, ce n’est pas seulement la prĂ©sence d’une infirmiĂšre « en plus » dans le cabinet. C’est la maniĂšre dont la coordination mĂ©dicale est pensĂ©e : rĂ©unions rĂ©guliĂšres entre mĂ©decins et infirmiĂšres, partage d’informations, protocoles de suivi partagĂ©s, outils informatiques communs. L’infirmiĂšre n’est pas dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  un rĂŽle secondaire, elle devient un pilier du parcours, un visage familier pour les patients qui reviennent plusieurs fois dans l’annĂ©e.

On peut imaginer par exemple Madame L., 67 ans, vivant dans un petit village. Elle suit un traitement pour un diabĂšte de type 2 et une hypertension. Avant AsalĂ©e, elle voyait son mĂ©decin tous les six mois, parfois moins, parce que « ça va, ça ira ». Depuis l’arrivĂ©e de l’infirmiĂšre AsalĂ©e dans le cabinet, elle bĂ©nĂ©ficie de consultations dĂ©diĂ©es Ă  son diabĂšte, apprend Ă  mieux gĂ©rer son alimentation, comprend enfin pourquoi l’activitĂ© physique est aussi importante que les comprimĂ©s. Elle se sent Ă©coutĂ©e, moins jugĂ©e, plus actrice de sa santĂ©. Cet accompagnement soutenu diminue les risques de complications lourdes comme l’insuffisance rĂ©nale ou les amputations.

Petit Ă  petit, AsalĂ©e s’installe comme une part discrĂšte mais essentielle de nombreux cabinets de mĂ©decine gĂ©nĂ©rale, aussi bien en zone rurale qu’en pĂ©riphĂ©rie urbaine. Pour les professionnels, ce rĂ©seau devient un soutien prĂ©cieux pour tenir malgrĂ© la charge croissante de travail. Pour les patients, il reprĂ©sente la possibilitĂ© d’ĂȘtre suivi autrement, avec plus de temps et de pĂ©dagogie. C’est ce socle solide qui rend aujourd’hui si brutale l’idĂ©e d’un dispositif menacĂ© de disparition par manque de financement.

Comprendre ce qu’AsalĂ©e apporte sur le terrain permet de mesurer ce qui se joue derriĂšre les dĂ©bats techniques entre l’association gestionnaire du dispositif et la Cnam.

le dispositif de santé asalée, créé dans les deux-sÚvres, risque de disparaßtre en raison d'un manque de financement de la part de la cnam, mettant en péril un soutien crucial pour les soins de proximité.

Ce que fait vraiment Asalée pour les patients chroniques et les soins primaires

Parler d’AsalĂ©e uniquement en termes de budget, de conventions ou de subventions, c’est oublier ce qui se passe derriĂšre la porte des cabinets mĂ©dicaux. Ce rĂ©seau agit au cƓur des soins primaires, lĂ  oĂč se joue une grande partie de la prĂ©vention et du suivi au long cours. Les infirmiĂšres AsalĂ©e ne remplacent pas le mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, elles prolongent et approfondissent son action, en s’occupant de tout ce qui demande du temps, de la pĂ©dagogie et de l’accompagnement.

Leur quotidien, c’est par exemple :

  • đŸ©ș Le suivi des diabĂ©tiques : explication des rĂ©sultats biologiques, aide Ă  adapter l’alimentation, soutien pour l’observance du traitement.
  • 💹 L’accompagnement des patients BPCO ou asthmatiques : apprentissage des bons gestes avec les inhalateurs, repĂ©rage des signes d’alerte.
  • ❀ La prĂ©vention cardiovasculaire : bilan des habitudes de vie, motivation Ă  bouger davantage, rĂ©duction du tabac.
  • 🧠 Le repĂ©rage des troubles cognitifs : tests simples au cabinet, informations aux proches, orientation si besoin.
  • 🌿 Le soutien des patients en situation de fragilitĂ© sociale ou psychologique, souvent isolĂ©s.

Un autre aspect souvent mĂ©connu est le travail de prĂ©vention Ă  long terme. LĂ  oĂč la mĂ©decine d’urgence Ă©teint un incendie, AsalĂ©e s’efforce de repĂ©rer la fumĂ©e avant que le feu ne prenne. Une tension artĂ©rielle mal contrĂŽlĂ©e, une glycĂ©mie qui dĂ©rive, un poids qui augmente lentement
 autant de signaux qu’une infirmiĂšre formĂ©e et disponible peut dĂ©tecter rapidement, en ajustant les conseils ou en reprogrammant une consultation mĂ©dicale.

Cette approche Ă©vite de nombreux passages aux urgences et hospitalisations non programmĂ©es. Pour les patients, cela signifie moins de stress, moins de dĂ©placements, moins de ruptures dans le quotidien. Pour le systĂšme de santĂ©, cela se traduit par des Ă©conomies et une meilleure utilisation des ressources hospitaliĂšres. C’est lĂ  que la dimension de santĂ© publique d’AsalĂ©e apparaĂźt dans toute son ampleur.

Pour mieux visualiser ces effets, il est utile de comparer une prise en charge avec ou sans le dispositif :

⚖ Situation Sans rĂ©seau AsalĂ©e Avec dispositif AsalĂ©e
Suivi d’un patient diabĂ©tique đŸ©ž Consultation mĂ©dicale rapide, peu de temps pour expliquer les rĂ©sultats et l’hygiĂšne de vie, risque de non-observance. Consultation mĂ©decin + temps dĂ©diĂ© avec l’infirmiĂšre pour comprendre la maladie, ajuster l’alimentation, mieux utiliser les traitements.
PrĂ©vention cardiovasculaire ❀ Messages de prĂ©vention Ă©voquĂ©s rapidement en fin de consultation, peu de suivi dans le temps. Entretiens rĂ©guliers avec l’infirmiĂšre, plan d’action personnalisĂ©, suivi des objectifs (tabac, alimentation, activitĂ© physique).
RepĂ©rage des troubles cognitifs 🧠 Signes parfois repĂ©rĂ©s tardivement, quand l’entourage est dĂ©jĂ  dĂ©bordĂ©. Tests de repĂ©rage par l’infirmiĂšre, orientation prĂ©coce, soutien aux aidants, anticipation de l’organisation Ă  domicile.
Temps mĂ©dical ⏱ MĂ©decin saturĂ©, difficultĂ© Ă  accepter de nouveaux patients, risque de renoncement aux soins. DĂ©lĂ©gation de certaines tĂąches Ă  l’infirmiĂšre AsalĂ©e, possibilitĂ© de dĂ©gager du temps pour des situations complexes.

Dans cet Ă©quilibre, les patients gagnent en autonomie. Ils comprennent mieux leurs pathologies, osent poser des questions, testent des changements concrets dans leur quotidien. Une infirmiĂšre peut, par exemple, proposer Ă  une personne en surpoids de commencer par descendre un arrĂȘt de bus plus tĂŽt, plutĂŽt que de lui demander d’emblĂ©e trois sĂ©ances de sport par semaine. Ces ajustements fins sont souvent la clĂ© d’un changement durable.

Pour les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, ce soutien est tout sauf anecdotique. Nombre d’entre eux tĂ©moignent du soulagement de ne plus ĂȘtre seuls pour gĂ©rer des chroniques complexes, de pouvoir adresser un patient Ă  l’infirmiĂšre en sachant que des explications complĂ©mentaires seront donnĂ©es calmement. Dans certains cabinets, c’est clairement la prĂ©sence d’AsalĂ©e qui a permis d’éviter une fermeture ou une rĂ©duction drastique de l’offre de soins.

En filigrane, AsalĂ©e montre qu’une autre façon d’organiser les soins primaires est possible : plus collective, plus coordonnĂ©e, plus humaine. C’est prĂ©cisĂ©ment cette organisation qui vacille lorsque le dispositif se retrouve menacĂ© de disparition par les tensions autour du financement.

Pour saisir les enjeux actuels, il faut maintenant regarder ce qui oppose l’association gestionnaire d’AsalĂ©e et la Cnam.

Pourquoi le dispositif Asalée est menacé de disparition faute de financement par la Cnam

Depuis plusieurs annĂ©es, la relation entre l’association qui porte AsalĂ©e et la Cnam s’est progressivement tendue. Au cƓur du conflit : la question du financement du dispositif de santĂ© et le cadre juridique qui organise ce partenariat. AsalĂ©e repose historiquement sur une subvention annuelle de l’Assurance maladie, calculĂ©e en fonction du nombre d’infirmiĂšres Ă©quivalent temps plein dĂ©ployĂ©es sur le terrain.

Avec le temps, le rĂ©seau s’est agrandi. Les besoins de soins primaires explosaient, les dĂ©serts mĂ©dicaux se multipliaient, et de nombreux mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes rĂ©clamaient l’arrivĂ©e d’infirmiĂšres AsalĂ©e dans leurs cabinets. L’association a donc poursuivi ses recrutements, parfois plus vite que ne l’aurait souhaitĂ© la Cnam. De son cĂŽtĂ©, l’Assurance maladie a commencĂ© Ă  pointer du doigt un budget jugĂ© trop dynamique, alors mĂȘme qu’elle reconnaissait l’utilitĂ© du dispositif.

À partir de lĂ , plusieurs Ă©lĂ©ments se sont enchaĂźnĂ©s :

  • 📉 Une baisse de certaines enveloppes financiĂšres, alors que les Ă©quipes continuaient de s’étoffer.
  • 📑 Un cadre juridique entre la Cnam et AsalĂ©e arrivĂ© Ă  Ă©chĂ©ance, sans renouvellement immĂ©diat.
  • ⏳ Des retards de versement de subventions, qui ont fragilisĂ© la trĂ©sorerie de l’association et les dĂ©lais de paiement des professionnels.
  • 🏱 La fin de la prise en charge de certains loyers pour les lieux d’hĂ©bergement des infirmiĂšres AsalĂ©e dans les cabinets mĂ©dicaux.

Progressivement, cette situation a transformĂ© un modĂšle considĂ©rĂ© comme exemplaire de santĂ© publique en un dispositif en sursis, difficilement pilotable financiĂšrement. Les infirmiĂšres se sont retrouvĂ©es dans l’incertitude : contrats Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e, menaces de fermeture de postes, inquiĂ©tude quant Ă  la continuitĂ© du suivi des patients. Les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, eux, ont vu planer le risque de perdre un appui devenu central dans leur organisation quotidienne.

Dans ce contexte, l’association AsalĂ©e a parfois affichĂ© une posture de fermetĂ©, allant jusqu’à envisager des actions juridiques ou mĂ©diatiques pour dĂ©fendre la survie du rĂ©seau. De son cĂŽtĂ©, la Cnam a mis en avant la nĂ©cessitĂ© de mieux encadrer les dĂ©penses, de revoir certains indicateurs d’activitĂ©, voire d’intĂ©grer autrement ces missions dans le droit commun, notamment via les communautĂ©s professionnelles territoriales de santĂ© (CPTS) ou d’autres dispositifs existants.

Le rĂ©sultat concret, vu du terrain, reste toutefois le mĂȘme : un dispositif de santĂ© menacĂ© de disparition, ou au minimum de rĂ©duction importante, alors mĂȘme que les besoins ne cessent d’augmenter. Dans certains territoires, la suspension partielle de financements a dĂ©jĂ  entraĂźnĂ© la fermeture de postes, l’arrĂȘt de nouveaux recrutements, voire l’impossibilitĂ© pour des patients d’ĂȘtre pris en charge comme auparavant.

Cette tension illustre aussi un dĂ©bat plus large : comment financer durablement la prĂ©vention et la coordination mĂ©dicale, alors que le systĂšme est encore largement construit pour rĂ©munĂ©rer les actes curatifs ? Tant que la valeur rĂ©elle d’une consultation Ă©ducative, d’un repĂ©rage prĂ©coce ou d’un temps d’écoute ne sera pas pleinement reconnue, ces missions resteront fragiles budgĂ©tairement.

À ce stade, la question n’est plus seulement technique ou comptable. Elle pose un choix de sociĂ©tĂ© : veut-on investir dans des Ă©quipes de soins primaires Ă©largies, capables de suivre au long cours les patients chroniques, ou continuer Ă  voir l’hĂŽpital absorber, dans l’urgence, les consĂ©quences de ce qui n’a pas pu ĂȘtre anticipĂ© en amont ?

Pour les usagers, cette bataille autour de la subvention annuelle ou des conventions peut sembler abstraite. Pourtant, derriĂšre les chiffres, il y a des visages : celui de l’infirmiĂšre qui connaĂźt son patient depuis des annĂ©es, celui du gĂ©nĂ©raliste qui tient son cabinet grĂące Ă  cette aide, celui de la personne diabĂ©tique qui Ă©vite une hospitalisation grĂące Ă  un accompagnement rapprochĂ©.

C’est en partant de ces histoires de vie que peut se construire une mobilisation plus large autour d’AsalĂ©e et, plus globalement, de l’avenir des soins primaires en France.

Impacts concrets d’un affaiblissement d’AsalĂ©e sur les patients et les territoires

Lorsque l’on Ă©voque un dispositif « en danger » ou un rĂ©seau « en difficultĂ© de financement », il est facile de sous-estimer la portĂ©e rĂ©elle de ces mots sur le quotidien des gens. Dans le cas d’AsalĂ©e, chaque poste supprimĂ© ou gelĂ© se traduit par des rendez-vous annulĂ©s, des projets de prĂ©vention stoppĂ©s, des parcours de soins rompus. Pour les patients, cette fragilisation n’est ni thĂ©orique ni lointaine.

Dans les zones rurales, en particulier, la prĂ©sence d’une infirmiĂšre AsalĂ©e au cabinet peut faire la diffĂ©rence entre un suivi structurĂ© et un renoncement pur et simple aux soins. Les personnes ĂągĂ©es, isolĂ©es, en perte de mobilitĂ©, ont souvent du mal Ă  se dĂ©placer jusqu’à l’hĂŽpital ou Ă  multiplier les consultations chez divers spĂ©cialistes. Le fait de trouver au mĂȘme endroit le mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste et une professionnelle formĂ©e Ă  la prĂ©vention et Ă  l’éducation thĂ©rapeutique est un atout majeur.

Lorsque ce maillon disparaĂźt, les consĂ©quences s’enchaĂźnent :

  • 📆 Allongement des dĂ©lais de rendez-vous chez le mĂ©decin, qui doit reprendre seul une partie du suivi.
  • 📉 Diminution du temps consacrĂ© Ă  l’explication des traitements et des examens.
  • 🚑 Augmentation du risque de dĂ©compensation pour les maladies chroniques, avec plus de passages aux urgences.
  • 😔 Sentiment d’abandon chez certains patients, qui avaient trouvĂ© un repĂšre stable dans l’infirmiĂšre AsalĂ©e.

Un exemple frappant : un cabinet de groupe dans un bourg semi-rural oĂč une infirmiĂšre AsalĂ©e suivait une centaine de patients diabĂ©tiques et hypertendus. Suite Ă  des incertitudes sur les financements, son poste n’a pas Ă©tĂ© renouvelĂ©. En quelques mois, les mĂ©decins ont constatĂ© davantage de rendez-vous « en urgence » pour des dĂ©sĂ©quilibres glycĂ©miques, une baisse de la rĂ©gularitĂ© des bilans biologiques, et surtout, plus de patients « perdus de vue » qui ne prenaient plus rendez-vous.

Au-delĂ  des rĂ©sultats chiffrĂ©s, la perte est aussi relationnelle. L’infirmiĂšre AsalĂ©e est souvent celle qui appelle pour prendre des nouvelles, qui relance pour un bilan en retard, qui prend le temps d’écouter la fatigue d’un aidant ou l’angoisse d’une personne face Ă  un nouveau diagnostic. Cette continuitĂ© est difficile Ă  reconstruire lorsque l’équipe se rĂ©duit.

Pour les professionnels, l’impact n’est pas anodin non plus. Dans un contexte de pĂ©nurie de mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, chaque renfort compte. AsalĂ©e permettait parfois d’éviter la fermeture d’un cabinet ou la rĂ©duction des plages de consultation. Sans ce soutien, certains praticiens se retrouvent au bord de l’épuisement professionnel, avec la tentation d’arrĂȘter plus tĂŽt ou de limiter le nombre de patients suivis.

À l’échelle d’un territoire, l’affaiblissement d’AsalĂ©e peut donc contribuer Ă  aggraver le phĂ©nomĂšne de dĂ©sert mĂ©dical. Moins de professionnels, moins de temps disponible, plus de difficultĂ©s d’accĂšs aux soins
 Le cercle vicieux est connu. LĂ  oĂč un rĂ©seau d’infirmiĂšres et de mĂ©decins coordonnĂ©s avait commencĂ© Ă  construire une rĂ©ponse collective, la fragilisation du dispositif renvoie chacun Ă  ses limites individuelles.

Du point de vue de la santĂ© publique, les impacts se voient aussi sur la prĂ©vention : campagnes locales de repĂ©rage du diabĂšte ou de l’hypertension annulĂ©es, ateliers d’éducation thĂ©rapeutique rĂ©duits, moins de temps pour sensibiliser Ă  l’arrĂȘt du tabac ou Ă  l’activitĂ© physique. Ces actions ne font pas la une des journaux, mais elles Ă©vitent des infarctus, des AVC, des aggravations de maladies respiratoires.

Face Ă  ces constats, une question se pose : combien de complications, d’hospitalisations et de coĂ»ts futurs engendrera la rĂ©duction d’un financement qui, aujourd’hui, permet de tenir ces suivis de proximitĂ© ? RĂ©duire AsalĂ©e, ce n’est pas seulement faire des Ă©conomies Ă  court terme, c’est aussi prendre le risque de dĂ©placer la dĂ©pense vers des prises en charge plus lourdes, plus invasives, plus coĂ»teuses humainement et financiĂšrement.

PrĂ©server ce type de dispositif de santĂ©, c’est donc aussi protĂ©ger les liens tissĂ©s entre les soignants et les usagers, et maintenir une forme de solidaritĂ© concrĂšte au cƓur des soins primaires.

Comment soutenir les équipes Asalée et défendre une autre vision des soins primaires

Face Ă  un dispositif de santĂ© menacĂ© de disparition, beaucoup de patients, d’aidants ou de citoyens se demandent ce qu’ils peuvent faire concrĂštement. L’impression que « tout se dĂ©cide en haut » est frĂ©quente, mais sur le terrain, les mobilisations locales ont souvent un poids rĂ©el, surtout lorsqu’elles s’appuient sur des tĂ©moignages prĂ©cis et des histoires vĂ©cues.

La premiĂšre Ă©tape consiste Ă  ne pas minimiser l’importance d’AsalĂ©e dans l’organisation des soins primaires. En parler autour de soi, dans les salles d’attente, auprĂšs des Ă©lus locaux, des associations de patients, permet de sortir ce sujet de la confidentialitĂ©. Beaucoup ignorent encore l’existence de ce rĂ©seau, alors mĂȘme qu’ils en bĂ©nĂ©ficient indirectement.

Plusieurs leviers simples peuvent ĂȘtre utilisĂ©s :

  • đŸ–Šïž TĂ©moigner : Ă©crire quelques lignes sur ce que l’infirmiĂšre AsalĂ©e a changĂ© dans un parcours de soin, Ă  destination de la mairie, d’une association locale ou des mĂ©dias rĂ©gionaux.
  • 📬 Interpeller les Ă©lus : dĂ©putĂ©s, sĂ©nateurs, conseillers rĂ©gionaux peuvent relayer la situation auprĂšs des instances nationales et de la Cnam.
  • đŸ€ Soutenir les Ă©quipes : participer aux rĂ©unions d’information, signer des pĂ©titions locales, encourager publiquement les infirmiĂšres et mĂ©decins engagĂ©s dans le dispositif.
  • 📣 Relayer sur les rĂ©seaux : partager des articles, vidĂ©os ou reportages expliquant le rĂŽle d’AsalĂ©e dans la prĂ©vention et la coordination mĂ©dicale.

Du cĂŽtĂ© des professionnels de santĂ©, la dĂ©fense d’AsalĂ©e s’inscrit souvent dans un combat plus large pour des Ă©quipes pluriprofessionnelles structurĂ©es. Les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, les infirmiĂšres de ville, les pharmaciens, les kinĂ©sithĂ©rapeutes peuvent porter ensemble une vision plus collective du soin, oĂč chacun contribue selon ses compĂ©tences. AsalĂ©e a longtemps Ă©tĂ© un exemple concret de ce que peut ĂȘtre cette coopĂ©ration au quotidien.

Pour renforcer cette dynamique, certaines Ă©quipes s’appuient sur d’autres outils existants : communautĂ©s professionnelles territoriales de santĂ©, maisons de santĂ© pluriprofessionnelles, contrats locaux de santĂ©. L’enjeu n’est pas de tout opposer mais de rappeler que les dispositifs qui fonctionnent, comme AsalĂ©e dans de nombreux territoires, mĂ©ritent d’ĂȘtre consolidĂ©s plutĂŽt que fragilisĂ©s.

À l’échelle individuelle, chaque patient peut aussi intĂ©grer certains rĂ©flexes inspirĂ©s de la philosophie d’AsalĂ©e :

  • 📚 Demander des explications sur son traitement et ses examens pour mieux les comprendre.
  • 📝 Noter ses questions avant une consultation pour ne pas oublier l’essentiel.
  • đŸš¶ Inscrire, Ă  son rythme, de petites actions de prĂ©vention dans son quotidien (marche, alimentation, sommeil).
  • 🧡 Oser parler de ses difficultĂ©s (douleurs, fatigue, isolement) plutĂŽt que de les minimiser.

Ces gestes ne remplacent pas une infirmiĂšre dĂ©diĂ©e Ă  l’éducation thĂ©rapeutique, mais ils prolongent l’esprit d’un dispositif qui mise sur l’autonomie et l’écoute. Ils rappellent aussi qu’un systĂšme de santĂ© solide se construit Ă  la fois par des choix politiques forts et par une multitude d’initiatives individuelles.

Dans ce contexte mouvant, une chose reste certaine : les besoins de prĂ©vention, de suivi des maladies chroniques et de coordination mĂ©dicale vont continuer Ă  grandir dans les annĂ©es Ă  venir. Les dĂ©bats sur le financement d’AsalĂ©e et la place que la Cnam souhaite lui accorder touchent donc directement la maniĂšre dont chacun pourra, demain, ĂȘtre accompagnĂ© dans sa santĂ©.

Garder cela en tĂȘte, c’est dĂ©jĂ  une façon de ne pas laisser ce sujet disparaĂźtre en silence.

Qu’est-ce que le dispositif de santĂ© AsalĂ©e exactement ?

AsalĂ©e est un rĂ©seau d’infirmiĂšres travaillant en binĂŽme avec des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes au sein mĂȘme des cabinets de soins primaires. Elles sont formĂ©es Ă  la prĂ©vention, Ă  l’éducation thĂ©rapeutique et au suivi des maladies chroniques (diabĂšte, BPCO, risques cardiovasculaires, troubles cognitifs, etc.). L’objectif est de renforcer la santĂ© publique en offrant plus de temps d’écoute, de pĂ©dagogie et de coordination mĂ©dicale autour du patient.

Pourquoi dit-on qu’AsalĂ©e est menacĂ© de disparition ?

Le dispositif est menacé car son financement dépend en grande partie de la Cnam. Des tensions sont apparues autour du montant des subventions, du cadre juridique et du rythme de déploiement des infirmiÚres. Retards de versement, baisse de certaines enveloppes et absence de convention stabilisée fragilisent les équipes, avec à la clé des postes supprimés ou non renouvelés dans plusieurs territoires.

Quels patients sont concernĂ©s par la prĂ©sence ou l’absence d’AsalĂ©e ?

Les principaux bĂ©nĂ©ficiaires sont les patients atteints de maladies chroniques (diabĂšte, insuffisance cardiaque, BPCO, hypertension, etc.), les personnes ĂągĂ©es Ă  risque de troubles cognitifs et, plus largement, tous ceux qui ont besoin d’un suivi rĂ©gulier en soins primaires. En zone rurale ou dans les dĂ©serts mĂ©dicaux, la disparition d’AsalĂ©e peut rendre l’accĂšs aux soins encore plus difficile et rĂ©duire les actions de prĂ©vention.

Que peut faire un patient pour soutenir Asalée ?

Un patient peut tĂ©moigner de l’utilitĂ© du dispositif auprĂšs de son mĂ©decin, de son infirmiĂšre, des Ă©lus locaux ou d’associations de patients. Il peut Ă©galement relayer des informations, signer des pĂ©titions locales et participer Ă  des rĂ©unions publiques lorsque des initiatives sont organisĂ©es. Chaque retour d’expĂ©rience concret aide Ă  montrer l’impact rĂ©el d’AsalĂ©e sur la vie quotidienne et Ă  peser dans le dĂ©bat sur son financement.

AsalĂ©e remplace-t-il le mĂ©decin traitant ou l’infirmiĂšre libĂ©rale ?

Non, AsalĂ©e ne remplace pas le mĂ©decin traitant ni les infirmiĂšres libĂ©rales. Le dispositif s’inscrit en complĂ©mentaritĂ© : le mĂ©decin reste au centre du diagnostic et des dĂ©cisions mĂ©dicales, tandis que l’infirmiĂšre AsalĂ©e se concentre sur la prĂ©vention, l’éducation et le suivi au long cours. Les infirmiĂšres libĂ©rales, elles, interviennent surtout Ă  domicile pour des soins techniques et de surveillance, souvent en lien avec le travail rĂ©alisĂ© au cabinet.

Source: www.ouest-france.fr

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