One Health : comprendre le lien entre humains, animaux et environnement en région
Lorsquâun patient est hospitalisĂ© pour une infection grave, la premiĂšre question est souvent : « OĂč a-t-il attrapĂ© ça ? ». DerriĂšre cette question, il y a tout lâesprit de lâapproche One Health : notre santĂ© ne se rĂ©sume pas Ă notre corps. Elle dĂ©pend aussi de la santĂ© des animaux, de la qualitĂ© de lâenvironnement, du climat, mais aussi de nos habitudes de vie, de voyage, dâalimentation. đ
Cette vision est aujourdâhui portĂ©e par une vĂ©ritable rĂ©gion mobilisĂ©e contre les maladies infectieuses Ă©mergentes et les rĂ©sistances antimicrobiennes. ConcrĂštement, cela signifie que mĂ©decins, vĂ©tĂ©rinaires, biologistes, chercheurs, Ă©lus et associations apprennent Ă travailler ensemble, plutĂŽt que chacun dans son coin. Cette collaboration interdisciplinaire nâest pas un luxe thĂ©orique, mais une nĂ©cessitĂ© pour protĂ©ger la santĂ© publique.
Les grandes Ă©pidĂ©mies rĂ©centes lâont bien montrĂ©. Un virus qui circule chez les chauves-souris, un moustique tigre qui gagne du terrain, une tique qui change de zone gĂ©ographique, un incendie qui modifie les trajets des oiseaux⊠et tout un territoire se retrouve exposĂ© Ă de nouveaux risques infectieux. Ce sont des zoonoses, ces maladies qui se transmettent de lâanimal Ă lâhumain, directement ou via un vecteur (moustique, tique, puce). Elles illustrent, Ă elles seules, pourquoi « une seule santĂ© » est bien plus quâun slogan.
Dans plusieurs rĂ©gions françaises, dont la Nouvelle-Aquitaine souvent citĂ©e en exemple, des programmes ambitieux se construisent autour de cette approche. Deux figures scientifiques, la microbiologiste Marie-CĂ©cile Ploy et lâinfectiologue Denis Malvy, codirigent un programme rĂ©gional qui associe observation, recherche et sensibilisation de la population. LâidĂ©e nâest pas de faire peur, mais de mieux dĂ©tecter les signaux faibles avant quâils ne deviennent de grandes crises.
Cette dynamique rejoint des initiatives nationales, comme le sommet international « One Health » organisĂ© Ă Lyon avec la participation des autoritĂ©s françaises et de nombreux experts. Pour comprendre le contexte et les enjeux de ce type de rencontre, il est possible de consulter une analyse dĂ©diĂ©e au sommet One Health et Ă lâengagement politique, qui montre comment la parole publique commence Ă intĂ©grer cette vision globale de la santĂ©.
Pour les habitants, ce changement de regard peut sembler abstrait. Pourtant, il touche au quotidien : usage des antibiotiques chez lâhumain et lâanimal, choix alimentaires, gestion des dĂ©chets, protection de la biodiversitĂ© locale, mais aussi organisation des soins de ville et des soins Ă domicile. Chaque geste compte, mĂȘme modeste. đ±
De nombreux professionnels de terrain, Ă Marseille comme ailleurs, essaient dĂ©jĂ de traduire cette approche dans des pratiques concrĂštes. Sur des ressources locales, certaines pages comme One Health et santĂ© animale ou encore des contenus sur le lien entre lâĂȘtre humain et la biodiversitĂ© permettent de mieux saisir comment cette philosophie se dĂ©cline dans la vie rĂ©elle, loin des grandes confĂ©rences internationales.
En gardant en tĂȘte ce lien permanent entre lâhumain, lâanimal et lâenvironnement, il devient plus facile de comprendre pourquoi les rĂ©gions sâorganisent, pourquoi la surveillance Ă©pidĂ©miologique prend de lâampleur, et pourquoi lâaccent est mis sur la prĂ©vention. Cette comprĂ©hension est un premier pas vers une attitude plus responsable face Ă la santĂ©, la sienne et celle des autres.

RĂ©sistances antimicrobiennes : un flĂ©au invisible au cĆur de la rĂ©gion mobilisĂ©e
Parmi les menaces les plus discrĂštes mais les plus prĂ©occupantes, les rĂ©sistances antimicrobiennes occupent une place centrale. DerriĂšre ce terme, il y a surtout une rĂ©alitĂ© trĂšs concrĂšte : des bactĂ©ries deviennent insensibles aux antibiotiques. Des infections banales se compliquent. Des traitements qui fonctionnaient parfaitement deviennent inefficaces. Et ce phĂ©nomĂšne sâĂ©tend, annĂ©e aprĂšs annĂ©e. â ïž
Les chiffres avancĂ©s par les spĂ©cialistes sont parlants. En France, plusieurs milliers de dĂ©cĂšs seraient dĂ©jĂ liĂ©s chaque annĂ©e Ă ces rĂ©sistances. Au niveau mondial, les projections Ă©voquent des dizaines de millions de morts possibles dâici 2050 si rien ne change. Ces donnĂ©es, souvent citĂ©es par des expertes comme le professeur Ploy, rappellent que ce problĂšme touche aussi nos rĂ©gions, en particulier celles oĂč la consommation dâantibiotiques reste Ă©levĂ©e, en mĂ©decine humaine comme en mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire.
Dans la logique One Health, une rĂ©gion qui se sait exposĂ©e Ă ce risque ne se contente pas de multiplier les messages culpabilisants. Elle organise un plan dâaction structurĂ© : Ă©tude des pratiques de prescription, collecte de donnĂ©es dans les laboratoires, repĂ©rage des bactĂ©ries rĂ©sistantes dans les hĂŽpitaux, les cliniques, mais aussi dans certains Ă©levages ou milieux aquatiques. Câest tout lâenjeu dâun programme scientifique Ă grande Ă©chelle comme celui portĂ© en Nouvelle-Aquitaine.
Pour mieux visualiser comment cette problématique se décline dans la réalité, le tableau ci-dessous synthétise quelques exemples de situations, inspirées du quotidien des soignants :
| Situation de terrain đ©ș | Risque liĂ© aux rĂ©sistances antimicrobiennes đ§Ź | RĂ©ponse One Health possible đ€ |
|---|---|---|
| Prescription rĂ©pĂ©tĂ©e dâantibiotiques pour des angines virales | Augmentation de bactĂ©ries rĂ©sistantes chez les patients et leur entourage | Renforcer les tests rapides, expliquer clairement quand un antibiotique ne sert Ă rien |
| Usage massif dâantibiotiques en Ă©levage | Transmission de bactĂ©ries rĂ©sistantes via lâalimentation ou lâenvironnement | Collaborer avec les vĂ©tĂ©rinaires, revoir les protocoles de traitement et de prĂ©vention |
| SĂ©jours frĂ©quents Ă lâhĂŽpital ou en EHPAD | Exposition accrue Ă des germes hospitaliers multi-rĂ©sistants | AmĂ©liorer lâhygiĂšne des mains, les circuits de soins et lâinformation des familles |
| Autoprescription dâanciens antibiotiques gardĂ©s Ă la maison | Traitements mal adaptĂ©s, sĂ©lection de rĂ©sistances, retard de prise en charge | Sensibiliser sur lâimportance de consulter et de ne jamais garder ces traitements |
Ce tableau montre bien que chacun peut ĂȘtre concernĂ© sans forcĂ©ment sâen rendre compte. Un patient qui finit un ancien antibiotique « qui lui restait », un parent inquiet qui insiste pour avoir une ordonnance, un Ă©leveur confrontĂ© Ă une infection dans son troupeau, un service hospitalier dĂ©bordé⊠Tout cela alimente silencieusement la progression des rĂ©sistances.
Une rĂ©gion qui se veut vraiment mobilisĂ©e sâappuie alors sur plusieurs leviers :
- đ§Ș Surveillance Ă©pidĂ©miologique renforcĂ©e : recueil de donnĂ©es dans les hĂŽpitaux, laboratoires de ville et structures vĂ©tĂ©rinaires.
- đ Cartographie des zones Ă risque : identifier les lieux oĂč les rĂ©sistances sont les plus frĂ©quentes.
- đ Formations pour les professionnels de santĂ© : prescripteurs humains et vĂ©tĂ©rinaires, mais aussi pharmaciens.
- đŁïž Information du grand public : messages clairs, sans culpabiliser, sur le bon usage des antibiotiques.
- đ€ Travail commun entre secteurs humain, animal et environnemental : la vraie collaboration interdisciplinaire.
Dans le quotidien des patients, lâun des gestes les plus simples reste de discuter sereinement avec son mĂ©decin ou son infirmier quand un antibiotique est prescrit : pourquoi ce mĂ©dicament ? pendant combien de temps ? que faire si les symptĂŽmes persistent ? Un Ă©change apaisĂ© permet souvent de rĂ©duire les peurs et dâĂ©viter les automĂ©dications hasardeuses. Câest cette alliance entre professionnels et citoyens qui donne du sens Ă la lutte contre les rĂ©sistances.
Maladies infectieuses émergentes : anticiper plutÎt que subir
Les maladies infectieuses émergentes impressionnent, car elles sont souvent associées à des images de pandémies, de services de réanimation saturés et de mesures sanitaires strictes. Pourtant, sur le terrain, ce sont souvent des signaux plus discrets qui alertent : quelques cas inhabituels, un virus qui change de zone géographique, une infection animale qui se rapproche des villes.
LâexpĂ©rience partagĂ©e par le professeur Denis Malvy autour du virus du Nil occidental illustre bien cette rĂ©alitĂ©. AprĂšs les grands incendies de 2022, les Ă©quipes scientifiques avaient envisagĂ© la possibilitĂ© que ce virus, transportĂ© par certains oiseaux migrateurs, trouve des conditions favorables dans certaines zones rĂ©gionales. Une vigilance renforcĂ©e a alors Ă©tĂ© mise en place, en particulier dans les haras, les chevaux et les humains Ă©tant particuliĂšrement vulnĂ©rables.
Cette anticipation a permis de repĂ©rer des lots de sang contaminĂ©s avant toute transfusion, aprĂšs alerte Ă lâĂtablissement français du sang. RĂ©sultat : plusieurs dizaines de lots ont Ă©tĂ© dĂ©truits Ă temps et aucun patient nâa Ă©tĂ© infectĂ©. Câest un exemple trĂšs concret de ce que peut produire une surveillance Ă©pidĂ©miologique coordonnĂ©e, issue de la dĂ©marche One Health.
Dâautres menaces existent, parfois moins connues du grand public : moustique tigre et chikungunya dans certaines villes rĂ©gionales, tiques potentiellement porteuses de la fiĂšvre hĂ©morragique de CrimĂ©e-Congo, virus grippaux dâorigine animale avec potentiel zoonotique⊠Les chercheurs et cliniciens se dĂ©placent, comme ce fut le cas en Turquie ou en Espagne, pour observer les conditions de transmission vectorielle et mieux prĂ©parer leur territoire.
Pour y voir plus clair, il peut aider de distinguer quelques types de situations fréquentes :
- đŠ Maladies transmises par des moustiques : chikungunya, dengue, virus du Nil occidental, souvent favorisĂ©s par le rĂ©chauffement climatique et la stagnation dâeaux.
- đ·ïž Maladies transmises par les tiques : maladie de Lyme, autres infections Ă©mergentes, liĂ©es aux changements dâusage des sols et Ă la faune sauvage.
- đŠ Virus portĂ©s par les oiseaux migrateurs : certains virus grippaux, le virus du Nil occidental, surveillĂ©s via des rĂ©seaux de vĂ©tĂ©rinaires et dâornithologues.
- đ Agents infectieux en Ă©levage : zoonoses diverses qui peuvent, dans certaines conditions, franchir la barriĂšre entre animaux et humains.
Dans la rĂ©gion, lâapproche One Health consiste Ă relier ces Ă©vĂ©nements. Une hausse inhabituelle de mortalitĂ© chez les oiseaux, des chevaux prĂ©sentant des signes neurologiques, quelques fiĂšvres inexpliquĂ©es chez lâhumain⊠tout cela devient parfois une seule histoire sanitaire, traitĂ©e collectivement.
Les habitants ont un rĂŽle Ă jouer, mĂȘme simple : signaler des piqĂ»res de tiques suspectes, utiliser les moyens de protection individuelle en zone Ă moustiques, participer aux campagnes de lutte anti-vectorielle, respecter les consignes dâĂ©limination des eaux stagnantes autour du domicile. Ce sont de petits gestes, mais ils contribuent Ă une gestion des risques plus efficace Ă lâĂ©chelle de la collectivitĂ©.
Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin dans la comprĂ©hension de ces liens entre environnement, santĂ© humaine et santĂ© animale, certains contenus sâintĂ©ressent au rapport entre lâhomme et la biodiversitĂ© dans lâapproche One Health. Ils montrent que protĂ©ger les Ă©cosystĂšmes, ce nâest pas seulement « ĂȘtre Ă©colo », câest aussi se protĂ©ger soi-mĂȘme et limiter lâĂ©mergence de nouvelles menaces infectieuses. đż
Lâenjeu principal reste donc de passer dâune rĂ©action dans lâurgence Ă une anticipation collective, oĂč les signaux dâalerte sont pris au sĂ©rieux, partagĂ©s entre disciplines et rapidement suivis dâactions concrĂštes. Câest cette capacitĂ© dâanticipation qui fait la diffĂ©rence entre une alerte maĂźtrisĂ©e et une crise majeure.
One Health au quotidien : prévention, gestes simples et réseau de soins
Face Ă ces enjeux parfois impressionnants, beaucoup de patients se demandent : « Que peut-on faire Ă notre petite Ă©chelle ? ». La force de lâapproche One Health est justement de relier les grandes orientations rĂ©gionales aux gestes du quotidien, sans dramatisation. Chaque personne, chaque famille, chaque aidant peut contribuer Ă sa façon Ă renforcer la prĂ©vention et Ă allĂ©ger la pression sur le systĂšme de soins.
Dans la vie de tous les jours, cela commence par une meilleure Ă©coute de son corps, sans tomber dans lâangoisse permanente. Une fiĂšvre qui persiste, une plaie qui ne cicatrise pas, une toux qui sâaggrave, des diarrhĂ©es aprĂšs un voyage, une fatigue inhabituelle⊠sont des signaux utiles. Ils ne signifient pas forcĂ©ment maladie grave, mais ils invitent Ă consulter au bon moment, ni trop tard ni trop tĂŽt, en sâappuyant sur son mĂ©decin traitant, son pharmacien ou son infirmier libĂ©ral.
La prévention prend aussi des formes trÚs concrÚtes :
- đ§Œ HygiĂšne des mains rĂ©guliĂšre, en particulier aprĂšs les transports, les soins et avant les repas.
- đ Vaccinations Ă jour, selon les recommandations, notamment pour la grippe, le tĂ©tanos, certaines infections Ă risque de complications.
- đ° Hydratation et alimentation Ă©quilibrĂ©e, pour soutenir les dĂ©fenses naturelles de lâorganisme.
- đĄ Lutte contre les moustiques, en vidant les coupelles dâeau, en couvrant les rĂ©servoirs, en utilisant des protections individuelles.
- đ ActivitĂ© physique adaptĂ©e, mĂȘme douce, pour maintenir un bon Ă©quilibre gĂ©nĂ©ral.
Le rĂ©seau de soins local joue un rĂŽle clĂ©. Dans certaines villes, des maisons de santĂ© ou pĂŽles regroupĂ©s facilitent la coordination entre mĂ©decins, infirmiers, kinĂ©s, psychologues et autres professionnels. Cette organisation permet de mieux suivre les patients fragiles, dâĂ©viter les ruptures de prise en charge et de repĂ©rer plus tĂŽt les signaux dâinfection ou de dĂ©compensation dâune maladie chronique.
Des structures comme un pĂŽle de santĂ© pluridisciplinaire illustrent bien ce maillage territorial. Plusieurs professionnels y coopĂšrent pour proposer un accompagnement global, qui tient compte de lâĂ©tat de santĂ©, du contexte de vie, mais aussi des contraintes familiales ou sociales. Cette approche est parfaitement alignĂ©e avec lâesprit One Health : la santĂ© nâest pas isolĂ©e du reste de la vie.
Les soins Ă domicile ont aussi une place particuliĂšre. Les infirmiers libĂ©raux, par exemple, sont en premiĂšre ligne pour observer les signes prĂ©coces dâinfection, adapter les conseils dâhygiĂšne, vĂ©rifier le bon usage des traitements (antibiotiques compris) et rassurer les familles. Leur regard rĂ©gulier sur le quotidien des patients permet souvent dâĂ©viter des hospitalisations inutiles ou des urgences de derniĂšre minute.
La clĂ© reste de ne pas hĂ©siter Ă poser des questions. Demander des explications sur un rĂ©sultat dâanalyse, sur une ordonnance, sur un geste technique, ce nâest pas dĂ©ranger. Au contraire, câest participer Ă sa propre santĂ© publique. Les soignants, en ville comme Ă lâhĂŽpital, apprĂ©cient gĂ©nĂ©ralement dâavoir un interlocuteur actif, qui cherche Ă comprendre plutĂŽt quâĂ subir.
En prenant appui sur ce rĂ©seau et en intĂ©grant quelques gestes simples, chacun peut renforcer son autonomie. Cette autonomie nâest pas synonyme dâisolement ; elle va de pair avec un meilleur usage des ressources de santĂ©, pour soi et pour les autres. Câest aussi ainsi que lâon diminue la pression sur les services dâurgence et les hĂŽpitaux, qui peuvent alors se concentrer sur les situations les plus graves.
Recherche régionale, collaboration interdisciplinaire et éducation aux risques
Une rĂ©gion qui se revendique pleinement engagĂ©e dans la dĂ©marche One Health ne se limite pas Ă coordonner les soins. Elle investit aussi dans la recherche, la collaboration interdisciplinaire et lâĂ©ducation aux risques. Câest ce que montrent les programmes menĂ©s par des Ă©quipes comme celles des professeurs Ploy et Malvy : microbiologie, infectiologie, climatologie, Ă©cologie, sociologie, santĂ© animale⊠tout est mis autour de la table.
Leur programme scientifique travaille sur deux grands axes. Le premier concerne les rĂ©sistances antimicrobiennes, dĂ©jĂ Ă©voquĂ©es, avec des projets de cartographie et dâanalyse fine des mĂ©canismes de rĂ©sistance sur le territoire. Le second, baptisĂ© autour de lâ« exposome microbien et risque sanitaire », sâintĂ©resse aux interactions entre les microbes prĂ©sents dans notre environnement, les conditions climatiques, les activitĂ©s humaines (dĂ©forestation, urbanisation, Ă©levage, mobilitĂ©) et lâapparition de nouvelles menaces.
Ce type de dĂ©marche permet de mieux comprendre pourquoi certains virus ou bactĂ©ries deviennent problĂ©matiques Ă un moment donnĂ©, dans une zone particuliĂšre. Par exemple, un changement dâusage des sols, une sĂ©cheresse extrĂȘme ou des incendies massifs peuvent modifier les trajets des animaux, des oiseaux, des insectes, et donc la circulation de certains agents infectieux.
Mais la recherche seule ne suffit pas. Pour que ces connaissances aient un impact rĂ©el, elles doivent ĂȘtre partagĂ©es avec les soignants, les Ă©lus, les associations, les Ă©coles, et bien sĂ»r les habitants. LâĂ©ducation aux risques nâa pas pour but de faire vivre dans la peur, mais dâapprendre Ă reconnaĂźtre les situations Ă risque, Ă adopter les bons rĂ©flexes et Ă se tourner vers les bons interlocuteurs en cas de doute.
Cette transmission peut prendre plusieurs formes :
- đ Formations pour les professionnels de santĂ© : mises Ă jour rĂ©guliĂšres sur les agents infectieux Ă©mergents, les nouvelles recommandations, les circuits de signalement.
- đ« Interventions dans les Ă©coles : sensibilisation aux gestes barriĂšres, au respect du vivant, Ă lâimpact des comportements sur lâenvironnement.
- đïž Rencontres avec les Ă©lus locaux : intĂ©gration des enjeux One Health dans lâamĂ©nagement du territoire, la gestion de lâeau, des dĂ©chets, des espaces verts.
- đ± Information du grand public : sites dĂ©diĂ©s, campagnes locales, outils numĂ©riques accessibles Ă tous.
Dans cette dynamique, les mĂ©dias de proximitĂ©, les plateformes dâinformation en santĂ© et les rĂ©seaux de professionnels jouent un rĂŽle prĂ©cieux. Ils servent de relais entre les connaissances scientifiques et la vie quotidienne des habitants. Lâobjectif nâest jamais de remplacer le mĂ©decin ou lâinfirmier, mais de donner des repĂšres pour mieux dialoguer avec eux.
Plus les citoyens comprennent les liens entre habitat, alimentation, dĂ©placements, animaux de compagnie, biodiversitĂ© et infections, plus ils peuvent adopter des choix Ă©clairĂ©s. Cette comprĂ©hension partagĂ©e est lâun des meilleurs atouts pour une gestion des risques apaisĂ©e, loin des rumeurs et des peurs infondĂ©es.
Quâest-ce que lâapproche One Health en quelques mots ?
One Health signifie « une seule santĂ© ». Cette approche considĂšre que la santĂ© humaine, la santĂ© animale et lâĂ©tat de lâenvironnement sont Ă©troitement liĂ©s. Elle encourage la collaboration entre mĂ©decins, vĂ©tĂ©rinaires, chercheurs, collectivitĂ©s et citoyens pour mieux prĂ©venir et gĂ©rer les maladies infectieuses, les zoonoses et les rĂ©sistances antimicrobiennes.
Comment puis-je agir contre les résistances aux antibiotiques au quotidien ?
Quelques gestes simples aident beaucoup : ne jamais prendre dâantibiotiques sans prescription, respecter les doses et la durĂ©e indiquĂ©es, ne pas garder les restes pour une autre fois, ne pas insister auprĂšs du mĂ©decin si lâinfection est virale, et rapporter les mĂ©dicaments non utilisĂ©s en pharmacie. En cas de doute, parlez-en Ă votre mĂ©decin ou Ă votre infirmier.
Les maladies infectieuses émergentes me concernent-elles vraiment si je ne voyage pas ?
Oui, car de nombreuses infections émergentes se développent ou circulent désormais sur notre territoire, parfois via les moustiques, les tiques ou les animaux. Sans paniquer, il est utile de connaßtre les gestes de prévention (protection contre les piqûres, vaccination selon les recommandations, surveillance des symptÎmes inhabituels) et de consulter en cas de doute.
Ă qui mâadresser si jâai des questions sur un risque infectieux particulier ?
Votre mĂ©decin traitant et votre pharmacien sont vos premiers interlocuteurs. Les infirmiers libĂ©raux, surtout sâils passent rĂ©guliĂšrement Ă domicile, peuvent aussi vous orienter. En cas de situation inhabituelle (piqĂ»re de tique, fiĂšvre persistante aprĂšs un voyage, plaie qui ne cicatrise pas), il ne faut pas hĂ©siter Ă demander un avis mĂ©dical.
Pourquoi parle-t-on autant de collaboration interdisciplinaire avec One Health ?
Parce quâaucun secteur ne peut, Ă lui seul, gĂ©rer les enjeux infectieux actuels. Un virus ou une bactĂ©rie circule entre animaux, humains et environnement. Pour les comprendre et les anticiper, il faut croiser les regards : mĂ©decine humaine, vĂ©tĂ©rinaire, Ă©cologie, climat, sociologie, gestion de lâeau et des dĂ©chets⊠Cette coopĂ©ration permet dâagir plus tĂŽt et plus efficacement, au bĂ©nĂ©fice de tous.
Source: www.sudouest.fr

