Données de santé : le Health Data Hub français opte pour un cloud souverain européen en quittant Microsoft

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Le changement d’hĂ©bergeur du Health Data Hub marque un tournant discret mais majeur pour la santĂ© numĂ©rique en France et en Europe.

Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
✅ Les donnĂ©es de santĂ© des Français vont quitter Microsoft pour un cloud souverain europĂ©en certifiĂ© SecNumCloud đŸ‡ȘđŸ‡ș
✅ Ce changement renforce la protection des donnĂ©es et la souverainetĂ© numĂ©rique face aux lois amĂ©ricaines đŸ›Ąïž
✅ Le Health Data Hub pourra enfin monter en puissance pour la recherche, avec un cadre plus clair et plus sĂ©curisĂ© 🔍
✅ Patients, soignants et chercheurs ont tout intĂ©rĂȘt Ă  mieux comprendre ce que cela change concrĂštement au quotidien 💬

Données de santé et Health Data Hub : comprendre ce qui change en quittant Microsoft

Lorsqu’on parle du dĂ©part du Health Data Hub de Microsoft vers un cloud souverain, l’annonce peut sembler lointaine pour un patient, une infirmiĂšre libĂ©rale ou un proche aidant. Pourtant, derriĂšre cette dĂ©cision politique et technique, il est question d’un Ă©lĂ©ment trĂšs intime : les donnĂ©es de santĂ©, celles qui racontent des annĂ©es de traitements, d’examens, de fragilitĂ©s comme de guĂ©risons.

Le Health Data Hub, aussi appelĂ© Plateforme de donnĂ©es de santĂ©, a Ă©tĂ© créé en 2019 avec une ambition simple Ă  formuler, mais complexe Ă  mettre en Ɠuvre : rassembler, de maniĂšre sĂ©curisĂ©e, une copie d’un grand nombre de bases de donnĂ©es de santĂ© françaises, dont celles de l’Assurance maladie, pour permettre Ă  la recherche d’avancer plus vite. ConcrĂštement, il s’agit de donner Ă  des Ă©quipes de recherche sĂ©rieuses, encadrĂ©es, la possibilitĂ© d’analyser des millions de parcours de soins afin de mieux comprendre des maladies, d’amĂ©liorer les prises en charge ou de repĂ©rer plus tĂŽt des signaux faibles.

Jusqu’ici, cette grande “bibliothĂšque numĂ©rique” Ă©tait hĂ©bergĂ©e sur les centres de donnĂ©es de Microsoft, via son service de cloud computing. Ce choix initial a rapidement fait polĂ©mique, car l’entreprise reste soumise au droit amĂ©ricain, notamment aux lois dites “extraterritoriales” qui autorisent, dans certains cas, les autoritĂ©s des États-Unis Ă  demander l’accĂšs Ă  des donnĂ©es, mĂȘme si elles sont stockĂ©es en Europe. Sur le papier, les protections contractuelles Ă©taient nombreuses, mais pour des informations aussi sensibles que les dossiers de santĂ©, le doute suffit Ă  fragiliser la confiance.

La Cnil, gardienne française des libertĂ©s numĂ©riques, a d’ailleurs tirĂ© plusieurs fois le frein Ă  main. Elle n’a jamais donnĂ© son accord Ă  un transfert massif de l’ensemble des donnĂ©es de l’Assurance maladie vers le Health Data Hub tant que l’hĂ©bergement restait sous la dĂ©pendance indirecte du droit amĂ©ricain. RĂ©sultat : la plateforme a fonctionnĂ©, mais de façon partielle, avec des projets limitĂ©s dans le temps et par thĂ©matique, loin du “grand entrepĂŽt” imaginĂ© au dĂ©part.

Avec l’annonce du passage Ă  un hĂ©bergeur europĂ©en certifiĂ© SecNumCloud, le dĂ©cor change. Ce label impose notamment que l’opĂ©rateur ne soit pas soumis Ă  une lĂ©gislation non europĂ©enne. Les gĂ©ants comme Microsoft, Amazon Web Services ou Google en sont de fait exclus. Ce recentrage vers un cloud souverain relĂšve autant du symbole que du concret : symbole, car il affirme une volontĂ© de souverainetĂ© numĂ©rique europĂ©enne ; concret, car il clarifie enfin le cadre juridique et rassure sur la maĂźtrise des donnĂ©es.

Pour donner une image simple, imaginez un carnet de santĂ© gĂ©ant et anonyme, qui regrouperait les histoires de millions de personnes. Dans ce carnet, une chercheuse en cancĂ©rologie pourrait repĂ©rer que tel schĂ©ma de chimiothĂ©rapie fonctionne mieux Ă  tel Ăąge, ou qu’un mĂ©dicament entraĂźne des effets secondaires inattendus au bout de plusieurs annĂ©es. Si le carnet est gardĂ© dans un coffre dont la clĂ© peut ĂȘtre rĂ©clamĂ©e par un pays tiers, mĂȘme thĂ©oriquement, la confiance est Ă©branlĂ©e. En le rapatriant dans un coffre contrĂŽlĂ© par l’Europe, avec des rĂšgles claires, le message envoyĂ© est diffĂ©rent : la confidentialitĂ© reste une prioritĂ© non nĂ©gociable.

Cette bascule ne vise pas seulement Ă  rassurer les juristes. Elle rĂ©pond aussi Ă  une question trĂšs humaine : Ă  qui confier le rĂ©cit numĂ©rique de sa santĂ© ? Les personnes vivant avec une maladie chronique, par exemple, voient leurs donnĂ©es s’accumuler : examens, passages aux urgences, prescriptions renouvelĂ©es. Savoir que ces informations, une fois pseudonymisĂ©es et agrĂ©gĂ©es, servent Ă  avancer en recherche dans un cadre sĂ©curisĂ©, plutĂŽt qu’à circuler dans un Ă©cosystĂšme flou, change le regard.

Ce mouvement de sortie de Microsoft s’inscrit dans un contexte plus large : en Europe, de nombreuses voix appellent Ă  bĂątir une vraie autonomie dans le cloud computing, notamment pour les secteurs critiques comme la santĂ©. La migration du Health Data Hub vers un nouvel opĂ©rateur europĂ©en peut ainsi servir de cas d’école pour d’autres projets de santĂ© numĂ©rique Ă  venir.

En filigrane, c’est une question de confiance sociale qui se joue : sans confiance, pas de partage de donnĂ©es ; sans partage, pas de recherche robuste ; sans recherche, des annĂ©es perdues pour mieux soigner. C’est ce cercle vertueux que ce changement d’hĂ©bergement cherche enfin Ă  dĂ©bloquer.

le health data hub français choisit un cloud souverain européen pour ses données de santé, quittant microsoft afin d'assurer une meilleure sécurité et confidentialité.

Cloud souverain européen et SecNumCloud : quels bénéfices concrets pour la protection des données ?

Le terme cloud souverain est parfois perçu comme un slogan politique. Pourtant, appliquĂ© au Health Data Hub, il recouvre une rĂ©alitĂ© trĂšs concrĂšte pour la protection des donnĂ©es de santĂ©. DerriĂšre cette notion, il y a l’idĂ©e que l’infrastructure technique, la gestion des serveurs et la gouvernance juridique restent sous maĂźtrise europĂ©enne, sans angle mort liĂ© Ă  une autre lĂ©gislation.

Le label SecNumCloud, dĂ©livrĂ© en France par l’ANSSI, est au cƓur de cette dĂ©marche. Il ne s’agit pas seulement de vĂ©rifier que les serveurs sont situĂ©s en Europe, mais aussi que l’opĂ©rateur respecte des exigences Ă©levĂ©es en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, de chiffrement, de gestion des accĂšs et d’indĂ©pendance juridique. Les candidats potentiels au nouvel hĂ©bergement du Health Data Hub sont donc des acteurs comme OVH, Cloud Temple ou Sens (un opĂ©rateur portĂ© par Thales, basĂ© sur une technologie de cloud de Google mais encapsulĂ©e dans une structure de droit français).

Pour bien comprendre l’enjeu, il peut ĂȘtre utile de revenir sur trois dimensions de la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es de santĂ© : la technique, la juridique et la symbolique. Techniquement, un cloud computing certifiĂ© doit pouvoir dĂ©montrer une rĂ©silience face aux attaques, des sauvegardes fiables, des plans de reprise d’activitĂ© en cas d’incident et un contrĂŽle strict des personnes pouvant accĂ©der physiquement ou logiquement aux serveurs. Juridiquement, l’hĂ©bergeur ne doit pas pouvoir ĂȘtre contraint de transmettre les donnĂ©es Ă  des autoritĂ©s extĂ©rieures Ă  l’Union europĂ©enne. Symboliquement enfin, il s’agit de redire que la santĂ© ne relĂšve pas d’un simple actif Ă©conomique, mais d’un bien commun.

Pour un patient, ces notions peuvent sembler abstraites. Pourtant, elles se traduisent dans des situations trĂšs simples : un jour, un chercheur pourra peut-ĂȘtre repĂ©rer grĂące aux donnĂ©es du Health Data Hub qu’un mĂ©dicament couramment prescrit aux personnes ĂągĂ©es augmente le risque de chute chez un certain profil. S’il peut mener cette analyse dans un environnement sĂ©curisĂ© et juridiquement maĂźtrisĂ©, les rĂ©sultats pourront ĂȘtre partagĂ©s plus sereinement, sans conflit permanent sur la lĂ©gitimitĂ© de la plateforme.

Dans les Ă©tablissements de soins, les professionnels ont dĂ©jĂ  vĂ©cu la transition vers des systĂšmes d’information hospitaliers plus robustes, avec des sauvegardes rĂ©guliĂšres et des accĂšs tracĂ©s. Le passage du Health Data Hub vers un cloud souverain peut ĂȘtre vu comme la version “recherche” de ce mouvement : stabiliser l’infrastructure pour que les Ă©quipes puissent se concentrer sur la science plutĂŽt que sur les polĂ©miques.

Voici, de maniĂšre synthĂ©tique, ce que change ce choix d’hĂ©bergement dans le contexte de la santĂ© numĂ©rique :

  • 🔐 Moins de risque juridique liĂ© aux lois extraterritoriales : les opĂ©rateurs choisis ne sont pas soumis directement au droit amĂ©ricain.
  • đŸ§© Cadre plus lisible pour la Cnil : cela facilite l’autorisation de projets de recherche plus ambitieux.
  • đŸ„ Signal fort envoyĂ© aux soignants : la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es patients est traitĂ©e comme un pilier, pas comme une option.
  • đŸ€ Meilleure acceptabilitĂ© sociale : les patients acceptent plus facilement que leurs donnĂ©es anonymisĂ©es servent la recherche quand ils savent oĂč elles sont hĂ©bergĂ©es.

Ce changement d’hĂ©bergeur n’annule pas les autres exigences : pseudonymisation, contrĂŽle des accĂšs, traçabilitĂ© des usages. Il vient plutĂŽt complĂ©ter l’édifice. Un peu comme lorsqu’une Ă©quipe soignante change de local pour un cabinet mieux sĂ©curisĂ© : la qualitĂ© des soins tient Ă  la compĂ©tence des professionnels, mais le lieu matĂ©riel joue quand mĂȘme un rĂŽle dans le sentiment de sĂ©curitĂ©.

Au niveau europĂ©en, cette dĂ©cision s’inscrit aussi dans un mouvement plus large, avec la crĂ©ation de l’espace europĂ©en des donnĂ©es de santĂ©. L’idĂ©e est de faciliter, Ă  terme, le partage contrĂŽlĂ© de donnĂ©es entre pays membres pour la recherche et la prise en charge. En faisant le choix d’un cloud souverain, la France se place dans le sens de cette dynamique plutĂŽt que dans un modĂšle trop dĂ©pendant de solutions extra-europĂ©ennes.

La protection des donnĂ©es n’est donc pas un frein Ă  la recherche, mais un socle. Bien posĂ©, il permet d’aller plus loin sans craindre de tout voir s’effondrer Ă  la premiĂšre alerte juridique.

Cette nouvelle base sécurisée ouvre ensuite une question essentielle : comment ce changement va-t-il concrÚtement aider la recherche médicale et, au bout de la chaßne, les patients ?

Recherche médicale, Health Data Hub et impact pour les patients : des promesses à rendre tangibles

Le Health Data Hub a parfois Ă©tĂ© dĂ©crit comme une “caverne d’Ali Baba numĂ©rique” pour les scientifiques. L’image est parlante : quelque part, dans un environnement sĂ©curisĂ©, reposent des millions de morceaux de vies mĂ©dicales anonymisĂ©es, prĂȘtes Ă  ĂȘtre analysĂ©es pour faire Ă©merger des tendances. Le dĂ©part de Microsoft vers un hĂ©bergeur europĂ©en doit permettre Ă  cette caverne d’ĂȘtre enfin pleinement accessible, dans un cadre acceptable.

Pour les patients, l’impact se joue souvent Ă  distance. Prenons l’exemple d’Élodie, 52 ans, qui vit avec un diabĂšte de type 2. Elle ne verra jamais le Health Data Hub, ne se connectera Ă  aucune interface de la plateforme. En revanche, un jour, une Ă©quipe de recherche pourra peut-ĂȘtre montrer, grĂące Ă  l’analyse de centaines de milliers de parcours comme le sien, qu’une combinaison prĂ©cise d’activitĂ© physique, de rĂ©gime alimentaire et de mĂ©dicament donne de meilleurs rĂ©sultats chez les femmes de son Ăąge. Cette connaissance ne viendra pas d’un essai classique sur quelques milliers de personnes, mais d’une exploitation intelligente de donnĂ©es dĂ©jĂ  lĂ .

Pour que ce type de travaux se multiplie, plusieurs conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies : un hĂ©bergement sĂ©curisĂ© (c’est l’objet du passage vers un cloud souverain), des rĂšgles claires d’accĂšs aux donnĂ©es, une transparence sur les projets autorisĂ©s, et surtout un accompagnement pour les Ă©quipes mixtes, associant mĂ©decins, statisticiens, informaticiens. Le changement d’hĂ©bergeur n’est donc qu’une piĂšce du puzzle, mais une piĂšce structurante.

ConcrÚtement, les domaines qui pourraient bénéficier de la montée en puissance du Health Data Hub sont nombreux :

  • 🧠 Maladies chroniques : diabĂšte, insuffisance cardiaque, maladies respiratoires, pour mieux adapter les parcours de suivi.
  • đŸŽ—ïž CancĂ©rologie : repĂ©rer quels protocoles sont les plus efficaces selon l’ñge, les comorbiditĂ©s, le type de tumeur.
  • đŸ‘” GĂ©riatrie : comprendre les causes frĂ©quentes de perte d’autonomie et les enchaĂźnements d’hospitalisations.
  • 🧒 PĂ©diatrie : mieux surveiller les effets Ă  long terme de certains traitements chez l’enfant.

Pour les soignants de terrain, cette Ă©volution peut paraĂźtre Ă©loignĂ©e du quotidien fait de pansements, de perfusions, de consultations en retard. Pourtant, beaucoup de pratiques de soins d’aujourd’hui sont nĂ©es d’analyses de donnĂ©es anciennes : surveillance des interactions mĂ©dicamenteuses, dĂ©pistage du cancer du sein, recommandations de vaccination. Le Health Data Hub vise Ă  accĂ©lĂ©rer ce mouvement, Ă  condition que le cadre inspire confiance.

La migration hors de Microsoft rĂ©pond Ă  cette exigence de confiance. Pendant des annĂ©es, le dĂ©bat autour de la plateforme a Ă©tĂ© saturĂ© par la question de l’hĂ©bergeur, relĂ©guant au second plan les bĂ©nĂ©fices potentiels pour la population. En tournant la page de ce choix initial contestĂ©, l’exĂ©cutif espĂšre recentrer le dĂ©bat sur les usages : quels projets financer en prioritĂ©, comment associer les associations de patients, comment rendre des comptes sur les rĂ©sultats obtenus.

Pour illustrer cela, voici un tableau comparatif simplifié entre la situation passée et la trajectoire actuelle :

🔎 Aspect Avant (hĂ©bergement Microsoft) AprĂšs (vers un cloud souverain SecNumCloud)
⚖ Cadre juridique Risque thĂ©orique liĂ© aux lois amĂ©ricaines, prudence de la Cnil OpĂ©rateur non soumis Ă  une lĂ©gislation extra-europĂ©enne, cadre clarifiĂ©
📊 Volume de donnĂ©es Transferts limitĂ©s, par projets et dans le temps PossibilitĂ© d’entrepĂŽt plus large, sous contrĂŽle renforcĂ©
đŸ§Ș Projets de recherche FreinĂ©s par les incertitudes sur l’hĂ©bergement Potentiel de dĂ©ploiement plus fluide, si les procĂ©dures suivent
đŸ€ Confiance des patients InquiĂ©tudes rĂ©currentes autour de Microsoft et du cloud amĂ©ricain Message plus rassurant sur la souverainetĂ© numĂ©rique europĂ©enne

Le fait que l’attribution du nouveau marchĂ© d’hĂ©bergement soit attendue d’ici fin mars 2026 donne aussi un horizon. Les chercheurs peuvent anticiper la montĂ©e en puissance de la plateforme, les autoritĂ©s de rĂ©gulation peuvent adapter progressivement leurs recommandations, et les citoyens peuvent suivre, au fil des mois, la façon dont la gouvernance se met en place.

Pour que tout cela ait un véritable impact sur la santé des gens, un fil rouge reste essentiel : ne jamais perdre de vue que derriÚre les données de santé, il y a des histoires vécues, parfois lourdes, parfois lumineuses. Utiliser ces histoires pour mieux soigner, sans jamais mettre en péril la confidentialité, voilà la boussole à garder.

Reste alors une question sensible : comment s’assurer que cette montĂ©e en puissance ne se fasse pas au dĂ©triment de la vie privĂ©e et du consentement des citoyens ?

Protection des données, confidentialité et confiance : ce que le cloud souverain change vraiment pour les citoyens

La migration du Health Data Hub vers un cloud souverain ne suffit pas, Ă  elle seule, Ă  garantir la confidentialitĂ©. La sĂ©curitĂ© est un empilement de couches : hĂ©bergement, chiffrement, anonymisation, gouvernance, contrĂŽles indĂ©pendants. Pour que le public adhĂšre, chaque couche doit ĂȘtre expliquĂ©e de façon claire et honnĂȘte, sans minimiser les risques ni promettre l’impossible.

Dans le cas des donnĂ©es de santĂ© utilisĂ©es par le Health Data Hub, il ne s’agit pas d’une consultation nominative de dossiers mĂ©dicaux. Les informations sont pseudonymisĂ©es, agrĂ©gĂ©es, et les projets de recherche doivent suivre un circuit d’autorisation prĂ©cis. À chaque Ă©tape, des questions sont examinĂ©es : les donnĂ©es demandĂ©es sont-elles proportionnĂ©es Ă  l’objectif ? Le bĂ©nĂ©fice pour la santĂ© publique est-il rĂ©el ? Les biais Ă©ventuels de l’étude ont-ils Ă©tĂ© anticipĂ©s ?

Le passage vers un hĂ©bergement europĂ©en certifiĂ© SecNumCloud agit comme un verrou supplĂ©mentaire. Il rĂ©duit les zones grises juridiques oĂč pourraient s’engouffrer des demandes d’accĂšs inappropriĂ©es, notamment de la part de pays tiers. Il permet aussi d’affirmer, plus nettement, que la souverainetĂ© numĂ©rique europĂ©enne en matiĂšre de santĂ© numĂ©rique est prise au sĂ©rieux.

Pour les citoyens, certaines bonnes pratiques peuvent aider Ă  mieux vivre cette transition :

  • 📚 S’informer auprĂšs de sources fiables : autoritĂ©s de santĂ©, Cnil, associations de patients, plutĂŽt que rumeurs sur les rĂ©seaux sociaux.
  • ❓ Poser des questions aux soignants : sur l’usage de leurs donnĂ©es, les registres auxquels elles peuvent contribuer.
  • 📝 VĂ©rifier les droits d’accĂšs et de rectification : via l’Assurance maladie ou les Ă©tablissements de soins.
  • đŸ€ Soutenir les projets de recherche transparents : qui expliquent clairement leurs objectifs et leurs garanties Ă©thiques.

Du cĂŽtĂ© des professionnels de santĂ© et des chercheurs, la responsabilitĂ© est tout aussi importante. L’utilisation des donnĂ©es de santĂ© ne doit pas ĂȘtre prĂ©sentĂ©e comme une Ă©vidence incontournable, mais comme un choix collectif, argumentĂ©, qui vise Ă  mieux soigner. Les comitĂ©s Ă©thiques, les associations de patients, les reprĂ©sentants d’usagers ont un rĂŽle clĂ© Ă  jouer pour donner un avis Ă©clairĂ© sur les projets.

Le choix d’un cloud souverain peut aussi ĂȘtre l’occasion de renforcer la transparence : publication des projets autorisĂ©s, des rĂ©sultats obtenus, des impacts concrets sur les pratiques de soins. Quand un registre de donnĂ©es permet de modifier une recommandation mĂ©dicale, l’information devrait ĂȘtre relayĂ©e de façon claire, y compris dans les mĂ©dias grand public. C’est ainsi que la population perçoit que le partage encadrĂ© de donnĂ©es n’est pas seulement un risque, mais aussi une chance.

On le voit dans d’autres domaines de la vie quotidienne : les gens acceptent plus volontiers de confier une information personnelle lorsqu’ils comprennent Ă  quoi elle sert prĂ©cisĂ©ment, combien de temps elle est conservĂ©e, et qui y accĂšde. La protection des donnĂ©es n’est pas seulement une affaire de firewalls et d’algorithmes, c’est une relation de confiance, nourrie par la clartĂ© des engagements.

À l’heure oĂč les scandales de fuites de donnĂ©es se multiplient dans d’autres secteurs, la santĂ© ne peut se permettre la lĂ©gĂšretĂ©. La dĂ©cision de quitter Microsoft pour un opĂ©rateur europĂ©en envoie un message dans ce sens : certaines frontiĂšres ne doivent pas ĂȘtre franchies. Reste Ă  traduire ce message dans les faits, au quotidien, projet aprĂšs projet, pour que chaque patient puisse se dire : “Mon histoire aide la recherche, sans ĂȘtre trahie.”

En filigrane, cette transformation invite chacun Ă  trouver son Ă©quilibre entre prudence et solidaritĂ© : protĂ©ger sa vie privĂ©e, tout en permettant Ă  la science d’apprendre des expĂ©riences vĂ©cues par des millions de personnes.

Souveraineté numérique, Europe et avenir de la santé numérique : comment se préparer, cÎté terrain

Le dĂ©part du Health Data Hub de Microsoft pour un hĂ©bergeur europĂ©en s’inscrit dans une trajectoire plus large : celle de la souverainetĂ© numĂ©rique europĂ©enne. Dans la santĂ© comme dans d’autres domaines sensibles (Ă©nergie, dĂ©fense, justice), la question de la maĂźtrise des infrastructures techniques devient centrale. Le cloud computing n’est plus juste un outil, c’est un levier de pouvoir.

Pour les acteurs de terrain – infirmiers, mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, pharmaciens, structures mĂ©dico-sociales, associations – cette Ă©volution peut sembler trĂšs lointaine. Pourtant, elle aura des rĂ©percussions concrĂštes dans les annĂ©es Ă  venir : nouveaux outils de suivi, plateformes de coordination ville-hĂŽpital, espaces numĂ©riques de santĂ© renforcĂ©s, dossiers partagĂ©s enrichis. Tous ces services s’appuieront, directement ou non, sur des briques similaires Ă  celles du Health Data Hub.

L’Europe travaille dĂ©jĂ  Ă  un espace europĂ©en des donnĂ©es de santĂ©, pour que, demain, un patient soignĂ© Ă  Marseille puisse, avec son accord, voir certaines informations utiles consultĂ©es Ă  Lisbonne ou Berlin en cas d’urgence. Dans ce contexte, disposer d’infrastructures europĂ©ennes robustes et de labels de confiance comme SecNumCloud est un prĂ©alable. Sans cette base, les promesses de la santĂ© numĂ©rique restent fragiles.

Pour les professionnels et les structures de soins, quelques axes d’action peuvent aider Ă  se prĂ©parer :

  • đŸ–„ïž Mettre Ă  jour les pratiques numĂ©riques : s’assurer que les logiciels mĂ©tiers sont compatibles avec les futures plateformes sĂ©curisĂ©es.
  • 🎓 Renforcer la culture “donnĂ©es” : comprendre ce que sont une donnĂ©e de santĂ©, une mĂ©tadonnĂ©e, une anonymisation, pour mieux dialoguer avec les Ă©quipes techniques.
  • đŸ§© Participer aux projets pilotes : essais de nouveaux registres, retours d’expĂ©rience sur l’usage des donnĂ©es en soins primaires.
  • đŸ—Łïž Inclure les patients dans la rĂ©flexion : rĂ©unions d’information, supports pĂ©dagogiques, Ă©changes sur les craintes et attentes.

Les fournisseurs de solutions numĂ©riques de santĂ©, eux aussi, sont directement concernĂ©s. Le basculement vers un cloud souverain pour le Health Data Hub envoie un signal : les solutions qui s’inscrivent dans ce modĂšle auront sans doute plus de facilitĂ© Ă  s’intĂ©grer dans les Ă©cosystĂšmes publics. C’est un appel Ă  bĂątir des outils pensĂ©s pour l’Europe, avec des exigences Ă©levĂ©es de protection des donnĂ©es.

Au-delĂ  des aspects techniques, cette transition invite Ă  remettre l’humain au centre. Une plateforme de donnĂ©es, aussi sophistiquĂ©e soit-elle, n’a de sens que si elle sert des objectifs concrets : mieux prĂ©venir, mieux diagnostiquer, mieux accompagner la fin de vie, limiter les hospitalisations Ă©vitables. Chaque acteur – soignant, patient, dĂ©cideur, dĂ©veloppeur – porte une part de cette responsabilitĂ©.

Dans les annĂ©es qui viennent, il sera utile de garder une question en tĂȘte : lorsqu’un nouvel outil numĂ©rique en santĂ© est proposĂ©, en quoi s’appuie-t-il – ou non – sur cet Ă©cosystĂšme plus souverain, plus sĂ©curisĂ©, incarnĂ© notamment par le Health Data Hub nouvelle version ? La rĂ©ponse permettra souvent de distinguer les solutions durables des effets de mode.

Ce mouvement de reprise en main des infrastructures n’est pas un repli. Il vise plutĂŽt Ă  construire une base solide pour coopĂ©rer Ă  l’échelle europĂ©enne, sans ĂȘtre pieds et poings liĂ©s Ă  des acteurs extĂ©rieurs. Un peu comme une Ă©quipe soignante qui organise d’abord ses protocoles internes avant d’ouvrir des coopĂ©rations avec d’autres services : l’autonomie renforce, plutĂŽt qu’elle n’isole.

Pour chaque personne qui s’intĂ©resse Ă  la santĂ©, l’idĂ©e Ă  retenir est simple : la maniĂšre dont nos donnĂ©es de santĂ© sont stockĂ©es et protĂ©gĂ©es n’est pas un dĂ©tail technique, c’est une condition pour que la recherche progresse sans trahir la confiance. S’en souvenir au moment de signer un consentement, de paramĂ©trer une appli de santĂ© ou de rĂ©pondre Ă  un questionnaire mĂ©dical en ligne est dĂ©jĂ  une petite action concrĂšte.

Qu’est-ce que le Health Data Hub, concrùtement ?

Le Health Data Hub est une grande plateforme publique française de donnĂ©es de santĂ©, destinĂ©e Ă  la recherche. Elle rassemble, de maniĂšre sĂ©curisĂ©e et encadrĂ©e, des donnĂ©es issues de diffĂ©rentes sources (Assurance maladie, hĂŽpitaux, registres de maladies
) pour permettre Ă  des Ă©quipes de recherche autorisĂ©es d’étudier, par exemple, l’efficacitĂ© de traitements ou les parcours de soins. Les donnĂ©es y sont pseudonymisĂ©es et utilisĂ©es dans un cadre strict, sous le contrĂŽle d’instances comme la Cnil.

Pourquoi la France veut-elle quitter Microsoft pour un cloud souverain européen ?

Le choix initial d’hĂ©berger le Health Data Hub chez Microsoft a suscitĂ© de fortes critiques, car l’entreprise reste soumise au droit amĂ©ricain, qui peut, dans certains cas, permettre des demandes d’accĂšs aux donnĂ©es. Pour des informations aussi sensibles que les donnĂ©es de santĂ©, les autoritĂ©s françaises ont dĂ©cidĂ© de privilĂ©gier un hĂ©bergeur europĂ©en certifiĂ© SecNumCloud, non soumis Ă  une lĂ©gislation extra-europĂ©enne. L’objectif est de renforcer la protection juridique, la souverainetĂ© numĂ©rique et la confiance des citoyens.

Mes données de santé individuelles sont-elles visibles dans le Health Data Hub ?

Non, les donnĂ©es utilisĂ©es dans le Health Data Hub ne sont pas consultĂ©es comme un dossier patient classique. Elles sont pseudonymisĂ©es, agrĂ©gĂ©es et exploitĂ©es dans le cadre de projets de recherche autorisĂ©s. Les chercheurs n’ont pas accĂšs Ă  votre identitĂ©, mais Ă  des informations structurĂ©es (Ăąge, pathologies, traitements, Ă©vĂ©nements de santĂ©) nĂ©cessaires Ă  leurs Ă©tudes. Les projets sont encadrĂ©s et validĂ©s pour s’assurer du respect de la vie privĂ©e et de l’intĂ©rĂȘt pour la santĂ© publique.

Qu’est-ce que le label SecNumCloud dont on parle pour le nouvel hĂ©bergeur ?

SecNumCloud est une certification de l’ANSSI qui garantit un haut niveau de sĂ©curitĂ© pour les services de cloud. Elle impose des exigences strictes en matiĂšre de protection technique (chiffrement, contrĂŽle des accĂšs, rĂ©silience), mais aussi d’indĂ©pendance juridique : les opĂ©rateurs certifiĂ©s ne doivent pas ĂȘtre soumis Ă  une lĂ©gislation extra-europĂ©enne. Pour le Health Data Hub, cela signifie que l’hĂ©bergeur choisi devra respecter ces critĂšres renforcĂ©s pour accueillir les donnĂ©es de santĂ©.

En tant que patient, puis-je refuser que mes données soient utilisées par le Health Data Hub ?

Le cadre d’utilisation des donnĂ©es de santĂ© en France repose sur plusieurs bases lĂ©gales, notamment l’intĂ©rĂȘt public et la recherche. Dans certains cas, un consentement explicite est requis, dans d’autres, un droit d’opposition peut s’exercer. Pour connaĂźtre prĂ©cisĂ©ment vos droits, il est recommandĂ© de consulter les informations de l’Assurance maladie, de la Cnil ou de votre Ă©tablissement de soins. Dans tous les cas, les donnĂ©es utilisĂ©es par le Health Data Hub le sont dans un cadre rĂ©glementĂ©, avec pseudonymisation et contrĂŽles Ă©thiques.

Source: www.lefigaro.fr

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