Dans un quotidien saturĂ© de notifications, de flux infinis et de comparaisons sociales, beaucoup sentent leur tĂȘte se remplir sans jamais vraiment se reposer. Une pause volontaire dâune semaine loin des rĂ©seaux sociaux peut agir comme un vĂ©ritable « reset » mental : moins dâanxiĂ©tĂ©, un sommeil plus profond, plus de temps pour soi, et la sensation de reprendre la main sur sa vie. De rĂ©centes recherches menĂ©es chez des jeunes adultes montrent quâune simple rĂ©duction dâusage suffit dĂ©jĂ Ă allĂ©ger lâhumeur et Ă diminuer les symptĂŽmes dĂ©pressifs, confirmant ce que de nombreux soignants observent sur le terrain.
Au-delĂ des chiffres, cette coupure numĂ©rique redonne surtout de la place Ă ce qui nourrit vraiment : les liens rĂ©els, le mouvement, le silence, la crĂ©ativitĂ©. Beaucoup, comme ChloĂ©, 22 ans, Ă©tudiante Ă Aix, dĂ©couvrent en sept jours ce quâils nâavaient plus ressenti depuis longtemps : une concentration retrouvĂ©e, des soirĂ©es sans scroll compulsif, des nuits sans rĂ©veil pour « checker » Instagram. Cette dĂ©marche reste pourtant dĂ©licate dans un monde oĂč tout semble passer par les Ă©crans. Câest pourquoi il est utile dâexplorer des stratĂ©gies rĂ©alistes, ancrĂ©es dans le quotidien, proches de ce que proposent dĂ©jĂ des professionnels de santĂ©, des thĂ©rapeutes et des acteurs du bien-ĂȘtre.
| Peu de temps ? VoilĂ ce quâil faut retenir : |
|---|
| â Une seule semaine avec moins de rĂ©seaux sociaux peut rĂ©duire lâanxiĂ©tĂ©, la dĂ©pression et amĂ©liorer le sommeil đŽ |
| â Planifier la pause (horaires, rĂšgles, activitĂ©s de remplacement) augmente vos chances de tenir toute la semaine đ |
| â Le piĂšge n°1 : supprimer les applis sans prĂ©voir quoi faire Ă la place, ce qui entraĂźne lâennui⊠puis la rechute đ± |
| â Bonus : garder ensuite 1 journĂ©e par semaine sans rĂ©seaux pour entretenir les effets positifs sur le mental đż |
RĂ©duire les rĂ©seaux sociaux une semaine : quels bĂ©nĂ©fices concrets pour le bien-ĂȘtre mental ?
Les Ă©tudes rĂ©centes convergent : une baisse mĂȘme temporaire de lâutilisation des rĂ©seaux sociaux allĂšge la charge mentale. Une recherche publiĂ©e dans une grande revue mĂ©dicale a suivi 373 jeunes de 18 Ă 24 ans invitĂ©s Ă rĂ©duire fortement leur usage dâInstagram, TikTok, Snapchat, Facebook et X pendant sept jours. RĂ©sultat : prĂšs de 16 % de symptĂŽmes anxieux en moins, presque 25 % de symptĂŽmes dĂ©pressifs en moins et une diminution dâenviron 14 % des troubles du sommeil đ§ .
DerriĂšre ces chiffres, il y a une rĂ©alitĂ© simple : scroller des heures remplace souvent ce qui protĂšge notre santĂ© mentale. Au lieu de marcher, respirer dehors, discuter avec un proche ou cuisiner, le temps se perd dans des contenus qui excitent le cerveau sans vraiment lâapaiser. Des spĂ©cialistes en santĂ© mentale rappellent que la « comparaison sociale ascendante » â se comparer Ă des vies filtrĂ©es et idĂ©alisĂ©es â fragilise lâestime de soi, favorisant anxiĂ©tĂ© et tristesse. Le fil dâactualitĂ© devient alors un miroir dĂ©formant oĂč chacun se sent en retard sur les autres.
Dans les accompagnements psychologiques ou infirmiers, cette mĂ©canique apparaĂźt souvent en toile de fond dâune surcharge mentale dĂ©jĂ bien installĂ©e. Notifications permanentes, injonctions Ă rĂ©pondre vite, peur de rater une information importante : tout cela Ă©puise le systĂšme nerveux. Une semaine de pause agit comme une fenĂȘtre ouverte dans une piĂšce Ă©touffante. Le simple fait de ne plus ĂȘtre joignable sur toutes les plateformes, tout le temps, redonne un sentiment de contrĂŽle sur son temps et son attention.
Sur le sommeil, les effets sont rapides. Les soignants le constatent rĂ©guliĂšrement : le smartphone au lit est un perturbateur majeur. Il retarde lâendormissement, provoque des rĂ©veils nocturnes et entretient un Ă©tat de vigilance incompatible avec un sommeil rĂ©parateur. La lumiĂšre bleue ne fait quâaggraver les choses. Une thĂ©rapeute spĂ©cialisĂ©e parle mĂȘme « dâhyperexcitation cognitive » : le cerveau, bombardĂ© dâimages, de messages et de vidĂ©os, nâarrive plus Ă ralentir. Retirer cette stimulation pendant une semaine permet souvent de redĂ©couvrir ce que câest que de sâendormir sans lutter.
Cette pause numĂ©rique sâinscrit aussi dans une vision globale de la santĂ©, proche de la dĂ©marche « One Health » qui relie corps, esprit et environnement. Des initiatives comme celles Ă©voquĂ©es autour du bien-ĂȘtre en approche One Health vont dans le mĂȘme sens : rĂ©duire les agressions invisibles du quotidien, pour laisser au cerveau la possibilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer. Le repos numĂ©rique devient alors un outil concret, au mĂȘme titre que lâactivitĂ© physique, lâalimentation Ă©quilibrĂ©e ou les temps de sociabilitĂ© rĂ©elle.
En fin de compte, la baisse dâanxiĂ©tĂ©, la meilleure humeur et le sommeil plus profond observĂ©s aprĂšs une semaine sans rĂ©seaux ne relĂšvent pas de la magie. Ils traduisent simplement ce qui se passe quand on redirige son Ă©nergie vers des expĂ©riences du monde rĂ©el, plus nourrissantes que la vie derriĂšre un Ă©cran.

Une semaine sans réseaux sociaux : pourquoi le cerveau respire enfin
Quand le flux de contenus sâarrĂȘte, le cerveau sort dâun mode dâalerte permanent. Les circuits de rĂ©compense, sur-sollicitĂ©s par les likes et les notifications, se calment. Les professionnels de santĂ© mentale observent souvent, au bout de quelques jours de pause, une baisse de lâirritabilitĂ©, une meilleure capacitĂ© Ă se concentrer sur une seule tĂąche, et une diminution des ruminations. Cette trĂȘve numĂ©rique permet de rĂ©cupĂ©rer une Ă©nergie mentale souvent Ă©miettĂ©e par le multitĂąche et lâhyperconnexion.
Pour ChloĂ©, lâĂ©tudiante citĂ©e plus haut, câest au quatriĂšme jour que le dĂ©clic a eu lieu : plus de rĂ©flexe automatique dâouvrir Instagram dĂšs quâun moment de vide se prĂ©sentait. Ă la place, elle a recommencĂ© Ă lire, Ă dessiner, Ă prĂ©parer ses repas pour la semaine. Ces gestes simples, presque banals, sont pourtant ceux qui reconstruisent peu Ă peu un esprit plus stable et un moral plus solide. Câest dans ces micro-choix quotidiens que le bien-ĂȘtre mental se rejoue.
Cette premiĂšre mise au point des bĂ©nĂ©fices prĂ©pare le terrain pour lâĂ©tape suivante : comprendre comment les rĂ©seaux pĂšsent rĂ©ellement sur lâanxiĂ©tĂ©, la dĂ©pression et le sommeil, pour mieux choisir la forme de pause qui conviendra Ă chacun.
Comprendre le lien entre réseaux sociaux, anxiété, dépression et insomnie
Pour faire la paix avec les rĂ©seaux, il est utile de comprendre pourquoi ils ont autant dâimpact sur notre humeur et notre sommeil. Les chercheurs parlent aujourdâhui de plusieurs mĂ©canismes bien identifiĂ©s. Dâabord, la comparaison sociale permanente. Les vies lisses, les corps filtrĂ©s, les rĂ©ussites mises en scĂšne crĂ©ent lâillusion dâune norme inaccessible. Beaucoup se sentent « en dessous », moins intĂ©ressants, moins performants. Ce dĂ©calage alimente lâanxiĂ©tĂ© et la tristesse, surtout chez les plus jeunes.
Ensuite, il y a le rĂŽle des algorithmes. Leur objectif : capter lâattention le plus longtemps possible. Ils privilĂ©gient donc souvent les contenus qui choquent, divisent ou excitent. Ă force dâĂȘtre exposĂ© Ă ce cocktail dâĂ©motions fortes, le systĂšme nerveux se dĂ©rĂšgle. Des mĂ©decins et psychothĂ©rapeutes dĂ©crivent une hausse des symptĂŽmes dâangoisse, voire de dĂ©couragement, associĂ©e Ă ce trop-plein dâinformations. Cette dynamique est au cĆur de nombreuses discussions sur les politiques de santĂ© mentale actuelles.
Le sommeil est particuliĂšrement vulnĂ©rable. La « peur de rater quelque chose » (FOMO) pousse Ă vĂ©rifier son tĂ©lĂ©phone une derniĂšre fois⊠puis encore une⊠et parfois en pleine nuit. Le temps consacrĂ© au repos est littĂ©ralement remplacĂ© par du temps dâĂ©cran. Câest ce quâon appelle lâ« hypothĂšse du dĂ©placement » : chaque minute passĂ©e Ă scroller est une minute en moins pour dormir. Des experts soulignent quâavoir simplement le tĂ©lĂ©phone dans la chambre suffit Ă dĂ©grader la qualitĂ© du sommeil, mĂȘme sans usage actif. Le cerveau reste en veille, prĂȘt Ă rĂ©agir Ă la moindre vibration.
Pour Ă©clairer ces mĂ©canismes, il est utile de les comparer Ă dâautres leviers de soin non mĂ©dicamenteux, comme la musicothĂ©rapie utilisĂ©e en chirurgie. LĂ oĂč la musique apaise, structure et accompagne la douleur, le flux numĂ©rique non maĂźtrisĂ© excite, fragmente lâattention et entretient une forme de tension interne. Dans les deux cas, ce sont pourtant des outils : tout dĂ©pend de la maniĂšre dont ils sont utilisĂ©s.
Il faut aussi garder en tĂȘte que la recherche sur les rĂ©seaux sociaux reste complexe. Des spĂ©cialistes rappellent quâil est difficile de mener des essais parfaits : demander Ă un groupe de sâabstenir totalement de rĂ©seaux pendant plusieurs semaines, tout en contrĂŽlant leur vie personnelle, serait quasiment impossible. De plus, dans plusieurs Ă©tudes, le temps dâĂ©cran moyen des participants reste infĂ©rieur aux 4â5 heures quotidiennes observĂ©es habituellement chez les jeunes adultes. On peut donc penser que, chez les plus gros utilisateurs, lâeffet dâune semaine de dĂ©crochement pourrait mĂȘme ĂȘtre encore plus net.
Dans ce contexte, la rĂ©flexion autour de lâ« hygiĂšne numĂ©rique » rejoint dâautres approches de prĂ©vention globale, proches par exemple dâun rĂ©gime santĂ©-planĂ©taire cĂŽtĂ© alimentation : il ne sâagit pas de tout supprimer, mais de retrouver une maniĂšre plus saine, plus durable de consommer. Pour les Ă©crans, une semaine de pause ciblĂ©e est une façon concrĂšte de tester ce nouvel Ă©quilibre, sans pression dĂ©finitive.
Ă partir de lĂ , la question devient trĂšs pratique : comment sâorganiser pour tenir ces sept jours sans se sentir puni, ni coupĂ© du monde ?
Comment préparer une semaine sans réseaux sociaux sans se sentir puni ?
Une pause rĂ©ussie commence rarement par un geste brutal du type « tout supprimer du jour au lendemain ». Pour la plupart des personnes, la clĂ© est la prĂ©paration. La premiĂšre Ă©tape consiste Ă clarifier lâobjectif : veut-on amĂ©liorer son sommeil ? Diminuer lâanxiĂ©tĂ© ? Retrouver du temps pour un projet personnel ? Mettre des mots sur son intention donne du sens Ă lâeffort et motive dans les moments de tentation.
Ensuite, il est utile de choisir la forme de la semaine sans rĂ©seaux. Certaines personnes optent pour un arrĂȘt total des applications sociales. Dâautres prĂ©fĂšrent un cadre prĂ©cis : pas de rĂ©seaux aprĂšs 19 h, aucune connexion avant 9 h, ou seulement 20 minutes le midi. LâĂ©tude mentionnĂ©e plus haut laissait les participants libres de sâorganiser, et beaucoup ont simplement rĂ©duit fortement leur temps dâĂ©cran. Le point commun : un engagement clair, formulĂ© Ă lâavance.
Un thĂ©rapeute spĂ©cialisĂ© dans lâaccompagnement des jeunes recommande aux familles de co-construire ce cadre avec lâadolescent plutĂŽt que de lâimposer. Par exemple, dĂ©cider ensemble de rĂ©duire de 25 % le temps dâĂ©cran dans un premier temps, puis de viser la semaine quasi sans rĂ©seaux une fois lâajustement fait. Cette approche graduelle Ă©vite les conflits et augmente les chances de rĂ©ussite.
Pour rendre cette semaine plus douce, un Ă©lĂ©ment est souvent oubliĂ© : prĂ©voir quoi faire Ă la place. Sans alternative, lâennui risque de pousser Ă la rechute. Une liste dâidĂ©es peut aider :
- đ Reprendre un livre laissĂ© de cĂŽtĂ© ou en dĂ©couvrir un nouveau
- đ¶ Sortir marcher 20â30 minutes chaque jour, seul(e) ou avec un proche
- đ§âđł Cuisiner un plat simple mais maison, en prenant son temps
- đ¶ Ăcouter de la musique sans Ă©cran, simplement en Ă©tant prĂ©sent Ă ce quâon entend
- 𧩠Organiser une soirée jeux de société, cartes ou discussions sans téléphone sur la table
- đ§ Tester une courte sĂ©ance de respiration ou de relaxation guidĂ©e
Chaque activitĂ© choisie remplace un crĂ©neau de scroll habituel. Une astuce consiste Ă repĂ©rer les « moments piĂšges » de la journĂ©e : dans le bus, au lit, pendant les files dâattente. Ă partir de lĂ , on peut dĂ©cider dâune option de secours (un livre audio, un podcast, un carnet pour Ă©crire ses idĂ©es) pour ne pas retomber dans le geste rĂ©flexe de sortir son tĂ©lĂ©phone.
LâexpĂ©rience de la semaine sans rĂ©seaux peut aussi sâinscrire dans un cadre plus large de soin de soi, Ă lâimage des dĂ©marches de bien-ĂȘtre proposĂ©es dans certains pĂŽles de santĂ© locaux, comme le pĂŽle santĂ© et bien-ĂȘtre du Thor. LâidĂ©e est la mĂȘme : multiplier de petites actions cohĂ©rentes qui, mises bout Ă bout, reconstruisent un Ă©quilibre plus sain entre corps et esprit.
En prĂ©parant ainsi sa semaine, on ne se lâimpose pas comme une punition, mais on la vit comme une expĂ©rience Ă tester, un peu comme un dĂ©fi sportif ou un nouveau projet de vie. Cette posture change tout : au lieu de subir lâabsence de rĂ©seaux, on dĂ©couvre ce que cette absence permet.
Stratégies au quotidien : remplacer le scroll par des routines qui apaisent
Une fois la semaine lancĂ©e, le nerf de la guerre, ce sont les routines. Le but nâest pas seulement de rĂ©sister Ă lâenvie de se connecter, mais de crĂ©er des habitudes nouvelles, plus apaisantes, qui auront envie dâĂȘtre conservĂ©es aprĂšs la semaine. Le matin, par exemple, beaucoup ouvrent les yeux sur leurs notifications. Remplacer ce geste par trois respirations profondes, un verre dâeau et quelques Ă©tirements change dĂ©jĂ le ton de la journĂ©e.
Le soir, la plupart des Ă©tudes sur le sommeil recommandent de couper les Ă©crans au moins 30 Ă 60 minutes avant de se coucher. Pendant cette semaine, transformer cette rĂšgle en rendez-vous avec soi-mĂȘme peut faire une vraie diffĂ©rence. Lecture lĂ©gĂšre, cahier de gratitude, musique calme, douche chaude : chaque personne trouvera sa combinaison. Lâobjectif est de signaler au cerveau que la journĂ©e se termine, sans le plonger dans un flot dâinformations.
Pour rendre ces changements concrets, un tableau peut aider Ă visualiser les effets ressentis jour aprĂšs jour :
| Jour de la semaine đ | Temps de rĂ©seaux sociaux â±ïž | Humeur ressentie đ | QualitĂ© du sommeil đŽ |
|---|---|---|---|
| Lundi | 15 min | Stress modéré, un peu nerveux | Endormissement difficile |
| Mercredi | 5 min | Plus calme, concentration meilleure | Nuit plus continue |
| Vendredi | 0 min | Sensation de légÚreté, moins de rumination | Sommeil profond, réveil reposé |
Prendre deux minutes par jour pour remplir ce type de tableau crĂ©e un effet miroir. On voit noir sur blanc le lien entre temps dâĂ©cran, humeur et repos. Cette prise de conscience motive Ă poursuivre les efforts, parfois bien plus que nâimporte quel discours thĂ©orique.
Au fil des jours, plusieurs personnes remarquent Ă©galement une meilleure capacitĂ© Ă ressentir ce qui se passe dans leur corps : faim, fatigue, tensions musculaires. Lâattention nâĂ©tant plus happĂ©e par le tĂ©lĂ©phone, elle peut se tourner vers ces signaux souvent ignorĂ©s. Câest une porte dâentrĂ©e vers des ajustements trĂšs concrets : se coucher plus tĂŽt, prendre une vraie pause dĂ©jeuner, aller marcher quand la pression monte.
Dans certains cas, cette semaine de pause agit comme dĂ©clencheur pour dâautres changements de mode de vie, par exemple du cĂŽtĂ© de lâactivitĂ© physique ou de lâalimentation. Des parcours inspirants, comme celui dĂ©crit Ă propos dâun sportif ayant opĂ©rĂ© un nouveau dĂ©part pour sa santĂ©, montrent que ces ajustements progressifs, rĂ©pĂ©tĂ©s, finissent par transformer en profondeur la façon de vivre son corps et son mental.
Chaque petite routine installĂ©e durant cette semaine devient une brique pour une vie moins saturĂ©e et un esprit plus tranquille. Lâenjeu est ensuite de dĂ©cider lesquelles garder durablement.
Et aprÚs la semaine sans réseaux sociaux ? Installer des garde-fous durables
Une fois les sept jours écoulés, le risque est de retomber rapidement dans les anciens réflexes. Pour éviter cet effet « yo-yo numérique », il est utile de prévoir dÚs le départ un plan de sortie. PlutÎt que de réinstaller toutes les applications et de se reconnecter comme avant, beaucoup gagnent à instaurer quelques garde-fous simples.
Une option efficace consiste Ă se fixer des plages horaires sans rĂ©seaux, par exemple pendant les repas, la premiĂšre heure aprĂšs le rĂ©veil et lâheure qui prĂ©cĂšde le coucher. Pour dâautres, câest lâidĂ©e de garder une journĂ©e par semaine totalement off qui fonctionne le mieux. Un peu comme un sabbat numĂ©rique, cette journĂ©e rĂ©gule en continu lâimpact des Ă©crans sur le moral et le sommeil.
Certains choisissent aussi de trier leurs abonnements et contacts. Ne garder que les comptes qui informent, inspirent ou font vraiment du bien, et se dĂ©sabonner des flux anxiogĂšnes ou culpabilisants, est un geste puissant. On peut sâinspirer ici des dĂ©marches de prĂ©vention globale portĂ©es lors dâĂ©vĂ©nements comme la JournĂ©e santĂ© sexuelle : trier, protĂ©ger, choisir ce qui est bon pour soi, y compris dans lâunivers numĂ©rique.
Dans cette logique, la semaine sans rĂ©seaux devient un laboratoire. On y teste ce qui aide Ă se sentir mieux : promenades, temps avec les proches, activitĂ©s crĂ©atives, moments de silence. Puis on garde ce qui a le plus dâeffet. Ces choix sâadditionnent aux autres leviers de soutien psychique â accĂšs aux soins, psychothĂ©rapie, traitements quand ils sont nĂ©cessaires â dĂ©jĂ encouragĂ©s par des initiatives comme celles dĂ©crites autour de lâaccĂšs aux mĂ©dicaments de santĂ© mentale dans le monde.
Pour celles et ceux qui accompagnent un proche (parents, aidants, soignants), proposer ce type de semaine comme une expĂ©rience Ă vivre ensemble peut crĂ©er une dynamique positive. Par exemple, dĂ©cider en famille ou en colocation dâun « dĂ©fi 7 jours », avec un temps de partage quotidien sur les ressentis. Ce cadre collectif renforce lâengagement et transforme la pause numĂ©rique en projet commun, plutĂŽt quâen contrainte individuelle.
Au final, ce que cette semaine apprend surtout, câest quâil est possible de vivre autrement sa relation aux Ă©crans. Cette dĂ©couverte, une fois faite, ne sâoublie plus. MĂȘme si lâon revient ensuite aux rĂ©seaux, on sait quâil existe un bouton pause. Et cette simple certitude, dĂ©jĂ , apaise.
Pour prolonger les bĂ©nĂ©fices, une petite action peut ĂȘtre mise en place dĂšs maintenant : choisir un crĂ©neau prĂ©cis, aujourdâhui, pour passer une heure entiĂšre sans tĂ©lĂ©phone, et observer ce qui change dans le corps et dans la tĂȘte. Câest souvent dans ces gestes modestes que naissent les transformations les plus durables.
Est-ce quâune semaine sans rĂ©seaux sociaux suffit vraiment Ă rĂ©duire lâanxiĂ©tĂ© ?
Les donnĂ©es disponibles montrent quâune rĂ©duction marquĂ©e de lâusage des rĂ©seaux pendant sept jours peut dĂ©jĂ diminuer les symptĂŽmes dâanxiĂ©tĂ©, de dĂ©pression et dâinsomnie, en particulier chez les jeunes adultes. Cette semaine ne remplace pas un suivi mĂ©dical ou psychologique quand il est nĂ©cessaire, mais elle peut agir comme un levier complĂ©mentaire : elle diminue les stimulations, casse le cycle de la comparaison sociale et laisse plus de place Ă des activitĂ©s qui protĂšgent le moral.
Faut-il supprimer complĂštement ses comptes pour profiter des bienfaits ?
Non. La plupart des Ă©tudes parlent de rĂ©duction forte ou de pause temporaire, pas forcĂ©ment dâarrĂȘt dĂ©finitif. Chacun peut adapter selon sa situation : dĂ©sinstaller les applications une semaine, limiter strictement les horaires, ou bloquer les notifications. Lâimportant est de crĂ©er une vraie coupure, avec un cadre clair, plutĂŽt que de rester dans une utilisation diffuse et incontrĂŽlĂ©e.
Que faire si mon travail nécessite les réseaux sociaux ?
Dans ce cas, lâobjectif nâest pas de couper totalement, mais de sĂ©parer au maximum lâusage professionnel et personnel. On peut dĂ©finir des plages rĂ©servĂ©es au travail, limiter les notifications en dehors de ces horaires, et supprimer lâusage rĂ©crĂ©atif pendant la semaine de pause. Beaucoup de professionnels constatent quâen cadrant ainsi, ils gagnent en efficacitĂ© sans nuire Ă leur activitĂ©.
Comment Ă©viter de compenser par dâautres Ă©crans (sĂ©ries, jeux vidĂ©o) ?
Le risque de remplacer un Ă©cran par un autre est rĂ©el. Pour le limiter, il est utile de planifier des activitĂ©s non numĂ©riques dĂšs le dĂ©part : sorties, sport doux, rencontres, lectures papier, cuisine. Se fixer aussi une limite globale de temps dâĂ©cran par jour, tous supports confondus, aide Ă garder un cadre global sain.
Que faire si la semaine sans réseaux fait remonter des émotions difficiles ?
Il est frĂ©quent que le silence numĂ©rique fasse apparaĂźtre des pensĂ©es ou Ă©motions jusque-lĂ masquĂ©es par le bruit des notifications. Si cela devient inconfortable, il peut ĂȘtre utile dâen parler Ă un proche de confiance, ou Ă un professionnel de santĂ©. Dans certains cas, cette pause agit comme un signal dâalerte prĂ©cieux, qui peut conduire Ă demander de lâaide et Ă engager un vrai travail sur sa santĂ© mentale.

