L’étude révèle des manques d’information et une faible fréquentation des soins postnatals

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Après un accouchement, le corps, le mental et le quotidien sont bouleversés. Pourtant, une nouvelle étude montre que de nombreuses femmes ne bénéficient pas pleinement des soins postnatals, faute d’informations claires et d’un accompagnement suffisamment visible. Une consultation pourtant essentielle, gratuite et porteuse de prévention passe encore trop souvent à la trappe, alors même qu’elle permet de parler de douleurs, de cicatrices, de contraception, d’allaitement ou de moral en chute libre.

Ce constat ne pointe pas du doigt les mères, déjà épuisées, ni les soignants, souvent débordés. Il met en lumière un maillon faible de la chaîne de soins : le suivi post-partum, encore perçu comme « optionnel » par une partie des patientes. L’étude menée en Norvège, mais dont les enseignements résonnent largement en Europe et en France, montre qu’une femme sur quatre ne se présente pas à la consultation de 6 semaines. Manque d’info, lien fragile avec le médecin traitant, idée que « tout va bien, donc pas besoin »… Les raisons sont multiples, mais les conséquences bien réelles : douleurs qui s’installent, troubles urinaires banalisés, coups de blues ignorés, isolement qui se creuse. Comprendre ces freins et les lever est devenu un enjeu majeur de santé publique.

Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
1 femme sur 4 ne vient pas à la consultation postnatale, souvent par manque d’information ou parce qu’elle ne perçoit pas l’utilité de ce rendez-vous.
✅ Les sujets jugés les plus importants par les femmes sont : expérience de l’accouchement, contraception, allaitement, douleurs/incontinences, santé mentale 🧠.
Un tiers des femmes ignore que la consultation est gratuite, ce qui freine la fréquentation alors qu’il s’agit d’un soin de prévention clé.
L’examen gynécologique proposé de manière proactive et un espace pour parler du vécu de la naissance augmentent fortement la satisfaction 🙌.
✅ Des outils nouveaux, co-construits entre médecins et patientes, commencent à structurer le contenu de la consultation pour qu’aucun sujet important ne soit oublié.

L’étude qui alerte : une fréquentation insuffisante des soins postnatals malgré une forte satisfaction

L’étude menée par la chercheuse et médecin généraliste Christine Agdestein, avec une équipe de l’Université norvégienne des sciences et technologies, éclaire d’un jour très concret la réalité des contrôles postnatals à 6 semaines. Toutes les femmes ayant accouché pendant une année dans une région de santé ont été invitées à répondre à un questionnaire : sur 1 119 femmes, 351 ont répondu. Le profil des répondantes (âge, niveau d’étude, nombre de grossesses) reflète celui de l’ensemble des femmes qui ont accouché dans le pays cette année-là, ce qui rend les résultats largement transposables.

Premier enseignement : lorsqu’elles se rendent à cette consultation, les femmes se disent en grande majorité satisfaites de leur rendez-vous. Elles apprécient particulièrement la qualité de l’échange avec le ou la généraliste, la possibilité d’aborder des thèmes variés, et le sentiment d’être écoutées dans leur globalité : corps, émotions, sexualité, organisation de la vie avec bébé. Cette satisfaction est encore plus marquée lorsque le rendez-vous inclut un examen gynécologique adapté à leurs besoins.

Mais l’autre face de la médaille est plus préoccupante : une femme sur quatre ne se présente pas à ce contrôle. Autrement dit, un quart des jeunes mères traverse les premières semaines post-partum sans ce temps médical dédié, alors que le risque de complications physiques et psychiques est élevé : infections, troubles urinaires, douleurs périnéales, fatigue extrême, dépression post-partum. Ce constat rejoint d’autres travaux sur la santé maternelle, qui décrivent encore une faible utilisation de certaines offres de soins préventifs, aussi bien en Europe que dans des contextes plus précaires, lorsque l’information est floue ou peu accessible.

Ce décalage est frappant : l’offre existe, elle est en grande partie gratuite, elle est globalement bien vécue… et pourtant, une proportion significative de femmes passe à côté. Cela montre que le problème ne se situe pas seulement au niveau du contenu médical, mais aussi du parcours d’accès : qui informe ? à quel moment ? avec quelles modalités ? comment cette consultation est-elle nommée et valorisée ?

Pour mieux comprendre, on peut imaginer le parcours de Léa, 29 ans, qui vient d’accoucher de son premier enfant dans une maternité de niveau 2. Elle sort au bout de trois jours, épuisée, la tête pleine d’indications rapides sur l’allaitement, les pleurs, les signes d’alerte. On lui glisse au passage : « Pensez à voir votre médecin dans six semaines. » Une phrase parmi des dizaines d’autres. De retour chez elle, elle jongle entre nuits hachées, rendez-vous pédiatre, visites familiales, doutes sur la montée de lait. Si personne ne l’appelle pour lui rappeler l’importance de son propre suivi, la consultation de 6 semaines risque fort de passer au second plan.

Au fil de l’analyse, l’étude souligne ainsi combien le positionnement symbolique de ce rendez-vous compte. Perçu comme un simple « contrôle de routine » sur le col de l’utérus ou la cicatrice, il paraîtra facultatif. Présenté comme un temps pour prendre soin de soi, faire le point sur sa santé globale, parler du vécu de l’accouchement et préparer la suite, il prend une tout autre dimension, à la fois médicale, psychique et sociale. C’est cette vision large des soins postnatals qui se dessine derrière les chiffres.

En ressort une idée forte : quand les femmes savent que ce rendez-vous existe, qu’il est conçu pour elles et qu’il sera respectueux de leurs besoins, elles y adhèrent massivement. Le défi n’est donc pas de créer une offre nouvelle, mais de renforcer la visibilité et la qualité d’un outil déjà là.

cette étude met en lumière les insuffisances d'information et la faible fréquentation des soins postnatals, soulignant l'importance d'améliorer l'accès et la sensibilisation pour assurer la santé des mères et des nouveau-nés.

Manques d’information sur les soins postnatals : où ça bloque concrètement ?

L’un des résultats les plus frappants de l’étude concerne le déficit d’information autour de la consultation postnatale. De nombreuses femmes découvrent trop tard son existence, ou ne savent pas vraiment ce qui va y être abordé. Certaines croient même qu’il s’agit uniquement d’un contrôle centré sur l’utérus ou la contraception, sans imaginer qu’on peut y parler aussi du moral, des douleurs, des fuites urinaires ou du couple.

Les chiffres sont parlants : seulement 44 % des femmes déclarent avoir reçu des informations à la maternité sur ce suivi. Une légère majorité, donc, mais qui laisse tout de même plus d’une femme sur deux repartir sans explication claire. Les sages-femmes de ville ou de PMI font parfois mieux, avec environ 52 % des femmes informées par une sage-femme municipale. Entre amies, la transmission existe aussi : près de 18 % des femmes affirment avoir appris l’existence de la consultation via leur entourage 🗣️. Enfin, 11 % mentionnent les réseaux sociaux comme source de découverte.

Dans la réalité du terrain, cela se traduit par un message global flou. Certaines jeunes mères entendent vite fait qu’il « faudra voir le généraliste », sans précision sur le quand, le pourquoi ni le comment prendre rendez-vous. D’autres, surtout lorsqu’elles ont vécu un accouchement difficile, se souviennent encore moins bien des informations reçues à la sortie. La fatigue, la douleur, le petit bébé à installer dans le cosy, les papiers administratifs… Tout cela forme une sorte de brouillard où même des messages importants se perdent.

Les soignants, eux aussi, travaillent souvent sous pression, notamment dans les maternités où les séjours sont de plus en plus courts. Le temps d’échanger en profondeur sur les suites à prévoir, les ressources en ville, le rôle du médecin traitant, est parfois réduit à quelques minutes. Ce contexte explique en partie pourquoi la consultation postnatale, pourtant essentielle, n’est pas toujours présentée comme un rendez-vous structuré, avec une date cible et des objectifs clairs.

Un autre point déterminant concerne le coût. L’étude montre que 32 % des femmes ignoraient que la consultation postnatale est gratuite ou prise en charge dans le cadre du système de santé. Ce simple malentendu peut suffire à décourager certaines patientes, en particulier celles qui ont déjà avancé des frais pour des consultations, des examens ou du matériel pour bébé. Dans des foyers où chaque euro compte, un rendez-vous perçu comme « en plus » devient vite secondaire si on croit qu’il sera payant 💸.

Pour rendre les choses plus claires, certains systèmes de santé testent déjà des supports simples, par exemple une fiche remise en maternité, avec un message explicite : « Votre consultation postnatale de 6 semaines : un rendez-vous important, pris en charge, pour faire le point sur votre santé ». L’idée est de donner des repères concrets : à quelle date viser le rendez-vous, quels sujets possibles, comment préparer la consultation, quels symptômes doivent alerter.

Voici, par exemple, les canaux par lesquels les femmes disent le plus souvent avoir été informées de la consultation postnatale :

  • 🏥 Maternité : information orale à la sortie, parfois associée à un livret ou un carnet de suivi.
  • 🧑‍⚕️ Sage-femme libérale ou municipale : rappel pendant la grossesse ou lors d’une visite à domicile.
  • 👩‍⚕️ Médecin généraliste : information donnée en fin de grossesse ou lors d’une consultation antérieure.
  • 👯‍♀️ Familles et amies : bouche-à-oreille, retours d’expérience, conseils pratiques.
  • 📱 Réseaux sociaux, sites santé, forums : posts d’associations, témoignages de mères, contenus éducatifs.

L’enjeu, désormais, est de passer d’une information dispersée et parfois tardive, à un parcours clair et répété : pendant la grossesse, à la maternité, puis via un rappel (SMS, mail, appel) quelques semaines après la naissance. Car, dans ces périodes de vie remplies d’émotions et de nuits courtes, un message dit une seule fois a toutes les chances d’être oublié. La clé, c’est la répétition bienveillante, sans culpabilité, pour rappeler aux femmes qu’elles aussi ont droit à leur rendez-vous.

Cette réflexion sur l’information ouvre naturellement sur une autre question : que se passe-t-il pendant cette consultation, quand elle a lieu ?

Ce que les femmes attendent d’une consultation postnatale complète et utile

L’étude d’Agdestein permet de voir très précisément ce que les femmes jugent important durant la consultation postnatale. Le résultat est clair : elles ne viennent pas seulement pour « vérifier que tout est cicatrisé ». Elles attendent un temps global, qui embrasse le corps, le vécu de la naissance, le projet de contraception, l’allaitement, mais aussi la santé mentale.

Les sujets les plus souvent cités comme « importants » ou « très importants » sont les suivants :

Thème abordé Part des femmes le jugeant important ou très important
🍼 Vécu et expérience de l’accouchement ≈ 61 %
💊 Contraception après l’accouchement ≈ 55 %
🤱 Allaitement, difficultés, douleurs ≈ 53 %
⚕️ Lésions périnéales, douleurs pelviennes ≈ 52 %
🧠 Santé mentale, moral, risque de dépression ≈ 40 %

On voit bien que la consultation idéale, du point de vue des mères, n’est pas centrée sur un seul problème. C’est un moment où tout peut être posé : les questions de sexualité qui inquiètent, les fuites urinaires banalisées, les flash-backs d’un accouchement difficile, les hésitations autour d’une pilule ou d’un stérilet, les doutes face à un allaitement qui fait mal.

Un levier majeur de satisfaction est la possibilité de revenir sur l’expérience de la naissance. Beaucoup de femmes sortent de la maternité avec des souvenirs brumeux : gestes techniques en urgence, mots entendus à moitié, sentiment de ne pas avoir tout compris. Pouvoir revoir les faits avec un professionnel, poser des questions, exprimer ce qui a été traumatisant ou au contraire rassurant, aide à « recoller les morceaux ». C’est aussi un moyen de prévenir certaines séquelles psychiques qui, laissées sans parole, peuvent nourrir des angoisses ou des difficultés dans les grossesses futures.

Autre point clé : la demande d’examen gynécologique

La contraception post-partum fait aussi partie des grands thèmes, souvent sous-estimés dans l’urgence du quotidien avec un nourrisson. Or, les grossesses rapprochées peuvent être éprouvantes pour le corps et la santé mentale, en particulier après un accouchement compliqué. Discuter sereinement des options (préservatifs, pilule, stérilet, implants, allaitement et fertilité) permet d’éviter des surprises et de redonner aux femmes du pouvoir sur leur corps.

Enfin, la santé mentale occupe une place croissante dans ces consultations. 40 % des femmes estiment important d’en parler, et dans 60 % des rendez-vous, le sujet est effectivement abordé. C’est un progrès majeur : les généralistes sont de plus en plus attentifs aux signes de dépression post-partum, dont la fréquence a augmenté ces dernières années dans plusieurs pays, notamment depuis les périodes de confinement et la montée de l’isolement social. Poser des questions simples (« comment se passent les journées ? », « arrive-t-il que vous vous sentiez dépassée ou très triste ? ») peut ouvrir la porte à une prise en charge précoce 🧠.

Pour rendre ce moment vraiment utile, plusieurs pistes concrètes se dégagent :

  • 🗂️ Préparer quelques questions à l’avance : noter dans un carnet tout ce qui inquiète, même si ça paraît « bête ».
  • 👨‍👩‍👧 Venir avec un proche si besoin : parfois, un conjoint ou une amie aide à se souvenir des points importants.
  • Demander suffisamment de temps : signaler au secrétariat qu’il s’agit d’un contrôle postnatal, pour éviter un créneau trop court.
  • 🙏 Dire clairement ce qu’on attend : examen gynécologique, conseils allaitement, éclaircissements sur l’accouchement, etc.

Une consultation postnatale réussie, ce n’est pas celle où « on ne trouve rien », mais celle où la femme repart rassurée, comprise et équipée pour la suite.

Ce regard sur le contenu de la consultation amène ensuite à analyser pourquoi, malgré tout, tant de femmes ne franchissent pas la porte du cabinet.

Pourquoi une femme sur quatre ne vient pas : comprendre les vrais freins à la fréquentation des soins postnatals

Le chiffre revient tout au long de l’étude : environ 25 % des femmes ne se présentent pas à la consultation postnatale. Pour aller au-delà des impressions, les chercheurs ont identifié plusieurs raisons récurrentes, qui se combinent souvent entre elles. Les analyser permet d’éviter les jugements rapides et de construire des réponses adaptées.

Premier obstacle : l’absence de médecin généraliste référent. Dans plusieurs régions, y compris en France, trouver un médecin traitant est devenu un parcours du combattant, surtout dans les zones rurales ou sous-dotées. Quand une femme n’a pas de généraliste attitré, ou si celui-ci est difficilement joignable, la marche pour organiser un rendez-vous supplémentaire après l’accouchement devient très haute. Certaines renoncent tout simplement, faute d’interlocuteur identifié.

Deuxième frein : la perception d’inutilité. Beaucoup de mères expliquent qu’elles « ne voyaient pas l’intérêt » de consulter, parce qu’elles se sentaient globalement bien, ou pensaient que cette visite ne ferait que répéter ce qui avait déjà été vu à la maternité. Dans un contexte où tout tourne autour du bébé, où les nuits sont courtes et les déplacements fatigants, difficile de réserver du temps pour un soin vécu comme « du bonus ». Là encore, la manière dont la consultation est présentée joue un rôle central : contrôle purement médical, ou véritable espace de parole et d’écoute ?

Troisième point : de mauvaises expériences précédentes. Quelques femmes évoquent des consultations de grossesse où elles se sont senties jugées, peu écoutées, ou interrompues. D’autres ont l’impression que leurs douleurs ou leurs peurs ont été minimisées. Dans ces conditions, revenir au même cabinet après l’accouchement demande du courage. Certaines choisissent d’éviter d’exposer à nouveau leur intimité, quitte à négliger leur propre santé.

Quatrième barrière : l’ignorance pure et simple de l’existence de l’offre. L’étude montre qu’une part non négligeable des femmes ne savait pas qu’une consultation spécifique était recommandée autour de 6 semaines. Pour elles, les seuls rendez-vous évidents sont ceux du bébé (pédiatre, vaccinations, pesées). Leur propre suivi se réduit parfois à une surveillance intuitive : « si je n’ai pas trop mal et que je me lève, c’est que ça va ». On imagine facilement comment ce type de perception peut laisser dans l’ombre des signes plus discrets : fatigue profonde, tristesse persistante, douleurs à la reprise des rapports sexuels, envies d’uriner très fréquentes…

Un élément particulièrement inquiétant mis en évidence par l’étude : les femmes les plus à risque (maladies chroniques, grossesses à haut risque, complications obstétricales) ne consultent pas plus que les autres. Autrement dit, celles qui auraient le plus besoin d’un suivi serré ne sont pas mieux captées par le système. Ce paradoxe existe dans d’autres domaines de la santé : les publics les plus fragiles sont parfois ceux qui utilisent le moins les services disponibles, faute de relais, d’accompagnement, ou simplement d’énergie pour franchir toutes les étapes.

Face à ces constats, plusieurs pistes concrètes s’esquissent :

  • 📞 Relances actives : SMS, appel ou mail de rappel quelques semaines après l’accouchement, pour proposer un créneau et rappeler la gratuité.
  • 🤝 Coordination maternité–ville : prise de rendez-vous avant la sortie, avec le généraliste ou une sage-femme, plutôt que de laisser la charge à la patiente.
  • 🏡 Offres souples : possibilité de téléconsultations pour certaines questions, ou de visites à domicile par une sage-femme quand la mobilité est compliquée.
  • 🌍 Adaptation culturelle et linguistique : supports traduits, médiateurs de santé, explications simplifiées pour atteindre toutes les femmes, y compris celles éloignées du système de soins.

Ces solutions ont un point commun : elles déplacent une partie de la charge mentale du côté des institutions, et non plus uniquement des patientes. Car demander à une jeune mère épuisée, parfois isolée, de tout organiser et tout anticiper, revient souvent à accepter qu’une partie d’entre elles restera sur le bord du chemin.

Comprendre ces freins n’est pas un constat d’échec, c’est un point de départ pour repenser la manière d’accompagner le post-partum.

Pour transformer ces constats en actions, de nouveaux outils commencent justement à voir le jour.

Nouveaux outils pour des soins postnatals plus accessibles, personnalisés et efficaces

L’un des apports les plus intéressants de l’étude d’Agdestein est qu’elle ne se contente pas de décrire les problèmes. Elle sert de base à la création d’outils concrets pour améliorer les soins postnatals. En collaboration avec d’autres chercheurs et des soignants de terrain, un prototype d’outil partagé a été développé : il est pensé pour être utilisé à la fois par les médecins généralistes et par les patientes.

Le principe est simple : proposer une sorte de feuille de route du rendez-vous postnatal. Avant la consultation, la femme reçoit un document (papier ou numérique) qui présente :

  • 📋 Les grands thèmes possibles : vécu de l’accouchement, cicatrisation, douleurs, allaitement, contraception, sommeil, moral, sexualité, retour au travail.
  • Un espace pour prioriser : elle peut cocher les sujets les plus importants pour elle, pour être sûre de ne pas les oublier le jour J.
  • 🩺 Des rappels pratiques : consultation gratuite ou remboursée, durée approximative, possibilité d’examen gynécologique proposé systématiquement.

De son côté, le médecin dispose d’un support similaire, qui lui rappelle les sujets à ne pas négliger et les questions simples à poser pour dépister des difficultés physiques ou psychiques. L’idée n’est pas d’imposer une check-list rigide, mais de structurer l’échange, afin que le temps disponible soit utilisé au mieux, sans oublier des besoins essentiels. Pour Léa, la jeune maman évoquée plus haut, cela signifie qu’elle peut arriver au rendez-vous avec un papier où elle a noté : « comprendre ce qui s’est passé pendant ma césarienne », « parler de mes douleurs quand je marche », « savoir si je peux reprendre la course à pied », « évoquer ma fatigue et mes pleurs le soir ».

Ce type d’outil répond à plusieurs enjeux :

1. Redonner du pouvoir aux patientes 🧡

En les invitant à choisir ce qu’elles veulent aborder, on renforce l’autonomie et l’estime de soi. Elles ne sont plus seulement « examinées », elles deviennent actrices de leur suivi. Cela peut particulièrement aider celles qui ont du mal à poser des questions sur la sexualité, l’incontinence ou le moral.

2. Aider les médecins à ne rien oublier 🩺

Dans le rythme chargé d’une consultation de médecine générale, avoir un support permet de repérer les angles morts. Par exemple, si le temps file, le professionnel verra tout de suite qu’aucune question sur le moral n’a été posée et pourra, même rapidement, vérifier qu’il n’y a pas de signe de dépression post-partum.

3. Améliorer la qualité globale des soins 📈

Quand les thèmes importants sont abordés et que la femme se sent entendue, la satisfaction augmente. Or, une expérience positive renforce la probabilité qu’elle reviendra pour d’autres suivis de santé, qu’elle recommandera cette consultation à ses amies, et qu’elle osera parler tôt si un problème apparaît. Au niveau de la santé publique, cela peut contribuer à réduire les complications tardives et à repérer plus tôt les situations à risque.

Dans plusieurs pays européens, des réflexions sont aussi en cours pour intégrer davantage les sages-femmes libérales ou territoriales dans ce suivi, en complément du médecin généraliste. Certaines mères se sentent plus à l’aise avec une professionnelle dont le cœur de métier est justement la période périnatale. D’autres apprécient la stabilité de leur médecin traitant, qui connaît leur histoire médicale sur la durée. L’enjeu n’est pas d’opposer ces approches, mais de les articuler : proposer, selon les territoires, des parcours où la femme peut choisir l’interlocuteur principal qui lui convient le mieux.

On voit également se développer des ressources numériques fiables : fiches d’information officielles, programmes audio pour aider à repérer les signes de mal-être, plateformes permettant de poser des questions aux soignants. L’important est de bien distinguer ces contenus validés médicalement des conseils approximatifs qu’on peut trouver sur certains réseaux sociaux, où se mêlent témoignages précieux et idées fausses 😕.

Au final, cette nouvelle génération d’outils poursuit un même but : faire en sorte qu’aucune femme ne traverse son post-partum en silence, en pensant que ses douleurs, ses peurs ou sa tristesse sont « normales » et qu’elle doit juste tenir. Les soins postnatals, quand ils sont bien pensés, sont là pour rappeler qu’après la naissance d’un bébé, la santé de la mère reste une priorité.

À partir de quand faut-il prendre rendez-vous pour la consultation postnatale ?

La consultation postnatale est généralement recommandée autour de la 6e semaine après l’accouchement. L’idéal est de prévoir le rendez-vous dès la fin de la grossesse ou au moment de la sortie de maternité, afin d’être sûre d’avoir un créneau adapté. Si ce délai est dépassé, il n’est jamais trop tard : mieux vaut consulter même à 2 ou 3 mois post-partum que ne pas venir du tout.

Que dire au médecin si tout semble « aller bien » ?

Même si tout paraît bien se passer, la consultation permet de vérifier la cicatrisation, de parler de contraception, de faire le point sur le moral, la fatigue, la sexualité, le sommeil, et de poser toutes les questions en suspens. On peut simplement expliquer au médecin que l’on souhaite s’assurer que la récupération se déroule normalement et profiter de ce moment pour aborder les sujets qui préoccupent, même s’ils semblent mineurs.

Que faire si l’on n’a pas de médecin généraliste ?

Si aucun médecin traitant n’est disponible, plusieurs options existent : se rapprocher d’une sage-femme libérale ou de PMI pour un suivi postnatal, contacter un centre de santé ou une maison de santé pluridisciplinaire, ou demander à la maternité des coordonnées de professionnels partenaires. Dans beaucoup de territoires, les sages-femmes peuvent assurer une partie ou la totalité de la consultation postnatale.

L’examen gynécologique est-il obligatoire pendant la consultation postnatale ?

Non, il n’est pas obligatoire, mais il est recommandé de le proposer systématiquement. La patiente reste libre de l’accepter ou de le refuser. Cet examen permet de vérifier la cicatrisation, l’état du périnée, de repérer d’éventuelles lésions ou douleurs anormales et d’envisager si besoin une rééducation périnéale. L’important est que la femme soit informée et puisse choisir en connaissance de cause.

Quels signes doivent pousser à consulter sans attendre la visite des 6 semaines ?

Il est conseillé de consulter rapidement en cas de fièvre, de saignements très abondants, de douleurs pelviennes intenses, de brûlures urinaires, d’odeurs anormales, de douleurs thoraciques ou respiratoires, mais aussi en cas de tristesse persistante, d’angoisses fortes, d’idées noires ou de difficultés à s’occuper de son bébé. Dans ces situations, il ne faut pas attendre : une consultation en urgence ou un contact avec les services de garde s’impose.

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