Les aliments ultra-transformĂ©s ont pris une place centrale dans les assiettes, souvent sans que lâon mesure vraiment ce que cela implique pour le corps. Dâun cĂŽtĂ©, ces produits rendent le quotidien plus simple : ils se conservent longtemps, se prĂ©parent vite, plaisent aux enfants. De lâautre, une sĂ©rie de travaux scientifiques, renforcĂ©s en 2025, alerte sur un lien entre forte consommation dâultra-transformĂ©s et augmentation des cancers, des maladies cardiovasculaires, du diabĂšte ou encore de la mortalitĂ© prĂ©maturĂ©e. Les chercheurs ne se contentent plus de constater ce lien : ils cherchent maintenant Ă comprendre ce qui, dans ces aliments, est rĂ©ellement problĂ©matique đ§Ș.
Est-ce leur composition nutritionnelle, souvent riche en sucres ajoutĂ©s, sel et graisses saturĂ©es, ou bien la maniĂšre dont ils sont fabriquĂ©s, câest-Ă -dire la transformation industrielle elle-mĂȘme (additifs, procĂ©dĂ©s mĂ©caniques, texture, structure de lâaliment)âŻ? Plusieurs Ă©quipes internationales se sont attelĂ©es Ă cette question Ă travers des essais contrĂŽlĂ©s, dont un protocole dĂ©taillĂ© rĂ©cemment dans la revue Clinical Contemporary Trials. Ă la clĂ©, un enjeu trĂšs concret : adapter les recommandations de santĂ© publique, mais aussi aider chacun Ă faire des choix alimentaires plus Ă©clairĂ©s, sans culpabilitĂ© ni discours culpabilisants.
Aliments ultra-transformés et transformation industrielle : ce que les scientifiques cherchent à éclaircir
Les aliments ultra-transformĂ©s, souvent abrĂ©gĂ©s en UPF (Ultra-Processed Foods), dĂ©signent des produits fabriquĂ©s Ă partir de formulations industrielles complexes. Ils combinent des ingrĂ©dients issus de lâextraction (farines raffinĂ©es, isolats de protĂ©ines, sirops, huiles modifiĂ©es) et une longue liste dâadditifs. Pour les classer, de nombreux chercheurs utilisent aujourdâhui la classification NOVA, qui distingue quatre grands groupes : des aliments bruts ou peu transformĂ©s aux produits ultra-transformĂ©s du groupe 4.
Dans les Ă©tudes de cohorte, les rĂ©gimes les plus riches en UPF sont associĂ©s Ă un risque plus Ă©levĂ© de cancers, de maladies cardiovasculaires, de diabĂšte de type 2 et de mortalitĂ© toutes causes confondues. Ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par des mĂ©ta-analyses, suffisamment solides pour que plusieurs agences de santĂ©, dont lâAnses en France, parlent aujourdâhui dâun vĂ©ritable enjeu mondial. Pourtant, un point reste flou : est-ce le produit lui-mĂȘme, ou la façon de le consommer, qui pose problĂšmeâŻ?
Un avis scientifique majeur publiĂ© en 2025 a dâailleurs soulignĂ© quâil nâexistait pas encore de consensus pour dire que tous les aliments ultra-transformĂ©s Ă©taient aussi dangereux les uns que les autres pour le cĆur et les artĂšres. Cet avis insistait sur la nĂ©cessitĂ© de distinguer plusieurs dimensions : la qualitĂ© nutritionnelle (taux de sel, sucres, graisses) et le degrĂ© de transformation industrielle (type de procĂ©dĂ©s, prĂ©sence dâadditifs, structure de lâaliment). Cette nuance est cruciale pour la vie quotidienne : il ne sâagit plus simplement dâĂ©tiqueter âbonâ ou âmauvaisâ, mais de comprendre ce qui, dans ces produits, rend la situation plus risquĂ©e.
Les recherches rĂ©centes sâinscrivent dans un mouvement plus large : mieux comprendre comment le corps rĂ©agit Ă ce quâil perçoit comme un intrus. Certaines Ă©quipes ont par exemple montrĂ© que les UPF pouvaient dĂ©clencher des rĂ©ponses inflammatoires proches de celles suscitĂ©es par un agent infectieux. Dâautres interrogent le rĂŽle de la barriĂšre intestinale, ou encore des microplastiques prĂ©sents dans la chaĂźne alimentaire, sujet dĂ©taillĂ© dans des travaux comme ceux prĂ©sentĂ©s sur les recherches sur les microplastiques en laboratoire đ.
Cette accumulation de donnĂ©es ne signifie pas que tout est Ă jeter, mais quâun tri sâimpose. La vraie question devient alors : comment faire la part entre ce qui relĂšve du profil nutritionnel et ce qui dĂ©pend de la transformation elle-mĂȘmeâŻ? Câest prĂ©cisĂ©ment ce que tentent de mesurer les grands essais contrĂŽlĂ©s en cours.
Pour le lecteur, lâenjeu est simple : savoir comment adapter son assiette sans se perdre dans des dĂ©bats techniques.

Classification NOVA et notion de nocivité : un outil utile mais à manier avec prudence
La classification NOVA est trĂšs utilisĂ©e dans les Ă©tudes pour distinguer les aliments selon leur degrĂ© de transformation. Elle a permis de mettre en Ă©vidence des tendances fortes entre consommation dâUPF et maladies chroniques. Toutefois, elle ne dit pas tout. Certains aliments classĂ©s en groupe 4 peuvent avoir un profil nutritionnel correct, alors que des aliments moins transformĂ©s peuvent ĂȘtre trĂšs salĂ©s ou trĂšs sucrĂ©s.
Câest pourquoi de plus en plus de chercheurs plaident pour une approche combinĂ©e, croisant degrĂ© de transformation et qualitĂ© nutritionnelle. ConcrĂštement, cela revient Ă se poser deux questions lorsque lâon tient un paquet Ă la main : âĂ quel point ce produit a-t-il Ă©tĂ© modifiĂ© par lâindustrieâŻ?â et âQuel est son impact probable sur le cĆur, la glycĂ©mie, le poidsâŻ?â.
Ce double regard permet dâĂ©viter de tomber dans les extrĂȘmes et redonne une certaine souplesse au quotidien, en particulier pour les personnes qui nâont pas le temps ou lâĂ©nergie de cuisiner chaque jour.
Un essai contrÎlé pour distinguer transformation et composition nutritionnelle des ultra-transformés
Pour sortir des dĂ©bats thĂ©oriques, une Ă©quipe de recherche internationale a Ă©laborĂ© un essai contrĂŽlĂ© randomisĂ© (ECR) selon un plan factoriel 2 Ă 2. Lâobjectif : comprendre, chez des adultes en bonne santĂ©, comment se combinent deux facteurs dans les aliments ultra-transformĂ©s : le degrĂ© de transformation industrielle (Ă©levĂ© ou faible) et la composition nutritionnelle (pauvre ou riche en graisses saturĂ©es, sucres ajoutĂ©s et sodium). Les scientifiques souhaitent ainsi dĂ©mĂȘler ce qui revient Ă la âfaçon de fabriquerâ et ce qui tient au âcontenu de lâassietteâ đœïž.
Les participants ont entre 18 et 75 ans, avec un IMC compris entre 18 et 35 kg/mÂČ, un poids stable et des paramĂštres mĂ©taboliques dans les normes (LDL-cholestĂ©rol, tension artĂ©rielle, HbA1c). Les personnes souffrant de diabĂšte, de pathologie cardiovasculaire, dâhypertension ou de cancer sont exclues, tout comme celles prenant des mĂ©dicaments pour la tension, les lipides ou le diabĂšte. Les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes consommant beaucoup dâalcool ou ayant des allergies alimentaires importantes ne sont pas retenues, afin de ne pas fausser les rĂ©sultats ni mettre en danger leur santĂ©.
Les volontaires sont répartis aléatoirement en quatre groupes, chacun suivant pendant six semaines un régime spécifique :
- đ„ Faible UPF + profil nutritionnel âfavorableâ : peu de produits ultra-transformĂ©s, peu de graisses saturĂ©es, sucres ajoutĂ©s et sel.
- đ© Faible UPF + profil âdĂ©favorableâ : peu dâUPF, mais apports Ă©levĂ©s en graisses saturĂ©es, sucres et sodium.
- đ„Ż Haut UPF + profil âfavorableâ : beaucoup dâUPF, mais formulĂ©s pour limiter graisses saturĂ©es, sucres et sel.
- đ Haut UPF + profil âdĂ©favorableâ : beaucoup dâUPF et excĂšs de graisses saturĂ©es, sucres ajoutĂ©s et sodium.
Les menus sont Ă©laborĂ©s sur un cycle de sept jours, standardisĂ©s Ă environ 2 500 kcal par jour, avec une rĂ©partition stable : 15 % de protĂ©ines, 50 % de glucides, 35 % de lipides. Chaque aliment du menu est classĂ© selon NOVA, du groupe 1 (peu ou pas transformĂ©) au groupe 4 (ultra-transformĂ©). Cela permet de construire des rĂ©gimes âĂ forte densitĂ© dâUPFâ et des rĂ©gimes âfaibles en UPFâ tout en ajustant le profil nutritionnel.
ConcrĂštement, les rĂ©gimes riches en UPF incluent surtout des produits commerciaux du groupe 4 : yaourts aromatisĂ©s, gaufres surgelĂ©es, biscuits emballĂ©s, spaghettis avec sauce toute prĂȘte, salade de chou conditionnĂ©e. Les rĂ©gimes pauvres en UPF reposent au contraire sur des prĂ©parations maison : yaourt nature agrĂ©mentĂ© de sirop dâĂ©rable et de fruits surgelĂ©s, spaghettis Ă la sauce prĂ©parĂ©e en cuisine, biscuits Ă lâavoine cuits sur place, crĂȘpes faites main.
Suivi rapproché, paramÚtres cardiaques et métaboliques mesurés
Pour limiter les biais, les repas sont distribuĂ©s dans une cafĂ©tĂ©ria de recherche. Les participants viennent deux ou trois fois par semaine, consomment certains repas sur place sous surveillance, et repartent avec les portions pour le reste de la journĂ©e. Ils doivent Ă©viter lâalcool, les probiotiques, les boissons Ă©dulcorĂ©es, les complĂ©ments de fibres et certains produits de santĂ© naturels, afin de ne pas perturber les mesures.
Chaque jour, une liste de contrÎle est remplie pour vérifier la bonne observance du régime. Avant et aprÚs les six semaines, les chercheurs mesurent :
- 𩞠Le LDL-cholestĂ©rol, les triglycĂ©rides, le HDL-cholestĂ©rol et lâApoB-100.
- đ« La tension artĂ©rielle ambulatoire (de jour et sur 24 h, systolique et diastolique).
- đ§Ź La rĂ©sistance Ă lâinsuline via lâindice HOMA-IR, le glucose et lâinsuline.
Des questionnaires Ă©valuent aussi la perception de la satiĂ©tĂ©, la faim, le plaisir de manger, la perception de la âsantĂ©â des repas, ainsi que lâactivitĂ© physique. Une mesure de la composition corporelle par absorptiomĂ©trie Ă rayons X (DEXA) permet de suivre lâĂ©volution de la masse grasse et maigre.
Les analyses statistiques reposent sur des modĂšles mixtes, en âintention de traiterâ, ce qui signifie que les rĂ©sultats prennent en compte toutes les personnes incluses, mĂȘme si certaines nâont pas suivi le protocole Ă la perfection. Cette mĂ©thode reflĂšte mieux la rĂ©alitĂ© du quotidien, oĂč les rĂ©gimes âidĂ©auxâ sont rarement appliquĂ©s Ă 100 %.
Ce type dâessai offre un outil prĂ©cieux pour comprendre ce qui se joue rĂ©ellement dans lâorganisme lorsque la transformation industrielle augmente, mĂȘme Ă composition nutritionnelle Ă©gale.
Transformation, profil nutritionnel et risques cardiométaboliques : que montrent ces travaux�
Les scientifiques formulent une hypothĂšse centrale : ce nâest pas tant la transformation industrielle elle-mĂȘme qui augmenterait les risques cardiomĂ©taboliques, mais surtout la teneur Ă©levĂ©e en graisses saturĂ©es, sucres ajoutĂ©s et sel prĂ©sente dans une grande partie des UPF. Autrement dit, un aliment trĂšs transformĂ© mais formulĂ© avec un profil nutritionnel soignĂ© pourrait avoir un impact moindre quâun produit peu transformĂ© mais trĂšs riche en sel et en graisses.
Cependant, dâautres chercheurs mettent en avant ce que lâon ne voit pas directement sur lâĂ©tiquette : la structure de lâaliment, sa texture trĂšs âfacile Ă mangerâ, sa capacitĂ© Ă ĂȘtre consommĂ© rapidement, ou encore lâeffet dâadditifs multiples sur le microbiote. Des travaux rĂ©cents laissent penser que certains produits ultra-transformĂ©s pourraient ĂȘtre perçus par lâorganisme comme un intrus, dĂ©clenchant une rĂ©ponse immunitaire et inflammatoire rappelant celle dirigĂ©e contre un agent pathogĂšne đŠ .
Cette hypothĂšse fait Ă©cho aux recherches sur les cellules du tissu conjonctif et de lâimmunitĂ©, comme le montrent des articles autour du rĂŽle du fibroblaste dans la rĂ©ponse immunitaire. Le lien nâest pas direct, mais il illustre la maniĂšre dont notre corps rĂ©agit finement Ă ce quâil considĂšre comme Ă©tranger ou perturbant.
Pour résumer les grandes pistes actuellement explorées, on peut distinguer plusieurs mécanismes possibles :
| âïž MĂ©canisme suspectĂ© | đ§ ConsĂ©quence possible | â€ïž Impact potentiel sur la santĂ© |
|---|---|---|
| ExcĂšs de sucres ajoutĂ©s et de graisses saturĂ©es | Prise de poids, rĂ©sistance Ă lâinsuline, hausse du LDL | Risque accru de diabĂšte et de maladies cardiovasculaires |
| Texture trÚs molle et forte palatabilité | Manger vite, au-delà de la satiété naturelle | Surconsommation calorique, obésité |
| Additifs et émulsifiants multiples | Altération du microbiote, perméabilité intestinale | Inflammation chronique de bas grade |
| Aliments trÚs raffinés, pauvres en fibres | Pic glycémique plus rapide, faible effet rassasiant | Fatigue, grignotages, déséquilibre métabolique |
Il faut garder Ă lâesprit une limite importante de lâessai 2 Ă 2 : les rĂ©gimes sont isocaloriques, pensĂ©s pour maintenir un poids stable. Ils ne testent donc pas directement la tendance de certains UPF Ă pousser Ă manger plus lorsquâon mange Ă volontĂ©. Or, dans la vraie vie, câest souvent lĂ que le bĂąt blesse : on augmente les portions presque sans sâen rendre compte.
Ces rĂ©sultats nâinvalident pas lâintĂ©rĂȘt de la cuisine dâassemblage ou de certains produits prĂ©parĂ©s, mais ils invitent Ă se poser quelques questions simples devant un rayon de supermarchĂ© : âEst-ce que cet aliment est trĂšs sucrĂ© ou trĂšs grasâŻ?â âMâaidera-t-il Ă tenir plusieurs heures sans fringaleâŻ?â âAi-je une alternative un peu moins transformĂ©e, au moins pour une partie de mon repasâŻ?â.
Conseils pratiques : comment réduire la nocivité perçue des aliments ultra-transformés au quotidien�
AprĂšs la thĂ©orie, vient le concret. La plupart des personnes qui consultent des infirmiers Ă domicile, que ce soit Ă Marseille ou ailleurs, nâont pas envie de refaire toute leur alimentation du jour au lendemain. Entre les horaires de travail, les soins, la fatigue et parfois la prĂ©sence dâenfants, il sâagit plutĂŽt de trouver des ajustements rĂ©alistes, qui amĂ©liorent doucement la situation sans virer Ă la contrainte permanente.
Une premiĂšre piste consiste Ă repĂ©rer quelques produits ultra-transformĂ©s consommĂ©s trĂšs souvent (biscuits, boissons sucrĂ©es, plats prĂ©parĂ©s, charcuteries riches en additifs) et Ă se demander lesquels pourraient ĂȘtre remplacĂ©s ou espacĂ©s. Il peut sâagir de passer dâun dessert lactĂ© industrialisĂ© Ă un yaourt nature avec un fruit, ou dâalterner un plat prĂ©parĂ© avec un simple mĂ©lange pĂątes complĂštes + lĂ©gumes surgelĂ©s + huile dâolive.
Pour vous aider Ă y voir plus clair, certains outils dĂ©taillent comment les aliments ultra-transformĂ©s affectent diffĂ©rentes parties du corps, comme le montre par exemple lâarticle consacrĂ© aux aliments ultra-transformĂ©s et graisses au niveau des cuisses đŠ”. Ces ressources ne sont pas lĂ pour faire peur, mais pour donner des repĂšres concrets.
Quelques gestes simples peuvent déjà alléger le quotidien :
- đ„Š Glisser un aliment brut dans chaque repas (lĂ©gumes, fruit entier, poignĂ©e de noix non salĂ©es).
- đ Remplacer au moins un produit trĂšs raffinĂ© par une version plus complĂšte (pain, cĂ©rĂ©ales, pĂątes).
- đł PrĂ©parer en avance 2â3 bases maison (soupe, sauce tomate, salade de lĂ©gumineuses) pour la semaine.
- đ§ RĂ©server les boissons sucrĂ©es aux moments exceptionnels, garder lâeau comme boisson de base.
- đ± Utiliser, si cela vous aide, une application pour suivre vos habitudes alimentaires sans obsession.
Ă ce sujet, les outils numĂ©riques peuvent ĂȘtre un soutien intĂ©ressant lorsquâils restent au service du bon sens. Certains sont passĂ©s en revue dans une analyse dĂ©diĂ©e aux applications mobiles pour amĂ©liorer ses habitudes alimentaires đ±. LâidĂ©e nâest pas de tout mesurer, mais de gagner en conscience : voir noir sur blanc ce que lâon mange aide souvent Ă ajuster en douceur.
Lâessentiel reste de garder une approche souple : un plat prĂ©parĂ© partagĂ© en famille nâannule pas les efforts dâune semaine, mais si ce type de produit devient systĂ©matique, alors quelques changements ciblĂ©s peuvent avoir un rĂ©el impact sur lâĂ©nergie, la tension artĂ©rielle, la glycĂ©mie et le bien-ĂȘtre global.
Lire les étiquettes sans se noyer dans les détails
Un autre levier consiste Ă apprivoiser les Ă©tiquettes alimentaires. Inutile de devenir expert en chimie, mais certains indicateurs sont prĂ©cieux : longueur de la liste dâingrĂ©dients, prĂ©sence rĂ©pĂ©tĂ©e de sucres sous diffĂ©rentes formes, taux de sel, type de graisses. Des ressources pĂ©dagogiques existent pour vous aider Ă identifier une mauvaise alimentation Ă travers les Ă©tiquettes, comme celles prĂ©sentĂ©es sur ce guide pratique đ.
Avec un peu dâhabitude, certains rĂ©flexes se mettent en place : choisir la version sans arĂŽmes artificiels, prĂ©fĂ©rer les produits avec des ingrĂ©dients que lâon reconnaĂźt, Ă©viter les portions âgĂ©antesâ qui poussent Ă manger plus. Ces petits gestes, rĂ©pĂ©tĂ©s, participent Ă rendre votre alimentation plus maĂźtrisĂ©e, mĂȘme si les ultra-transformĂ©s gardent une place dans vos placards.
Le message de fond reste simple : chaque amĂ©lioration, mĂȘme modeste, compte pour votre cĆur, votre glycĂ©mie et votre Ă©nergie quotidienne.
Vers de nouvelles recommandations de santé publique sur les aliments ultra-transformés
Les rĂ©sultats de lâessai 2 Ă 2 et de travaux similaires vont nourrir les futures politiques nutritionnelles. Lâobjectif nâest pas seulement dâĂ©tiqueter les produits, mais dâadapter les messages de prĂ©vention. Selon que la nocivitĂ© principale soit liĂ©e au profil nutritionnel ou au degrĂ© de transformation en lui-mĂȘme, les recommandations ne seront pas tout Ă fait les mĂȘmes.
Si le facteur dĂ©terminant reste la composition nutritionnelle, les autoritĂ©s pourraient renforcer les seuils sur les graisses saturĂ©es, les sucres et le sodium, et durcir lâaccĂšs des produits les plus dĂ©sĂ©quilibrĂ©s aux Ă©coles, hĂŽpitaux ou cantines. Si, en revanche, la transformation industrielle apparaĂźt nocive mĂȘme Ă profil nutritionnel âcorrectâ, des mesures plus structurelles pourraient ĂȘtre envisagĂ©es : limitation de certains procĂ©dĂ©s, encadrement des additifs, reformulation profonde des gammes industrielles.
Dans tous les cas, les professionnels de santé auront un rÎle clé pour relayer ces informations de maniÚre accessible. Les infirmiers, notamment en soins à domicile, sont souvent en premiÚre ligne pour accompagner les patients dans ces ajustements alimentaires, au plus prÚs de leur réalité : courses, budget, fatigue, contraintes familiales.
On voit aussi Ă©merger un ensemble dâinitiatives locales, Ă Marseille et ailleurs : ateliers cuisine, accompagnement diĂ©tĂ©tique en cabinet infirmier, travail en rĂ©seau avec les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes et les pharmacies. Des plateformes dâinformation comme InfirmierMarseille.fr participent Ă ce mouvement, en mettant Ă disposition des articles clairs, ancrĂ©s dans le terrain, pour faire le lien entre grandes Ă©tudes scientifiques et gestes du quotidien.
Ă cĂŽtĂ© de la nutrition, dâautres domaines de recherche santĂ© progressent Ă©galement, quâil sâagisse de lâĂ©volution des techniques dâIRM, des approches intĂ©grĂ©es du suivi enfant-adolescent, ou encore de la comprĂ©hension de lâimpact de lâenvironnement sur la santĂ©, comme Ă©voquĂ© dans les analyses autour de la santĂ© et de lâimagerie mĂ©dicale đ„. Ensemble, ces avancĂ©es contribuent Ă un mĂȘme objectif : aider chacun Ă mieux comprendre son corps et ses choix.
Au fil des prochains mois, les rĂ©sultats complets de ces essais contrĂŽlĂ©s alimenteront probablement les dĂ©bats publics. Lâenjeu sera de transformer ces donnĂ©es en messages simples et en outils concrets, pour que chacun puisse ajuster son alimentation sans se perdre dans des polĂ©miques techniques.
Les aliments ultra-transformés sont-ils tous dangereux pour la santé�
Les Ă©tudes montrent une association claire entre forte consommation dâaliments ultra-transformĂ©s et augmentation de maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires, diabĂšte). Toutefois, tous les produits ultra-transformĂ©s ne prĂ©sentent pas le mĂȘme niveau de risque. Les scientifiques distinguent de plus en plus lâeffet de la composition nutritionnelle (trop de sucres, sel, graisses saturĂ©es) et celui de la transformation industrielle (additifs, texture, procĂ©dĂ©s). Lâobjectif actuel de la recherche est justement dâidentifier quels aspects sont les plus problĂ©matiques, afin dâadapter les recommandations sans tout diaboliser.
Comment savoir si un produit est ultra-transformé au supermarché�
Un produit est souvent considĂ©rĂ© comme ultra-transformĂ© lorsquâil contient une longue liste dâingrĂ©dients, avec des termes techniques ou des additifs que lâon nâutiliserait pas dans une cuisine domestique (Ă©mulsifiants, arĂŽmes artificiels, colorants, exhausteurs). Si la liste dâingrĂ©dients est trĂšs longue et que vous ne reconnaissez pas plusieurs Ă©lĂ©ments, il y a de grandes chances quâil sâagisse dâun aliment ultra-transformĂ©. La classification NOVA, utilisĂ©e par les chercheurs, classe ces produits dans le groupe 4.
Faut-il supprimer complÚtement les aliments ultra-transformés�
Pour la plupart des personnes, il nâest ni rĂ©aliste ni nĂ©cessaire de supprimer tous les aliments ultra-transformĂ©s. Lâobjectif principal est de rĂ©duire leur place dans lâalimentation, surtout pour les produits trĂšs sucrĂ©s, trĂšs gras et trĂšs salĂ©s. Remplacer progressivement certaines prĂ©parations par des alternatives plus simples (plats maison faciles, fruits, lĂ©gumes, produits bruts) amĂ©liore dĂ©jĂ nettement la qualitĂ© globale du rĂ©gime. Chaque petit changement compte, surtout sâil est durable.
Quels paramÚtres les scientifiques surveillent-ils pour évaluer la nocivité des ultra-transformés�
Dans les essais contrĂŽlĂ©s, les chercheurs mesurent principalement le LDL-cholestĂ©rol, les triglycĂ©rides, le HDL-cholestĂ©rol, la tension artĂ©rielle (systolique et diastolique, parfois en ambulatoire 24 h), le glucose, lâinsuline et des indices comme le HOMA-IR pour la rĂ©sistance Ă lâinsuline. Ils peuvent aussi suivre le poids, la composition corporelle, certains marqueurs inflammatoires et la perception de la satiĂ©tĂ© ou du plaisir de manger. Ces indicateurs permettent dâĂ©valuer de maniĂšre objective lâimpact des diffĂ©rents rĂ©gimes sur le risque cardiomĂ©tabolique.
Par oĂč commencer si lâon souhaite limiter les aliments ultra-transformĂ©sâŻ?
Le plus simple est de commencer par repĂ©rer deux ou trois produits ultra-transformĂ©s consommĂ©s trĂšs rĂ©guliĂšrement (boissons sucrĂ©es, biscuits, plats prĂ©parĂ©s, snacks salĂ©s). LâidĂ©e est ensuite de trouver des alternatives plus simples : eau ou infusion Ă la place dâun soda, yaourt nature et fruit plutĂŽt quâun dessert lactĂ© industriel, pĂątes complĂštes avec lĂ©gumes surgelĂ©s et huile dâolive en remplacement de certains plats prĂ©parĂ©s. Vous pouvez aussi prĂ©parer en avance quelques bases maison (soupes, salades de lĂ©gumineuses, sauces simples) pour rendre ces choix plus faciles au quotidien.

