La lutte contre la malbouffe ne se joue plus seulement dans les cuisines ou les supermarchĂ©s. Elle se joue aussi sur les Ă©crans, entre deux Ă©missions, au dĂ©tour dâune vidĂ©o ou dâun fil dâactualitĂ©. Des travaux rĂ©cents montrent quâun spot publicitaire court, bien pensĂ©, peut rĂ©ellement apaiser les envies soudaines de malbouffe chez les adultes⊠parfois en seulement 15 secondes. Ce nâest pas une promesse miracle, mais une maniĂšre intelligente dâutiliser les mĂȘmes armes que lâindustrie agroalimentaire, au service de la santĂ©.
Ces rĂ©sultats bousculent une idĂ©e bien installĂ©e : non, une seule publicitĂ© de burger ou de soda ne transforme pas instantanĂ©ment un adulte en consommateur compulsif. En revanche, un court message de prĂ©vention, clair, visuel, au ton juste, peut faire baisser lâenvie immĂ©diate dâaliments ultra-transformĂ©s, aussi bien chez des personnes de poids « normal » que chez celles en surpoids ou obĂšses. Tout lâenjeu est de comprendre comment la durĂ©e, le ton et le cadrage du message orientent diffĂ©remment le comportement, afin de bĂątir des campagnes de santĂ© publique plus efficaces, plus humaines, et mieux ciblĂ©es.
| Peu de temps ? VoilĂ ce quâil faut retenir : â±ïž |
|---|
| â Des spots anti-malbouffe de 15 secondes, bien cadrĂ©s, peuvent rĂ©duire rapidement les envies de grignotage chez les adultes đźâđš |
| â Le ton du message compte autant que la durĂ©e : critique envers la malbouffe ou positif en faveur dâune alimentation saine, selon le profil đ§ |
| â Une publicitĂ© classique de malbouffe, isolĂ©e, ne suffit pas Ă augmenter les envies chez les adultes, mais les expositions rĂ©pĂ©tĂ©es restent problĂ©matiques đđș |
| â Pour agir au quotidien, combiner petits gestes concrets (courses, collations, organisation) et exposition Ă des contenus pro-santĂ© est une vraie stratĂ©gie đđ„Š |
Comment des spots anti-malbouffe ultra courts calment les envies soudaines chez les adultes
Les donnĂ©es issues de la recherche sur la publicitĂ© alimentaire apportent un Ă©clairage prĂ©cieux : chez lâadulte, une seule publicitĂ© de malbouffe ne provoque pas automatiquement une fringale. Les participants dâune large Ă©tude, exposĂ©s au hasard Ă une pub pour fast-food (burger, poulet frit, etc.) ou Ă un message de prĂ©vention, ont ensuite Ă©valuĂ© leurs envies immĂ©diates et leurs intentions de consommer des produits gras, sucrĂ©s ou salĂ©s.
Les rĂ©sultats sont frappants. Les publicitĂ©s de malbouffe, quâelles durent 15 ou 30 secondes, nâont pas augmentĂ© les envies de maniĂšre significative. Chez certains adultes de poids « normal », un spot de 30 secondes a mĂȘme lĂ©gĂšrement rĂ©duit le dĂ©sir de consommer ces aliments, probablement par effet de saturation ou de prise de distance. En revanche, les publicitĂ©s anti-malbouffe, notamment les plus courtes (15 secondes), ont souvent entraĂźnĂ© une baisse nette des envies et du projet de manger ces produits. đŻ
Pour y parvenir, les messages de prĂ©vention utilisaient deux grands leviers. Dâun cĂŽtĂ©, des images fortes, parfois dures, associant malbouffe et maladies graves comme certains cancers. De lâautre, des formats plus positifs, montrant des plats Ă©quilibrĂ©s, des gestes simples pour cuisiner, ou des scĂšnes de vie oĂč lâon se sent mieux en prenant soin de son alimentation. Dans les deux cas, lâobjectif nâest pas de culpabiliser, mais de crĂ©er un « micro-temps dâarrĂȘt » dans le cerveau, ce moment oĂč lâon se demande : « Est-ce que jâen ai vraiment envie, lĂ , tout de suite ? ».
Ce « temps dâarrĂȘt » est capital pour les adultes qui mangent souvent par automatisme ou par rĂ©flexe Ă©motionnel, aprĂšs une journĂ©e stressante, un conflit, ou simplement par fatigue. Un spot court, bien construit, peut glisser juste au bon moment entre lâenvie et le geste, et redonner la main Ă la personne. Ce nâest pas un vaccin contre la malbouffe, mais un outil de rĂ©gulation Ă©motionnelle discret, accessible Ă tous, y compris ceux qui nâaiment pas les grands discours moralisateurs.
Ces rĂ©sultats ouvrent une voie intĂ©ressante pour les politiques de santĂ© : plutĂŽt que de se limiter aux messages Ă©crits obligatoires (« Ă consommer avec modĂ©ration »), il devient possible dâimaginer des sĂ©ries de micro-spots courts, diffusĂ©s souvent, dans des contextes variĂ©s â tĂ©lĂ©vision, rĂ©seaux sociaux, transports â pour soutenir au quotidien les personnes qui souhaitent limiter la malbouffe sans se sentir surveillĂ©es ni jugĂ©es.

Durée, ton, émotions : pourquoi 15 secondes peuvent suffire
Les Ă©tudes en psychologie montrent quâun message simple, focalisĂ© sur une idĂ©e unique, est souvent mieux intĂ©grĂ© quâun long discours. Un spot de 15 secondes force les crĂ©ateurs Ă aller Ă lâessentiel : une image forte, un message clĂ©, une Ă©motion claire. Pas de dĂ©tails inutiles, pas de texte Ă rallonge. Cette simplicitĂ© est adaptĂ©e Ă la maniĂšre dont lâesprit fonctionne lorsque lâon est fatiguĂ©, distrait ou en train de zapper.
Lâautre paramĂštre majeur est le ton. Un message trop culpabilisant peut dĂ©clencher un rejet, surtout chez les personnes dĂ©jĂ en difficultĂ© avec leur poids ou leur santĂ©. Ă lâinverse, un cadrage qui montre quâil est possible de changer « un petit quelque chose » dĂšs maintenant â par exemple remplacer un soda par une eau parfumĂ©e maison â gĂ©nĂšre souvent un sentiment de compĂ©tence et de soulagement. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui permet dâapaiser une envie sans nourrir la honte.
Au fil du temps, ces expositions rĂ©pĂ©tĂ©es Ă des messages courts, cohĂ©rents et bienveillants peuvent participer Ă installer une nouvelle norme intĂ©rieure : la malbouffe devient une exception, pas la rĂšgle. Et chaque fois quâune envie surgit, une petite image du spot vu la veille peut remonter Ă la surface, comme un rappel discret que dâautres choix sont possibles.
La clĂ©, en filigrane, reste toujours la mĂȘme : faire de la publicitĂ© un outil de santĂ©, et non plus seulement un moteur de consommation. Pour les adultes, ces micro-messages ne remplacent ni le suivi mĂ©dical, ni lâaccompagnement nutritionnel, mais ils agissent comme un fil de soutien invisible au quotidien.
Publicités critiques ou messages positifs : quels spots anti-malbouffe fonctionnent le mieux ?
Les travaux rĂ©cents nuancent une idĂ©e rĂ©pandue : tous les messages de prĂ©vention ne se valent pas. Dans lâĂ©tude, plusieurs formats de spots anti-malbouffe ont Ă©tĂ© testĂ©s auprĂšs de plus de 500 adultes, avec des profils variĂ©s : IMC normal, surpoids, obĂ©sitĂ©. Chacun visionnait soit une publicitĂ© de malbouffe, soit un spot anti-malbouffe, soit une publicitĂ© neutre sans lien avec lâalimentation.
Les spots anti-malbouffe se répartissaient en deux grandes familles :
- â ïž PublicitĂ©s critiques : elles montrent les effets dĂ©lĂ©tĂšres de la malbouffe (risques mĂ©taboliques, cancers, fatigue, etc.), parfois de maniĂšre visuelle et marquante.
- đ± PublicitĂ©s « encourageantes » : elles mettent en avant les bĂ©nĂ©fices dâune alimentation plus saine, sans sâattarder sur la culpabilisation ou la peur.
Chez les adultes avec un IMC dans la norme, les spots critiques courts (15 secondes) ont Ă©tĂ© particuliĂšrement efficaces pour faire baisser les envies et les intentions de consommer de la malbouffe. La publicitĂ© plus longue de 30 secondes allait dans le mĂȘme sens, mais le cĂŽtĂ© percutant du format court semblait plus marquant, peut-ĂȘtre parce quâil surprend sans lasser.
Chez les personnes avec un IMC Ă©levĂ©, la rĂ©ponse Ă©tait plus nuancĂ©e. Les envies diminuaient aprĂšs visionnage de spots neutres ou anti-malbouffe, mais la courte version critique fonctionnait parfois moins bien. En revanche, un spot de 15 secondes au cadrage positif â qui met en avant une alimentation plus saine â apaisait nettement les envies. Dans ce groupe, le message positif semblait mieux passer quâun discours frontalement culpabilisant.
Ces diffĂ©rences montrent quâun mĂȘme format ne touchera pas tout le monde de la mĂȘme maniĂšre. Un adulte sportif, peu concernĂ© par son poids, peut ĂȘtre interpellĂ© par un message choc sur les effets de la malbouffe sur le cĆur ou le cerveau. Ă lâinverse, une personne qui lutte depuis des annĂ©es contre le surpoids se sentira souvent davantage soutenue par un message qui valorise ses efforts et lui donne des solutions concrĂštes plutĂŽt que par un spot anxiogĂšne.
Adapter la prévention aux profils : un levier pour les campagnes de santé
Pour les acteurs de santĂ© publique comme pour les collectivitĂ©s locales, ces rĂ©sultats offrent un guide prĂ©cieux. PlutĂŽt que de diffuser un seul et mĂȘme spot partout, il devient pertinent dâimaginer des sĂ©quences modulables : un format plus critique sur les chaĂźnes dâactualitĂ© ou en horaires ciblĂ©s, et des formats plus positifs, tournĂ©s vers les solutions, sur les plateformes frĂ©quentĂ©es par les personnes dĂ©jĂ en dĂ©marche de changement.
Dans une ville, une rĂ©gion, voire un pays, on peut ainsi panacher les approches pour toucher plus largement les citoyens, sans creuser les inĂ©galitĂ©s. Car il ne sâagit pas dâopposer les profils, mais de reconnaĂźtre que chacun nâest pas au mĂȘme endroit dans son rapport Ă la nourriture, Ă son corps et Ă la santĂ©.
En pratique, un adulte pourra croiser dans sa journĂ©e un message un peu choc (par exemple dans le mĂ©tro) qui le fera rĂ©flĂ©chir, puis un autre, plus doux et concret (dans son fil vidĂ©o ou sur un site de santĂ©), qui lâaidera Ă passer Ă lâaction. Câest cette complĂ©mentaritĂ© des registres â critique et encourageant â qui semble la plus prometteuse.
Au fond, le cĆur du sujet nâest pas de faire peur, mais de redonner du pouvoir dâagir. Les spots anti-malbouffe les plus utiles sont ceux qui, aprĂšs les avoir vus, donnent envie de se dire : « Ce soir, je peux au moins changer un petit dĂ©tail. » Câest souvent lĂ que commence le vrai mouvement.
Publicité de malbouffe : pourquoi une seule exposition ne suffit pas à tout expliquer
Une idĂ©e importante ressort des travaux rĂ©cents : chez lâadulte, une seule exposition Ă une publicitĂ© de malbouffe ne suffit pas Ă dĂ©clencher une fringale. Les participants Ă lâĂ©tude, quâils soient de poids normal ou en surpoids, nâont pas rapportĂ© dâaugmentation significative de leurs envies immĂ©diatement aprĂšs la vision dâune publicitĂ© de fast-food, mĂȘme lorsque la pub montrait un produit quâils consommaient habituellement.
Pour autant, il serait dangereux dâen conclure que ces publicitĂ©s sont inoffensives. Elles fonctionnent autrement. Leur puissance repose surtout sur la rĂ©pĂ©tition, la prĂ©sence permanente dans le paysage visuel, et la façon dont elles contribuent Ă installer lâidĂ©e que la malbouffe fait partie du quotidien « normal ». On ne parle plus seulement dâune envie isolĂ©e, mais dâun climat, dâune culture alimentaire.
Dans la vraie vie, ces messages sont omniprĂ©sents : affiches dans la rue, promotions « match de foot » remplies de sodas et chips, encarts sur les applis de livraison, placements produits dans des sĂ©ries, publicitĂ©s ciblĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux. đ Cette accumulation façonne Ă la longue une forme de toile de fond mentale oĂč le burger du soir, les nuggets ou le dessert ultra-sucrĂ© deviennent la rĂ©compense logique dâune journĂ©e de travail.
Les chercheurs insistent donc sur une nuance essentielle : si une exposition unique Ă une publicitĂ© de malbouffe ne change pas immĂ©diatement le comportement, les expositions multiples, rĂ©pĂ©tĂ©es, peuvent favoriser la fidĂ©litĂ© Ă certaines marques et augmenter la consommation Ă long terme. Câest particuliĂšrement vrai chez les enfants, les adolescents et les adultes les plus vulnĂ©rables psychologiquement ou socialement.
Limiter les dégùts : régulation, contre-discours et gestes du quotidien
Face Ă ce phĂ©nomĂšne, plusieurs pays ont commencĂ© Ă renforcer la rĂ©gulation de la publicitĂ© alimentaire, notamment pour les enfants. Des exemples comme lâinterdiction partielle des publicitĂ©s de malbouffe dans les transports londoniens ont montrĂ© des effets sur les ventes et le poids moyen de la population exposĂ©e. Ces mesures sâaccompagnent parfois de dispositifs comme le Nutri-Score affichĂ© dans les publicitĂ©s, ou la limitation des promotions exclusivement centrĂ©es sur des produits ultra-transformĂ©s.
Mais la rĂ©gulation ne suffit pas. Pour les adultes, il est tout aussi important de dĂ©velopper une forme dâhygiĂšne de lâattention :
- đ” RepĂ©rer les moments oĂč la consommation de contenus (TV, rĂ©seaux) rime avec grignotage systĂ©matique.
- đ„€ PrĂ©voir des alternatives prĂȘtes Ă lâemploi (eau aromatisĂ©e maison, fruits, olĂ©agineux) pour remplacer le rĂ©flexe chips-soda.
- đ§ Se rappeler que la publicitĂ© montre des situations « parfaites » qui ne reflĂštent pas le quotidien rĂ©el.
- đ Utiliser les outils dâaide (Ă©tiquetage, applis de scan) pour garder la main au moment des courses.
Les spots anti-malbouffe courts sâinscrivent dans ce paysage comme un contre-discours structurĂ©. LĂ oĂč la publicitĂ© classique vend une Ă©motion immĂ©diate (« plaisir, convivialitĂ©, fun »), les messages pro-santĂ© peuvent proposer dâautres histoires : se sentir moins lourd aprĂšs le repas, mieux dormir, avoir plus dâĂ©nergie pour jouer avec ses enfants, ou tenir debout toute une garde pour les soignants.
Ce double mouvement â rĂ©guler les excĂšs de la publicitĂ© de malbouffe et dĂ©velopper des messages alternatifs courts, intelligents, bienveillants â crĂ©e progressivement un environnement oĂč les choix sains ne sont plus une exception hĂ©roĂŻque, mais une option normale, accessible, presque banale. Et parfois, câest prĂ©cisĂ©ment cette « banalisation du bon sens » qui change la donne.
Ce que ces études changent pour la santé publique et les campagnes de prévention
Lâun des grands apports des recherches rĂ©centes est de montrer comment lâIMC et le profil des personnes influencent la maniĂšre de rĂ©agir aux publicitĂ©s anti-malbouffe. Les adultes de poids « normal » semblent plus sensibles Ă des spots courts, trĂšs critiques, qui pointent directement la responsabilitĂ© de la malbouffe dans certaines pathologies. Les personnes en surpoids ou obĂšses, de leur cĂŽtĂ©, rĂ©pondent souvent mieux Ă des messages plus encourageants, montrant des solutions concrĂštes et positives.
Pour les acteurs de prĂ©vention, cela change la façon de concevoir une campagne. PlutĂŽt quâun grand message unique, diffusĂ© massivement, il devient pertinent dâenvisager une stratĂ©gie Ă plusieurs Ă©tages. Certains spots, courts et incisifs, peuvent ĂȘtre utilisĂ©s dans des contextes gĂ©nĂ©raux (transports, affichage, TV), tandis que dâautres, plus nuancĂ©s et accompagnants, seront privilĂ©giĂ©s sur des supports oĂč le public est dĂ©jĂ dans une dĂ©marche de recherche dâinformation (sites de santĂ©, plateformes officielles, structures de soin).
Autre enseignement important : les spots de 15 secondes peuvent cibler efficacement diffĂ©rents profils dans un mĂȘme crĂ©neau de diffusion. En alternant un message critique et un message positif, il est possible de toucher, dans un mĂȘme temps dâantenne, les adultes au profil trĂšs divers. Cette agilitĂ© est prĂ©cieuse Ă une Ă©poque oĂč les budgets de prĂ©vention sont comptĂ©s, mais oĂč les enjeux de santĂ© liĂ©s Ă la malbouffe â diabĂšte, maladies cardiovasculaires, cancers, perte dâautonomie â pĂšsent lourd.
Un tableau pour comparer les formats de spots anti-malbouffe
| Format de spot đș | Public principalement rĂ©ceptif đ„ | Effet principal sur les envies de malbouffe đ |
|---|---|---|
| 15 s, ton critique | Adultes avec IMC dans la norme | đ Forte baisse des envies et des intentions de consommer |
| 30 s, ton critique | Adultes tous IMC | đ Diminution des envies, effet plus homogĂšne mais parfois moins percutant |
| 15 s, message positif pro-alimentation saine | Adultes en surpoids ou obĂšses | đż Baisse notable des envies, sentiment de possibilitĂ© de changement |
| Spots de malbouffe (15â30 s) | Adultes tous profils | â Pas dâaugmentation immĂ©diate des envies, mais risque Ă long terme en cas dâexpositions rĂ©pĂ©tĂ©es |
Ce type de synthĂšse montre quâil nâexiste pas de « spot miracle », mais des combinaisons Ă ajuster selon les objectifs et les publics. Une ville qui souhaite rĂ©duire lâobĂ©sitĂ© adulte pourra par exemple miser sur :
- đș Des spots courts, critiques, aux heures de grande Ă©coute, pour installer un signal dâalerte clair.
- 𧥠Des contenus plus longs et positifs sur les supports de santé, expliquant comment faire évoluer son alimentation sans tout bouleverser.
- đ€ Des partenariats avec des structures de soin, des associations, des plateformes locales, pour relayer ces messages dans des parcours dâaccompagnement.
Ă terme, ces campagnes ne devraient pas ĂȘtre perçues comme des leçons de morale, mais comme un appui discret, qui accompagne les changements de rythme de vie, de travail, de famille. Car lorsque la prĂ©vention sâaccorde Ă la rĂ©alitĂ© des journĂ©es et aux Ă©motions de chacun, elle cesse dâĂȘtre une injonction pour devenir une vĂ©ritable ressource.
Transformer la science des spots anti-malbouffe en gestes concrets au quotidien
Toutes ces donnĂ©es seraient peu utiles si elles restaient cantonnĂ©es aux laboratoires. LâintĂ©rĂȘt, pour les adultes comme pour les proches qui les accompagnent, est de transformer ces rĂ©sultats en gestes simples, applicables sans matĂ©riel particulier. LâidĂ©e nâest pas de vivre dans une bulle sans jamais voir une frite ou un dessert industriel, mais dâapprendre Ă traverser les envies sans perdre complĂštement la main.
Un des leviers consiste Ă se crĂ©er ses propres « mini-spots » mentaux. Beaucoup de personnes tĂ©moignent quâune simple image, associĂ©e Ă une phrase courte, peut suffire Ă casser une impulsion de grignotage : se visualiser le lendemain matin, plus lĂ©ger aprĂšs un dĂźner plus simple ; penser au temps gagnĂ© en cuisine avec une recette rapide maison plutĂŽt quâune livraison ; se rappeler une conversation avec un soignant ou un proche qui a aidĂ© Ă se recentrer. Ces micro-rappels jouent, Ă lâĂ©chelle individuelle, le mĂȘme rĂŽle quâun spot de 15 secondes vu Ă la tĂ©lĂ©vision.
Il est aussi possible dâorganiser son environnement pour quâil devienne lui-mĂȘme une sorte de campagne de prĂ©vention personnalisĂ©e :
- đ Afficher sur le frigo une phrase courte et bienveillante, qui encourage Ă se poser la question « Est-ce que jâai faim ou est-ce que je suis fatiguĂ© / stressĂ© ? ».
- đ Laisser Ă portĂ©e de main une option saine prĂȘte Ă consommer (compote sans sucre ajoutĂ©, fruits coupĂ©s, poignĂ©e dâamandes).
- đ§ Congeler des portions de plats maison pour les soirs de grande fatigue, afin de limiter lâappel des applications de livraison.
- đ§ Sâabonner Ă des contenus audio ou vidĂ©o courts qui parlent dâalimentation en termes concrets, sans jugement.
Ces petites stratĂ©gies, rĂ©pĂ©tĂ©es, crĂ©ent un contrepoids aux sollicitations permanentes de la malbouffe. Elles ne demandent pas de volontĂ© hĂ©roĂŻque, mais une forme de prĂ©paration douce : avoir pensĂ© Ă lâavance Ă ce que lâon fera au moment oĂč la pub pour un fast-food surgira sur lâĂ©cran, ou quand la fatigue fera monter lâenvie de sucrĂ©.
Câest exactement ce que montrent les Ă©tudes sur les spots anti-malbouffe : un message court, clair, rĂ©pĂ©tĂ©, peut aider Ă rĂ©orienter la dĂ©cision au bon moment. Chacun, Ă son Ă©chelle, peut sâen inspirer pour crĂ©er ses propres appuis, ajustĂ©s Ă son quotidien, son budget, sa rĂ©alitĂ© familiale. Et parfois, cette simple idĂ©e â ne pas ĂȘtre seul face Ă ses envies, mais soutenu par des rappels bienveillants â change dĂ©jĂ profondĂ©ment la façon de vivre son alimentation.
Une publicitĂ© de malbouffe peut-elle vraiment dĂ©clencher une fringale immĂ©diate chez lâadulte ?
Les Ă©tudes rĂ©centes montrent quâune seule exposition Ă une publicitĂ© de malbouffe ne suffit gĂ©nĂ©ralement pas Ă augmenter immĂ©diatement les envies ou les intentions de consommer chez les adultes. Lâeffet le plus problĂ©matique vient plutĂŽt des expositions rĂ©pĂ©tĂ©es, qui normalisent la prĂ©sence de ces produits dans le quotidien et renforcent, Ă long terme, lâhabitude de sây tourner pour se faire plaisir ou gĂ©rer le stress.
Pourquoi des spots anti-malbouffe de seulement 15 secondes peuvent-ils ĂȘtre aussi efficaces ?
Un format de 15 secondes oblige Ă aller droit au but : une idĂ©e, une image forte, une Ă©motion claire. Le cerveau fatiguĂ© ou distrait le traite facilement, ce qui permet au message de sâinsĂ©rer entre lâenvie et le passage Ă lâacte. Lorsquâils sont bien conçus â ton adaptĂ©, visuels percutants, message simple â ces spots courts rĂ©duisent les envies et les intentions de consommer des aliments ultra-transformĂ©s chez de nombreux adultes.
Faut-il privilégier les messages chocs ou positifs contre la malbouffe ?
Les deux approches ont leur intĂ©rĂȘt, mais elles ne touchent pas forcĂ©ment les mĂȘmes personnes de la mĂȘme maniĂšre. Les messages critiques, qui montrent les risques de la malbouffe, semblent particuliĂšrement efficaces chez les adultes de poids « normal ». Les messages plus positifs, centrĂ©s sur les bĂ©nĂ©fices dâune alimentation plus saine, fonctionnent mieux chez les personnes en surpoids ou obĂšses, qui peuvent ĂȘtre plus sensibles Ă la culpabilisation. LâidĂ©al est de combiner ces tonalitĂ©s dans une stratĂ©gie globale.
Ces spots peuvent-ils remplacer un suivi médical ou nutritionnel ?
Non. Les spots anti-malbouffe, mĂȘme bien conçus, sont un outil de soutien, pas un traitement. Ils peuvent aider Ă apaiser des envies ponctuelles, Ă amorcer une rĂ©flexion, ou Ă renforcer des changements dĂ©jĂ engagĂ©s. En cas de surpoids, dâobĂ©sitĂ©, de diabĂšte ou de troubles du comportement alimentaire, un accompagnement par des professionnels de santĂ© reste indispensable pour bĂ©nĂ©ficier dâun suivi personnalisĂ© et sĂ©curisĂ©.
Comment, à titre individuel, utiliser ces connaissances pour mieux gérer ses envies de malbouffe ?
Il est possible de sâinspirer du principe des spots courts en se crĂ©ant ses propres rappels : une phrase affichĂ©e sur le frigo, une image positive en fond dâĂ©cran, une astuce simple en tĂȘte (« boire un verre dâeau et attendre 10 minutes avant de commander »), ou lâhabitude de prĂ©voir une collation saine Ă portĂ©e de main. Lâobjectif est de recrĂ©er ces micro-messages au bon moment, pour laisser le temps de faire un choix plus alignĂ© avec sa santĂ©.

